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Dans la Libye post-Kadhafi, les autorités libyennes sont à la recherche d’un nouvel art de gouverner. Très faibles en dépit de la légitimité que leur confère le suffrage électoral, ne disposant d’aucun moyen de coercition, elles doivent négocier en permanence leur survie, menacées par ceux qui n’ont pas été choisis par les électeurs mais par la force de leur engagement dans la révolution, les milices. Le défi qui se pose au nouveau pouvoir est de parvenir à domestiquer les milices révolutionnaires, non de les combattre. La Libye ne s’est pas « dékadhafisée ». Or, pour les milices, en particulier islamistes, le maintien des anciens responsables et dirigeants dans l’appareil d’Etat est insupportable. Aussi, le 5 mai 2013, elles ont obligé le Parlement a voté la loi sur l’exclusion de la vie politique de toute personne ayant occupé des postes à responsabilité sous l’ancien régime. Si les milices révolutionnaires continuent à imposer leur loi au gouvernement, la chute du régime de Kadhafi n’aura pas constitué une rupture dans la trajectoire des pratiques politiques en Libye, mais davantage leur continuité sous d’autres habits.

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Trente ans après la nationalisation des hydrocarbures, la richesse pétrolière accumulée semble avoir disparu tant elle est absente des indicateurs d’évaluation du bien-être. En Algérie, elle a fait le bonheur d’une minorité et la tristesse de la majorité. L’absence de contrôle exercé sur la rente pétrolière a conduit à sa dilapidation. Depuis 2002, le pays a renoué avec la richesse pétrolière. L’envolée du prix du baril, bondissant de 30 à 147 dollars entre 2002 et 2008, lui a procuré des revenus extérieurs inespérés qui lui ont permis de se doter de réserves en dollars estimées en 2009 à 150 milliards. Rapatrié pour restaurer la paix civile dans une Algérie dévastée, Abdelaziz Bouteflika a bénéficié de la montée inattendue et inespérée du prix du baril de pétrole. Ainsi, au-delà de la réconciliation nationale, il a pu offrir à l’Algérie un nouvel envol économique. Mais, alors que les drames de la décennie 1990 ne sont pas entièrement pansés et que les illusions de la richesse pétrolière se sont évaporées dans les méandres de la précarité, ce retour inattendu de l’abondance financière ne manque toutefois pas d’inquiéter. A quoi la manne va-t-elle servir ? Qui va la contrôler ? Va-t-elle provoquer ou entretenir à nouveau violence et conflits ?

Le fait que les collectivités locales, par exemple en France, aient des activités extérieures n’est pas en soi un phénomène nouveau : quelle commune, quelle région n’a pas, durant ces dernières décennies, ouvert sa propre fenêtre sur le monde, notamment par la voie des amitiés culturelles du jumelage ? Cependant, on assiste depuis quelques années à une double transformation, suffisamment significative pour parler de fait politique nouveau. Il s’agit, d’une part, de la multiplication des acteurs impliqués dans les échanges entre localités de différentes nations et, d’autre part, de la diversification des domaines dans lesquels ces échanges s’inscrivent. Ce changement n’est pas seulement quantitatif car il touche à la façon même dont s’organisent les relations internationales (...).

Avec plus de 8 millions d’expatriés, la population représente la principale exportation nationale des Philippines. Les transferts de fonds constituent 13 % du PIB et font des expatriés des acteurs économiques centraux. L’Etat philippin a-t-il instrumentalisé cet exode afin d’en récolter les fruits ? Répondre à cette question nécessite de distinguer trois concepts fondamentaux : l’Etat, la diaspora et le transnationalisme. Le texte suggère que l’utilisation de la dichotomie de la force et de la faiblesse d’un Etat doit se fonder sur une analyse du rôle de ce dernier dans l’émigration. Les typologies de Robin Cohen servent par ailleurs à démontrer que les communautés philippines d’outre-mer répondent à des caractéristiques propres à des communautés diasporiques plus généralement reconnues. Reste qu’il faut s’interroger sur les expériences de cette diaspora hétérogène pour mettre en avant la distinction entre émigrés permanents, saisonniers, travailleurs en mer et personnes en situation irrégulière. La vie de ces groupes et leurs relations avec leur « mère patrie » remet en question la prédominance de la notion de « transnationalisme ». Cette analyse critique est renforcée par l’examen du rôle de l’Etat dans la création d’une diaspora instrumentalisée au cours de trois périodes de politiques d’immigration depuis 1974. Les caractéristiques qui ressortent de cette analyse sont des formes de « nationalisme longue distance » (Anderson, Schiller) et de « cosmopolitanisme enraciné » (Appiah). D’autres pistes de recherche plus fructueuses peuvent naître de l’exploration des multiples identités, des loyautés et dans le cas philippin des « nationalismes binaires ».

Depuis le début des années 1990, la thématique des risques et des catastrophes « naturels » a émergé sur la scène internationale. Un véritable « monde » des catastrophes « naturelles » s'est constitué au niveau international et s’est peu à peu institutionnalisé. Comment ses acteurs en légitiment-ils la nécessité ? Que nous révèle-t-il de la façon dont le monde contemporain gère ses peurs au niveau global ? Une approche diachronique de ce processus d’internationalisation et d’institutionnalisation permet de resituer ce phénomène dans un contexte historique et mondial, notamment de transformation de la notion de sécurité. L’analyse sociologique des principales organisations intergouvernementales, qui jouent un rôle central dans cette dynamique, invite à saisir les différentes lignes de tension qui la traversent et à entrevoir sa complexité. En effet, malgré les tentatives visant à faire apparaître cet espace comme une « communauté » de sens et de pratiques, de fortes disparités caractérisent les approches des différents acteurs.

in Etudes du CERI Sous la direction de Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes, Centre de recherches internationales Publié en 2019-01
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Amérique latine - L’Année politique 2018 est une publication de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (Opalc) du CERI-Sciences Po. Il prolonge la démarche du site www.sciencespo.fr/opalc en offrant des clés de compréhension d’un continent en proie à des transformations profondes.

in Etudes du CERI Publié en 2006-04
OLSZEWSKA Zuzanna
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Si l’émigration afghane est le fruit de la conjoncture sociopolitique – sècheresses, changements de régime, guerres – et de la structure économique – pastoralisme, cycles saisonniers des activités productives –, elle s’inscrit dans un continuum historique de mouvements récurrents de populations à l’échelle de la région. De nombreux Afghans, notamment mais non exclusivement hazara, ont fait souche en Iran depuis la fin du XIXe siècle. Leur présence dans ce pays s’est intensifiée dans les années 1970, à la suite du boom pétrolier iranien et de la sècheresse en Afghanistan, puis des bouleversements politiques que ce pays a connus depuis 1978. La politique de la République islamique à l’égard des Afghans a été à la fois changeante et incohérente ; elle s’est désormais donné pour but leur rapatriement, dans un climat de xénophobie à la fois officielle et populaire. Pourtant, la présence afghane sur le sol iranien semble irréversible : elle satisfait des besoins économiques, exprime l’intensité des échanges commerciaux entre les deux pays, constitue une réalité sociale transfrontalière complexe. Enfin, elle nourrit un débat public et juridique sur la définition de la citoyenneté et paraît inhérente à l’idée nationale iranienne elle-même...

La guerre depuis 1979 et la reconstruction de l’Etat sous la tutelle occidentale depuis 2001 ont conduit à une simplification identitaire de la société afghane, sous la double forme d’une invention de l’ethnicité et de la tradition – un processus dont l’enjeu véritable est le contrôle ou l’appropriation des ressources politiques et économiques du pays. Le Hazarajat est un remarquable site d’observation de cette évolution. Son histoire a été marquée par son intégration coercitive, à la fin du xixe siècle, à l’Etat afghan en formation. Sa population, de confession chiite, s’est vue reléguée à une condition de subalternité dont elle n’est progressivement sortie qu’à la faveur du djihad contre l’occupation soviétique, dans les années 1980, et de l’intervention américaine en 2001, au prix de l’ethnicisation de sa conscience sociale et politique. Mais l’ethnicité repose sur une économie morale et politique moins communautaire qu’inégalitaire. Succédant à la guerre, l’aide à la reconstruction de l’Etat tend à polariser les rapports sociaux, tout en renforçant leur ethnicisation : les bailleurs de fonds et les ONG demeurent prisonniers d’une approche culturaliste, sinon orientaliste, du pays, qu’ils contribuent de la sorte à « traditionaliser », tandis que l’aide au développement déstabilise la société « traditionnelle » en accélérant sa monétarisation et sa marchandisation.

in Etudes du CERI Publié en 1997-07
BOUISSOU Jean-Marie
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La démocratie japonaise semble aujourd'hui en pleine crise. La perte de légitimité des élites politiques se traduit de multiples façons : recul de la participation électorale (40,4 % d'abstention aux législatives de 1996 et 54,5 % aux sénatoriales de 1995), montée du vote de protestation (13 % pour le Parti communiste en 1996), volatilité de l'électorat, affaissement de l'identité partisane, défiance radicale à l'égard des politiciens, triomphe de candidats populistes aux élections locales... Le système des partis a volé en éclats : sur les huit formations politiques représentées au Parlement en 1993, seulement deux subsistent aujourd'hui (le PLD et le PCJ). Le gouvernement PLD issu des législatives de 1996 est minoritaire à la Diète, et bien plus encore dans le pays, où il n'a obtenu que 18,6 % des voix du corps électoral (...).

in Etudes du CERI Sous la direction de DE TINGUY Anne Publié en 2016-02
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Regards sur l’Eurasie propose des clefs de compréhension des événements et des phénomènes qui marquent de leur empreinte les évolutions d’une région, l’espace postsoviétique, en profonde mutation depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Forte d’une approche transversale qui ne prétend nullement à l’exhaustivité, elle vise à identifier les grands facteurs explicatifs, les dynamiques régionales et les enjeux sous-jacents.

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La proximité entre affaires et politique en Inde date de l’époque coloniale, lorsque les entrepreneurs finançaient les hommes politiques qui, en échange, leur épargnaient certaines des lourdeurs de la bureaucratie. Elle est restée vivace après l’indépendance, même si le socialisme officiel de Nehru l’a soumise à quelques contraintes. La libéralisation économique des années 1990, loin d’atténuer la corruption, l’a amplifiée dès lors que de gros investisseurs, attirés par l’ouverture du marché indien, ont versé d’énormes pots-de-vin aux leaders politiques, qui sont devenus eux-mêmes des hommes d’affaires n’hésitant pas à forcer la main des banques publiques pour qu’elles prêtent à des industriels de leur entourage, tandis que des hommes d’affaires se sont fait élire au Parlement, multipliant les délits d’initiés. Le capitalisme de connivence qu’on observe à l’ère Modi – tant au niveau national que dans son Etat du Gujarat – est bien illustré par sa relation à l’étoile montante du business indien, Gautam Adani. Il a un coût financier (lié à la sous-imposition des entreprises et aux créances douteuses au bilan des banques), social (dû à la sous-rémunération du travail et à une réduction des dépenses d’éducation ou de santé faute de ressources fiscales) et environnemental (les crony capitalists s’affranchissant des normes les plus élémentaires).

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Le parti du Congrès s’est vu refuser le titre de parti dominant par la plupart des spécialistes, qui soulignaient volontiers que cette formation n’avait jamais remporté une majorité des suffrages - son meilleur score se situant à 48,1 % en 1984 (voir le tableau ci-dessous) - et qu’il n’avait monopolisé le pouvoir qu’au cours d’une brève période, bien des États de l’Union indienne lui échappant dès les années soixante1. Néanmoins, ce parti appartient au groupe restreint des formations ayant exercé le pouvoir pratiquement sans interruption pendant près de cinquante ans dans un cadre démocratique2 (...).

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Arrivé au poste de Premier ministre au lendemain des élections de mai 1996, à la tête d’un gouvernement de Front uni (United Front), H.D. Gowda tombe en avril 1997. Même s’il est rapidement remplacé par I.K. Gujral, un ancien proche conseiller d’Indira Gandhi, peu d’observateurs se risquent à parier sur la longévité du nouveau gouvernement. Cette incertitude témoigne de la nouvelle ère dans laquelle “ la plus grande démocratie du monde ”, peuplée de 846 millions d’habitants selon le dernier recensement de 1991, est entrée depuis maintenant quelque deux décennies. Cette étude se propose de ne s’en tenir qu’à une facette de la réalité politique de l’Inde : sa démocratie parlementaire (...).

in Etudes du CERI Publié en 2006-11
GRJEBINE André
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La cohésion sociale apparaît comme une caractéristique fondamentale du « modèle norvégien ». Ce pays constitue même une sorte de laboratoire en la matière, permettant de mesurer les effets à la fois positifs et négatifs d’une telle priorité, mais également de s’interroger sur ses composantes. L’homogénéité ethnique et culturelle qui caractérise historiquement la Norvège est dans une large mesure à l’origine du modèle social-démocrate norvégien, c’est-à-dire de politiques économiques et sociales visant à renforcer la cohésion sociale. Si cette stratégie a permis à la Norvège d’obtenir des performances exceptionnelles, elle semble aujourd’hui menacée. Surgissent ici trois interrogations majeures que nous examinerons : les mouvements internationaux de population ne rendent-ils pas problématique le maintien d’une homogénéité ethnique et culturelle dans un pays qui se caractérise par une économie largement ouverte ? Alors que la Norvège doit faire face à une concurrence internationale croissante, les effets pervers de l’homogénéité sociale ne risquent-ils pas de supplanter ses avantages ? Enfin, les revenus pétroliers seront-ils suffisants pour assurer la pérennisation du modèle norvégien, malgré les facteurs perturbants liés à la globalisation?

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L’année 2018 a été placée sous le signe de crises migratoires au Venezuela et en Amérique centrale. Alimenté par l’effondrement de l’économie vénézuélienne, le drame humanitaire qui en découle et le désarroi suscité par la réélection de Nicolás Maduro, l’exode vénézuélien a été qualifié de plus grand déplacement de population de l’histoire de l’Amérique latine. Le Nicaragua a lui aussi connu une année noire, avec des manifestations contre son président Daniel Ortega réprimées dans le sang. Comme si souvent dans l’histoire de la région, les convulsions au Nicaragua se traduisent par des migrations vers le Costa Rica voisin. Parallèlement, des « caravanes » de migrants centraméricains ont tenté de se frayer un chemin jusqu’aux Etats-Unis, provoquant la colère du président Donald Trump...

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Du 15 février au 28 mars 1996, la foire commerciale de Doubaï a attiré près de 1,6 millions de visiteurs, générant un chiffre d’affaires de 2,6 milliards de dirhams (environ 708 millions de dollars). Une étude du Economic Department of Dubai évalue à plus de 306 000 les visiteurs étrangers, 21 % (64 000) venant des pays du Conseil de coopération du Golfe, 6 % (18 000) de l’ex-Union soviétique, 26 % (80 000) des pays occidentaux et le reste des autres pays arabes, africains et asiatiques. S’il fallait, au-delà de cet événement déjà paradigmatique, illustrer l’accession de Doubaï au statut de comptoir commercial permettant l’approvisionnement non seulement de son environnement régional mais également des anciennes républiques soviétiques, de l’Asie proche et de l’Afrique, on devrait citer les chiffres des réexportations en notant leur forte croissance depuis ces dernières années : 2,450 milliards US en 1992, 2,900 en 1994, 3,560 en 1995 et sans doute près de 4 milliards pour 1996 (...).

En 1989, les députés portugais révisèrent la Constitution pour mettre en œuvre les privatisations, des banques et des assurances notamment, que la diffusion de la norme libérale rendaient nécessaires. En 1997, pour pallier l'inexistence d'un marché financier unique, la Commission européenne lança son Plan d'action dans les services financiers. En 1999, la pression européenne sur le gouvernement grec fut telle que l'ouverture du capital d'une des principales banques publiques fut décidée. La même année, la Commission désavoua le Portugal, lui reprochant son refus d'avaliser la cession des intérêts financiers du groupe portugais Champalimaud à une banque espagnole (...).

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Le 24 octobre 1999, au soir des élections présidentielles et législatives en Tunisie, Philippe Séguin se félicitait de leur bon déroulement et louait la « nouvelle étape du processus démocratique que la Tunisie a choisi de conduire ». Il faisait ainsi écho à ses nombreuses interventions précédentes, qui vantaient les avancées de ce pays et son « miracle » économique. Il avait pourtant écrit quelques temps plus tôt : « Plutôt que des simulacres de démocratie, je préfère des processus prudents, progressifs, qui partent du principe que la démocratie n'a pas de sens là où les gens sont analphabètes, n'ont pas l'eau, le gaz et l’électricité et ne mangent pas à leur faim (...). Dans la construction démocratique, la Tunisie va à son (...), ce rythme appelle la respect » (...).

L'embargo américain sur Cuba est aujourd'hui l'objet des critiques les plus sévères jamais émises à son encontre, tant sur la scène internationale qu'aux Etats-Unis. Mis en place dès 1960, il constitue l'une des mesures punitives prises unilatéralement par Washington les plus pérennes1. Les débats qu'il suscite sont évidemment motivés par sa durée, et par le décalage qui existe entre les raisons qui ont présidé à sa mise en vigueur et les impératifs du monde de l'après-guerre froide. Son inefficacité politique,ses désavantages sur le plan économique et sa nature inhumaine sont autant de reproches qui alimentent la controverse (...).

La montée en puissance de la Chine dans l’économie mondiale, son développement rapide, l’enrichissement spectaculaire d’une partie de sa population et l’ouverture qui les accompagne conduisent toujours plus d’entreprises à vouloir s’y implanter. Le rythme de son développement défie les comparaisons. D’autant plus que le cadre politique et social de ce développement est très éloigné des contextes habituels de la mondialisation économique. Le régime se défie du modèle démocratique, la libéralisation des marchés est loin d’être complète et l’intervention de l’Etat dans l’économie reste prépondérante. Depuis le milieu des années 1980, la Chine n’a cessé d’attirer l’investissement direct d’entreprises à capitaux étrangers. En 2004, celles-ci réalisaient 20 % de la production industrielle et 54 % du commerce extérieur du pays. Les investissements directs à l’étranger (IDE) en Chine représentent aujourd’hui 500 milliards de dollars US. Cette Etude est née de la demande d’entreprises adhérentes d’Entreprise&Personnel (E&P) qui souhaitaient bénéficier d’éclairages sur les conditions d’implantation et de développement en Chine. Leurs attentes portaient sur deux grands points : les clés de compréhension de la société chinoise, ses dynamiques économiques, sociales, politiques…, et leurs conséquences sur les stratégies d’implantation et les modes de management.

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Dans les années 2000, les monarchies du Golfe ont entrepris de réformer leur modèle social, basé sur la redistribution très généreuse des dividendes des hydrocarbures. L’un des principaux dispositifs de cette politique de redistribution était l’emploi public garanti. Depuis les années 1990, l’apparition du chômage de masse indique que les politiques traditionnelles de l’emploi sont devenues dysfonctionnelles, générant des tensions sociales qui se sont notamment exprimées à la faveur du « printemps arabe ». L’enjeu des réformes en cours est d’aménager une transition des nationaux vers le salariat dans le secteur privé, largement dominé par les travailleurs expatriés. Cette perspective fait l’objet de fortes résistances de la part des hommes d’affaires et entrepreneurs locaux. Habitués à une main-d’oeuvre expatriée bon marché, ils refusent notamment l’augmentation du coût du travail qu’impliquent les réformes. Les dynasties royales sont dès lors confrontées à la nécessité de faire des arbitrages entre les intérêts du secteur privé, souvent étroitement imbriqués aux leurs, et le mécontentement de la jeunesse, principale catégorie touchée par le chômage et actrice des protestations qui, en 2011, ont touché le Bahreïn, l’Arabie saoudite et Oman.

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La crise somalienne a été appréciée par la communauté internationale à l’aune de ses intérêts plus que dans sa réalité nationale. Après avoir échoué à concevoir une véritable réconciliation entre 2002 et 2004, les pays occidentaux se sont préoccupés de faire survivre un gouvernement sans véritable légitimité, mais soutenu par l’Ethiopie et le Kenya. L’émergence des Tribunaux islamiques en juin 2006 a reconfiguré la donne. Plus que leur radicalisation, deux arguments ont décidé du retour de la guerre : l’Ethiopie ne pouvait accepter de voir surgir sur son flanc sud un pouvoir autonome et ami de l’Erythrée, les Etats-Unis voulaient affirmer l’absolue primauté de la lutte antiterroriste sur toute autre considération. Une telle posture permettait de tester une nouvelle doctrine de sécurité donnant au Pentagone un ascendant sur la poursuite des supposés terroristes et permettant de coopter de nouvelles puissances régionales sur le continent africain, les alliés européens se montrant une fois de plus singulièrement atones face à cette nouvelle dérive militariste de Washington. Incapable d’occuper l’espace politique, le gouvernement transitoire somalien a poussé à la radicalisation. La perspective d’un nouvel Irak à l’africaine se dessinait dès la précaire victoire de l’Ethiopie en janvier 2007.

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La crise du Darfour a permis de mettre en lumière des crises irrésolues sur ses frontières au Tchad et en République centrafricaine. Le point commun de ces différents conflits est sans doute l’existence de mouvements armés transnationaux qui survivent et se recomposent dans les marges qu’autorisent les dynamiques étatiques dans la région, ainsi que les apories des politiques de résolution des conflits de la communauté internationale – apories redoublées par les choix de certaines grandes puissances. Une analyse de la conjoncture en Centrafrique et de l’histoire de certains mouvements armés, inscrits dans cet espace régional, plaide pour une approche moins conventionnelle des politiques de sorties de crise. Elle met en exergue une zone centrée sur la Centrafrique et ses frontières avec les pays voisins comme véritable site d’analyse du factionnalisme armé depuis les indépendances, ainsi que des trajectoires spécifiques de construction étatique.

Who’s Watching the Watchmen? Corporate Security and the Manufacturing of Uncertainty in Karachi The history of industrial capitalism and its modes of domination is intimately linked to that of violent entrepreneurs deploying their coercive resources at the service of workplace discipline, the extraction of surplus value and the securitization of the accumulation cycle. The relationship between capital and coercion is always fraught with tensions, though, and sustains new vulnerabilities among securityconsuming elites. The manufacturing economy of Karachi is a particularly fertile ground for studying this endogenous production of insecurity by security devices. The relations between Karachi’s factory owners and their guards have generated their own economy of suspicion. Various attempts to conjure this shaky domination have generated new uncertainties, calling for new methods of control to keep the guards themselves under watch.

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« Il est impossible de trouver dans le passé un moment où les conditions d'une coopération constructive et soutenue entre les nations américaines — et ses bénéfices potentiels — aient été plus favorables. La guerre froide est finie et la politique latinoaméricaine des États-Unis n'est plus façonnée par des préoccupations sécuritaires. Les inquiétudes latino-américaines au sujet d'une domination politique et économique des États-Unis dans la région ont disparu, et avec elles la crainte d'une intervention directe de ces derniers. Aujourd'hui, dans l'ensemble des Amériques, on perçoit une convergence d'intérêts et de valeurs, autour de la démocratie politique, de la compétitivité mondiale et du progrès économique et social » (...).

in Etudes du CERI Publié en 1996-09
DABÈNE Olivier
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En accusant, en septembre 1994, la Colombie d’être une narcodémocratie, Joe Toft, le représentant dans ce pays de l’agence nord-américaine de lutte contre la drogue (Drug enforcement administration, DEA), a sans doute manqué de la plus élémentaire des courtoisies. Pour autant, il ne faisait que jeter une lumière crue sur une évidence : toutes les institutions publiques colombiennes sont infiltrées par les narcotrafiquants (...).

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Le 2 décembre 2004, dans le cadre de l’opération militaire multinationale Althea, l’Union européenne a pris la relève des forces déployées en Bosnie-Herzégovine par l’OTAN après la signature des Accords de Dayton. Ce déploiement militaire européen, présenté par ses initiateurs comme un test majeur pour la PESD, s’inscrit dans une dynamique d’européanisation des dispositifs internationaux déployés dans le pays. A travers l’analyse d’Althea, il s’agit de réfléchir ici à l’émergence de savoir-faire européens en matière de gestion militaire et civile des sorties de conflit. Abordant Althea à partir des expériences des acteurs de terrain, la réflexion porte en particulier sur les conditions d’inscription de la présence européenne dans une histoire plus longue des interventions internationales en Bosnie-Herzégovine, les difficultés de l’articulation entre les divers acteurs européens et les défis d’une appropriation, par les acteurs locaux comme par les militaires déployés, de la mission « européenne ». L’étude souligne enfin la complexité de la formulation d’une politique européenne d’exit, dont la rationalité obéit davantage à des logiques institutionnelles intraeuropéennes qu’à une évaluation sereine de la situation en Bosnie- Herzégovine.

La réforme des checkpoints israéliens : externalisation, marchandisation et redéploiement de l’Etat - Depuis 2006, les checkpoints situés le long des limites de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ont été réaménagés et équipés d’une nouvelle plateforme technologique. Leur gestion a également été déléguée à des entreprises de sécurité privées. Les initiateurs de ces réformes ont évoqué une « citoyennisation » des « passages » et justifié leur démarche au nom d’une rationalité économique, organisationnelle et humanitaire. L’étude détaillée des modalités concrètes d’externalisation et de marchandisation de la gestion des checkpoints israéliens permet d’établir des liens entre évolutions internes de la société israélienne, au niveau des rapports entre Etat, marché et société, et transformations actuelles du dispositif de l’occupation. Il semble que l’on soit en présence non pas d’un retrait de l’Etat face aux forces du marché, dans ce qui est imaginé comme un jeu à somme nulle, mais d’un redéploiement dans un contexte néolibéral, qui renvoie à des formules locales et particulières de chevauchement entre public et privé, national et international, sphère étatique et sphère d’une société dite civile.

in Etudes du CERI Publié en 1995-08
MARTINEZ Luis
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Des actes de sabotage multiples constituent, parallèlement à la liste des victimes de ce conflit, l’actualité tragique de l’Algérie : destructions de ponts, incendies de wagons, d’hôtels, de véhicules, d’entreprises publiques, d’écoles, de mairies etc. Le compte rendu, décontextualisé, de ces événements par les médias, laisse une impression d’anarchie, de chaos où la finalité des actions des principaux protagonistes, tant l’armée que les deux principales factions islamistes, le GIA et l’AIS, se perd dans une violence nihiliste. L’assimilation de l’opposition armée à des “ terroristes ” ou à des “ hérétiques ” par les dirigeants algériens tente d’ordonner ce désordre apparent. La division manichéenne, par les islamistes, de la société algérienne entre “ partisans du djihad ” et “ ennemis de l’islam ” s’inscrit dans un registre identique : transformer l’illisibilité politique et religieuse de ces actes en action licite dans le cadre prescrit par le djihad (...).

Un des phénomènes les plus frappants de l’histoire récente de la Chine est la trajectoire singulière d’une génération, celle qui est née dans les grandes métropoles entre la fin des années 1940 et le milieu des années 1950. Ses membres ont subi de plein fouet, pour le meilleur et pour le pire, l’ensemble des convulsions et des ruptures qu’a connues le pays depuis 1949, et occupent aujourd’hui les positions dominantes dans la plupart des domaines de la vie sociale. Malgré son importance, l’histoire de cette génération qui a en partie construit la Chine actuelle a fait l’objet de peu de travaux. Les récits de vie de sept de ses représentants constituent une source d’information qui permet de recueillir le point de vue de ces acteurs et de comprendre comment ils élaborent aujourd’hui un discours autour de leur expérience personnelle. L’analyse de ce discours permet de cerner l’interaction des trajectoires individuelles avec les événements et les déterminations sociales.

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