Type
Thèse de doctorat
Titre
Théories en action : appropriations des théories féministes en milieu libertaire à Berlin et Montréal
Établissement de soutenance
Paris : Fondation nationale des sciences politiques
Pages
572 p.
Notes
Thèse d'état
Résumé
FR | EN
À la croisée de la sociologie du militantisme, de l’histoire sociale des idées politiques et des études de genre, cette thèse examine les appropriations des théories féministes dans les milieux libertaires berlinois et montréalais. La comparaison qu’elle propose repose sur deux enquêtes ethnographiques qui mêlent observations, entretiens biographiques et archives. Ce travail souligne le caractère intellectualisé du militantisme libertaire, mettant en évidence une imbrication entre monde universitaire et milieu libertaire. Il montre également que plus les libertaires sont isolés de la vie politique de leur pays, plus ils et elles développent des modes d’action préfiguratifs, centrés sur la création d’espaces autonomes du reste de la société. Se penchant ensuite sur la manière dont les féministes libertaires articulent théorie et pratique, cette thèse met en lumière trois appropriations possibles (hétéronormée, lesbienne, sexuelle-intersectionnelle) de la théorie queer. Elle soutient alors que les appropriations des théories féministes sont façonnées par des processus de différenciation de sous-milieux libertaires autant qu’elles y participent. Enfin, ce travail analyse les mobilisations féministes contre les violences sexuelles internes aux milieux libertaires, et la manière dont celles-ci font intervenir les théories féministes matérialistes, queer et/ou intersectionnelle. Dans ce cadre, il montre que les théories ne peuvent être considérées isolément : elles apparaissent surtout sous des formes cristallisées dans des modes d’organisation (mixité ou non) et d’action (offensive ou pédagogie).

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT