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In sharp contrast with the buoyant economic dynamism observed in most other areas of the world, slow growth and persistently high unemployment have been characterizing the European Union (EU) economy for a number of years. This report investigates some of the possible causes of this poor macroeconomic performance, analyzing in depth the hypotheses of technological backwardness and of inappropriate economic policies, as major determinants of potential growth. It then proposes some contrasted scenarios for economic and social policies in the EU and explores, with the help of the INGENUE, overlappinggenerations, general-equilibrium model of the world economy, some of the possible long-term evolutions of economic growth and other macroeconomic indicators for various scenarios. In particular, we look at the aggregate economic consequences over the next decades of various ways in which the combination of policies being implemented and the recent enlargement of the European Union may affect the growth potential of the area. More specifically, among the many possible changes that may be forthcoming with this new EU enlargement, we simulate the changes in the time-path of macroeconomic variables resulting from the achievement of the “Lisbon strategy” objective of higher employment rates in the EU, from faster technological convergence of Eastern European economies towards Western European levels of total factor productivity (TFP), and from larger migration flows from Eastern European new members to the EU-15 countries. Although the consequences may in some cases be quite large for the enlarged EU economy, the induced effects on the rest of the world are, in all cases, relatively small, due to the small weight of Eastern Europe in the world economy and population.

La recherche en économie témoigne d’un fort regain d’intérêt pour l’analyse spatiale, depuis les travaux de la nouvelle économie géographique à la fin des années 1980 (Fujita, 1988) et au début des années 1990 (Krugman, 1991 et 1998) qui ont repris, pour les formaliser, les modèles fondateurs de von Thünen, Weber et quelques autres. L’objectif initial était de rompre avec l’absence de la géographie dans les réflexions des économistes. La localisation des activités, des infrastructures, les incitations des agents économiques tout comme la façon dont sont prises les décisions individuelles et communes devaient concourir à comprendre le processus de développement et les questions macroéconomiques. Au-delà de l’évidence empirique que les activités économiques sont spatialisées et assez immobiles, leur localisation repose sur des forces de convergence et de divergence et induit des irréversibilités (et donc des coûts de localisation). Cet intérêt renouvelé pour la géographie économique a bien sûr trouvé un écho fort dans le processus de mondialisation. Les délocalisations et relocalisation de l’activité industrielle ont été (et sont encore) des phénomènes plus amples que ceux induits par les cycles macroéconomiques et sont un enjeu majeur pour les politiques visant à accroître « compétitivité » et « attractivité » des territoires. [Premier paragraphe de l'introduction]

L’économie européenne, et en particulier celle de la zone euro, affichent des performances macroéconomiques visiblement moins bonnes que celles des autres régions du monde, alimentant le sentiment du déclin de l’Europe et les discours sur la nécessité de réformes structurelles et d’allégement des coûts du travail et de la protection sociale, afin de rendre à l’Union européenne sa compétitivité. Si le bien fondé du diagnostic n’est guère discutable, du moins dans ses grandes lignes et surtout pour la zone euro, l’identification des causes du mal et les remèdes proposés le sont, quant à eux, bien davantage. En effet, les institutions et les règles mises en place dans la zone euro pour gérer la monnaie unique et encadrer le maniement des politiques budgétaires nationales apparaissent clairement inappropriées, du moins dans l’interprétation généralement faite des textes européens, à la poursuite de politiques ambitieuses et coordonnées de croissance. Les autorités monétaires sont trop exclusivement préoccupées par la stabilité monétaire, dans une acception particulièrement étroite de la notion, et la politique monétaire apparaît donc insuffisamment réactive aux ralentissements et trop rapidement restrictive en cas de reprise. Cela renforce les biais procycliques contenus dans le Pacte de stabilité, en tout cas tel qu’il était interprété avant la réforme du printemps 2005. Cette règle budgétaire comporte en outre des incitations peu favorables aux politiques de croissance durable. Et le policy mix qui émerge spontanément des stratégies adoptées par les différents acteurs en réponse à ces institutions et règles engendre des évolutions du taux de change de l’euro qui poussent les gouvernements nationaux des États membres à privilégier les stratégies non coopératives, notamment la « désinflation compétitive » et la concurrence fiscale et sociale, en outre souvent encouragées par les instances européennes (Banque centrale européenne et Commission), par la composition même de l’UE, de plus en plus dominée par un nombre important de « petits pays » qui trouvent leur compte dans ces stratégies, et par les procédures communes. Ces tendances à des comportements nationaux opportunistes sont dommageables à l’Union dans son ensemble, et ne pourraient être contrées que par l’institution de meilleures règles du jeu macroéconomique, ou simplement par une interprétation des traités plus favorable à l’émergence de stratégies coopératives.

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L’Union européenne (UE) est devenue au cours des années 1990 le leader écologique global prenant appui sur près de 700 textes de loi : les politiques environnementales européennes, de la régulation des produits chimiques à la protection de la biodiversité, sont souvent les plus avancées de la planète et ont une influence sur les politiques menées ailleurs sur le globe. L’engagement européen pour l’environnement est d’ailleurs de nature constitutionnelle, la référence au développement durable ayant été introduite dès 1997 dans le traité d’Amsterdam. Le Conseil de Göteborg (2001) a par la suite ajouté un pilier environnemental à la « stratégie de Lisbonne ». 2 C’est particulièrement vrai sur le dossier climatique où l’engagement de l’UE s’affirme dès sa création en 1992 avec la proposition d’introduire une taxe carbone pour contenir les émissions de gaz à effet de serre, alors même que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), créé en 1988, vient juste de remettre son premier rapport d’évaluation. 3 L’UE 15 joue par la suite, notamment en 1997 à Kyoto et à partir de 2001, date à laquelle les États-Unis se retirent des négociations climatiques, un rôle pivot au plan mondial car elle est formée de pays développés qui sont aussi des économies à faible intensité carbonique disposant d’institutions communes, d’une culture de coopération ancienne et de puissants instruments économiques. 4 Les résolutions du Conseil européen de mars 2007, les plus ambitieuses jamais adoptées en la matière, comprennent deux volets : le premier implique que les États membres s’engagent dans le cadre d’un accord multilatéral à réduire de 30 % leurs émissions d’ici à 2020 par rapport à 1990 ; tandis que le second prévoit une réduction unilatérale de 20 % d’ici à 2020. Il faut à l’Union réduire d’« au moins 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 », « porter d’ici à 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’UE à 20 % » et améliorer de 20 % l’efficacité énergétique : c’est la stratégie dite « 20-20-20 ». Depuis l’échec de la conférence de Copenhague en 2009, que l’UE avait soutenue, un reflux est perceptible : même si elles demeurent les plus élevées au monde, les ambitions sont en retrait sur fond de langueur économique et de division des États membres sur le front énergétique. La COP21 redonnera-t-elle à l’UE le goût de l’ambition climatique ?

Mercredi 23 janvier 2008, en laissant fermement entendre que les taux d’intérêt ne baisseraient pas dans la zone euro, et ce pour « ancrer solidement les anticipations d’inflation », le Président de la Banque centrale européenne (BCE) a résolument pris le contre-pied de la stratégie poursuivie par la Réserve fédérale américaine qui avait la veille abaissé son taux directeur de 75 points de base. Les places européennes sont aussitôt reparties à la baisse et le spectre de la crise économique s’est rapproché un peu plus près de la zone euro (...).

in Revue de l'OFCE Publié en 2011
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L'idée de l'impossibilité d'un découplage absolu entre la croissance économique et son impact environnemental occupe le coeur de la démonstration de l'ouvrage récent du chercheur britannique Tim Jackson, Prospérité sans croissance. Après avoir mis en lumière certaines limites empiriques de la démonstration de Jackson, cet article insiste sur l'importance du concept de découplage comme instrument de la transition écologique des économies, en particulier dans l'Union européenne. À l'aune de l'expérience européenne de découplage absolu entre croissance économique et émissions de gaz à effet de serre, une distinction importante est introduite, non seulement entre découplage absolu et relatif, mais surtout entre découplage brut et net. L'article élargit ensuite la question du découplage européen à l'enjeu des pollutions atmosphériques et des ressources naturelles pour conclure à la nécessité de définir et de percevoir le découplage dans toutes ses dimensions.

in Dictionnaire de la pensée écologique Publié en 2015-09
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