Type
Article
Titre
Retour sur la micro-histoire, 35 ans après. Traduction française de la préface à la réédition italienne de "L’Eredità Immateriale"
Dans
Sociétés politiques comparées
Auteur(s)
LEVI Giovanni - Università Ca’ Foscari di Venezia (UNIVE) (Auteur)
HIBOU Béatrice - Centre de recherches internationales (Traducteur)
Numéro
52 (septembre-décembre 2020)
Pages
en ligne - p.
ISSN
24291714
Mots clés
micro-histoire, sociologie historique et comparée du politique, méthodologie, courants historiographiques
Résumé
FR
La nouvelle préface écrite par Giovanni Levi à l’occasion de la réédition italienne de son œuvre maîtresse, L’Eredità Immateriale, dont nous publions la traduction en français, revendique l’importance de concevoir l’histoire comme la science des questions générales, et non comme celle des généralisations. Elle constitue un manifeste méthodologique en faveur des principes que défend la micro-histoire depuis les années 1980, qu’aujourd’hui on peut lire en creux comme une critique des faiblesses méthodologiques de courants historiographiques plus récents, notamment de l’histoire globale et de l’histoire connectée et de la tendance à renoncer à une histoire qui part des États. Pour Levi, l’intérêt que la plupart des courants historiographiques portent à la globalisation repose sur l’idée historiciste et néolibérale selon laquelle il existerait une seule solution possible, celle d’une société capitaliste désordonnée. La limitation de l’histoire à une causalité factuelle mécanique, et plus encore sa simplification aux seules solutions qui ont historiquement prévalu, contribuent à déprécier la signification même de l’histoire. La microstoria plaide au contraire pour une histoire totale (et non globale), c’est-à-dire une histoire de la complexité des actions et des faits dans laquelle les femmes et les hommes ont été et seront les protagonistes. Ce sont des principes chers à la sociologie historique et comparée du politique dans le sillage de laquelle se situe notre revue.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT