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in Politique africaine Sous la direction de AWENENGO DALBERTO Séverine, BANEGAS Richard, CUTOLO Armando Publié en 2019-04-15
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L’Afrique connaît, depuis le tournant du siècle, une expansion rapide des nouvelles technologies d’identification des personnes. Alors que près de la moitié de la population du continent ne serait pas dotée d’une identité légale, la biométrie apparaît comme la solution miracle pour lutter contre la fraude électorale, certifier les comptes bancaires, compenser les faiblesses de l’état civil et, surtout, contrôler les flux de population. Si le souci sécuritaire est central dans cette dynamique globale, la biométrisation des identités se pare aussi des atours démocratiques de l’accès aux droits, de la « bonne gouvernance » et du développement. Par-delà l’opposition classique entre surveillance et reconnaissance, le dossier interroge les effets actuels du tournant biométrique sur le fonctionnement des États et l’exercice de la citoyenneté au sud du Sahara. Les enquêtes menées en Afrique du Sud, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Tchad, en Guinée et au Maroc soulignent l’encastrement social et politique de cette révolution technologique et la résilience de l’État documentaire. Elles montrent que la biométrie, loin de sécuriser les identités, peut contribuer au renforcement de l’exclusion et à la polarisation des débats sur l’appartenance citoyenne et nationale.

Digitalized paper barriers: Identity verifications and the exclusion of immigrant students in working-class high schools in Johannesburg How do devices designed for identification direct the practices of school staff towards immigrant students and foster their exclusion? The analysis of the materiality and utilization of these devices in working-class high schools in Johannesburg reveals a mixed regime in which documentary verification dominates and is linked to interpersonal certification and digital authentication. The Departments of Education and of Home Affairs instil migration control in high schools. Paper barriers to education are solidified through digitalization and the school staff sees its ability to circumvent them reduced, in contexts marked by insecurity and the normalization of xenophobia.

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Cet article examine l’introduction de l’enregistrement biométrique des réfugiés maliens qui vivent au Burkina Faso. Il interroge la manière dont cette technologie, basée sur l’objectivité supposée de la vérité des corps, affecte les autres modes d’identification des réfugiés, en particulier ceux qui reposent sur le témoignage et l’authentification sociale. Il pose également la question des effets de cette nouvelle technologie sur la façon dont les réfugiés eux-mêmes construisent leur identité sociale. Finalement, l’article permet de comprendre que l’introduction de l’enregistrement biométrique des réfugiés n’a pas radicalement fait évoluer la manière dont le statut de réfugié est octroyé et la catégorie sociale construite.

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Plan de l'article : - Le tournant biométrique de l’« Émergence » - État documentaire versus État biométrique : l’identité légale sans la personne sociale ? - La biométrie encastrée dans le social et le politique

L’article analyse l’activité des démarcheurs informels (surnommés « margouillats ») qui, autour du palais de justice d’Abidjan, « font sortir les papiers », en particulier les certificats de naissance et de nationalité, dont ils travaillent à l’obtention pour les requérants qui viennent en faire la demande. Il décrit leur insertion dans les pratiques administratives de production documentaire et les réseaux interpersonnels de la « chaîne alimentaire » du Palais. L’important est moins l’analyse de la corruption bureaucratique que les justifications morales apportées à la marchandisation de la nationalité. Se focalisant sur l’espace moralement liminal de production d’un faux document d’identité, l’article fait l’hypothèse que les intermédiaires n’effacent pas les frontières politiques de la citoyenneté mais prolongent au contraire, par capillarité, l’action discriminante de l’État dans la rue.

in Genèses Sous la direction de AWENENGO DALBERTO Séverine, BANEGAS Richard Publié en 2018-10
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Sommaire du dossier Séverine Awenengo Dalberto, Richard Banégas Citoyens de papier : des écritures bureaucratiques de soi en Afrique Louise Barré « Mettre son nom » : revendications familiales au sein de procédures d’identification (Côte d’Ivoire 1950-1970) Sidy Cissokho Culture professionnelle et culture de l’État Notes sur l’institution du permis de conduire au Sénégal Laurent Fourchard Citoyens d’origine contrôlée au Nigeria Armando Cutolo, Richard Banégas Les margouillats et les papiers kamikazes Intermédiaires de l’identité, citoyenneté et moralité à Abidjan

in Genèses Publié en 2018-10
AWENENGO DALBERTO Séverine
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Depuis 2015, la crise des réfugiés a replacé la question de l’identification des personnes au centre de l’attention publique en Europe et ailleurs dans le monde. Les harraga « brûleurs » de papiers et de frontières, qui tentent de gagner Lampedusa, sont tenus de se faire enregistrer dans les hot spots que la forteresse européenne dresse en son limes méditerranéen et désormais saharien ; leurs empreintes et données biométriques sont consignées dans les registres de Frontex qui permettent ensuite aux polices européennes de renvoyer les « Dublinés » dans le pays où ils ont laissé une trace de leur passage, sinon de leur identité ; aux guichets des administrations, les demandeurs d’asile endurent les épreuves du récit d’attestation identitaire traçant la frontière entre les ayant-droit et les autres (Spire 2005 ; Beneduce 2015 ; Mazouz 2017) ; jusqu’aux corps anonymes, échoués sur les côtes italiennes ou marocaines, dont certains militants s’attachent à retrouver le nom, car un « corps sans papiers est un cercueil sans État » (citation extraite des travaux en cours d’Alimou Diallo ; voir aussi Ritaine 2015 ; Programme Babels 2017). La crainte des attentats terroristes a bien sûr décuplé l’obsession sécuritaire du filtrage des individus et de la surveillance des mobilités, jetant le doute sur tout document susceptible de certifier l’identité légale des personnes. Surtout lorsque celles-ci arrivent d’un pays du Sud global et d’Afrique en particulier. (Premier paragraphe)

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Le Nigeria a dissocié depuis quatre décennies le corps des citoyens en deux : les indigenes et les non indigenes. Les indigenes sont ceux qui peuvent faire remonter leurs racines généalogiques à une communauté de personnes originaires d’une localité. Les gouvernements locaux produisent des certificats d’indigene qui certifient cette origine. Cet article explore la relation entre les fonctionnaires des gouvernements locaux, leurs intermédiaires et les usagers en quête de certificat dans trois États du Nigeria. L’analyse montre comment les candidats se prêtent à ces procédures, comment la relation bureaucratique constitue un apprentissage ordinaire de l’État et redéfinit l’appartenance à une citoyenneté locale exclusive, et à quelles conditions la production de documents devient une question politique conflictuelle.