Type
Partie ou chapitre de livre
Titre
Évolution et structures des préjugés : Le regard des chercheurs - Chapitre II. VI. Racisme et couleur de peau
Dans
La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2019
Éditeur
Paris : La Documentation française
Pages
111 - 121 p.
Résumé
FR
1ères lignes : L’ouvrage fondateur du sociologue américain W.E.B. Du Bois sur Les Noirs de Philadelphie, écrit en 1899, vient seulement d’être traduit en français 112. Parce qu’il était noir, son oeuvre fut longtemps méconnue aux États-Unis même, jusqu’à ce que l’essor des black studies dans les années 1960 la sorte de l’oubli. L’auteur, un des fondateurs de la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP), a été le premier à mettre en évidence la persistance d’une color line (ligne de partage par couleurs) discriminatoire, héritée de quatre siècles d’esclavage et de ségrégation 113. Et le champ des recherches sur le racisme anti-noir y est particulièrement vivace aujourd’hui. Ce n’est pas le cas en France. Le modèle universaliste républicain colour blind nourrit une réticence certaine à catégoriser la population selon des critères ethniques ou raciaux. Ne serait-ce que prendre en compte dans une enquête la couleur de peau, réelle ou perçue, reste tabou. Lors de la première enquête TeO (Trajectoires et Origines. Enquête sur la diversité des populations en France), menée par l’INED et l’INSEE pour explorer les trajectoires sociales et les conditions de vie des migrants et leurs descendants, une question devait porter sur la manière dont la personne se voyait, notamment en termes de couleur 114. Controversée 115, la question fut finalement retirée et rares sont les enquêtes qui l’incluent

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT