Type
Article de presse ou magazine
Titre
L'état-providence français ne permet pas la mobilité sociale
Éditeur
Paris : Alternatives économiques
Numéro
117
Pages
6 - 7 p.
ISSN
12524999
Mots clés
Politique économique, Politique sociale, Gilets jaunes, Etat providence, Croissance
Résumé
FR
n France, le début de l’année 2019 restera marqué par la mobilisation des gilets jaunes. Dans quel contexte ce mouvement s’inscrit-il et quelles sont ses conséquences socio-économiques à long terme ? A court terme, les mesures de la loi d’urgence économique et sociale, prises à la suite du mouvement des gilets jaunes, représentent de l’ordre de 10 milliards d’euros et sont ciblées sur les classes moyennes. Elles seront une contribution importante à la croissance en 2019, de l’ordre de 0,4 %, selon les estimations de l’OFCE. Le mouvement des gilets jaunes est complexe et ses revendications sont à la fois économiques et politiques. Sur le plan politique, ce mouvement a montré les faiblesses actuelles de la Ve République, fortement centralisée autour d’un exécutif fort, avec peu de pouvoir de fait pour le Parlement et les élus des collectivités territoriales, y compris sur des questions pourtant locales comme la limitation de la vitesse sur les routes. Tout aussi importante est la distinction faite dans ce mouvement entre ceux « d’en haut » et ceux « d’en bas », les « petits » et les « gros ». Elle est malheureusement pertinente, mais il faut la considérer sous le bon angle. En effet, l’Etat-providence français réussit, c’est vrai, à réduire en partie les inégalités de revenus1, mais il échoue sur un point crucial : la mobilité sociale. A coût à peu près équivalent pour les finances publiques, il faut deux générations aux 10 % des Danois les plus pauvres pour rejoindre la classe moyenne, contre… six générations dans l’Hexagone. L’école française est une de celles, parmi les pays de l’OCDE, qui participent le plus à la reproduction des inégalités sociales.
CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT