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Les statistiques officielles du commerce extérieur de l’Allemagne commencent en 1834 avec la formation d’une entité commerciale allemande unifiée, le Zollverein. Mais jusqu’en 1871, ces statistiques présentent un défaut majeur : elles sont exprimées en quantité et ne donnent aucune indication sur la valeur du commerce. Ce défaut, qui fait obstacle à toute étude statistique du commerce allemand sur le long terme, n’a jamais été expliqué. En revenant sur l’histoire de l’élaboration des statistiques commerciales en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne, et sur l’histoire politique allemande jusqu’à la création de l’Empire, cet article met en évidence l’existence d’un lien entre la production de statistiques commerciales et le degré d’intégration politique.

Les élections européennes de juin 2009 coïncident avec le trentième anniversaire de l'élection du Parlement européen au suffrage universel. A l'aune des études historiques, le Parlement européen demeure néanmoins peu exploré, pour ne pas dire inconnu. Les travaux de science politique permettent certes d'éclairer grand nombre des traits caractéristiques, structurels et invariants de la vie politique parlementaire européenne. Mais des énigmes et des variations brodent sur cette trame des motifs qui mériteraient d'être soulignés et expliqués par l'histoire politique du temps proche et l'histoire des idéologies.

in Histoire@Politique Publié en 2017-09
BAZIN Jérôme
PICHON-BONIN Cécile
SIMONIELLO Anastasia
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Ce dossier est né de la rencontre entre trois intérêts : la curiosité pour une expérience historique, le communisme des années 1920 et 1930 ; l’envie d’interroger un terme aussi récurrent que problématique, celui d’ « éducation » ; et la conviction que les images occupent une place centrale dans le projet et les pratiques éducatives communistes, offrant ainsi un objet d’analyse fécond. Quels sont les objectifs pédagogiques des communistes et comment l’image peut-elle y concourir ? Telle est la principale question qui nous a occupés et qui forme l’originalité de ce dossier. Les contributions analysent plusieurs types d’expériences éducatives faisant appel à l’image (la formation des artistes, l’apprentissage de la lecture, l’éducation idéologique des enfants, des masses et du public occidental, l’éducation des travailleurs et des enfants à l’art et par l’art) dans leurs rapports à différentes configurations politiques. (Premier paragraphe)

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The Second Wave of Western European Left Catholicism, c. 1965 – c. 1975, introduced manifold innovations in comparison to the First Wave, c. 1944 – c. 1954, in addition to reinforcing older traditions, such as the phenomenon of worker priests, which had served as the most visible and symbolic marker of progressive Catholicism in the immediate postwar era. Of the organizational novelties leaving their mark on the post-Vatican II era, it is probably fair to say that the emergence and powerful presence of radical priest associations, above all the Christian Solidarity International Congress, and the rise of spontaneous ecclesial communities, eventually best known by the term ‘base communities’, were the principal innovations. In addition, the specifically Catholic contribution to the European (and worldwide) student movements, as well as the specifically Catholic impetus behind radical working class practices in the Long Sixties were likewise unprecedented phenomena. There had been Catholic agitators in workers’ movements in the immediate postwar era, but such actions took a different form compared to Catholic working class activism in the Long Sixties, the latter period witnessing radical activity organized by Catholic trade unions, a feature with no parallel twenty years earlier. The rise of progressive, system-challenging radical student movements as such, not just the specifically Catholic battalions within those currents, was of course also a phenomenon entirely without precedent in European history. [First paragraph]

Si Léon Blum semble être éloigné du concept de « culture économique », son itinéraire politique l’amène à s’en rapprocher petit à petit. Par sa formation juridique et par son activité au Conseil d’État, il valorise la notion de « service public ». Dans sa pratique des joutes parlementaires au cours des années 1920 et au début des années 1930, il est amené à multiplier au nom du groupe socialiste les propositions et contre-projets en matière de politique financière et fiscale. Aussi, quand il aborde la crise des années 1930, on peut considérer qu’il a finalement constitué une véritable « culture économique ». Cette culture reste cependant marquée par un certain attachement au libéralisme à la fois politique et juridique. Blum occupe ainsi une position ambiguë et critique à l’égard du concept nouveau de politique économique, synonyme d’une emprise de l’État sur la marche de l’économie et qui séduit pourtant la nouvelle génération socialiste.

Il s’agit ici d’évoquer une donnée rarement mentionnée dans les considérations historiographiques et épistémologiques concernant l’histoire du temps présent : la difficulté à nommer les phénomènes étudiés. Une telle difficulté est d’autant dirimante que, dans le cas de l’histoire de l’État-nation France, celui-ci a connu au cours du second XXe siècle un véritable basculement anthropologique, dont les différentes facettes doivent être historicisées. De surcroît, cet État-nation, durant la même période, s’est trouvé enserré dans de nouveaux jeux d’échelles, avec notamment une réelle connexion avec l’histoire-monde. Un tel constat a, bien sûr, des conséquences multiples, évoquées ici.

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Peut-on encore écrire une histoire nationale à l’heure de la mondialisation ? À l’évidence oui, et c’est sans doute devenu une urgente obligation politique. Mais la manière de raconter cette histoire ne peut plus être identique à ce que nous faisions auparavant. Les historiennes et les historiens ne sont pas là pour reproduire les récits du passé, comme si aucune recherche ni réflexion méthodologique n’avait eu lieu depuis un siècle. Leur métier est d’écrire l’histoire, donc de la réécrire, et non de la réciter. L’Histoire mondiale de la France (dirigée par Patrick Boucheron et coordonnée par Florian Mazel, Yann Potin, Pierre Singaravélou et Nicolas Delalande) qui vient d’être publiée aux éditions du Seuil et réunit 122 auteurs est une première tentative de réponse — dans le contexte français — à cette interrogation. Une façon pour ce collectif d’historiennes et d’historiens de se ressaisir de ce débat à travers la recherche d’une mise en récit plurivoque, diverse et dépaysante, de l’histoire de France. Car si le genre « Histoire de France » a pu être investi récemment par quelques publicistes sans scrupule, c’est aussi parce qu’il avait été relativement délaissé par l’histoire savante, ou à tout le moins délégitimé comme enjeu épistémologique de l’écriture de l’histoire. Ce geste éditorial est à la fois un mode d’intervention des historiens dans l’espace public, une modeste contribution aux débats sur l’écriture de l’histoire mondiale ou transnationale des nations, et une tentative d’illustration de l’apport de l’histoire à la vie intellectuelle. Il s’agit donc à la fois de faire œuvre publique, scientifique, et de réfléchir aux liens entre les historiens et leur public. En ce sens, elle est une défense et illustration d’une histoire considérée comme discours engagé et savant. La forme collective même du livre, rassemblant différents textes de spécialistes organisés par dates, peut être considérée à la fois comme un gage de scientificité (parce qu’il est savant, ce discours se doit d’être porté par des historiennes et des historiens légitimes dans l’administration de la preuve) et d’accessibilité (parce qu’il est engagé, ce discours défend l’intelligence collective comme valeur). [Premier paragraphe]

En 1934, Élie Halévy, professeur d’histoire intellectuelle et politique de l’Angleterre et du socialisme à l’École libre des sciences politiques, inclut dans son cours consacré au « Socialisme en Europe au XIXe siècle » une leçon sur « l’expérience Roosevelt ». Des fragments documentaires (notes d’étudiants, fiches préparatoires du professeur, bibliographies) permettent de reconstituer le contenu de cette leçon américaine. Cet exemple inédit de réception française du New Deal dans les années 1930 par un intellectuel français témoigne à la fois des voies, des milieux, des réseaux qui encadrent la réception, des obstacles culturels et méthodologiques (histoire du temps présent) auxquels se heurte le travail intellectuel, et de l’interaction entre préoccupations nationales et débat transnational dans les recompositions doctrinaires des savoirs sur l’État, l’économie et la société, à l’œuvre dans les années 1930.

L’historiographie a considéré la notion du risque comme intrinsèquement liée au développement des systèmes d’assurance, alors que l’assistance constituerait uniquement une prise en charge ex post. Cet article analyse l’affirmation en France d’un discours visant à fonder le renouvellement des politiques d’aide sociale sur la notion de réadaptation entre les années 1940 et la fin des années 1960. Ces politiques de solidarité nationale, inspirées de modèles étrangers existants, visaient de plus en plus les causes psycho-sociales de l’inadaptation, point commun des multiples interventions concernant des catégories changeantes et très différentes : familles à problèmes, travailleurs migrants, habitants des bidonvilles, ex-délinquants, et plus généralement les populations aux revenus insuffisants. L’article montre comment l’action sociale – de plus en plus coordonnée et directement prise en charge par le ministère de la Santé et de la Population – entrelaçait un traitement individuel et un traitement social de l’inadaptation. D’une part, l’action sociale – de plus en plus coordonnée et directement prise en charge par l’État – s’efforçait de « réadapter » l’individu en intervenant sur les dimensions médicale, fonctionnelle, psychologique et professionnelle et en opérant un lien avec les politiques de main-d’œuvre et la notion de productivité.D’autre part, l’inadaptation sociale était de plus en plus caractérisée comme un risque qui mettant en danger l’intégration des groupes marginaux dans le système social et économique et se transmettant de génération en génération.L’article explique que le dépistage statistique des situations sociales à risque et le refus d’imputer aux inadaptés eux-mêmes les causes conduisaient à la mise en place de politiques d’action sociale globale agissant moins sur les bénéficiaires que sur les milieux de vie et leur participation à la vie publique.L’inadaptation se structurait ainsi en tant que référentiel d’une politique de gestion des populations et du « risque social » lié à la croissance économique, qui visait à corriger par des mesures assistantielles et le service social des conditions socioculturelles de vie censée être préjudiciables à la vie personnelle et sociale du citoyen.

On sait que le concile Vatican II (1962-1965) a profondément modifié la direction dans laquelle le catholicisme évoluait, peut-être dans des proportions comparables au concile de Trente (1545-1563). L’esprit de Vatican II est, bien entendu, très étroitement lié à ce qui s’est passé pendant les quatre années des sessions conciliaires, mais il est devenu assez vite beaucoup plus que cela : une sorte de libre interprétation de ce que le concile avait proposé dans des termes parfois contradictoires. Cela tient notamment à ce que, à bien des égards, l’esprit de Vatican II est aussi le produit d’un demi-siècle de développement d’un catholicisme qu’on a dit ou qui s’est dit de gauche, et qui n’a cessé de se modifier alors que, traditionnellement, la majorité des fidèles accordait ses préférences à des formations politiques de droite.

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La crise française de mai-juin 1968 n’étant pas réductible à son seul métabolisme national, un changement de focale est nécessaire pour insérer l’analyse de cette crise dans l’étude d’un moment 1968 aux dimensions d’un événement-monde. En d’autres termes, il convient de replacer cette analyse à la croisée de l’espace, dilaté, et du temps, contracté.

L’équilibre idéologique du parti socialiste français, depuis l’unification de 1905, a toujours résulté de la tension entre réforme et révolution. La refondation du parti au congrès d’Épinay n’a pas rompu avec ce schéma. François Mitterrand a revendiqué une volonté de rupture mais il a créé les conditions politiques qui ont conduit à un effacement de la perspective révolutionnaire. Lionel Jospin, Premier ministre, a tenté d’établir une nouvelle synthèse idéologique. Mais les conditions de sa défaite de 2002 ont ruiné cette tentative. Le parti, pour conserver son unité, a abouti en 2007 à une synthèse sans orientation idéologique claire. La nouvelle déclaration de principe de 2008 affirme la nature réformiste du parti. Mais le projet socialiste de 2010 entretient une forte ambiguïté sur ce point.

Déçus d’une répression qu’ils jugeaient systématiquement trop faible entre 1900 et 1967, les opposants à la diffusion des techniques contraceptives en France ont cherché à inciter différentes administrations publiques à (...)

L’histoire des relations internationales prend traditionnellement pour unité d’analyse les États. Pourtant, l’historiographie récente met en valeur les dimensions impériales des histoires des États, en particulier pour la Grande Bretagne, et réhabilite les empires. Dès lors, il convient de reconsidérer la géographie des relations internationales, et les dimensions impériales de la diplomatie, du droit, ou de la guerre. À partir de l’exemple de l’Empire britannique, cet article insiste sur l’apport des nouvelles études sur l’Empire pour écrire une histoire des relations internationales qui dépasse le statocentrisme sans être diluée dans l’histoire globale.

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From the early nineteen-twenties until his death in 1944, Pierre Brossolette thought ceaselessly about war. He passed by stages from an “idealism” of peace (Michael Howard, 2002) to a partisan support for war. Then he became a warrior himself. By the time of his heroic death for the liberation of France, he had become its eulogist. Dense and sometimes astonishing, his trajectory is an example of the way in which several French intellectuals who participated in the resistance lived and conceived the “warrior phenomenon” before and during les années noires.

in Histoire@Politique Publié en 2007-12
CABANES Bruno
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Les sorties de guerre ont été largement négligées par la plupart des historiens. Pourtant, ces périodes sont essentielles de bien des points de vue, à commencer par la reconstruction des identités et la réintégration des soldats, la genèse des récits d’après-guerre et le développement des traumatismes individuels et collectifs. Cet article, qui étudie plus spécifiquement la sortie des deux conflits mondiaux en comparaison, examine les complexités du processus de démobilisation.

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L’article analyse les destinées des étudiants indiens ayant fréquenté la London School of Economics de 1900 à 1948 et ayant embrassé la carrière d’économistes universitaires à leur retour en Inde. Combien étaient-ils ? Qu’ont-ils étudié à Londres ? Quelles positions ont-ils occupé tant dans le champ académique que politique ou administratif indien ? Ont-ils mis en circulation les savoirs acquis à la LSE ? Traitement statistique des annuaires, prosopographie, et études de contenu permettent d’esquisser quelques éléments de réponse sur les circulations de savoir.

in Histoire@Politique Publié en 2015-07
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Depuis plusieurs années, à travers différents dispositifs scientifiques – séminaire, journée d'étude et maintenant dossier de revue – la catégorie de « barbarie » a servi de fil directeur à notre réflexion sur l'histoire européenne. Dans l’histoire de l’idée européenne, le barbare a d’abord été l’autre, l’étranger, celui qui ne maîtrisait ni la langue ni les usages, celui qui était d’autres mœurs et d’autre contrée. Puis, quand l’idéologie du progrès et de la raison devint dominante, le barbare fut, avec le sauvage, celui qui incarnait le passé de la civilisation, l’état d’une humanité restée proche de l’animalité dont le processus civilisateur avait peu à peu éloigné les peuples européens, pour le meilleur mais aussi pour le pire. Il fut aussi l’ennemi de l’intérieur appartenant aux « classes laborieuses et dangereuses » ou bien, au contraire, la promesse de régénération d’une civilisation exténuée, « décadente ». Avec les grandes conflagrations mondiales, les massacres industriels et le suicide de l’Europe, la barbarie put être considérée non comme l’envers mais comme le prolongement de la civilisation, le triomphe de la raison instrumentale, l’achèvement d’un cycle historique. Mais peut-être le barbare n'est-il que celui qui croit à la barbarie, comme l'écrivait Claude Lévi-Strauss dans Race et histoire.

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L’histoire et le politique entretiennent une relation compliquée, parfois houleuse. Dans leur travail, les historiens sont quasi continuellement interpellés par le débat politique et les événements de leur époque. Ainsi, leurs perspectives de recherche font souvent directement écho à des interrogations qui polarisent la sphère publique et ils cherchent dans l’analyse du passé des clés pour l’intelligence des phénomènes présents qu’ils restituent dans la durée. En même temps, les approches qu’ils mobilisent les amènent souvent à critiquer et à nuancer, voire à démentir, les affirmations d’un responsable politique qui tendent facilement vers le raccourci ou l’amalgame et qui, fréquemment, instrumentalisent l’Histoire et ses interprétations. L’élection présidentielle française en administre la preuve. Le 28 août 2016, François Fillon a plaidé pour le rétablissement de la continuité du récit national « en partant de la France et en axant ce récit sur celle-ci et non en le diluant, comme on le fait aujourd’hui dans l’étude des faits généraux "mondialisés" ». Emmanuel Macron n’a pas été en reste. Lors d’un déplacement à Alger, il a déclaré le 14 février 2017 à une télévision locale que la colonisation française fut « un crime. Un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de notre passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celle et ceux avec lesquels nous avons commis ces gestes ». Deux déclarations emblématiques qui ont aussitôt nourri des controverses politiques et historiographiques, les historiens étant sollicités par les médias ou prenant d’eux-mêmes l’initiative de donner leur avis et leur évaluation de la pertinence des propos de ces deux candidats à la magistrature suprême. [Premier paragraphe]

En novembre 1944, un amendement au décret-loi portant création d’un tribunal populaire pour juger les responsables de l’entrée en guerre de la Bulgarie étend aux persécutions contre les juifs le périmètre des crimes relevant de la juridiction du Tribunal. La Bulgarie est ainsi le premier pays d’Europe à créer une juridiction nationale dédiée aux seuls crimes antijuifs. Peu connue, l’action du Tribunal offre pourtant un prisme très riche sur la mise au procès du génocide juif et, incidemment, sur les rapports entre modèle judiciaire d’établissement de la vérité et écriture historienne. Envisageant les procès en tant que production judiciaire d’un jugement sur le passé immédiat, l’article explore les modes d’énonciation des persécutions antijuives par les magistrats. En 1944-1945, l’enjeu est évidemment juridique, puisqu’il s’agit d’inventer des incriminations et des stratégies judiciaires adaptées à l’exceptionnalité des crimes ; il est également politique et moral, dans la mesure où les acteurs bulgares ont la conviction de tenir un procès pour l’histoire. Ce faisant, un double paradoxe est mis en évidence : premièrement, parce qu’elle était sous-tendue par l’aspiration à démontrer l’existence d’une « autre Bulgarie », distincte des pouvoirs « fascistes », l’action des magistrats a contribué à l’émergence d’une topique de l’innocence (du peuple) bulgare demeurée jusque récemment constitutive des récits publics sur la Shoah ; deuxièmement, instituée pour faire (re)connaître la singularité des souffrances juives, la Cour a participé à leur euphémisation en les subsumant dans un récit antifasciste de la victimité et du combat.

Cet article tente de définir la Résistance et l’effet de genre dans les camps de déportés par mesure de répression. Jusqu’à présent, l’histoire de la Résistance s’est arrêtée aux portes des prisons. La résistance des internés, en prison ou dans les camps de concentration, a été peu traitée, et lorsqu’elle l’a été, elle a pris place dans l’historiographie des modes d’internement et non dans celle de la Résistance. Pourtant, plusieurs questions se posent. Sont-ce les mêmes qui résistent « au-dehors » et « au-dedans » ? Le changement radical de contexte dû à l’arrestation entraîne-t-il une recomposition du personnel résistant ? Les critères de distinction mis en place pour la Résistance « libre » sont-ils valables pour la Résistance internée ? Peut-on continuer de différencier la « Résistance » de la « résistance civile » dans un système de terreur ? Ou le statut de la résistance civile dans l’univers concentrationnaire prend-il la valeur de transgression d’un acte de Résistance ? L’exemple de la déportation des Françaises et des Français à Ravensbrück, Buchenwald et Mauthausen sert de base à cette réflexion. [Claire Andrieu]