Type
Thèse de doctorat
Titre
Domestiquer les femmes, privatiser l’État - Une analyse sociologique de la frontière public/privé au prisme des rapports ancillaires en Bolivie et au Pérou
Titre traduit
Domesticating Women, privatizing the State - A sociological analysis of the public/private boundary from the perspective of relationships between domestic workers and there employers in Bolivia and Peru
Établissement de soutenance
Paris : Sciences Po - Institut d'études politiques de Paris
Pages
1045 p.
Notes
Programme doctoral en Science politique, mention Sociologie politique comparée
Mots clés
Public/private boundary, Bolivia and Peru, Domestic work, Frontière public/privé, Bolivie et Pérou, Travail domestique
Résumé
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Cette thèse de sociologie politique propose d’interroger la doxa de la dichotomie public/privé au prisme des rapports ancillaires contemporains en Bolivie et au Pérou. Elle s’articule autour des deux axes d’interprétation du slogan féministe « le privé est politique » tels que distingués par Anne Phillips : d’une part, ce qui se joue dans la sphère privée est proprement politique ; d’autre part, ce qui s’y passe affecte le champ politique. Ainsi, sans négliger les mécanismes à travers lesquels le racisme structurel façonne les inégalités de classe en Bolivie et au Pérou, cette recherche met en relief le poids des violences masculines intrafamiliales dans l’entrée et le maintien en domesticité des migrantes rurales. Elle interroge ensuite les dynamiques à travers lesquelles les rapports sociaux de sexe, de race et de classe se (re)produisent à l’échelle microscopique des foyers employeurs. L’attention portée là encore au continuum des violences patriarcales conduit à interroger l’idée selon laquelle la travailleuse domestique n’appartient pas à la famille employeuse. Dans le régime de citoyenneté qui a été remis en question en Bolivie depuis l’élection d’Evo Morales mais qui est toujours en vigueur au Pérou, l’administration publique de la question ancillaire demeure largement tributaire des intérêts particuliers de législateurs et de fonctionnaires elles- et eux-mêmes employeur·se·s de travailleuses domestiques. Le contraste entre ces deux univers institutionnels s’estompe dès lors que l’on s’intéresse plus spécifiquement à la gestion étatique des violences sexistes et sexuelles, dont les travailleuses domestiques sont loin d’être les seules femmes victimes.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT