Type
Article de presse ou magazine
Titre
Ghosn : lâché par une élite complice ? (Interview)
Dans
EcoRéseau - Business comprendre innover positiver
Résumé
FR
S’il s’était agi de Norbert D., coutumier de l’abus de bien social, petit entrepreneur aux faillites récurrentes, l’affaire aurait été rondement menée et sans entrefilet dans la presse régionale. Mais même lorsque « les affaires » ont fait les unes et choqué l’opinion – faillite d’Enron, affaires Elf, Chirac, Parmalat, Metaleurop, Cahuzac, etc. –, les décisions judiciaires ne se sont pas distinguées par leur sévérité. Un Jérôme Cahuzac, par exemple, a échappé à la prison. Metaleurop, d’abord liquidé, finira par reprendre son activité grâce un tribunal compréhensif. Cette fois, la foudre a frappé un industriel libano-brésilio-français, à la tête d’une marque prestigieuse, d’un groupe nippo-français, Renault-Nissan, au chiffre d’affaires cumulé de plus de 70 milliards d’euros, emprisonné – confiné dans une cellule sans cesse éclairée, d’aucuns parlent de torture – par la justice japonaise depuis le 19 novembre 2018 et rapidement lâché par sa propre firme automobile et les autorités françaises, remplacé, limogé. Et ça change tout. Car si les abus reprochés au patron français sont un jour avérés – la présomption d’innocence n’a guère joué en faveur du « capitaine d’industrie » –, le cas Ghosn constituera un cas d’école jamais abordé ou presque : la criminalité en col blanc, toute proche de la corruption politique. Un domaine censuré.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT