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Après une année 2006 favorable dans la zone euro, le PIB affichant une progression de 2,9 %, les chiffres du premier semestre 2007 apparaissent nettement plus contrastés. Dans la continuité des performances de la fin 2006, la croissance du PIB a atteint 0,6 % au premier trimestre. Elle s’est avérée par contre décevante au deuxième trimestre (0,4 %), soulevant ainsi de nombreuses interrogations sur la poursuite de la reprise dans un contexte marqué par la crise bancaire et financière qui a éclaté durant l’été. Les difficultés pourraient en outre s’accroître en raison de la poursuite de l’appréciation de l’euro. L’intransigeance de la Banque centrale européenne (BCE), contrastant avec la baisse amorcée des taux directeurs aux États-Unis, pousserait l’euro vers de nouveaux sommets. L’année 2008 serait alors marquée par le ralentissement de l’investissement par rapport à 2006 et 2007 et par des difficultés grandissantes pour les entreprises exportatrices de la zone euro. La dynamique favorable qui s’était jusqu’ici enclenchée serait freinée même si la zone euro resterait à l’abri des turbulences financières avec une croissance de 2,5 % en 2008.

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La crise des dettes souveraines au début de l'année 2010 a pour l'instant eu un impact limité sur la croissance de la zone euro. Cette dernière a en particulier été forte au deuxième trimestre avec un rebond à 1 % (après 0,3 % au premier trimestre). L'activité a d'abord été tirée par des facteurs techniques puis par le redressement de l'investissement. La performance de l'Allemagne a été impressionnante (+2,2 % de croissance au deuxième trimestre 2010). Les facteurs qui ont soutenu la croissance au premier semestre 2010 continueraient d'être actifs en fin d'année. De ce fait, le PIB de la zone euro progresserait de 1,7 % en moyenne en 2010. Mais les interrogations liées aux dettes publiques ont laissé des traces, puisque les primes de risques sur les taux publics restent élevées dans plusieurs pays jugés fragiles par les marchés financiers (Grèce, Portugal, Espagne, Italie et Irlande) et que des plans de rigueur très forts ont été adoptés dans plusieurs pays, ce qui pèsera sur leur demande intérieure et donc sur les débouchés des autres pays. En 2011, la croissance du PIB de la zone euro resterait de 1,7 %, moins forte que ce que la dynamique entrevue en 2010 aurait pu laisser supposer. En effet, la restriction budgétaire deviendra générale dans la zone, intervenant alors même que le PIB par tête est inférieur de 4,2 % à son niveau du début 2008, que le taux de chômage reste élevé (9,9 % en 2011) et que le financement des entreprises reste problématique.

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À la suite de quatre trimestres consécutifs de forte baisse du PIB, le second trimestre 2009, avec une contraction du PIB de – 0,1 % seulement, apporte l’espoir d’une stabilisation au sein de la zone euro, au moment où la croissance repart aux États-Unis. Cette timide amélioration se produit après le trimestre le plus noir de la crise, au cours duquel le taux de croissance a atteint – 2,5 %. La récession prolongée s’explique par une contraction de toutes les composantes du PIB : la consommation privée a baissé, non compensée par la consommation publique, et le recul de l’investissement, en particulier de l’investissement productif, a été d’une ampleur sans précédent par rapport au début des années 1990, avec un recul de – 5,3 % au premier trimestre 2009. Dans l’ensemble de la zone, le chômage a crû de plus de deux points depuis le premier trimestre 2008, pour atteindre 9,3 % au second trimestre 2009. En outre, la crise touchant symétriquement les pays développés et en développement, le commerce extérieur n’a pas compensé l’atonie de la demande interne. Selon nos prévisions, la zone euro devrait néanmoins renouer avec une croissance positive dès le troisième trimestre 2009. Pourtant, il serait prématuré de parler de reprise. La dégradation de l’emploi se poursuivrait encore tout au long de l’année 2010, témoignant de l’emprise de la crise sur les évolutions conjoncturelles à venir. Surtout, les pertes passées des banques et le désendettement probable des agents non financiers pèseront sur le financement de nouveaux projets et entraveront la demande à court et moyen terme. Ainsi, quand bien même le niveau de vie par habitant dans la zone euro repartirait à la hausse, il ne récupérera pas avant des années le niveau qui prévalait avant la crise, restant marqué par la chute historique qu’il vient de subir. En dépit d’une consommation privée déprimée, l’investissement productif devrait augmenter dès le troisième trimestre. La situation de reprise s’amorçant dans tous les pays, le commerce extérieur devrait à nouveau contribuer à la croissance. En outre, après une période de déstockage massif, les stocks devraient se reconstituer. Après deux trimestres de rattrapage en 2009, la croissance en 2010 s’établirait à 0,8 % en moyenne annuelle, la consommation privée restant faible, et la consommation publique ralentissant dans une perspective de maîtrise des déficits publics. L’investissement devrait croître faiblement (0,2 % en 2010), et le commerce extérieur devrait se rétablir, mais sans retrouver son niveau d’avant la crise. En comparaison, les États-Unis renoueraient avec la croissance dès le troisième trimestre 2009, croissance qui devrait se poursuivre à un rythme plus modéré en 2010.

in Chronique internationale de l'IRES Publication date 2014-06
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L’introduction d’un salaire minimum légal interprofessionnel de 8,5 euros par heure est l’aboutissement d’une longue campagne initiée au milieu des années 2000, qui a peu à peu fédéré toutes les forces syndicales, et amené l’ensemble des forces politiques lors des dernières élections législatives d’octobre 2013 à inscrire dans leur programme la nécessité de renforcer les normes salariales « minimales ».

in Revue de l'OFCE Publication date 2007-04
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Avec une progression du PIB de 3,8 % en 2006 (après 3,5 % en 2005), l’Espagne est restée le plus dynamique des « grands pays » de la zone euro. Certes, du fait de la reprise européenne, l’écart de croissance avec la zone euro s’est réduit, mais il est toujours important (1,1 point). Si la demande intérieure a continué d’être vigoureuse, elle a un peu décéléré (4,8 % en 2006, après 5,3 % en 2005), l’accélération de la croissance espagnole s’expliquant par une contribution du commerce extérieur moins négative qu’en 2005 (– 1,1 point, au lieu de – 2,1). Cette très bonne performance dans un contexte monétaire moins accommodant tient en partie à l’accélération de la croissance mondiale, et en particulier de celle de ses partenaires de la zone euro. Ce répit serait de courte durée puisque, à l’horizon de notre prévision, le commerce extérieur soutiendrait moins la croissance espagnole. Surtout, les dynamiques d’investissement logement et de consommation privée fléchiraient.

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Après quasiment une décennie de pouvoir conservateur (1996-2004), le leader du parti socialiste José Luis Rodriguez Zapatero est devenu premier ministre en mars 2004. Il a pris les rênes d’une économie en forte croissance, après une importante réduction du chômage et un assainissement des finances publiques, permettant au gouvernement de profiter d’amples marges de manœuvre. Sa tâche n’était toutefois pas aisée, l’économie espagnole souffrant de nombreux déséquilibres : une compétitivité dégradée, de faibles gains de productivité, des prix immobiliers surévalués, un creusement du déficit courant et une inflation supérieure à celle de la zone euro. Venaient s’y ajouter un déficit social criant et le problème de la précarité sur le marché du travail. À quelques mois de la fin de cette législature, cet article vise à analyser la politique menée par les socialistes, après avoir fait le point sur l’héritage économique laissé par les conservateurs. Zapatero a entrepris de nombreuses réformes, avec une montée en puissance depuis le milieu de son mandat. Les politiques menées ont visé à soutenir tant l’offre que la demande. Elles ont résulté d’un arbitrage délicat entre l’importance des promesses sociales et la volonté de conserver un excédent budgétaire. Les avancées ont été réelles, mais pas d’une ampleur suffisante pour modifier en profondeur le fonctionnement de l’économie espagnole. Les réformes les plus ambitieuses ont été repoussées, dans l’attente que les négociations tripartites aillent plus avant. La politique économique de Zapatero s’inscrit en partie dans la lignée d’Aznar : ce dernier, en imposant une politique budgétaire restrictive pour qualifier l’Espagne à la zone euro, a marqué le début d’une nouvelle ère, avec une politique de déficit zéro qui n’a pas été remise en cause. Cependant, Zapatero a privilégié les aspects sociaux et l’investissement, profitant d’une situation budgétaire saine. Les clivages entre la droite et la gauche n’apparaissent pas tant économiques que sociétaux, sociaux et liés à l’exercice du pouvoir. En bref, en matière économique, c’est plus sur la méthode que Zapatero diverge d’Aznar, avec le retour du processus de concertation.

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Alors que la phase de baisse des taux directeurs s’est achevée selon les pays entre la fin 2008 et mai 2009 à des niveaux très bas (0,1 % au Japon, entre 0 et 0,25 % aux États-Unis, 0,5 % au Royaume-Uni, 1 % dans la zone euro), les stratégies d’interventions directes des grandes banques centrales sur les marchés financiers ont pris progressivement le relais à partir de l’automne 2008. Face aux difficultés de transmission de la politique monétaire conventionnelle aux marchés monétaires et financiers, les grandes banques centrales ont non seulement injecté directement les liquidités nécessaires au refinancement du secteur bancaire, mais aussi procédé à des rachats d’actifs publics et privés pour combler les dysfonctionnements de certains marchés financiers. Depuis le printemps 2009, la confiance semble enfin être revenue sur les marchés interbancaires : l’écart entre le taux interbancaire à 3 mois et le swap à 3 mois du taux au jour le jour était revenu début octobre à 13 points de base aux États-Unis, à 16 points au Royaume-Uni et à 29 points dans la zone euro. À l’horizon 2010, les banques centrales continueront à veiller à assurer un fonctionnement sans tensions des marchés interbancaires et ne réduiront que très progressivement leurs opérations non conventionnelles. Sous nos hypothèses de croissance et d’inflation modérées, les taux d’intérêt directeurs resteraient inchangés aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro jusqu’à la fin 2010 ; au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre donnerait le signal quasiment symbolique de la sortie de crise en augmentant de 0,25 point son taux de base en fin d’année. Les politiques monétaires accompagneraient une sortie de crise en douceur.

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En dépit de l’amélioration généralisée de la conjoncture, les banques centrales des grands pays industrialisés n’ont pas mis un terme aux mesures non conventionnelles adoptées en réponse à la crise financière. Les écarts de production étant très négatifs et le chômage restant élevé, le risque de déflation n’est toujours pas écarté, aux États-Unis en particulier. En Europe, aux États-Unis et au Japon, les banques centrales n’ont pratiquement plus de marges de manœuvre pour baisser les taux d’intérêt et s’appuient sur le maintien des mesures non conventionnelles pour stimuler l’économie. L’aversion pour le risque demeure, les agents privilégiant toujours la liquidité et les actifs sans risque. Il semble bien que l’économie mondiale soit au bord d’une trappe à liquidité. En conséquence, les grandes banques centrales maintiendraient les taux directeurs à leur niveau plancher en 2010 et 2011. Certaines mesures non conventionnelles arriveront prochainement à échéance mais de nouveaux programmes d’achats de titres publics pourraient être lancés si la croissance n’est pas suffisamment solide. C’est ce qui se dessine depuis la fin de l’été aux États-Unis. Au final, la déflation serait évitée mais la croissance resterait faible, nécessitant toujours le soutien de politiques monétaires accommodantes.

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Les politiques monétaires se sont durcies dans la plupart des pays industriels au cours des derniers mois. C’est avant tout le cas aux États-Unis, où les taux des fonds fédéraux ont été augmentés de 0,75 % en juin 2004 à 4,75 % en avril 2006. La Banque centrale européenne (BCE) a commencé à relever son taux directeur en décembre 2005, pour le porter de 2 % à 2,5 % en mars 2006. La Banque d’Angleterre a maintenu son taux inchangé à 4,5 % depuis août 2005, après avoir décidé une baisse de 0,25 point, mais elle avait été l’une des premières banques centrales à relever ses taux, dès février 2004. La Banque du Japon semble proche d’abandonner sa politique de taux 0 en vigueur depuis la fin 2001 et devrait commencer à relever ses taux au troisième trimestre 2006, si la sortie de la déflation se confirme. Dans une période de croissance soutenue dans la plupart des zones de l’économie mondiale, les autorités monétaires ont renforcé leur vigilance sur l’évolution des prix. La hausse des prix des matières premières, tout particulièrement celle, régulière, des prix du pétrole du début 2002 à l’été 2005 a conduit les banques centrales à accorder une vigilance particulière au risque d’inflation de second tour. Si les prix du pétrole retrouvent bien des niveaux proches de 60 dollars au cours des prochains mois, la perspective d’une stabilisation, voire d’une décélération de l’inflation, conduirait les banques centrales des grands pays industriels à ne pas augmenter fortement leurs taux. Ainsi, la Réserve fédérale porterait son objectif de taux fédéraux à 5,25 % à la fin juin et commencerait à le diminuer au second semestre 2007, lorsque la croissance et l’inflation américaines ralentiraient. La BCE porterait son taux directeur à 3 % d’ici l’été et le maintiendrait inchangé ensuite. La Banque d’Angleterre abaisserait légèrement son taux directeur à l’été si la normalisation du marché de l’immobilier se confirme. La Banque du Japon porterait son taux directeur à 0,5 % à d’ici la fin 2006. Les évolutions des taux longs seraient en ligne avec celles des taux courts. Au total, les conditions monétaires seraient plus restrictives aux États-Unis et dans la zone euro à l’horizon 2007 qu’elles ne l’étaient en 2005.

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Après une phase de croissance soutenue depuis 10 ans qui a vu les prix des logements anciens doubler, le marché immobilier français montre des signes de tassement depuis 2005. Ce mouvement s’est accentué depuis le début de l’année 2006, alimentant les craintes d’un retournement de grande ampleur, à la mesure de la hausse précédente (...).

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