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Après une croissance décevante en 2014 (+0,2 %), l’économie française s’engage dans une reprise lente, sa capacité de rebond à court terme étant entravée par un tissu productif dégradé par plusieurs années de désinvestissement. L’inertie des anticipations, les surcapacités existantes, la crise immobilière, le ralentissement chinois et la consolidation budgétaire, bien que moins aiguë que par le passé, limitent la reprise en 2015. Sur l’ensemble de l’année, la France enregistrerait une hausse du PIB de 1,1 %, le taux de chômage se stabiliserait à 10 % et le déficit public continuerait sa lente décrue, atteignant 3,7 % du PIB. Avec une croissance de 1,8 %, 2016 serait l’année de la reprise, marquée par une hausse du taux d’investissement des entreprises, stimulé par l’amélioration du taux de marge, le très bas niveau du coût du capital et le redressement des perspectives d’activité. Après quatre années de contraction, l’investissement en logement repartirait, sous l’effet de l’amélioration des perspectives de mises en chantier. Sous l’effet de la dépréciation de l’euro et des politiques de compétitivité adoptées par le gouvernement, le commerce extérieur contribuerait positivement à la croissance (0,2 point de PIB en 2016, comme en 2015). Le rythme de croissance trimestriel du PIB, compris entre 0,5 et 0,6 %, déclencherait la fermeture progressive de l’écart de production et la lente baisse du taux de chômage qui finirait l’année à 9,8 %. Le déficit public se réduirait de 0,5 point de PIB, sous l’effet des économies réalisées et de la remontée des recettes fiscales générées par la reprise de l’activité.

Après trois années de croissance très faible sur la période 2012-2014, un modeste rebond de l'activité s'est dessiné en France en 2015, tiré par des chocs extérieurs favorables et une consolidation budgétaire moins forte que par le passé. Toutefois, la maigre contribution des exportations à la croissance, alors même que les orientations fiscales de la politique de l'offre visent à redresser la compétitivité des entreprises, est paradoxale. Mais les exportateurs français semblent avoir fait le choix de redresser leurs marges plutôt que de réduire leurs prix à l'exportation, marges qui pourraient cependant devenir un atout à plus long terme si elles étaient réinvesties dans la compétitivité hors-coût. En 2016 et en 2017, la croissance ne serait que légèrement supérieure à son potentiel. Le trou d'air du milieu de l'année 2016, marqué par les grèves, les inondations, les attentats ou la fin initialement programmée du suramortissement fiscal, explique en partie la faiblesse de la reprise en 2016. Sous l'effet du redressement du taux de marge, d'un coût du capital historiquement bas et du prolongement du suramortissement fiscal, l'investissement continuerait cependant à croître. Les créations d'emplois salariés marchands seraient relativement dynamiques, soutenues par le CICE, le Pacte de responsabilité ou la prime à l'embauche, et le taux de chômage baisserait de 0,6 point à l'horizon 2017. Le déficit public, quant à lui, reviendrait à 2,9 % du PIB en 2017, repassant sous la barre des 3 % pour la première fois depuis dix ans. La France devra néanmoins faire face à deux nouveaux chocs en 2017, l'impact négatif du Brexit sur le commerce extérieur et celui des attentats sur la fréquentation touristique. Ces deux chocs amputeraient de 0,2 point de PIB la croissance en 2017 (après 0,1 en 2016).

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L’effondrement de la croissance consécutif à la crise des subprime fin 2008 s’est traduit par la plus forte chute de l’investissement depuis la Seconde Guerre mondiale dans les économies avancées. Les plans de relance et les politiques monétaires accommodantes mises en œuvre en 2009-2010 ont toutefois permis de stopper l’effondrement de la demande ; et l’investissement des entreprises s’est redressé de façon significative dans tous les pays jusqu’à la fin 2011. Cette dynamique s’est maintenue aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais a été stoppée en zone euro par les politiques de consolidation budgétaire et la crise de la dette. Fin 2014, l’investissement des entreprises se situe encore 27 % en dessous de son pic d’avant-crise en Ialie, 23 % en Espagne, 7 % en France et 3 % en Allemagne. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’investissement des entreprises se situe respectivement à 7 % et 5 % au-dessus du pic d’avant-crise. Dans cette étude, nous cherchons à expliquer ces différences de dynamique d’accumulation du capital depuis le début de la crise. Les déterminants traditionnels de l’investissement des entreprises – le coût du capital, le taux de profit, le taux d’utilisation des capacités de production et l’activité attendue par les entreprises – permettent-ils d’expliquer les évolutions de l’investissement à la fois sur longue période mais aussi plus particulièrement sur la période récente ? De façon à répondre à cette question empirique, nous estimons de nouvelles équations d’investissement des entreprises pour six grand pays (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni, États-Unis). Nous étudions en particulier la performance prédictive de ces équations de façon rétrospective, en portant une attention particulière à la période de crise initiée en 2007.

in Revue de l'OFCE - Analyse et prévisions Publié en 2012-10
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En moyenne annuelle, l'économie française devrait croître de 0,1 % en 2012 et de 0,0 % en 2013. Cette performance est particulièrement médiocre et très éloignée du chemin que devrait normalement emprunter une économie en sortie de crise. Quatre ans après le début de la crise, le potentiel de rebond de l'économie française est important : il aurait dû conduire à une croissance spontanée moyenne de près de 3,0 % l'an au cours des années 2012 et 2013, permettant de rattraper une partie de l'écart de production accumulé depuis le début de la crise. Mais cette reprise spontanée est freinée, principalement par la mise en place de plans d'économies budgétaires en France et dans l'ensemble des pays européens. La stratégie de consolidation budgétaire, imposée par la Commission européenne, devrait amputer de près de 6 points de PIB l'activité en France au cours des années 2012 et 2013. (Premier paragraphe)

Ce texte résume les perspectives 2017-2019 pour l’économie française dont une version complète est disponible ici. Après cinq années de croissance atone (0,8 % en moyenne sur la période 2012-16), une reprise se dessine enfin en France, avec des hausses attendues du PIB de 1,8 % en 2017, 1,7 % en 2018 et 1,9 % en 2019. Certains facteurs négatifs qui ont marqué 2016 (chute de la production agricole, impact des attentats sur le tourisme…) ont disparu en 2017 et l’économie devrait désormais profiter pleinement des effets positifs des politiques d’offre mises en œuvre sous la présidence Hollande. À ceci s’ajoute l’effet d’entraînement du dynamisme renforcé des économies européennes. La consolidation budgétaire sera de faible ampleur pour les deux années à venir[1] (0,3 point de PIB sur 2018-2019) et ne devrait pas remettre en cause la reprise en cours et la baisse du chômage entamée en 2015. Au total, en intégrant l’effet retardé des politiques d’offre passées, la politique budgétaire aura un impact neutre sur la croissance du PIB en 2018 et légèrement positif (+0,2 point de PIB) en 2019. La réduction du déficit public sera lente (2,9 % du PIB en 2017, 2,6 % en 2018 et 2,9 % en 2019), mais ceci masque la forte amélioration du solde public en 2019 hors mesure ponctuelle liée à la transformation du CICE. La réduction serait suffisante pour rester en-dessous de la barre des 3 % et assurer la sortie du bras correctif du Pacte de stabilité. [Premier paragraphe]

L’objectif de cet article est de mettre en évidence des effets potentiels du Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) sur l’économie française, et plus particulièrement sur l’emploi, les salaires et les prix, sur la période 2014-2015t2, à partir de l’information fournie par les comptes nationaux trimestriels par branche. Le CICE a été instauré par la loi du 29 décembre 2012, suite à la remise du Rapport Gallois sur le Pacte de compétitivité pour l’industrie française. Il s’agit d’un crédit d’impôt attribué à toutes les entreprises imposées sur leur bénéfice réel et soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu. Son mode de calcul repose sur une assiette salariale large de façon à alléger le coût du travail. Le CICE poursuit plusieurs objectifs simultanés, précisés dans la loi : le CICE doit permettre aux entreprises de faire des « efforts en matière d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique et énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement ». Son évaluation est complexe – multiplicité d’objectifs, ensemble des entreprises éligibles au dispositif, montée en charge, non recours, préfinancement possible, décalage temporel entre l’année de calcul du montant du CICE et sa consommation effective – et rend impossible la construction d’un contrefactuel permettant une évaluation macroéconomique bouclée ex post. Par ailleurs, le financement du CICE repose sur des efforts que devront réaliser simultanément les ménages et les administrations. Le CICE est explicitement financé pour moitié par une hausse de la fiscalité pesant sur les ménages et pour moitié par des économies de dépenses publiques. Les effets à attendre du CICE seront donc différents selon que l’évaluation du dispositif est réalisée hors financement ou avec financement.

Ce Working paper prolonge et actualise l'article de Ducoudré, Heyer et Plane (2015) qui analysait les premiers effets du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) sur l'emploi et les salaires en utilisant des données trimestrielles par branche fournies par les comptes nationaux. Ce travail s’inscrit dans le débat sur l'évaluation du CICE récemment ravivé par les résultats du dernier rapport du comité de suivi de ce dispositif (France Stratégie, 2017) montrant qu'il n’y avait pas de consensus sur l'ampleur de ses effets sur l'économie française . Cette mesure, actuellement remise en cause par le nouvel exécutif, aurait, selon ce comité, un effet « difficile à déceler sur les salaires » et « positif mais modéré » sur l'emploi. Mais, les conclusions de ce rapport sont prudentes et appellent à prolonger et à multiplier les analyses de ce disposit

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Le dernier rapport du Comité de suivi du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) rappelle la difficulté d’évaluer l’impact de ce dispositif et propose des conclusions extrêmement prudentes sur son efficacité. Il mentionne également l’importance de mener des études macroéconomiques complémentaires aux travaux existants et la nécessité de poursuivre cette évaluation afin d’allonger la période de temps disponible pour ces analyses économétriques.Ce rapport relance la question de l’efficacité du CICE au moment même où l’exécutif annonce qu’il va le transformer en baisse de cotisations sociales patronales pour 2019. Cette mesure phare du quinquennat Hollande fait ainsi l’objet de multiples évaluations qui n’ont pour l’instant pas atteint de consensus (voir le rapport de France Stratégie : ou encore les évaluations de l’OFCE réalisées à partir d’emod.fr). À ce jour, France Stratégie conclue à un « un effet sur les salaires difficiles à déceler » et, avec un certain nombre de réserves, à un effet modéré sur l’emploi. [Premier paragraphe]

in Alternatives économiques. Hors-série Publié en 2015-02
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Le crédit d'impôt compétitivité emploi et le pacte de responsabilité apportent une aide massive aux entreprises… payée par les ménages et les administrations. Depuis le 1er janvier dernier, les mesures du pacte de responsabilité et de solidarité, destinées à redresser la compétitivité des entreprises françaises, commencent à prendre effet. Le président de la République avait annoncé, à l'occasion de ses voeux du 31 décembre 2013, la mise en place de ce nouveau mécanisme, qui complète et renforce le crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice), lancé en novembre 2012. Ces deux dispositifs, qui couvrent la période 2014-2017, ont allégé de 23 milliards d'euros les charges fiscales et sociales pesant sur les entreprises en 2015. Ils porteront donc le niveau de ces aides à 41 milliards d'euros en 2017 (voir graphique). Le tout est de savoir s'ils permettront, au regard du contexte actuel en France et en Europe, de relancer la croissance et l'emploi.

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