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This paper examines humanitarianism's moral positioning above private and political interests to save lives and alleviate suffering. It does not aim to assess the legitimacy of this stance, but rather to probe the way in which humanitarian actors relate to this moral dimension in their everyday work. It investigates empirically humanitarian ethics from the perspective of humanitarian actors, drawing on interviews conducted in Beirut, Lebanon, in 2014. As it is exploratory, three key conceptual innovations were required. The first of these is the introduction of the tools developed to consider a neglected reality: humanitarian actors’ ‘moral sense’ vis-à-vis the humanitarian sector's ‘moral culture’. Second, the study shows how the sector's moral culture is structured around the notion of ‘concern for persons in need’. Third, it analyses the way in which the sector and its actors handle the asymmetrical relationships encountered daily. Ultimately this paper seeks to valorise humanitarian actors’ creativity in their common practices and explore potential challenges to it.

Cette thèse est une étude sur le geste de soin, c’est-à-dire le fait de se soucier d’autres personnes et de leur apporter une aide nécessaire. Elle est ancrée dans un cas particulier : l’action humanitaire, l’action d’organisations intervenant dans des situations d’urgence générées par des conflits ou des catastrophes. Ce secteur de pratiques vient nourrir et contextualiser notre réflexion en lui apportant ses contraintes propres. Le constat d’un ensemble d’écueils dans les pratiques de soin se trouve à l’origine de ce travail. Ces problèmes sont généralement perçus comme des abus de pouvoir, que ce soit le soigné qui se voit abusé (imposition d’une forme de soin, manque de respect, etc.) ou bien le soignant (manque de reconnaissance, manipulation, détresse empathique, etc.). Selon la conception dominante, ces écueils auraient leur source dans l’asymétrie de la relation de soin. Il faudrait alors réduire, si ce n’est même, annuler cette asymétrie. Mais que serait le soin en l’absence de cette asymétrie ? Que pourrait faire le soignant s’il se trouvait tout autant vulnérable que le soigné ? Cette thèse dénonce une conception dominante du soin qui tend à un affaiblissement du soignant. Non seulement la souffrance ne trouve pas de réponses effectives, mais elle se voit légitimée et même célébrée. Notre travail vise à dénoncer cet empire de la souffrance et en révèle les racines profondes. De plus, la contribution de cette thèse n’est pas uniquement critique : elle propose de retrouver la puissance au cœur du geste de soin. Nous montrons que la source de cette puissance se trouve dans le désir, le désir entendu dans son sens fondamental et intrinsèque. Cette thèse propose finalement de replacer le désir au cœur du soin. Le vitalisme et la puissance normative anti-dogmatique de philosophes comme Spinoza, Nietzsche, Canguilhem et Deleuze nous éclairent tout au long de ce travail ainsi, qu’un travail empirique réalisé auprès d’acteurs humanitaires.