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Cette recherche part du constat que l’obésité a été portée au même moment en Angleterre et en France, alors même que la prévalence de la maladie est plus élevée dans le premier pays, qui dispose de plus d’un système de santé publique plus favorable. Nous nous interrogeons alors sur le rôle de trois variables explicatives dans la mise à l’agenda de ce problème. La première variable concerne les éléments cognitifs sur l’obésité. Nous montrons comment une étude sur une temporalité longue nous permet d’observer l’existence de trois représentations de l’obésité, portées par des acteurs différents : une représentation culturelle, une représentation médicale et une représentation de santé publique. Parmi celles-ci, seule la dernière, défendue par des spécialistes en santé publique, construit l’obésité comme un "risque crédible". La deuxième variable s’attache à analyser les institutions dans les secteurs sanitaire et alimentaire en Angleterre et en France. Nous montrons leur évolution institutionnelle sur une temporalité moyenne, et notamment comment le changement observé dans les années 1990 suite à plusieurs épisodes de « crise » créé des conditions favorables à la mise sur agenda de la nutrition et de l’obésité. Enfin, la troisième variable porte sur l’étude des stratégies des acteurs qui s’approprient le problème dans les années 1980 et 1990. Nous analysons les différences entre les deux pays : la nutrition est un problème politisé en Angleterre qui fait l’objet de nombreux débats publics, quand ce n’est pas le cas en France. Les acteurs réussissent à se saisir des opportunités institutionnelles pour porter l’obésité dans sa représentation de santé publique sur l’agenda.

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1ères lignes : Le terme « corruption », communément utilisé pour désigner les abus de fonction des dirigeants, est un label aussi courant que trompeur. En science sociale, il serait prudent de ne l’utiliser qu’avec des guillemets sous peine de céder au sens commun qui qualifie aujourd’hui par ce terme tous les dysfonctionnements publics, la pression des intérêts privés et, plus largement encore, tous les excès dans l’exercice du pouvoir quels qu’ils soient. Ce faisant, on s’affronte à un objet de recherche non construit et l’on oublie l’idée centrale de Durkheim selon laquelle c’est la préexistence d’une norme soit morale, soit juridique qui détermine la catégorisation d’une déviance dans le premier cas, d’une délinquance dans le second. La question des normes, de leur contenu et de leur production est donc déterminante.

in Les droits des malades et des usagers du système de santé, une législation plus tard Publié en 2007
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La question de la place des normes dans l’exercice du pouvoir a été une constante de mes travaux depuis le milieu des années 1970. Cet énoncé est bien sûr un constat rétrospectif, et en partie la rationalisation d’un parcours. Cependant les enquêtes que j’ai commencées alors, mais aussi une préoccupation théorique régulière, m’ont conduit dans cette direction. Plus précisément, et même si je ne l’avais pas encore clairement formulé à l’époque, c’est le paradoxe du rapport des élites dirigeantes aux règles sociales que j’ai sous des formes diverses cherché à clarifier. D’un côté, ce sont les élites politiques, administratives et économiques qui ont la responsabilité de définir les lois communes (produire les lois, les règlements et les modèles de comportement). Elles revendiquent cette activité comme un attribut de puissance. C’est aussi pour elles un moyen de justifier leur domination en mettant en valeur leur capacité à définir « l’intérêt général », à oeuvrer de façon désintéressée au bénéfice de la collectivité. Mais d’un autre côté, les élites dirigeantes sont un groupe social comme les autres, « normal » au sens de Durkheim, et elles entretiennent comme les autres catégories sociales des rapports ambivalents, voire conflictuels, avec les normes sociales. Y compris avec celles qu’elles ont elles-mêmes produites. Cependant, la visibilité et la dangerosité sociale de leurs transgressions demeurent très faibles. Je soutiens aujourd’hui qu’un ensemble de dispositifs de neutralisation et de restauration sont à l’oeuvre qui préservent les élites déviantes de la stigmatisation et des risques de délégitimation qui en découlerait. C’est au fond la principale conclusion du travail de synthèse que nous avons réalisé avec Carla Nagels dans la Sociologie des élites délinquantes qui confronte le bilan des travaux sur « la criminalité en col blanc » avec ceux portant sur « la corruption politique ». Bien que traités le plus souvent séparément, ces deux domaines de recherche convergent pour montrer la constance des abus de fonction (basés sur des mandats privés ou publics) et le haut niveau de la tolérance sociale (réaction formelle et informelle) à leur égard. Le dossier réalisé pour la revue Criminologie m’offre l’opportunité d’un regard récapitulatif sur mon travail de recherche. Il ne s’agit pas de montrer de façon narcissique une « magnifique avancée vers la connaissance », ou « l’édification systématique d’une théorie ». Mon but est plutôt de rappeler le lent développement d’une démarche de près de quarante années avec ses aléas et ses bifurcations, ses emprunts et ses bifurcations. Il s’agit d’essayer de comprendre les étapes qui ont marqué ce programme, les conditions épistémologiques qui l’ont rendu possible et les prolongements que d’autres, peut-être, seront susceptibles de lui donner en l’enrichissant ou le déconstruisant. Je résumerai ainsi ce parcours en trois étapes. Le point de départ a été une entrée par la réaction sociale en montrant son caractère différentiel et les avantages d’une faible pénalisation de la délinquance des élites. Puis, pour rendre compte des multiples voies alternatives de traitement de ces transgressions, je me suis intéressé aux dynamiques de jeux avec les règles et aux compétences sociales que ces stratégies d’appropriation et d’évitement exigent. Finalement, c’est l’étude des techniques de neutralisation et des rites de restauration de la délinquance des élites qui m’a intéressé dans la mesure où elle permet de comprendre un peu mieux le maintien de la légitimité sociale d’acteurs transgressifs et leur capacité de résistance à la stigmatisation. C’est à partir de 1975 que Philippe Robert, qui dirigeait alors le Service d’études pénales et criminologiques (SEPC) au ministère de la Justice à Paris où j’avais été engagé deux ans plus tôt, m’a orienté vers le white-collar crime, c’est-à-dire la déviance et la délinquance des élites surtout économiques et secondairement politiques. Lecteur attentif des revues anglo-saxonnes, il avait repéré la place croissante accordée en Amérique du Nord à ce domaine.

in Nouveau Manuel de Science Politique Publié en 2009-09
LASCOUMES Pierre
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La question de la défense de la probité publique est paradoxale : l’abondance des normes et institutions n’a pas empêché la poursuite de pratiques abusives, tandis que la situation du « régulé-régulateur » explique en partie pourquoi les progrès ne se font que par à-coups.

in Problèmes politiques et sociaux Sous la direction de LASCOUMES Pierre Publié en 2005-05
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L'expertise est classiquement définie comme la production d'une connaissance spécifique pour l'action. Elle s'est développée au XIXe siècle et continue à...› Lire la suite être pensée selon le modèle idéal de la décision rationnelle qu'elle est supposée éclairer. Mais, du scandale du sang contaminé aux incertitudes du changement climatique, du dossier de l'exposition à l'amiante à celui de l'ESB ou du nucléaire, les " experts " chargés de suivre ou de conseiller le gouvernement ont été régulièrement mis Ces dossiers aux conséquences majeures ont tout été les tensions internes aux milieux scientifiques et la connaissance, aussi rationnelle qu'elle prétende me pas un ensemble homogène et bien stabilisé, elle raire traversée de fortes controverses qui divisent entre spécialistes. Les acteurs politiques ont interpellé leurs experts, en avoir alertés en temps voulu, en leur reprochant, tantôt de ne pas les avoir alertés en temps voulu, tantôt de les avoirs conduits à prendre de mauvaises décisions, tantôt d'être incapables de répondre de façon claire à leurs interrogations. Enfin, la société civile, longtemps impressionnée par ces avis savants, est entrée dans le débat en mettant en question le monopole du conseil rationnel accordé aux divers spécialistes. Les mouvements sociaux ne cessent aujourd'hui d'interpeller les experts sur leurs compétences, sur l'ambiguïté de leurs relations aux politiques et sur leur possible soumission à des intérêts particuliers, économiques ou liés à des pouvoirs. Contradictoire, contestée ou inefficace, l'expertise publique a-t-elle encore un sens et un avenir ? Dans le même temps, cette période de mise en cause est aussi l'occasion de rechercher de nouveaux modèles en vue d'une expertise plus transparent et plus démocratique. L'objectif de ce dossier est de fournir des matériaux de réflexion pour essayer d'approfondir ces questions.

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Ce récit est très largement inspiré de l’histoire authentique de l’ouvrage White Collar Crime écrit par Edwin Sutherland, sociologue américain né en 1883, mort subitement à 67 ans en 1950. Les dates et les principaux événements sont réels. Les noms et les personnages, excepté celui de l’éditeur Dryden, sont imaginaires.

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