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  • VITTOT Aurélie (1)
  • BADIE Bertrand (1)
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Cette thèse analyse l’exercice de la puissance algérienne et libyenne à travers les médiations conduites au Sahara-Sahel entre 2006 et 2018 au Nord du Mali et du Niger. Il est fait l’hypothèse que la médiation reflète l’exercice de la puissance par les États car elle mobilise les mêmes ressources sociales, économiques, politiques dans leurs composantes formelles et informelles, ce qui leur permet de se démarquer sur la scène régionale et internationale au travers de leurs interactions avec les acteurs en conflit. En dépit des critiques envers les médiateurs algériens et libyens sous le régime du Colonel Kadhafi, leurs actions servent dans une certaine mesure à imposer leurs intérêts, à les maintenir ou du moins à les afficher publiquement. Cependant, au vu des transformations de la conflictualité au cours des années 2000, la puissance n’est plus l’apanage des seuls États algérien et libyen, elle a pu être acquise dans ses composantes informelles et illégales par les acteurs maliens et nigériens eux-mêmes qu’ils soient étatiques ou non. Le déploiement de puissance se heurte alors à des contestations, des résistances et même à des contournements. Ses registres diplomatiques et militaires d’expression sont même battus en brèche par les groupes contestataires pour des périodes plus ou moins prolongées. Si les développements au Nord du Mali, depuis 2012, tendent à contredire sa force, la puissance se maintient néanmoins aujourd’hui dans la capacité à produire un certain type de discours quant au modèle de résolution de conflit à privilégier dans la région, mettant ainsi en compétition les approches des acteurs pour la paix qu’ils soient locaux, régionaux ou internationaux.

Cet article suit, dans une perspective chronologique, les évolutions des relations entre le Maghreb (Algérie et Libye) et le Sahara-Sahel (Mali, Niger) depuis la chute de Kadhafi en 2011. Il s’intéresse à la fois aux pratiques contestataires des acteurs saharo-sahéliens et aux réponses diplomatiques qui y sont apportées en se concentrant sur la diplomatie algérienne. Si celle-ci a été pensée comme capable de combler le vide politique laissé par la Libye, l’Algérie tente aujourd’hui de combiner mesures sécuritaires et engagement dans la médiation politique, ce qui crée, dans un contexte diplomatique internationalisé, une tension permanente entre le recours aux méthodes de gestion passées des relations avec le Sahara-Sahel et leur nécessaire adaptation.

in Un monde fragmenté. Autour de la sociologie des Relations internationales de Bertrand Badie Sous la direction de ALLÈS Delphine, MALEJACQ Romain, PAQUIN Stéphane Publié en 2019-01
VITTOT Aurélie
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[...] Le souci d’éclairer les évolutions de l’espace mondial contemporain, des « Printemps » arabes à la valorisation de la déviance comme arme politique, forme [...] le fil conducteur de ce volume. Les 26 auteurs ici rassemblés, qui ont accompagné d’une façon ou d’une autre l’évolution de la pensée de Bertrand Badie, rendent ainsi hommage à ses travaux et à sa sociologie de l’international. [...]