Type
Working paper
Titre
On peut douter de tout, mais pas avec n’importe qui ? Les questions délicates dans l’enquête post-électorale de la présidentielle de 2012
Éditeur
Paris : OFCE
Collection
Working paper de l'OFCE : 2014-04
Mots clés
désirabilité sociale, sondage, CATI, CAWI
Résumé
FR
Ce n’est pas la même chose d’interroger les Français sur l’immigration ou la peine de mort par internet ou par téléphone. L’enquête post-électorale de la présidentielle 2012 du CEVIPOF permet de s’en rendre compte puisque les deux modes d’interrogation ont été utilisés sur la même période avec le même questionnaire et l’ambition, dans les deux cas, de fournir une image représentative de la population française. La comparaison des résultats est toutefois problématique. Non seulement chaque mode d’enquête introduit des biais d’échantillonnage différents et plus ou moins importants, mais encore les enquêtés ne répondent pas toujours de la même manière au téléphone et par internet. Pour certaines questions délicates, ils peuvent mentir à leur interlocuteur au téléphone, mais dire la vérité sur internet. Ils peuvent également se laisser aller au pessimisme et à la défiance devant leur écran, mais se montrer plus mesurés au téléphone. Mais il est clair néanmoins que toutes les questions ne sont pas égales en termes de fragilité de l’opinion. Les questions délicates sont loin d’être anodines : immigration, islam, peine de mort, homosexualité... Selon l’interprétation que l’on retiendra, on dira alors soit que l’opinion est pleine de non-dits et que, derrière des propos bienséants se cachent souvent la haine de l’étranger et la peur de l’autre ; soit que l’opinion est pleine de doutes et que, derrière des opinions tranchées, il y a matière à discussions – même si, par crainte d’être jugés, les protagonistes ne participent pas à ces débats en toute sérénité.
CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT