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in Revue de l'OFCE Publié en 2004-07
STANCANELLI Elena
CHAUVIN Valerie
CHEVILLON Guillaume
BAUDCHON Hélène
DUPONT Gaël
SCHWEISGUTH Danielle
VERONI Paola
FALAH Amel
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Depuis 1997, les prix immobiliers ont fortement augmenté (+ 135 % au Royaume-Uni, + 120 % en Espagne, + 60 % en France et aux États-Unis). Ce boom immobilier s’est appuyé sur un revenu des ménages dynamique et des conditions de financement particulièrement favorables (bas niveau des taux d’intérêt et concurrence accrue sur le marché du crédit). À l’exception des français, les ménages de ces pays sont aujourd’hui très endettés. L’exubérance du marché immobilier a soutenu la croissance, non seulement par le biais de l’investissement logement, mais aussi de la consommation. Par un effet richesse, la valorisation du patrimoine immobilier des ménages a incité ces derniers à réduire leur taux d’épargne. De plus, aux États-Unis et au Royaume-Uni, les ménages ont pu renégocier leurs prêts et dégager ainsi des liquidités qui leur ont permis d’accroître leur consommation. À l’automne 2004, les perspectives de ralentissement de la demande posent la question d’une surévaluation des prix et d’un excès d’offre. Selon des études empiriques, les prix de l’immobilier seraient surévalués de 10 à 20 % en Espagne et au Royaume-Uni, légèrement surévalués en France et en ligne avec les fondamentaux aux États-Unis. En revanche, il ne semble pas y avoir d’excès d’offre, sauf peut-être en Espagne, où des signes de ralentissement commencent à se faire sentir, comme c’est déjà le cas aux États-Unis. Nous faisons l’hypothèse que, face aux perspectives de ralentissement de la demande qui se profilent, l’offre s’ajusterait rapidement et donc que l’ajustement nécessaire des prix immobiliers serait progressif. À l’horizon 2005, le marché immobilier contribuerait moins à la croissance, mais ne remettrait pas en cause le mouvement de reprise de l’activité.

in Revue de l'OFCE Publié en 2004-04
STANCANELLI Elena
CHAUVIN Valerie
CHEVILLON Guillaume
BAUDCHON Hélène
DUPONT Gaël
SCHWEISGUTH Danielle
VERONI Paola
FALAH Amel
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La parité euro/dollar a connu d’amples mouvements ces cinq dernières années, d’abord dans le sens d’une appréciation du dollar à la fin des années 1990, puis dans celui d’une appréciation de l’euro à partir du début de l’année 2002. Au-delà de ces tendances, le marché des changes s’est montré plutôt volatil, souvent en déconnexion vis-à-vis des fondamentaux dans un jeu spéculatif nourri par les interventions des banques centrales asiatiques. Le dollar a cessé de s’apprécier du fait des suites du contre-choc de la « nouvelle économie » et de la réapparition des déficits jumeaux. La faiblesse du dollar est indissociable des craintes concernant la soutenabilité de ces déficits. Cependant, la désaffection à l’égard du billet vert ne s’est pas traduite par une chute brutale de son taux de change grâce, entre autres, aux interventions des banques centrales asiatiques. L’incertitude qui règne sur le marché des changes incite les acteurs à s’éloigner des fondamentaux et à adopter des comportements moutonniers, qui amplifient encore la déconnexion des marchés aux fondamentaux. Ainsi, seuls les changements observés ou attendus de la politique monétaire ont un effet conforme à la théorie économique. Cette dérive spéculative des marchés est mise en évidence par une approche économétrique, où la parité euro/dollar est confrontée à l’évolution de ses déterminants au sein d’une relation de cointégration. Heureusement, on observe depuis la fin 2003 un retour en grâce des fondamentaux : la restauration progressive de l’attractivité des États-Unis (par l’amélioration du déficit courant et le dynamisme de la croissance américaine) pourrait enfin être appréciée à sa juste valeur. Combinée au resserrement de la politique monétaire américaine, cela justifierait l’amorce d’une réappréciation du dollar.

