Type
Working paper
Titre
La Tunisie, l’Union du Maghreb Arabe et l’intégration régionale
Dans
Euromesco Papers
Auteur(s)
MARTINEZ Luis - Centre de recherches internationales (Auteur)
DRISS Ahmed - Laboratoire de Recherche en Informatique et Télécommunications [Rabat] (Contributeur)
POLI Alexandra - (Contributeur)
CHEKLAT Kamel - Centre de recherche de l'Institut National des Etudes Stratégiques et Globales (INESG) (Contributeur)
RENDON Maria - Health Policy Research Program (Contributeur)
BEN MABROUK Mohamed - UFR Sciences Sociales, Pratiques Sociales et Développement (Contributeur)
Collection
Euromesco Papers : 78
Résumé
FR | EN
L’enquête montre que le projet d’intégration régional au Maghreb demeure, en Tunisie, comme en Algérie et au Maroc, un projet porteur qui interpelle personnellement la grande majorité des Tunisiens. Bien que depuis son lancement en 1989, peu de projets aient été réalisés, l’UMA est toujours perçue comme nécessaire au développement et à l’avenir de la Tunisie. Les facteurs explicatifs du blocage sont clairement identifiés : l’incapacité des dirigeants à s’entendre en raison du climat de méfiance qui règne au niveau régional, l’absence d’investissement de l’Union européenne dans la destinée de l’UMA et enfin, le conflit du Sahara Occidental. Pour beaucoup, le Maghreb dispose d’atouts non négligeables pour décoller mais pour cela, il a besoin de démocratie. L’idée de la création d’un parlement maghrébin élu démocratiquement est plébiscitée ! Aussi, l’enquête montre clairement que le déficit démocratique constitue un facteur central dans l’analyse du blocage de la région. L’enquête souligne également que le projet d’intégration régionale ne se concrétise pas car celui-ci apparaît davantage comme un héritage du passé que comme un impératif stratégique. En effet, la préoccupation majeure de la Tunisie est l’intégration à l’Union européenne. On retrouve là un paradoxe déjà observé dans l’enquête sur le Maroc. L’objectif stratégique de la Tunisie est, pour nos interviewés, l’intégration à l’Europe, aussi, plus les réformes économiques et politiques qui sont mises en oeuvres rapprochent les Tunisiens de l’Europe, plus le projet d’intégration régionale au Maghreb devient sentimentalement fort. L’incapacité de promouvoir un marché régional alors qu’en apparence de nombreux facteurs plaident pour sa réalisation provoque une vision dévalorisée de la région. À contrario, l’UE fait figure de modèle de réussite qui suscite l’envie de s’en rapprocher. Enfin, l’enquête confirme qu’aucune figure politique ne symbolise le projet d’un Maghreb intégré. La majorité des enquêtés sont incapables de citer des personnages susceptibles de symboliser ce projet. De plus, force est de constater que l’héritage du « combattant suprême » est effacé de la mémoire collective des Tunisiens, seulement 2 % de nos interviewés le cite ! Face à ces blocages internes, les attentes vis-à-vis de l’Europe sont fortes. Aussi, pour beaucoup, c’est un sentiment de déception qui domine face au peu d’investissement de l’UE dans le processus de l’UMA. Mais comme le souligne un militant des droits humains : « Je ne veux pas être démagogue, la situation des droits de l’homme et des libertés publiques ne nous permettent pas de consacrer le minimum de temps à des questions stratégiques de luxe. Nous sommes en situation de lutte pour la survie, nous sommes amenés à concentrer notre action pour la préservation de notre organisation, même pas pour défendre les droits de l’homme. Nous sommes incapables, du fait que nous sommes harcelés. Que dire des questions maghrébines, de partenariat, de l’Euromed… ce sont des questions de luxe. Nous avons des partenariats avec la société civile, le forum social maghrébin dans le cadre de l’Euromed, nous ne sommes pas actifs, nous n’avons pas les moyens de l’être ».

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT