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Les prévisions occupent une place particulière dans le débat public en économie. Elles sont généralement considérées comme des prédictions, qualifiées fréquemment d’optimistes ou de pessimistes, comme si elles dépendaient de l’humeur des équipes qui les réalisent. Certes, en un sens, la prévision est un art tant elle dépend des signes précurseurs que nous livre le présent, de l’interprétation des évolutions en cours, de la capacité des économistes de sélectionner les informations pertinentes parmi celles, multiples, dont l’intérêt n’est qu’anecdotique. Mais elle est surtout une science puisqu’elle consiste à déduire des informations dont on dispose sur le présent une vision de l’avenir. Elle ne peut être formulée en dehors d’un cadre général d’interprétation, c’est-à-dire d’une théorie qui met en relation les informations que l’on privilégie et les variables que l’on cherche à prévoir. Parmi ces informations, certaines, cruciales, ne sont pas vraiment disponibles car, pour l’essentiel, elles dépendent de décisions à venir et qu’il n’existe pas vraiment de théorie permettant de déduire des données existantes ce que seront ces décisions. Il faut donc formuler des hypothèses alternatives et retenir celles qui nous paraissent les plus vraisemblables. Dès lors, les erreurs de prévision peuvent avoir au moins trois origines : une insuffisance d’information sur le présent, une mauvaise spécification théorique, la non réalisation de certaines hypothèses. De surcroît, il existe une incertitude irréductible au sens ou certains événements sont imprévisibles, alors même que leur conséquence sur l’activité économique est déterminante. Voilà pourquoi les chiffres associés à une prévision sont éminemment fragiles, qu’ils doivent être considérés comme conditionnels aux hypothèses que l’on formule, aux données dont on dispose et au cadre théorique dans lequel on raisonne. Il m’a donc semblé nécessaire que les prévisions réalisées par l’OFCE soient publiées en même temps qu’un débat autour de ces prévisions. Cela offre le double avantage de rendre explicite le doute inhérent à tout exercice de prévision pour les raisons déjà exposées, et de participer au pluralisme nécessaire à l’indépendance et au sérieux des études économiques. Une prévision, pour rigoureuse qu’elle soit, n’est pas un exercice mécanique au terme duquel la vérité serait révélée, mais une « histoire » raisonnée du futur délivrant des résultats incertains. Il est utile d’en comprendre d’emblée les limites, pour ne point s’en servir comme d’un argument d’autorité, à l’instar de ce qui est trop fréquemment le cas.

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Dans de nombreux pays européens, l'emploi s'est fortement réduit depuis le début de la crise, ce qui a pesé sur la dynamique des salaires et généré des pressions désinflationnistes. Ce mouvement a été favorisé par la mise en œuvre de réformes structurelles flexibilisant le marché du travail et l'adoption de mesures fiscales réduisant le coût du travail. Dans ce contexte de chômage élevé et d'écart de production important, le risque est grand de basculer dans une spirale déflationniste. La normalisation des balances courantes via la réduction des salaires dans les pays avant-crise déficitaires, accentuée par les réformes engagées, n'apparaît pas être une stratégie pertinente dans une zone euro en crise. D'une part, cette réduction des CSU quasi-généralisée modifie peu in fine les CSU relatifs et donc la compétitivité relative des économies. Ainsi, les gains de parts de marché à l'exportation sont faibles et ne suffisent pas à compenser la faiblesse de la demande interne. D'autre part, les réformes structurelles visant à fluidifier le marché du travail risquent de fragiliser les plus jeunes et des moins diplômés sur le marché du travail (déjà les plus affectés par la hausse du chômage depuis 2008) tandis que les plus qualifiés et les plus expérimentés seront toujours favorisés, notamment par le maintien sur le marché de l'emploi. Ainsi, la segmentation du marché du travail entre d'une part les actifs les mieux intégrés et d'autre part, les actifs les plus exposés ne diminuerait pas et accroîtrait les inégalités si les protections sociales étaient réduites. Dans un contexte de besoin de désendettement, la neutralisation des mécanismes déflationnistes est donc cruciale pour éviter la hausse de la valeur réelle des dettes et des taux d'intérêt. Une coordination des politiques salariales au niveau européen semble essentielle. Si les pays affichant un excédent courant favorisaient une hausse des salaires supérieure à celle de leurs partenaires déficitaires, les coûts relatifs convergeraient. Ceci permettrait de réduire les déséquilibres courants entre pays de la zone euro, éviterait le risque de déflation, notamment dans les pays périphériques, et favoriserait la demande intérieure dans les pays en surplus.

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Alors que la phase de baisse des taux directeurs s’est achevée selon les pays entre la fin 2008 et mai 2009 à des niveaux très bas (0,1 % au Japon, entre 0 et 0,25 % aux États-Unis, 0,5 % au Royaume-Uni, 1 % dans la zone euro), les stratégies d’interventions directes des grandes banques centrales sur les marchés financiers ont pris progressivement le relais à partir de l’automne 2008. Face aux difficultés de transmission de la politique monétaire conventionnelle aux marchés monétaires et financiers, les grandes banques centrales ont non seulement injecté directement les liquidités nécessaires au refinancement du secteur bancaire, mais aussi procédé à des rachats d’actifs publics et privés pour combler les dysfonctionnements de certains marchés financiers. Depuis le printemps 2009, la confiance semble enfin être revenue sur les marchés interbancaires : l’écart entre le taux interbancaire à 3 mois et le swap à 3 mois du taux au jour le jour était revenu début octobre à 13 points de base aux États-Unis, à 16 points au Royaume-Uni et à 29 points dans la zone euro. À l’horizon 2010, les banques centrales continueront à veiller à assurer un fonctionnement sans tensions des marchés interbancaires et ne réduiront que très progressivement leurs opérations non conventionnelles. Sous nos hypothèses de croissance et d’inflation modérées, les taux d’intérêt directeurs resteraient inchangés aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro jusqu’à la fin 2010 ; au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre donnerait le signal quasiment symbolique de la sortie de crise en augmentant de 0,25 point son taux de base en fin d’année. Les politiques monétaires accompagneraient une sortie de crise en douceur.

in Lettre de l'OFCE Publié en 2004-10
CHEVILLON Guillaume
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Amorcée au printemps 2003, la hausse des prix du pétrole s’est accélérée au début de l’été 2004, portant les cours à des niveaux jamais atteints depuis le choc pétrolier de 1981. Sur les neuf premiers mois de l’année, les prix ont augmenté de plus de 25 % par rapport à 2003 et ont doublé par rapport à la moyenne des années 1990. En euros, la hausse est moins sensible sur la période récente (15 %) du fait des variations de change, mais comparable sur longue période (graphique 1). À l’heure où la croissance économique mondiale se renforce et les anticipations de prix varient au gré des informations quotidiennes et des crispations internationales, l’envolée des cours du pétrole inquiète jusqu’aux plus optimistes. À moins de graves perturbations avérées sur l’offre, les prix devraient demeurer très élevés encore quelques mois avant de se replier en 2005. Il semble néanmoins qu’une rupture de fond, les maintenant durablement au-delà de 30 dollars le baril, se soit produite dans le courant de l’été (...).

in Alternatives économiques Publié en 2017-02
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Pour financer son programme de baisse d'impôts massives, le nouveau Président mise sur une croissance qui risque de ne pas être au rendez vous.

in Revue de l'OFCE Publié en 2007-10
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Si jusqu’à cet été, l’économie américaine a fait montre d’une bonne résistance à la crise immobilière qui sévit depuis le début de l’année 2006, les limites apparaissent actuellement de plus en plus ouvertement. La crise qui agite les marchés financiers depuis août vient s’ajouter à la crise immobilière. La montée des difficultés de paiements des ménages endettés à taux variables et la fermeture de plusieurs banques impliquées dans le secteur des mortgages ont créé la panique sur les marchés financiers qui a conduit à un assèchement temporaire des liquidités. Mais le surendettement des ménages demeure et les baisses de prix des logements dans de nombreux États ne permettent plus de faire jouer les refinancements pour rembourser. La Réserve fédérale a pris acte de ce revirement en amorçant une nouvelle phase de détente monétaire le 18 septembre dernier. Ce faisant, elle prévient une correction excessive et un enchaînement dépressif cumulatif qui conduirait l’ensemble de l’économie vers la récession, mais n’évite pas la propagation à l’ensemble des agents. La croissance devrait connaître un tassement plus marqué dans le courant du deuxième semestre 2007. Après 2,9 % en 2006, la croissance atteindrait 1,9 % en 2007 et 1,8 % en 2008. [Premier paragraphe]

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Après révision de la croissance au quatrième trimestre à 0,6 % après 0,9 % annoncé, le PIB aura progressé de 3,3 % en 2006. En dépit de la crise sur le marché de l’immobilier et d’un environnement monétaire plutôt restrictif, l’activité est donc restée plutôt bien orientée même si le ralentissement est engagé depuis le deuxième trimestre 2006 et s’étend progressivement à l’ensemble des composantes de la demande. Cette résistance commence à connaître des failles fin 2006. L’économie américaine vit à crédit depuis trop longtemps pour qu’elle en ignore aujourd’hui les conséquences. L’ajustement qui s’est opéré sur le marché de l’immobilier devrait s’approfondir en 2007 et entraîner un relâchement monétaire par la Réserve fédérale suffisant pour contenir la crise. Au final, la croissance devrait ralentir à 2 % en 2007 et repartir en 2008. Après 1,9 % fin 2007, la croissance terminerait l’année 2008 sur un rythme de 3 % l’an. [Premier paragraphe]

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L’incertitude sur les développements à venir de l’inflation a été l’élément principal guidant la réflexion des banques centrales de la zone euro, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Japon. La baisse du pétrole a permis la réduction des tensions dans la zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) considère cependant que les risques sont toujours orientés à la hausse en raison de l’abondance de liquidités et d’une possible accélération des salaires. Ces hypothèses ont justifié les précédentes hausses de taux intervenues en décembre 2006 et mars 2007 et conduiraient la BCE à une dernière hausse au mois de juin 2007. Le principal taux directeur serait ainsi porté à 4 %. En prenant en compte la poursuite de l’appréciation de l’euro, notamment par rapport au dollar, les conditions monétaires n’auront jamais été aussi restrictives depuis le lancement de l’euro. Au Royaume-Uni, les tensions sont restées assez vives en fin d’année 2006 puisque l’inflation a atteint le haut de la fourchette de la cible de la politique monétaire en décembre. La Banque d’Angleterre a réagi en augmentant d’un quart de point son taux directeur dès novembre. Elle déciderait d’une dernière hausse des taux avant que le ralentissement de la croissance et de l’inflation lui permette d’assouplir progressivement sa politique monétaire en fin d’année 2008. Malgré la baisse du pétrole, les risques inflationnistes ne se sont pas dissipés aux États-Unis. Dans le même temps, la Réserve fédérale s’est retrouvée confrontée à la perspective d’un ralentissement conjoncturel entraîné par le retournement brutal du marché immobilier. Dans ces conditions, les autorités monétaires ont privilégié le statu quo. La situation deviendrait cependant plus facile à gérer dans la mesure où la faiblesse de la croissance réduira rapidement les tensions inflationnistes en 2007 et 2008. La Réserve fédérale retrouvera alors des marges de manœuvre suffisantes pour baisser ses taux. Finalement, l’espoir de sortie définitive de la déflation aura été de courte durée au Japon. L’indice des prix a de nouveau reculé en février en raison des effets de base liés au pétrole. La Banque du Japon avait pourtant mis fin à sa politique de taux zéro en juillet 2006. De nouvelles hausses de taux sont à venir mais sont retardées à 2008, une fois que les pressions déflationnistes auront définitivement cessé.

in Revue de l'OFCE Publié en 2006-07
DAUDIN Guillaume
VERONI Paola
SCHWEISGUTH Danielle
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L’internationalisation croissante de la production et la montée des pays émergents dans le commerce international obligent à adapter les outils d’analyse pour mieux appréhender l’impact des transformations en cours sur le commerce extérieur, les performances sectorielles des pays et, in fine, l’emploi. Depuis près de deux décennies, la croissance du commerce international s’appuie sur le développement des échanges croisés de biens intermédiaires organisés au sein d’une nouvelle division internationale du travail. Le contenu des exportations en consommations intermédiaires importées, ici appelé commerce vertical, tend donc à augmenter. Dès lors, la mesure traditionnelle des flux de marchandises s’appuyant sur la valeur des produits ne permet pas de connaître la contribution réelle de chaque pays et chaque branche au commerce extérieur. Aussi, cette étude propose une mesure du commerce international basée sur les flux de valeur ajoutée. En utilisant une base de données qui fournit les matrices input-output de plus de 80 pays, on reconstruit une maquette mondiale des échanges internationaux en valeur ajoutée, en prenant en compte les effets directs et indirects induits par la variation de la production d’une unité de bien final. Le cas de la France est étudié plus spécifiquement. En 2001, 28 % du commerce international et 29 % du commerce français n’étaient « que » du commerce vertical. La « géographie » du commerce n’est pas énormément modifiée par notre méthode, mais ce n’est pas le cas de la répartition par produits. Les échanges de biens industrialisés incorporent beaucoup de services aux entreprises et de services commerciaux, de communication et de transport. Les travailleurs de ces branches contribuent donc beaucoup plus aux exportations françaises que ne le suggèrent les statistiques de commerce.

Les turbulences bancaires et financières ont incité les principales banques centrales à revoir leurs stratégies de politique monétaire. La Réserve fédérale a réagi rapidement en baissant son principal taux directeur d’un demi-point le 18 septembre 2007. Cette décision marque le début d’une nouvelle ère pour les autorités monétaires américaines qui s’étaient auparavant montrées hésitantes à baisser les taux alors que les tensions inflationnistes ne pouvaient être écartées. Les craintes d’un ralentissement, déjà programmé, mais amplifié par la tourmente financière, mettent un terme au dilemme. Ce dilemme se pose aussi à la Banque centrale européenne (BCE), qui a renoncé à la hausse de taux qu’elle avait, avant le début de la crise, suggérée pour septembre. Le discours est toujours offensif, témoignant d’un biais haussier de la politique monétaire dans la zone euro. Mais la persistance d’une situation financière délicate aurait raison de la volonté de la BCE. Celle-ci serait amenée à assouplir sa politique en fin d’année 2008 pour contrer l’envolée de l’euro que nous prévoyons à 1,50 dollar au deuxième trimestre, et réduire l’écart de taux qui se sera creusé avec les États-Unis. La Banque d’Angleterre baisserait également ses taux, mais plus rapidement que la BCE. Les taux sont au Royaume-Uni plus élevés que dans la zone euro et aux États-Unis et, en l’absence de tensions inflationnistes, les autorités monétaires britanniques abaisseraient progressivement leur taux directeur pour éviter un freinage trop rapide de la croissance. Le contexte reste différent au Japon où les préoccupations tournent toujours principalement autour de la question de la sortie de la déflation. Le retour vers une politique monétaire plus restrictive sera progressif.

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