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En s’appuyant sur la littérature existante, cet article décrit les transformations de la position des femmes sur le marché du travail aux États-Unis tant sous l’angle quantitatif que qualitatif. Les tendances sont mises en perspectives avec celles qu’ont connues la France et la Suède. Globalement, les inégalités entre les sexes dans la sphère professionnelle se sont fortement résorbées sur une longue période. Mais en moyenne elles restent plus marquées aux États-Unis qu’en Suède et qu’en France, même si les Américaines les plus qualifiées bénéficient d’un traitement plus favorable du point de vue du déroulement de carrière que leurs homologues françaises et suédoises. Deux traits marquants ressortent de cette étude. Tout d’abord la réduction moyenne des inégalités entre les sexes aux États-Unis s’est appuyée sur l’explosion des inégalités sociales à partir des années 1980. Ensuite, cette réduction des inégalités entre les sexes ne concerne pas toutes les femmes : pour les moins qualifiées les améliorations sont modestes, voire inexistantes sur certains points, et donc les inégalités entre les femmes qualifiées et celles n’ayant pas de diplôme ont augmenté.

in Revue de l'OFCE Publication date 2010-07
FRAISSE Geneviève
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La démocratie s’est construite en tenant les femmes à l’écart : aucun énoncé systématique n’explicite leur exclusion, mais la démocratie n’a longtemps valu que pour les hommes. Celle-ci n’est donc pas excluante mais exclusive : « ni citoyenne, ni travailleuse, mais ’précieuse moitié de la République’ comme le dit Rousseau, tel fut donc le rêve de l’homme démocratique à l’égard des femmes ». Geneviève Fraisse revient sur le long parcours de 1830 à nos jours qui a conduit à l’inclusion progressive des femmes dans le système démocratique. De leur inclusion dans le « tout » démocratique, naîtra le processus de discrimination envers les femmes, processus qui consiste à séparer en jugeant, ainsi que l’idée qu’il y a bien deux gouvernements démocratiques, le domestique et le politique. La philosophe met l’accent sur le rôle moteur de l’Europe concernant l’égalité entre les sexes et la lutte contre les discriminations et sur les contradictions possibles, indépassables selon elle, inhérentes aux politiques de type gender mainstreaming (approche intégrée de l’égalité). Sa pensée se situe hors de la réflexion identitaire et se déploie face à la praxis, de sorte à formuler les problèmes autour de l’histoire de l’égalité et de la liberté des femmes.

in Travail, genre et sociétés Sous la direction de PÉRIVIER Hélène Publication date 2010-11
SILVERA Rachel
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Le thème de la « conciliation » entre vie professionnelle et vie familiale a fait l’objet de multiples travaux, européens et internationaux, comme en témoignent notamment les nombreuses publications de la Commission Européenne et de l’OCDE sur ce sujet. L’expression même ne va pas de soi, tant l’image qui lui est bien souvent accolée est celle de la conciliation du « rôle de mère » et de « travailleuse ». Certes, les statistiques indiquent qu’encore aujourd’hui c’est bien aux femmes, (en tant que mères, grands-mères, filles ou belles-filles), qu’incombe ce numéro d’équilibriste. Mais c’est une chose de constater que les femmes ont cette double vie, c’en est une autre d’affirmer qu’elles sont les seules à pouvoir – et d’autant plus à devoir – le faire. Là est bien toute l’ambiguïté du terme « conciliation », qui peut implicitement être entendu comme les arrangements qui permettent aux femmes de mieux articuler leurs temps. [Premières lignes]

in Travail, genre et sociétés Publication date 2009-11
SILVERA Rachel
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Le revenu de solidarité active (RSA) est opérationnel depuis juillet 2009. Il se substitue au RMI (revenu minimum d’insertion) et à l’api (allocation de parent isolé). Il s’agit de rendre le travail plus attractif que l’inactivité par un revenu de solidarité complémentaire qui décroît progressivement avec le revenu du ménage. L’objectif est double : il doit permettre d’encourager les bénéficiaires des minima sociaux à reprendre un emploi et il représente un soutien aux travailleurs qui, malgré leur emploi, restent pauvres. Ce dispositif a fait couler beaucoup d’encre et levé une véritable controverse. Les questions relatives à la qualité des emplois créés, aux trajectoires professionnelles des personnes qui bénéficieraient du RSA, aux moyens mis en place pour accompagner les bénéficiaires des minima sociaux dans l’emploi, ainsi qu’à la norme d’emploi qu’institutionnaliserait le RSA ont été soulevées. Mais dans ce débat mouvementé, une fois de plus et à de rares exceptions près, l’impact sur l’insertion professionnelle des femmes n’a pas été abordé. Or, elles sont particulièrement concernées par cette réforme des minima sociaux, à plusieurs titres. [Premiers paragraphes]

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During the annual family conference on the 29th of April 2003, the French Minister of Family Affairs announced the suggested reforms to the childcare system. Nursery schools accommodate most of the three-year olds for free, but what are the solutions available to working parents of children under-three? This issue is very important in terms of women’s integration on the labour market and more generally their role in tomorrow’s society.

in Revue de l'OFCE Publication date 2004-07
LETABLIER Marie-Thérèse
LANQUETIN Marie-Thérèse
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En France, les droits sociaux s’acquièrent de deux manières : soit par le statut d’ayant droit obtenu à titre principal via le mariage, soit par son propre travail. Concernant le premier, l’augmentation du nombre de divorces a fragilisé la situation de certains ayants droit et soulève la question de la pertinence de ce statut. Concernant le second, les femmes étant moins insérées sur le marché du travail que les hommes, elles ont de facto des droits propres moindres. Les retraites constituent le point d’orgue de ces inégalités. La récente réforme des retraites a permis de montrer que les pensions perçues par les femmes étaient bien inférieures à celles perçues par les hommes. Cette situation s’explique en partie par les tâches domestiques et parentales qui pèsent sur elles et rendent leurs parcours professionnels plus chaotiques que ceux des hommes. Les compensations qui ont été introduites pour atténuer l’effet des charges familiales sur l’acquisition des droits sociaux font l’objet de discussions. La difficulté consiste à compenser les charges familiales, sans pour autant enfermer les femmes dans le rôle qui leur est traditionnellement attribué. Le droit international des droits de l’Homme insiste sur « l’indivisibilité » des droits civils, politiques et des droits économiques et sociaux. Mais repenser les droits sociaux dans cette perspective comporte des difficultés que la France n’a pas encore totalement levées, faute d’avoir intégré pleinement le principe d’égalité entre femmes et hommes. En revanche, des mesures visant à garantir une répartition plus équitable du travail domestique et marchand entre les femmes et les hommes peuvent et doivent être mises en place dès maintenant.

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La réforme de la Prime pour l’emploi (PPE) s’inscrit dans le cadre de la stratégie pour l’emploi du gouvernement. Il s’agit de revaloriser le travail relativement au non-emploi en augmentant l’écart entre les revenus d’activité et ceux issus des transferts sociaux. En cela, l’objectif reste identique à celui qui est inscrit dans la loi du 30 mai 2001 instituant la PPE : « inciter au retour à l’emploi ou au maintien d’activité ». La PPE est un crédit d’impôt remboursable qui permet d’accroître le revenu des personnes dont le salaire se situe entre 0,3 et 1,4 SMIC (...).

in Lettre de l'OFCE Publication date 2005-06
ALLEGRE Guillaume
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Selon l’Observatoire de la pauvreté, il y avait en 2001, 3,6 millions de personnes dont le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté défini à 50 % du niveau de vie médian1. Un million d’entre elles travaillaient. Désormais activité et pauvreté font bon ménage. Le rapport Hirsch 2 affirme que « au possible nous sommes tenus » ; il convient donc de rappeler combien il est complexe d’éradiquer la pauvreté. Le rapport propose un ensemble de « résolutions » qui s’inscrivent dans « une vision dynamique de la lutte contre la pauvreté qui privilégie l’emploi sur l’assistance ». À côté de mesures incontestablement nécessaires à toute politique de lutte contre la pauvreté (renforcement et amélioration des services rendus aux familles et aux personnes pauvres en général : éducation, modes de garde, logement…), il s’appuie sur l’instauration d’un revenu de solidarité active (RSA) afin de redistribuer des revenus aux travailleurs pauvres, espérant du même coup inciter les individus pauvres inactifs (qui vivent de l’assistance) à prendre un emploi (...).

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L’article analyse la relation entre l’offre de modes de garde et l’emploi des mères de jeunes enfants en Europe. On distingue les gardes extérieures à la famille (crèches, assistantes maternelles...) de celles issues des congés parentaux qui permettent aux parents de s’occuper eux-mêmes de leur enfant pendant un certain temps. Concernant la première catégorie, il existe une grande disparité en Europe. Les pays offrant un système de garde accessible financièrement et de qualité sont également ceux dans lesquels les mères de jeunes enfants sont les mieux insérées sur le marché du travail. Depuis la directive européenne de 1996, tous les pays d’Europe proposent un congé parental. Cependant, les modalités d’application (indemnisation, flexibilité, durée...) varient fortement d’un pays à l’autre, si bien qu’il peut être un frein à l’insertion des mères sur le marché du travail (France), ou bien être un moyen de leur permettre d’avoir une carrière plutôt continue (Suède). S’il est admis que la générosité du système de prise en charge de la petite enfance va de pair avec une participation élevée des mères au marché du travail, le sens de cette corrélation fait toujours débat. Dans un contexte où les tâches domestiques sont principalement assumées par les femmes, aucune avancée majeure ne pourra être faite en matière d’égalité des sexes si les pouvoirs publics n’offrent pas des modes de garde de qualité et accessibles financièrement à tous les ménages. Il s’agit d’une condition nécessaire, mais certes pas suffisante, à l’insertion des femmes à l’égal des hommes sur le marché du travail.

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The GDP collapse phase of the economic crisis has less affected female employment than male employment, whereas the austerity phase was particularly harsh for women. This gendered impact of the different stages of the crisis is described in the literature as follows: “from he-cession to sh(e)austerity”. This article aims to analyse the gendered trends in labour market for eight European countries. The quarterly evolution of the participation of women and men and the employment at the sectorial level are decomposed. The “he-cession to sh(e)austerity” scenario does not apply to all the selected countries. The other channels through which austerity policies can jeopardize gender equality and women’s rights are identified by referring to a typology of these policies.

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