Type
Thèse de doctorat
Titre
Vie quotidienne et pouvoir dans trois quartiers de Pékin : Une microsociologie politique comparée des modes de gouvernement urbain au début du 21e siècle
Auteur(s)
ROCCA Jean-Louis - Centre de recherches internationales (Directeur de thèse ou mémoire)
AUDIN Judith - Centre de recherches internationales (Auteur)
Établissement de soutenance
Paris : Sciences Po - Institut d'études politiques de Paris
Pages
737 p.
Mots clés
Pékin, quartiers, vie quotidienne, habitants, comités de résidents, gouvernement urbain
Résumé
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Cette thèse propose une réflexion sur l'exercice du pouvoir à partir d'enquêtes effectuées dans trois quartiers contrastés de Pékin (2007-2009). Cette approche « par le bas » s'intéresse à la vie quotidienne en croisant microsociologie urbaine et politique comparée. Le quartier, site de pouvoir, est traversé par différentes formes d'hétéro-contrôle (politiques publiques), de contrôle social (normes) et d'autocontrôle. L'espace d'un quartier se construit sur la base d'interactions et de mises en scène des habitants, producteurs d'arts de faire et de conventions, mais aussi des travailleurs, notamment les agents du comité de résidents. Cette instance, qui ne relève pas officiellement de l'administration, est au cœur de la réforme de l'action publique de construction des communautés de quartier (shequ). Maillon essentiel du contact entre les habitants et la chaîne de l'administration, elle constitue un type particulier de street-level bureaucracy. La domination s'établit à un double niveau, à partir des ambitions étatiques de construction d'une métropole internationale abritant des citadins « modernes et civilisés », mais aussi à partir des désirs de la population (confort, ordre, stabilité). Cet agencement d'intérêts différents a convergé vers le nouveau modèle de résidence (xiaoqu), qui génère une matrice d'assujettissement (logique de marché), mais aussi de subjectivation, les pratiques des individus (routines et contestation) étant productrices de nouveaux cadres. Le quartier devient alors le lieu où les individus construisent leur propre domination, un lieu où s'observe la formation locale de l'État, un lieu de plus en plus connecté à l'image sociale de la « vie bonne ».

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT