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Comment les organisations internationales produisent-elles leurs statistiques ? Cette thèse dévoile ces activités singulières à partir du cas de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). La démonstration suit une double approche sociologique (des relations internationales et des quantifications) en s’appuyant sur des entretiens menés au siège (à Vienne, en Autriche), la littérature méthodologique (interne et publiée) et les documents onusiens (normatifs et analytiques). Quantifier à l’échelle internationale consiste en un processus complexe organisé en étapes successives : accord d’un mandat, définition d’une méthode, collecte puis traitement et validation des données et, enfin, publication d’un rapport mondial. L’entreprise s’avère collective, impliquant le secrétariat de l’UNODC, les États-membres et des experts. En revanche, la tâche est inégalement répartie, les fonctionnaires internationaux réalisent ou coordonnent l’essentiel ; tout comme les interactions entre les acteurs sont asymétriques, l’UNODC dépend de ses États-membres à plusieurs égards et sans véritable pouvoir de les contraindre. Enjeux bureaucratiques, politiques, financiers, voire autocensure affectent alors le travail statistique routinier. De plus, les sources nationales officielles mais administratives – aux biais pourtant documentés et délicats à surmonter – restent majoritairement utilisées car légitimes. Le recours aux images satellites et aux enquêtes sur le terrain fait figure d’exception. Élaborées dans de telles conditions, les statistiques onusiennes de la drogue et du crime fournissent davantage un inventaire international consensuel que le diagnostic mondial prétendu.

La gouvernance mondiale appartient à cette rhétorique de mots abstraits avec lesquels tout le monde compose sans savoir exactement de quoi il s’agit. Prendre la notion au sérieux consiste d’abord à revenir sur son origine. Il s’agit ensuite de définir plus précisément ses deux caractéristiques principales : d’une part, une configuration d’acteurs et d’autre part, un objectif assez général de régulation. Ces caractéristiques ne sont pas fixes et en examinant leurs transformations, on peut tenter de savoir ce qui fait « l’évolution » de la coopération internationale.

Sous la direction de DEVIN Guillaume Publication date 2009-06
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Les institutions internationales contribuent-elles à la construction de la paix ? On pourrait en douter, tant les critiques abondent : dysfonctionnements, défaillances, soumission aux intérêts des États les plus puissants. Diplomates, universitaires et praticiens de ces institutions, les auteurs sont plus nuancés. Dans une perspective qu'ils jugent réaliste et constructive, ils soulignent les forces et les faiblesses de ce que les acteurs internationaux ont créé et qu'ils ne veulent pas abandonner. Au terme de leurs investigations, il apparaît que s'il demeure possible de faire la guerre contre l'avis des institutions internationales, il devient désormais difficile de se passer d'elles pour faire la paix. Le choix des questions traitées – sécurité collective, désarmement, médiation, consolidation de la paix, sécurité humaine, réduction de la pauvreté et des inégalités, justice pénale internationale, multilatéralisme – fait de cet ouvrage une référence sur les institutions internationales. [Résumé éditeur]

in Méthodes de recherche en relations internationales Sous la direction de DEVIN Guillaume Publication date 2016-06-06
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Décrire, c'est aussi représenter et interpréter. Chacun des trois termes peut se confondre avec les deux autres. Il convient donc de distinguer aussi minutieusement que possible ces trois moments de la recherche, sans donner à cette séquence une autre vertu que didactique. En effet, sous les mots (description, représentation, interprétation) se cachent des pratiques de recherche différents, bien que complémentaires, qui soulèvent chacunes des questions et des difficultés spécifiques.

in Diplomatie de l'arrogance Publication date 2015-05
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[Résumé de l'ouvrage] Pour expliquer certains problèmes de relations internationales, il est utile d'étudier la diplomatie en tant que phénomène social. Ce travail définit et décrit la diplomatie de l'arrogance en étudiant le cas des relations entre la Russie et les pays baltes. Elle se manifeste dans un contexte d'inégalité objective entre les États, renforcé par la certitude subjective de la supériorité du sien. Elle se manifeste alors par un agenda et des thèmes diplomatiques imposés par la partie forte, pour démontrer sa puissance et se construire une image valorisante au détriment de l'autre.

Croisant la sociologie des relations internationales et la sociologie de l’action publique, et s’appuyant sur un travail d’enquête principalement qualitatif – observation participante, entretiens semi-directifs – mais aussi quantitatif – analyse statistique textuelle -, cette thèse analyse les ressorts de la diplomatie climatique du Bangladesh, ainsi que les acteurs qui participent à son élaboration et à sa mise en œuvre. Alors que la littérature sur la gouvernance mondiale du climat s’est longtemps d’abord intéressée au rôle des acteurs « dominants » du régime climatique, cette recherche enrichit ces travaux en étudiant, à l’aide d’un cas d’étude empirique, les capacités de négociation des États « dominés », mais aussi les obstacles à leur participation effective aux négociations climatiques. Elle met en évidence l’existence d’un weak power, qui correspond à la capacité d’un acteur « faible » de contourner et/ou de transformer en avantage comparatif son déficit de puissance structurelle, grâce notamment à des ressources « empruntées » à d’autres acteurs, en vue d’exercer une influence sur le processus et les résultats des négociations. Elle montre comment le Bangladesh est parvenu à acquérir une identité ambiguë dans le régime climatique, marqué par la reconnaissance à la fois de son statut de pays « le plus vulnérable » aux impacts du changement climatique, et de celui de « champion de l’adaptation », qui lui permet de faire entendre sa voix, de capter des financements internationaux et de légitimer ses revendications. Esquissant les contours d’un modèle d’analyse permettant d’analyser les conditions d’activation, les ressources, les stratégies diplomatiques et les types de leadership propres au weak power, cette thèse participe à une meilleure compréhension du « paradoxe structuraliste » identifié par William Zatman et à la place des États dominés dans les négociations internationales.

Réalité protéiforme des échanges internationaux, le multilatéralisme est passé dans le langage courant : ONU, OMC, Banque mondiale font régulièrement l'actualité. Les diplomaties ont appris à s'y plier, mais aussi à en tirer profit. Les ONG, les médias, mais aussi les grandes entreprises s'y intéressent de plus en plus, jusqu'à modifier en profondeur l'ordinaire de la vie internationale. Cependant, la littérature sur le sujet est pauvre : en France, comme aux Etats-Unis, aucun titre ne traite de toutes les dimensions de ce phénomène. Aussi cet ouvrage clair et pédagogique vise-t-il deux objectifs. D'une part, faire le tour de la question en proposant une somme d'éclairages critiques et tranversaux à partir de treize contributions rédigées par des spécialistes de science politique, d'histoire, de droit et d'économie. D'autre part, dégager des pistes de réflexion sur le sens que revêt le multilatéralisme dans le système mondial de l'après-bipolarité aux prises avec des modes renouvelés de conflictualité.

in Dictionnaire de la guerre et de la paix Publication date 2017-10-04
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Évoquer la guerre et la paix dans l’œuvre de Norbert Elias (1897-1990) est une tâche malaisée et probablement hasardeuse. En premier lieu, parce que le sociologue allemand a toujours invité ses lecteurs à penser contre les catégories et à restituer le mouvant, , le fluctuant et les dynamiques au coeur des phénomènes sociaux...

in Un monde fragmenté. Autour de la sociologie des Relations internationales de Bertrand Badie Publication date 2019-01
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[...] Le souci d’éclairer les évolutions de l’espace mondial contemporain, des « Printemps » arabes à la valorisation de la déviance comme arme politique, forme [...] le fil conducteur de ce volume. Les 26 auteurs ici rassemblés, qui ont accompagné d’une façon ou d’une autre l’évolution de la pensée de Bertrand Badie, rendent ainsi hommage à ses travaux et à sa sociologie de l’international. [...]

in Les bonnes pratiques des organisations internationales Publication date 2015-06-18
TORDJMAN Simon
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Près de dix ans après la publication du rapport intitulé Dans une liberté plus grande (A/59/2005), dans lequel Kofi Annan détaillait son projet de transformation de l’ONU, le changement des organisations internationales (OI) reste le plus souvent appréhendé à l’aune des tentatives de réforme menées par le haut (top down), portées par ses dirigeants, ou appelées de leurs vœux par ses représentants ou ses membres les plus importants. La majorité des études conduites sur la réforme de l’ONU reste ainsi concentrée sur l’amélioration de sa représentativité, saisie notamment à travers l’évolution de la composition de son Conseil de sécurité...

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