Type
Article
Titre
Les agriculteurs français et la politique agricole commune : Entre soutien, défiance et adaptation
Dans
European Studies
Éditeur
NL : Rodopi
Numéro
9
Pages
65 - 88 p.
ISSN
15681858
Mots clés
Histoire de la Politique Agricole Commune, Organisations syndicales, Politique agricole française
Résumé
FR
La centralité de la politique agricole commune (PAC) dans le processus de construction européenne mérite que l’on s’intéresse à son histoire. Si de nombreux travaux de science politique ont été consacrés à la PAC et si on dispose de bonnes analyses sociologiques du syndicalisme agricole, peu d’approches ont été proposées pour mettre en perspective les évolutions historiques au cœur de cette politique publique très spécifique. Dans le cadre français cette politique a été un élément crucial à la fois de la modernisation de l’agriculture nationale et du rapport des Français à l’Union européenne. Suivre l’évolution de la vision des agriculteurs français, et en particulier de leurs différentes structures syndicales, permet de mieux appréhender l’originalité de cette politique internationale qui a longtemps constitué le principal budget d’intervention communautaire. Si plusieurs interprétations opposent les analystes sur les débuts de la PAC, il est indéniable que les années 1960 sont marquées par un fort engagement des autorités politiques des différents pays sur ce dossier. Dans la France des débuts de la Ve République, les forces syndicales paysannes sont fortement associées au renouvellement de la politique agricole française – un compromis est alors passé entre la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et le Centre national des jeunes agriculteurs. Si quelques voix d’opposants se font entendre, la majorité du syndicalisme agricole approuve cette politique européenne qui poursuit les objectifs et les méthodes pratiquées en France. Mais les années 1980 voient la déstabilisation de la PAC et des projets de réforme commencent à être proposées. Les syndicats agricoles français ont tenté d’y opposer un refus collectif mais qui dissimulait des intérêts divisés – en particulier entre les intérêts des grands producteurs de céréales face aux éleveurs. La grande réforme de 1992 a mis en place une nouvelle PAC en réformant les modes d’intervention et en commençant à intégrer des préoccupations environnementales. Les organisations syndicales françaises s’y sont finalement plus ou moins adaptées. Les débats contemporains, très vifs, montrent cependant que dans la perspective des changements dans l’action publique européenne la question de la politique agricole reste politiquement très délicate.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT