Type
Article
Title
Des défis à venir pour l'Union européenne
In
OFCE Policy Brief
Editor
FR : OFCE
Number
47
Pages
1 - 12 p.
Keywords
Croissance, Europe, Chômage, Dette publique, Gouvernance économique, Stabilisation automatique
Abstract
FR
Alors que le climat économique international est bien moins porteur qu'il ne l'a été ces dernières années, la croissance en Europe réussit à se maintenir. Pour combien de temps encore ? La reprise se trouve aujourd'hui affaiblie et la croissance potentielle diminuée. Sur fonds d'incertitudes politiques importantes (Brexit, guerre commerciale entre les ÉtatsUnis et la Chine, etc.) les risques externes rendent d'autant plus nécessaire le renforcement des piliers internes de la croissance que sont l'investissement et la consommation privée. Mais par-dessus tout, ce sont l'ensemble des déséquilibres – chômage, dette publique, déséquilibres courants – au sein de cette union de pays qu'il est nécessaire de résorber afin de rendre le développement européen soutenable. L'augmentation de la dette publique est l'un des principaux héritages de la crise. Des simulations à long terme suggèrent que, sans un assainissement budgétaire plus poussé, la dette publique n'atteindra pas l'objectif arbitraire de 60 % d'ici 2035 dans un certain nombre de pays. Mais la mise en œuvre d'un nouvel ajustement budgétaire se traduirait pas un chômage plus élevé. Ainsi se pose la question de la soutenabilité de cette règle. La zone euro dans son ensemble dégage un excédent commercial important favorisant des pressions à l'appréciation de l'euro susceptible de réduire les perspectives de croissance. Contrairement à la période avant la crise, le déséquilibre est concentré dans les pays excédentaires. Enfin, les déséquilibres susmentionnés donnent aux réformes de gouvernance un caractère crucial et urgent, pourtant celles-ci peinent à se mettre en place, à l'image de l'adoption incomplète de l'Union bancaire par exemple. Plusieurs recommandations de politiques publiques émergent de ce travail : ■ Premièrement, l'ajustement structurel nécessaire pour ramener la dette publique à son objectif pèserait sur la réduction du chômage. Les pays peuvent mener une politique de consolidation budgétaire sous réserve que l'écart de production soit refermé et ceux bénéficiant de marges de manœuvre budgétaire devraient s'en servir pour soutenir la croissance de la zone euro dans son ensemble ; ■ Ensuite, le débat en cours sur la réforme de la gouvernance économique de la zone euro doit accorder une plus grande attention à l'évolution des prix et des salaires nominaux dans la zone euro afin de réduire les sources de divergence. Conjointement à cela, il est nécessaire de renforcer les systèmes de négociation salariale en donnant un rôle accru aux partenaires sociaux ; ■ Enfin, la nécessité d'une plus grande stabilisation automatique, y compris de nature transfrontalière, dans l'union monétaire est incontestable. Les propositions en discussion vont dans une certaine mesure dans cette direction et méritent d'être soutenues.

URL
Le 23 juin 2016, les Britanniques avaient choisi de quitter l’Union européenne (UE). Le vote pour sortir avait recueilli 51,9% des voix contre 48,1% pour rester dans l’UE. Près de trois ans après le référendum, la sortie ne s’est toujours pas faite ; ses modalités restent controversées au Royaume-Uni ; les remainers militent encore pour un second referendum, qui annulerait le premier. Le Royaume-Uni a choisi de respecter l’article 50 du Traité sur l’Union européenne, qui prévoit une sortie négociée de l’UE dans un délai de deux ans après l’activation de l’article, faite par le gouvernement britannique à la fin mars 2017. La négociation s’annonçait forcément difficile car les instances européennes voulaient éviter un accord avantageux pour le Royaume-Uni. Ainsi, le Conseil européen à 27 (article 50) du 27 avril 2017 [1] écrivait : « Un pays non membre de l’Union, qui n’a pas à respecter les mêmes obligations qu’un État membre, ne peut avoir les mêmes droits et bénéficier des mêmes avantages qu’un État membre ». Pour l’UE27, il s’agissait avant tout de préserver la construction européenne et les intérêts des États membres[2] afin que d’autres pays de l’UE ne soient tentés de suivre le chemin des Britanniques. La négociation avait abouti en novembre 2018 à un accord de retrait et à une déclaration politique commune sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l’UE 27 (voir « Brexit : l’accord du 25 novembre »). La déclaration politique prévoit que de nouvelles négociations s’engageront immédiatement après la sortie pour préciser ces relations futures et que celles-ci mettront en place un « partenariat étroit, spécifique et équilibré ». Par ailleurs, compte-tenu de la nécessité reconnue par les deux parties de ne pas mettre en place de frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, il a été acté qu’un filet de sécurité (le backstop) sera mis en place : le Royaume-Uni restera dans l’Union douanière et le Marché unique tant que n’aura pas été imaginé un dispositif permettant de concilier l’intégrité du Marché unique et l’absence de frontière. Cet accord n’a pas, jusqu’à présent, été ratifié par le Parlement britannique. Depuis cet accord, les Britanniques sont partagés entre quatre grandes positions, dont la première peut elle-même se diviser en deux sous-groupes : les remainers, qui veulent rester dans l’UE, certains dans une UE libérale, d’autres dans une UE plus sociale ; les hard brexiters, partisans d’une sortie sans accord ; les partisans d’un Brexit négocié, qui acceptent l’accord de novembre 2018 et enfin ceux qui veulent renégocier l’accord. Aucune de ces positions n’a la majorité au Parlement britannique et chacune a une majorité contre elle. La situation est bloquée. Theresa May, qui avait appelé à voter pour rester dans l’UE en juin 2016, essaie de respecter la démocratie, à la fois le résultat du référendum de juin 2016, mais aussi le programme sur lequel le parti conservateur s’est présenté aux élections législatives de juin 2017 : « Brexit means Brexit », la sortie du Royaume-Uni du Marché unique et de l’Union douanière ; le « Take back control », c’est-à-dire la reprise du contrôle des frontières et des lois, que le Royaume-Uni n’ait plus à obéir à des règles définies par les instances européennes et la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qu’il puisse en particulier contrôler son immigration. Mais que peut faire Theresa May entre sa volonté de respecter le vote des Britanniques, la position ferme de l’UE (ainsi Michel Barnier écrivait en décembre 2016 [3]: « Le Marché unique, les quatre libertés forment un tout, le « cherry picking » n’est pas une option », ce qui impliquait que la mise en cause de la liberté d’installation des travailleurs impliquait la sortie du Marché unique) et un parlement britannique divisé
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