Type
Periodical issue
Title
L'historien dans la Cité. Actualités d'une question classique
In
Histoire@Politique
Editor
FR : Centre d'histoire de Sciences Po
Number
31
Pages
en ligne p.
ISSN
19543670
Abstract
FR
L’histoire et le politique entretiennent une relation compliquée, parfois houleuse. Dans leur travail, les historiens sont quasi continuellement interpellés par le débat politique et les événements de leur époque. Ainsi, leurs perspectives de recherche font souvent directement écho à des interrogations qui polarisent la sphère publique et ils cherchent dans l’analyse du passé des clés pour l’intelligence des phénomènes présents qu’ils restituent dans la durée. En même temps, les approches qu’ils mobilisent les amènent souvent à critiquer et à nuancer, voire à démentir, les affirmations d’un responsable politique qui tendent facilement vers le raccourci ou l’amalgame et qui, fréquemment, instrumentalisent l’Histoire et ses interprétations. L’élection présidentielle française en administre la preuve. Le 28 août 2016, François Fillon a plaidé pour le rétablissement de la continuité du récit national « en partant de la France et en axant ce récit sur celle-ci et non en le diluant, comme on le fait aujourd’hui dans l’étude des faits généraux "mondialisés" ». Emmanuel Macron n’a pas été en reste. Lors d’un déplacement à Alger, il a déclaré le 14 février 2017 à une télévision locale que la colonisation française fut « un crime. Un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de notre passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celle et ceux avec lesquels nous avons commis ces gestes ». Deux déclarations emblématiques qui ont aussitôt nourri des controverses politiques et historiographiques, les historiens étant sollicités par les médias ou prenant d’eux-mêmes l’initiative de donner leur avis et leur évaluation de la pertinence des propos de ces deux candidats à la magistrature suprême.

BIBLIOGRAPHIC QUOTE
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