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« Le chemin de la simple justice n’est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d’une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d’autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d’actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d’une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d’expression, les libertés académiques et la laïcité… L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l’intimidation. Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur. [Résumé éditeur]

Lorsqu’il découvre les Protocoles des Sages de Sion, au début de l’année 1920, Hitler ne doute pas qu’il se trouve en présence d’un document révélant le programme secret des hauts dirigeants juifs, visant à devenir les maîtres du monde. Sa lecture de ce faux document lui donne un modèle d’interprétation de la révolution bolchevique. À partir du printemps 1920, il utilise le mythe répulsif du «bolchevisme juif», qui s’ajoute à la représentation du Juif comme maître de la finance internationale. Pour Hitler, lire les Protocoles, c’est apprendre à connaître les Juifs, comprendre leurs stratégies et les buts qu’ils poursuivent. C’est aussi expliquer la marche du monde par ses causes cachées. C’est enfin se protéger contre «le Juif», voire commencer à gagner le combat en démontant ses «mensonges ». Les thèmes conspirationnistes de ce faux, utilisé massivement par les services de propagande du Troisième Reich jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, structurent définitivement l’idéologie nazie. [Résumé éditeur]

Publié en 2020-08-26 Collection Que sais-je ? : 4198
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Objet de fantasmes et de répulsion, l’eugénisme est associé aussi bien à des projets techno-scientifiques qu’à des idéologies ou des doctrines (darwinisme social, racisme), des utopies futuristes, des mesures relatives à la procréation ou encore à des politiques démographiques. A minima, il est possible de le définir comme la volonté de modifier le patrimoine génétique de l’humanité en vue de son amélioration. Mais adhérer à une telle perspective, n’est-ce pas présupposer l’existence d’une inégalité génétiquement déterminée entre humains ou vouloir créer des élites héréditaires ? Jusqu’où conduit cette entreprise, dont les objectifs oscillent entre normalisation et fabrication du surhumain ? Pierre-André Taguieff décrypte un projet qui connaît un regain d’intérêt avec le transhumanisme et les techniques de procréation médicalement assistées, et qui en dit long sur la propension des hommes à se révolter contre la nature ou à se prendre pour des dieux. [Résumé éditeur]

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Jeudi 30 avril, un nouvel « appel international pour le Professeur Tariq Ramadan », adressé à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, a été mis en ligne sur un blog de Mediapart, signé par de nombreux universitaires tels que François Burgat, Ramón Grosfoguel ou Charles Taylor. Pierre-André Taguieff y voit une consécration académique du complotisme antisioniste.

"La pandémie de Covid-19 constitue une épreuve par laquelle nous mesurons les limites de notre savoir et de notre pouvoir. En nous plaçant devant l’inexplicable et l’incurable ainsi que devant des conflits de valeurs insurmontables, elle réveille le sentiment tragique de l’existence. Mais cette défaite de l’optimisme prométhéen est aussi, en France, un éveil du sens du réel et de l’esprit critique face aux chimères du postnational, qui ont contribué à faire perdre à la nation son indépendance. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff, l’heure est à la réinvention d’un État souverain, cadre nécessaire pour une démocratie forte. Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l’État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s’appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d’autres, sur lesquelles il faudra se pencher. Les Éditions de l’Observatoire, depuis leur création, ont l’ambition d’anticiper et de créer les débats d’idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d’après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d’édition une véritable communauté de pensée. Muriel Beyer Directrice des Éditions de l’Observatoire"

Les Juifs ont souvent été accusés de pratiquer le « meurtre rituel » : de la judéophobie antique à l’antisionisme radical d’aujourd’hui, en passant par l’antisémitisme racial moderne, cette accusation mensongère s’est traduite par des légendes qui n’ont cessé de susciter des mobilisations politiques et des violences meurtrières (émeutes sanglantes, pogromes, attentats terroristes). Ces récits de meurtres, qui stimulent la haine, permettent la criminalisation d’un peuple tout entier : les Juifs. Un peuple imaginé comme étant constitué d’assassins potentiels. La haine des Juifs n’a certainement rien inventé de pire.

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Dans ce livre savant et moqueur, Pierre-André Taguieff passe au scalpel l’idéal moderne par excellence, celui d’émancipation, qui exalte, mobilise et aveugle depuis longtemps les Modernes. Le temps est venu de soumettre à un examen critique sans complaisance cette notion qui fait partie du prêt-à-penser dont se sont emparés les utopistes et les démagogues de toutes obédiences. Comment expliquer que cette notion banale ait pu devenir un thème philosophique et politique majeur depuis la fin du xviiie siècle, sous la forme du projet universaliste de l’émancipation du genre humain comme sous celle de l’autonomie croissante de l’individu ? Taguieff analyse la formation philosophique de l’idée d’émancipation, explore ses usages politiques et dissèque ce qu’il appelle l’« émancipationnisme », produit de la corruption idéologique de cette idée-force. Car l’émancipation comme projet global appelle une critique fondamentale : ce qui est rejeté subrepticement, voire diabolisé, ce sont les attachements, les fidélités, les enracinements, les mémoires particulières, donc la transmission. Il s’agit d’un programme de refonte anthropologique, visant à créer l’« homme nouveau », chimère d’une société mondiale d’individus également émancipés. La généalogie d’une idée floue, pour penser librement le monde de demain.

in Qu'est-ce qu'une nation en Europe ? Sous la direction de TEMPLE Henri, ANCEAU Éric Publié en 2018-11
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Est-il justifié de proscrire le mot « race » de la Constitution ? Comment penser qu’en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l’emploi du mot « race » ? La délégitimation scientifique du concept de race depuis les années 1970 a-t-elle fait reculer le racisme comme ensemble d’attitudes, de pratiques et de croyances idéologiques ? La lutte antiraciste peut-elle se contenter de modeler son discours sur les derniers résultats de la recherche en génétique, alors qu’il semble exister des « racismes sans race » ? La salutaire mise au point de Pierre-André Taguieff explore ces questions polémiques sur la base d’une information exceptionnelle et réellement transdisciplinaire. Elle se distingue par sa rigueur conceptuelle et la clarté de son argumentation là où, trop souvent, règnent la confusion, l’angélisme et la pensée-slogan. L’auteur montre que, depuis les commencements de l’époque moderne, un spectre hante l’imaginaire occidental, tiraillé entre l’idée de l’unité du genre humain et le constat de la diversité des humains. Les débats philosophiques et scientifiques sont ici convoqués pour appréhender l’évolution de la pensée occidentale autour de cette notion problématique de « race » et nourrir nos interrogations de citoyens sur les rapports entre le savoir scientifique, la politique et la morale. (Résumé éditeur)

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Le projet de publier une édition critique des trois pamphlets antisémites de Céline, annoncé par Gallimard, a suscité une longue et intense polémique qui, commencée début décembre 2017, est devenue internationale en même temps qu’elle prenait l’allure d’une affaire d’État avec l’intervention du Premier ministre. Le 11 janvier 2018, par une lettre adressée à l’AFP, Antoine Gallimard a déclaré publiquement qu’il suspendait ce projet éditorial : « Au nom de ma liberté d’éditeur et de ma sensibilité à mon époque, je suspends ce projet, jugeant que les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies pour l’envisager sereinement. » (Premières lignes)

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