Type
Partie ou chapitre de livre
Titre
Introduction : La légitimité de l'inspection en pratiques
Dans
La règle et le rapporteur
Auteur(s)
BRUNIER Sylvain - Centre de sociologie des organisations (Auteur)
PILMIS Olivier - Centre de sociologie des organisations (Auteur)
BRUNIER Sylvain - (Directeur de publication ou de collection)
PILMIS Olivier - (Directeur de publication ou de collection)
Éditeur
Paris : Presses des Mines
Pages
7 - 21 p.
ISBN
9782356715999
Mots clés
Inspection
Résumé
FR
Inspecter, pour quoi faire ? Au cours des dernières années, chaque scandale a fait ressurgir cette question. Qu’il s’agisse de lasagnes frauduleusement farcies à la viande de cheval, du maintien sur le marché du Mediator par les autorités sanitaires, de l’usage d’une grenade offensive par les forces de l’ordre ayant causé la mort de Rémi Fraisse, l’inspection est systématiquement convoquée pour faire la lumière sur les événements, leurs causes, les défaillances des services voire les fautes des personnes, les éventuelles responsabilités et les conclusions à en tirer. Sa mission est de collecter des informations nouvelles permettant de révéler les causes d’un dysfonctionnement grave à l’intérieur d’un domaine d’action publique. Dans ce contexte de crise, les critiques adressées à l’inspection se concentrent sur sa probité et dénoncent sa partialité, en remettant en cause la capacité des inspecteurs à émettre une parole indépendante de leur autorité de tutelle et/ou de ceux qu’ils inspectent. Ainsi, à l’été 2019, la noyade de Steve Maia Caniço après une intervention de la police le jour de la fête de la musique à Nantes entraîne la saisine de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), afin d’enquêter sur le déroulement des évènements et de déterminer si des violences policières ont eu lieu. Publiées dans la presse, les conclusions du rapport de l’IGPN suscitent de vives critiques au motif que l’institution policière étant juge et partie, il n’est guère étonnant qu’elles exonèrent en bloc les forces de l’ordre de toute responsabilité. Pour répondre aux mobilisations, le Premier ministre, revendiquant sa « volonté de transparence totale » missionne l’Inspection générale de l’administration (IGA) pour conduire une nouvelle enquête, dont le périmètre est étendu aux pouvoirs publics et aux organisateurs de l’événement. Pour exceptionnelle qu’elle soit, cette situation montre que la critique d’un service d’inspection n’équivaut pas à délégitimer le recours à l’inspection en tant que telle. [Premier paragraphe]

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT