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L’analyse du tissu productif français mène aux conclusions suivantes : ■ Le coût du travail. La France a un coût salarial horaire voisin de celui de l'Allemagne. Le problème de la France vient davantage d’un coût du travail nettement plus élevé dans les services marchands, ces derniers étant un intrant important des industries manufacturières. L'Espagne se distingue par son entrée dans une politique de modération salariale. ■ L'investissement productif. Le volume d’investissement n’est pas en cause. C’est bien la nature de l’investissement réalisé par les entreprises qui est questionnable. L’investissement des entreprises semble notamment trop orienté vers l’immobilier, du fait de prix élevés, et non vers la montée en gamme. ■ Le positionnement en gamme. La France fait des efforts de R&D significatifs mais plus faibles que les pays les plus innovants, comme l'Allemagne. ■ La destruction créatrice. Dans l'ensemble, la vision commune qui voit en France un déficit de création d'entreprises est fausse. La France peine pourtant à renouveler en profondeur l’appareil productif du fait d'un processus concurrentiel qui avantage les entreprises déjà en place. Plus globalement, le diptyque « faiblesse structurelle des investissements productifs et en R&D–concurrence en prix de nos voisins » représente une réelle menace de décrochage de l'appareil productif français. L’économie française est « prise en sandwich » entre d'un côté une concurrence en prix croissante et d'un autre côté une anémie persistante de son effort de recherche et de ses investissements productifs. Dans ce contexte, il faut que les politiques fiscales mises en place dernièrement (CICE) se traduisent par des gains réels de compétitivité, soit via les prix pratiqués par les entreprises à court terme, soit via des investissements modernisant l'appareil productif français à plus long terme. Les futurs gouvernements devront trancher sur l’avenir du tissu productif fran- çais, entre d’un côté orienter le pays vers une économie de services aux entreprises, insérée dans la chaîne de valeur mondiale mais sans réelle spécialisation industrielle, et de l’autre, engager la spécialisation du pays vers des industries considérées comme des leviers importants de la compétitivité future du pays, comme l’énergie, l’aéronautique, et les industries liées à la santé. Une chose semble claire aujourd’hui : le redressement du tissu productif français a besoin de politiques bien plus ambitieuses que la simple mise en place d’incitations fiscales.

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This paper analyses in what extent innovation contributes to the productivity premium of exporters. We start by performing non parametric tests on TFP distributions on different groups of firms characterized by their export and innovation behavior. We show that the TFP distributions of exporters and innovators stochastically dominate those of non exporters and of non innovators, respectively. We pursue with OLS regressions and show that the export premium, defined as the productivity advantage of exporters over non-exporters, is robust to the introduction of innovation statistics. We conclude that export and innovation each have specific mechanisms in their relationship with productivity. The contribution of innovation abilities remains however small: once controlled for the firm size, its ownership, and its innovation abilities, the residual export premium is still around 3%. Two additional results are found. First, both process and product innovations are associated with higher productivity when process innovation is strictly defined. Second, when accounting for distance to export markets, the export premium remains significant for global exporters only, whereas that of intra-Europe exporters vanishes. From these findings, we conclude that, beyond innovative abilities and mere size advantage, specific export-related competencies, such as specific managerial competencies or specific human capital, takes an important part in the success of Global exporters.

in Comité de suivi du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi Publié en 2015-07
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Créé par la loi de finances rectificative du 29 décembre 2012, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) est en vigueur depuis janvier 2013. Après une phase d’apprentissage dont les précédents rapports de ce comité ont analysé les conséquences, il peut être considéré comme entré dans sa phase de maturité. Ce constat vaut pour les entreprises : tout indique que celles-ci ont maintenant une bonne connaissance des implications comptables du dispositif, de son fonctionnement et des obligations déclaratives qu’il comporte. L’hypothèse d’un non recours significatif peut désormais être écartée. Le même constat vaut aussi pour les administrations : les écarts entre source fiscale et source sociale sur le montant du CICE sont devenus très faibles. La question principale est donc désormais celle de l’effet du dispositif sur les comportements d’investissement, de prix et d’emploi des entreprises, et, au-delà de ces variables, sur la croissance, le chômage, l’innovation et le commerce extérieur. Il importe également de savoir s’il a été à l’origine d’un dialogue social de qualité au sein des entreprises. [Résumé Rapport]

in OFCE Policy Brief Publié en 2019-05
ALSIF Anne - Sophie
CHARLET Vincent
COHEN Elie
COMBE Emmanuel
FOUQUIN Michel
MARTY Frédéric
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À la veille des élections européennes, il est utile d’abonder le débat en réflexions et point de vue sur l’utilité de l’Union européenne pour l’industrie, sujet qui replace l’UE dans l’histoire de la réussite du Marché unique mais qui questionne l’existence des politiques européennes pour soutenir la compétitivité de l’industrie mise à mal par les États-Unis et la Chine. Le 10 avril 2019, l’OFCE organisait une conférence-débat sur la question de savoir si l’industrie avait besoin de l’Union européenne (UE), ce texte rassemble les contributions des intervenants. Il apparaît que la question peut être abordée sous différents angles, ce qui complique la définition d’une politique européenne pour l’industrie mais en même temps lui donne une étendue d’ambitions sans égale avec la réalité passée de la pratique européenne. De la politique de la concurrence à la politique commerciale en passant par les politiques industrielle et environnementale, tous les angles ont été abordés par les auteurs mais peu d’articulation ni d’emboîtement ne semblent s’imposer pour décrire la politique européenne récente sauf à reconnaître la primauté de la politique de concurrence. Finalement, il ressort de cette collection de contributions une impérieuse nécessité de trouver une cohérence entre ces politiques par l’établissement d’une ligne politique pour l’industrie européenne qui hiérarchiserait les objectifs pour mieux mobiliser les outils politiques disponibles. Les défis industriels que rencontre l’UE imposent à la future Commission européenne qu’elle définisse cette ligne.

in Alternatives économiques. Hors-série Publié en 2018-02
GUERINI Mattia
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L'industrie est le symbole de la puissance de l'Europe depuis le XIXe siècle. Elle imprègne toute son histoire économique, mais n'occupe cependant aujourd'hui plus que 20 % de sa main-d'oeuvre. Elle représente néanmoins encore le quart du produit intérieur brut (PIB) de l'Union européenne. La transition qui a vu la part des services fortement augmenter depuis les années 1970 et l'industrie devenir plus technologique a affecté tous les Etats membres, à des degrés divers.

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Trois étapes scandent l'expansion économique chinoise qui ont progressivement intensifié la menace industrielle pesant sur les économies occidentales. Ce Policy brief détaille la réalité de cette menace et les moyens mis et à mettre en œuvre pour assurer des conditions d'une concurrence équitable. Il conclut sur l'intensité de la menace et les risques concurrentiels, technologiques mais aussi macroéconomiques qu'elle présente. La menace s'est déployée sur 3 niveaux. Le premier est celui du commerce et des parts de marché. La dynamique des exportations chinoises et la pratique de subventions et de dumping ont constitué les premiers sujets d'inquiétudes des partenaires occidentaux. Révélateur du déplacement de la production industrielle, les déséquilibres commerciaux ont conduit à des mesures de rétorsion et de protection qui n'ont toutefois absolument pas inversé la tendance. Le second est technologique. Plus récemment, le volontarisme du gouvernement chinois en matière de promotion des technologies conduisant à des obligations de transferts de technologie contre un accès au marché ou à la commande publique crée les conditions d'une rapide appropriation et future domination technologique. Enfin, le dernier niveau est une menace sur les actifs. L'appétit vis-à-vis des actifs étrangers afin de faire grandir par le biais de la croissance externe les entreprises chinoises a commencé à inquiéter les gouvernements occidentaux voyant là un autre moyen de transférer des technologies et des pertes d'avantages comparatifs. En conséquence, la stratégie expansionniste chinoise modifiera l'état de la concurrence dans de nombreuses industries du futur. Les gouvernements occidentaux, et notamment le régulateur européen, devront intensifier leurs efforts pour créer les conditions d'un échange équitable ; il faudrait pour cela : ■ exiger la réciprocité des règles concernant les investissements ; ■ multilatéraliser les conflits pour peser contre la Chine ; ■ créer une structure transparente de concertation et de surveillance des entrées de capitaux étrangers dans l'Union européenne ; ■ renforçer le contrôle du respect de la propriété intellectuelle.

The objective of this paper is to show that part of the fixed cost of firms’ trade expansion is due to the acquisition of new internal capabilities (e.g. technology, production processes or skills), which imply a costly change in the firm’s internal labor organisation. We investigate the relationship between a firm’s structure of labor, in terms of relative number of managers, and the scope of its export portfolio, in terms of product-destination varieties. The empirical analysis is based on a matched employer- employee dataset covering the population of French firms from tradable sectors over the period 2009-2014. Our analysis suggests that market expansion, and in particular export diversification, is associated with a change in the firm’s workforce composition, namely an increase in the number of managerial layers and in the ratio of managers. We show how these results are consistent with a simple model where the complexity of a firm’s operations increases in the number of product-destination couples exported, and where managers’ role is to address the unsolved problems arising from such increased complexity of operations

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Amorcée clairement au début des années 2000, la transformation numérique fait l'objet de nombreuses études qui en soulignent le caractère prometteur et exaltant (Brynjolfsson et MacAfee, 2014) bien que bouleversant et polarisant, appelant donc des adaptations des politiques publiques (Haskel et Westlake, 2018). Dans ce Policy brief, on s'intéresse à la dimension productive de cette transformation numérique. Cette dernière est au centre des débats sur les transformations du tissu productif, du marché de l'emploi, de la concentration du pouvoir économique et de l'énigme de la productivité. Pour en saisir les enjeux, il faut commencer par l'évaluer. Ce Policy brief propose une évaluation de la numérisation du tissu productif français en utilisant une grille sectorielle mais en doublant l'évaluation de la production de numérique par celle de la consommation des branches en numérique. Par l'entrée de la production, on capture la création de « matières premières » numériques : les ordinateurs, les puces, les éléments électroniques mais aussi les services d'ingénierie informatique, les logiciels, les services de télécommunications, etc. Par l'entrée de la consommation, nous mesurons l'intensité numérique par secteur qui rapporte la consommation intermédiaire du secteur en « matières premières » numérique au total de la consommation intermédiaire du secteur. Des comparaisons internationales permettent de situer la France relativement à ses principaux partenaires. Cette approche de la dimension numérique du tissu productif français permet d'établir que la France se situe dans une position médiane qui appelle une plus forte mobilisation des acteurs pour rejoindre les pays de tête. Comme ailleurs, le tissu productif français a profité, depuis le début des années 2000, de la baisse des prix des services des télécommunications et des prix du manufacturier numérique. L'accélération de la numérisation de l'économie passera par une augmentation de l'intensité numérique du tissu productif en services d'ingénierie informatique et numérique, ce qui contribuera à développer le secteur lui-même ainsi que les exportations de services. De la vitalité de ces services et de leur capacité à répondre aux besoins des autres secteurs dépendra la numérisation du tissu productif.

Nous étudions l'impact potentiel du CICE sur le comportement d'exportation des firmes françaises. Notre méthodologie combine des paramètres estimés ex-ante avec l'intensité de traitement observée ex post pour réaliser une évaluation des effets attendus. Selon nos résultats, un effet non négligeable du CICE sur la marge intensive des exportations peut être attendu. Le montant de la créance de 2013 devrait permettre d'observer, à terme, un surplus d'exportations de 1 %, alors que la créance CICE de 2014 permettrait un surplus de 1,3 %. En revanche, le CICE ne devrait pas avoir un impact sensible sur l'entrée de nouveaux exportateurs ou sur la survie d'anciens exportateurs qui seraient devenus plus compétitifs grâce au dispositif. L'entrée et la sortie du marché international sont très faiblement liées au coût salarial. Cependant, si le CICE se traduit à terme par une hausse de l'investissement, d'autres canaux de transmission pourraient influencer la marge extensive du commerce international.

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Cet article étudie la relation entre le taux d’emploi des seniors, la structure productive et l’accélération du progrès technique. L’existence d’une relation entre taux d’emploi et structure productive repose sur deux hypothèses. La première est que l’évolution de la spécialisation ces 30 dernières années a principalement consisté en une tertiarisation d’une part et en une introduction croissante de contenu technologique d’autre part. La seconde est que l’offre de travail des seniors présente des caractéristiques qui les rendent plus vulnérables à cette évolution. Afin d’identifier cette relation, nous comparons la structure productive de la France avec celles de cinq pays de l’UE-15 qui présentent de meilleurs résultats en termes de taux d’emploi des seniors : le Danemark, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Pour caractériser la structure productive et la mettre en relation avec les caractéristiques de l’offre de travail des seniors, nous mobilisons les classifications internationales des industries utilisant le contenu en Recherche et Développement, le contenu en connaissance et le contenu en technologie de l’information et de la communication. L’exercice de caractérisation conduit à identifier la spécialisation de la France comme étant plutôt défavorable à l’emploi des seniors comparativement à celle des cinq pays de référence. Cette détermination structurelle du taux d’emploi des seniors, toutes choses égales par ailleurs, doit inciter à se préoccuper des qualifications des cadets d’aujourd’hui pour influencer le taux d’emploi des seniors de demain.

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