in Revue de l'OFCE Publié en 2004-10
STANCANELLI Elena
CHAUVIN Valerie
CHEVILLON Guillaume
BAUDCHON Hélène
DUPONT Gaël
SCHWEISGUTH Danielle
VERONI Paola
FALAH Amel
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En pleine croissance, l’économie mondiale doit faire face à une flambée des prix du pétrole depuis plusieurs mois. Sur un an, les prix ont augmenté de 50 %, à 42,2 dollars le baril au troisième trimestre, et il est difficile de dire aujourd’hui jusqu’où cette envolée peut aller. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : choc inattendu de la demande, fortes tensions sur les capacités productives et multiplicité des sources de perturbations, avérées ou potentielles, de la production. Cette hausse se traduit par un transfert de richesse des pays importateurs nets vers les pays exportateurs nets de pétrole, qui avoisinerait quelques 100 milliards de dollars en 2004 (soit 0,3 % du PIB de l’OCDE) et dont l’impact sur l’économie mondiale est globalement récessif. Dans les pays importateurs nets, l’inflation s’accélère et les revenus des agents diminuent. En 2004, les ménages américains et européens devraient perdre respectivement 0,5 et 0,3 point de pouvoir d’achat de leur revenu et donc freiner leur consommation. À l’horizon 2005, compte tenu de notre prévision de prix du pétrole (détente vers 33 dollars le baril de Brent fin 2005), la croissance de la zone euro serait amputée de 0,4 point de croissance. L’impact reste limité car circonscrit, la forte crédibilité des autorités monétaires à respecter leurs objectifs d’inflation suffisant à éviter la mise en place d’une spirale prix-salaires. Mi-octobre, les prix dépassaient 50 dollars le baril. Dans l’hypothèse où ils restent à ce niveau en 2005, l’impact serait alors un peu plus violent et amputerait dès la première année la croissance des pays développés de quelques dixièmes de points supplémentaires. En cas de resserrement monétaire, l’impact serait d’environ – 0,6 point de PIB. La zone euro serait autant, voire légèrement plus affectée que les États-Unis ou le Japon. Pourtant, certaines caractéristiques structurelles jouent en sa faveur : malgré une dépendance du PIB aux importations nettes de pétrole légèrement plus élevée qu’aux États-Unis, l’intensité pétrolière y est 30 % plus faible. Les pays en développement et en transition importateurs nets de pétrole seraient néanmoins les plus affectés, un choc pétrole pouvant faire réapparaître des déséquilibres sous-jacents : solvabilité insuffisante, suraccumulation, secteur bancaire fragile... À l’inverse, les pays exportateurs de pétrole utiliseraient leurs pétrodollars pour accroître leurs dépenses et stimuler leurs importations. Une partie serait recyclée sur les marchés financiers internationaux.

in Revue de l'OFCE Publié en 2003-04
BAUDCHON Hélène
CHAUVIN Valerie
CHEVILLON Guillaume
DUPONT Gaël
FALAH Amel
VERONI Paola
STANCANELLI Elena
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L’OFCE prévoit une lente accélération du PIB mondial en 2003 (2,9 %), qui se consoliderait en 2004 (3,4 %). L’incertitude créée par le conflit en Irak a favorisé un certain attentisme, mais les difficultés économiques de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis ne lui sont pas directement imputables. Certes, les cours boursiers sont fortement indexés sur le déroulement des opérations militaires, et le prix du pétrole a augmenté à 34 dollars en moyenne en février et mars 2003, à l’approche de la guerre. Mais le comportement de l’OPEP, qui a joué le jeu de la stabilisation des cours, et la perspective d’une fin rapide du conflit ont permis de réduire le cours du baril à 25 dollars. Depuis le retournement de la mi-2000, la croissance en Europe et aux États-Unis n’a pas retrouvé son rythme de la fin des années 1990. Cela tient à la correction de la bulle technologique. Mais le processus en cours va au-delà de la correction d’un excès de capacités. La nécessité de rétablir les bilans et de diminuer l’endettement des entreprises pèse sur l’investissement et dégrade la situation des ménages par la hausse du chômage et la diminution de leur patrimoine. À leur tour, les ménages contractent leurs dépenses, ce qui réduit les perspectives de débouchés pour les entreprises et ne les incite pas à investir. Ce cercle vicieux a été en partie compensé en 2002 par le commerce extérieur du fait du dynamisme économique de l’Asie et des pays d’Europe centrale et orientale, deux zones engagées dans un processus de rattrapage. L’écart de croissance important entre les États-Unis et la zone euro en 2002 est essentiellement imputable à la politique économique, et dans une moindre mesure à l’appréciation de l’euro. Les autorités budgétaire et monétaire américaines ont rapidement et de manière déterminée mis en place une politique économique expansionniste. En 2002, l’impulsion budgétaire aux États-Unis a été de 2,7 points de PIB et les taux d’intérêt réels ont été négatifs. En revanche, les pays de la zone euro ont fait preuve d’un attentisme imprudent. La politique monétaire ne s’est ajustée qu’avec retard aux flux de mauvaises nouvelles et la politique budgétaire n’a été que faiblement expansionniste (de 0,4 point de PIB). Début 2003, les perspectives de rentabilité des entreprises sont loin d’avoir retrouvé des niveaux susceptibles d’enclencher une amélioration franche de l’investissement. Aux États-Unis, le taux de chômage continue d’augmenter en 2003, quoique modérément. Les destructions d’emplois se poursuivent dans la zone euro, où le taux de chômage continue de progresser en 2003, avant de se stabiliser en 2004. La contraction de l’emploi, qui a déjà eu lieu en Allemagne, s’étend à la France et aux Pays-Bas en 2003, tandis que l’Italie et l’Espagne continuent de créer des emplois. Cet ajustement de l’emploi et, dans certains pays européens, celui des salaires individuels pèsent sur le revenu des ménages. Dans la zone euro, cet impact est doublé d’une politique budgétaire restrictive. La montée du chômage favorise également l’épargne de précaution. Ces deux éléments amputent la consommation, dont le seul soutien est le pouvoir d’achat libéré par la baisse de prix du pétrole, et, aux États-Unis, par la baisse des impôts. La croissance de la zone euro redémarrera lentement à partir de la seconde moitié de 2003. En 2003, elle est à peine supérieure à celle de 2002 (0,9 %) et, en 2004, elle restera en deçà de la croissance potentielle (1,8 %, contre 2,2 %). Aux États-Unis, la reprise est plus nette, mais limitée par la prudence des consommateurs et des entrepreneurs. Si la croissance de 2003 (2,1 %) s’annonce en retrait par rapport à celle de 2002, 2004 renouera presque avec la croissance potentielle (estimée à 3 %). Compte tenu du différentiel de croissance, le taux de change euro-dollar reviendra progressivement au niveau de la parité. La croissance britannique, toujours impulsée par les dépenses publiques, se situera à mi-chemin entre les croissances américaine et européenne. Au Japon, la demande intérieure restera faible et la croissance (1,1 % en 2003 et 0,9 % en 2004) sera tirée par les exportations, particulièrement à destination du reste de l’Asie.

in Revue de l'OFCE Publié en 2004-10
BAUDCHON Hélène
CHAUVIN Valerie
CHEVILLON Guillaume
DUPONT Gaël
FALAH Amel
VERONI Paola
SCHWEISGUTH Danielle
STANCANELLI Elena
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La reprise de l’économie mondiale est maintenant engagée sur un rythme de croisière. En 2004, la croissance rejoindrait presque 5 %, après avoir déjà atteint 4 % en 2003. L’expansion est largement diffusée à l’ensemble des zones, tant au continent américain, emmené par les États-Unis, qu’à l’Asie, impulsée par la croissance chinoise et le renouveau japonais. Même l’Europe, longtemps restée à l’écart, participe aujourd’hui aux festivités. En 2005, cette croissance, en léger retrait par rapport à celle de 2004, se poursuivrait à un rythme encore soutenu de 4,2 %. Les désordres consécutifs à la formation, puis à l’éclatement de la bulle Internet, appartiennent maintenant à l’histoire. Les entreprises ont rétabli leur situation après plusieurs années d’assainissement et de gains de productivité, et disposent de confortables excédents, plutôt utilisés au désendettement et à la distribution de dividendes qu’à l’engagement de dépenses d’investissement. En contrepartie, les ménages font les frais du comportement malthusien des entreprises, et là où la hausse de l’immobilier fait défaut pour soutenir la consommation, comme en Allemagne, la croissance est moindre. Forte croissance ne va naturellement pas sans tensions et déséquilibres. Les hausses spectaculaires du baril de pétrole et des matières premières inquiètent, à l’excès sans doute car les économies d’aujourd’hui sont mieux à même d’y faire face qu’il y a trente ans. Le risque majeur n’est pas celui des approvisionnements, mais celui lié aux déséquilibres des balances courantes. Que les excédents européen et asiatique cessent de financer le déficit américain, et le dollar décrocherait brutalement, plongeant l’économie américaine, puis mondiale, dans le ralentissement, voire la récession si la hausse des taux d’intérêt n’était plus maîtrisée et conduisait à un krach immobilier.

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Xavier Timbeau : Le débat est divisé en trois parties : monde, Union européenne et France. Commençons par la situation mondiale. (Premier paragraphe)

in Lettre de l'OFCE Publié en 2005-04
STANCANELLI Elena
CHEVILLON Guillaume
BAUDCHON Hélène
DUPONT Gaël
SCHWEISGUTH Danielle
VERONI Paola
FALAH Amel
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Avec 5 % en moyenne annuelle, la croissance mondiale a été exceptionnelle en 2004. Après avoir traversé bien des turbulences, l’économie mondiale confirme que la reprise de 2003 n’était pas un feu de paille. Les années 2005 et 2006 devraient conforter le mouvement, à un rythme moindre cependant du fait de la résorption partielle des déséquilibres accumulés depuis 2001. Les deux principaux moteurs de la croissance mondiale resteront les Etats-Unis et la Chine, la zone euro et le Japon étant exclus de l’axe de la croissance. Outre sa vigueur, une autre caractéristique de cette croissance est la stabilité des prix. L’inflation s’est en effet maintenue autour de 2 % dans les pays développés et est restée sous contrôle dans les autres régions du monde, en dépit de la hausse des prix du pétrole et des matières premières (tableau 1) (...).

in Revue de l'OFCE Publié en 2002-04
BAUDCHON Hélène
CHAUVIN Valerie
DUPONT Gaël
LATREILLE Thierry
PELGRIN Florian
VERONI Paola
JESTAZ David
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La fin de la bulle technologique et financière des années 1996-2000 a conduit à un net ralentissement de la croissance mondiale en 2001 (2,3 % après 4,4 % en 2000). Le repli de l’activité est avant tout industriel et commun à de nombreuses régions du monde : la mondialisation n’est pas un vain mot. Les attentats du 11 septembre 2001 ont eu un impact limité sur l’activité à la fois dans le temps et à certains secteurs. Les politiques économiques ont réagi pour soutenir la croissance et l’OPEP a accepté momentanément un prix du pétrole inférieur à son objectif. Les prix du Brent sont restés proches de 20 dollars jusqu’au début de mois de mars. L’économie américaine est officiellement en récession depuis un an mais de façon inhabituelle : la consommation des ménages résiste grâce au dynamisme du revenu ; les destructions d’emplois et la baisse de la durée du travail sont compensées par une inflation modérée et par la hausse du salaire horaire nominal. Le Japon a de nouveau plongé dans la récession et ne parvient pas à résoudre sa crise financière. La zone euro n’a pas trouvé les ressorts internes qui lui auraient permis d’échapper au ralentissement de ses partenaires commerciaux. L’activité est atone depuis le deuxième trimestre 2001, la consommation des ménages s’étant nettement infléchie au second semestre, les effets des allègements fiscaux passés s’estompant et le marché du travail se dégradant à nouveau, alors que le taux de chômage reste élevé. Le Royaume-Uni a mieux résisté que les autres pays du G7 du fait d’une demande intérieure plus soutenue. La crise financière argentine n’a que peu affecté le reste de l’Amérique latine. Les pays pétroliers, et notamment la Russie, ont été relativement épargnés par le ralentissement mondial, du fait de la hausse des prix du pétrole en 1999-2000. La plupart des économies d’Europe centrale ont, à l’exception notable de la Pologne, résisté au ralentissement mondial grâce au dynamisme de leur demande interne. La Chine n’a aussi été que peu affectée grâce à la taille de son marché intérieur. A la fin du premier trimestre 2002, la reprise économique paraît inscrite dans les indicateurs conjoncturels des grands pays industrialisés, à l’exception du Japon. Aux États-Unis, le policy-mix est particulièrement expansionniste. Le taux objectif des fonds fédéraux n’est que de 1,75 % depuis la fin 2001 (soit une baisse de 4,75 points en un an). La croissance devrait cependant repartir sur des rythmes plus modérés que dans la seconde moitié des années 1990, du fait des niveaux atteints par l’endettement privé. Fin 2002, la croissance serait de 2,9 % en glissement et n’accélèrerait pas en 2003. La Réserve fédérale procèderait à un premier resserrement monétaire au début de l’été et les taux courts seraient de 3,7 % fin 2003. Le policy-mix est moins expansionniste dans la zone euro. La BCE a abaissé son taux directeur à 3,25 % (soit une baisse de 1,5 point entre mai et novembre 2001). Les gouvernements et les autorités européennes se sont mis d’accord pour laisser jouer les stabilisateurs automatiques lors du ralentissement de 2001. Les objectifs des programmes de stabilité limitent les marges de manœuvre des politiques budgétaires. En 2002 et 2003, les politiques budgétaires seraient pratiquement neutres dans la zone. La BCE déciderait une première hausse de ses taux directeurs au troisième trimestre, et porterait les taux courts à 4,4 % à la fin 2003. La reprise se ferait à des rythmes similaires dans la zone euro et aux États-Unis. L’arrêt du déstockage permettrait une reprise technique au premier trimestre. L’investissement progresserait de nouveau dès la mi-2002, mais le bas niveau des taux d’utilisation des capacités de production ne suggère pas de reprise forte avant 2003. La consommation des ménages bénéficierait de la désinflation résultant de la baisse du prix du pétrole en 2002 par rapport à 2001. La parité euro/dollar resterait voisine de 0,87 d’ici la fin 2002 et remonterait légèrement au cours de 2003, lorsque la croissance se consoliderait dans la zone euro. Le Japon resterait à l’écart de la reprise, la dépréciation du yen et la progression de ses marchés extérieurs ne permettant pas de compenser la faiblesse de la demande interne. Les taux d’intérêt nominaux resteraient proches de zéro. Les marges de manœuvre de la politique budgétaire sont faibles vu le niveau actuel du déficit et de la dette publics. Le commerce mondial de marchandises retrouverait un rythme de croissance de l’ordre de 8 % à l’horizon 2003 (– 6 % en glissement annuel à la fin 2001), la reprise de l’activité industrielle se diffusant aux pays en développement. La croissance mondiale serait de 2,4 % en 2002 et de 3,6 % en 2003. Le scénario de reprise repose sur un accompagnement des politiques économiques et sur des prix du Brent stables autour de 23 dollars à l’horizon 2003. Sa réalisation est conditionnée à l’évolution de la situation au Proche-Orient, où la montée des tensions en mars a fait remonter le prix du baril de Brent à 25 dollars à la fin du mois. Le scénario suppose aussi que les marchés boursiers, qui font preuve d’une grande volatilité au gré des bonnes nouvelles de conjoncture et des mauvaises nouvelles de scandale financier ou de pertes des entreprises depuis plusieurs mois, ne connaîtront pas de rechute dans les mois qui viennent.

La crise économique et financière a remis au goût du jour les politiques budgétaires keynésiennes. Si celles-ci n’ont pas permis d’éviter une récession sévère en 2009, elles ont pu néanmoins stopper l’hémorragie de la dépression. Même si l’incertitude concernant la reprise est grande, l’heure est désormais dans la plupart des pays à la consolidation budgétaire. Plusieurs questions se posent alors. La première est celle de l’efficacité des politiques budgétaires que l’on évalue à partir de la mesure des multiplicateurs. Dans la première partie, nous passons en revue les différentes évaluations des multiplicateurs budgétaires. L’impact sur l’activité des politiques budgétaires diffèrent, d’une part, en fonction des instruments utilisés (dépenses publiques, baisse d’impôts...), des horizons de prévision, de la taille des pays et de leur structure productive et fiscale. Au-delà de la mesure des multiplicateurs keynésiens à court, moyen et long terme en fonction des différents instruments budgétaires, l’apport principal de cet article est d’introduire l’effet du cycle économique dans les chocs budgétaires. En intégrant dans notre modèle macroéconomique (emod.fr) une relation entre le taux chômage structurel et le taux de chômage effectif différente selon le cycle économique, l’impact de toute politique économique variera selon la position de l’économie dans le cycle. La dernière question qui découle des précédentes est donc : les politiques de consolidation budgétaire sont-elles adaptées à la situation conjoncturelle actuelle ? La réponse est non car les économies avancées se situent actuellement toutes en bas ce cycle. Dans ce contexte, les multiplicateurs budgétaires sont élevés et les effets récessifs des politiques d’austérité seront forts.

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