Type
Article
Titre
Les (Re)conversions à l'hindouisme (1885-1990) : politisation et diffusion d'une «invention» de la tradition / (Re)conversions to Hinduism (1885-1990): The Politisation and the Diffusion of an 'Invention ' of Tradition
Dans
Archives de sciences sociales des religions
Éditeur
FR : CNRS Editions
Numéro
87
Pages
73 - 98 p.
ISSN
03355985
Résumé
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Les mouvements suddhi animés par l'Arya Samaj puis la Hindu Mahasabha entre 1885 et 1925 reposaient sur la réinterprétation de procédures de purification rituelle hindoue mais s'inspiraient aussi des techniques de conversions chrétiennes et musulmanes afin de contrer le prosélytisme de ces deux religions. Cette innovation - à l'origine, notamment, d'un effort de promotion sociale des intouchables - suscita l'opposition des milieux orthodoxes qui ne soutinrent la suddhi qu'aussi longtemps que les hindous parurent menacés et, en particulier, que la politique du nombre sembla importante. Le mouvement retomba donc dans la seconde moitié des années 1920. Après l'indépendance, en dépit d'oppositions, la liberté de propager sa foi (et donc de convertir) fut reconnue dans la Constitution puis préservée malgré l'hostilité croissante, dans les années 1950, de chefs politiques locaux hostiles à l'activité des missionnaires chrétiens. Celle-ci permit aux nationalistes hindous d'entretenir une agitation latente - et sélective puisque les conversions au sikhisme et au bouddhisme n'étaient pas visées - contre le pro sélytisme des minorités. Ce mouvement ne se traduisit cependant par des (re)conversions à l'hindouisme d'une ampleur significative qu'au cours des années 1980 en réaction, notamment, à la conversion à l'islam de groupes d'intouchables. Cette fois il ne fut pas fait usage de la suddhi mais de procédés encore plus simples et de nombreux religieux représentant l'orthodoxie s'y rallièrent sans réserve : c'est qu'il s'agissait plus encore que par le passé d'un phénomène politique au moment où l'antagonisme entre hindous et musulmans s'exprimait une nouvelle fois de façon violente. L'effacement relatif des restrictions imposées aux (re)conversions par le système des castes, tend à rapprocher les pratiques prosélytes hindoues de celles observées dans les milieux chrétiens et musulmans même si les hindous sont encore loin de former une véritable communauté de croyants que l'on pourrait quitter et rejoindre à volonté.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT