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Depuis la prise de conscience fin février dernier de la diffusion de l'épidémie de coronavirus, l'économie mondiale a subi un choc inédit bouleversant le paradigme conjoncturel. Comme le laissait pressentir l'évolution des indicateurs infra-trimestriels, les chiffres de croissance du PIB concrétisaient déjà, dans leur version provisoire, les effets économiques du confinement sur les deux dernières semaines du premier trimestre. Toutefois, au vu du degré de sévérité des fermetures, on pourrait s'attendre à des révisions importantes du PIB à la baisse comme à la hausse. Nous évaluons ensuite l'impact de choc sur l'économie mondiale en partant des tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD). Les différentes mesures de mises en place pour le mois d'avril auraient un impact de-19 % sur la valeur ajoutée au niveau mondial. Tous les secteurs et tous les pays ne seraient pas impactés de la même manière. Au niveau sectoriel, la branche de l'hébergement-restauration enregistrerait une diminution de 47 % de sa valeur ajoutée au niveau mondial. Au niveau géographique, l'Europe serait la zone la plus touchée, notamment l'Espagne, l'Italie et la France avec des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points. Bien que l'Allemagne ait subi une baisse moins importante de l'activité, en lien avec des mesures de confinement moins restrictives dans l'ensemble, le pays souffre cependant de sa forte exposition à la demande étrangère. Cette modélisation permet ensuite de décrire l'incidence du choc d'activité sur la demande de travail pour le mois d'avril. Pourtant, si l'ajustement de la demande de travail au choc de production est très marqué, l'impact final sur l'emploi salarié apparaît in fine, au moins en Europe, faible au regard des pertes potentielles d'emplois, en raison de la mise en œuvre de dispositifs d'activité partielle similaire. En l'absence d'un tel mécanisme, les États-Unis connaissent de plus fortes destructions d'emplois salariés, qui atteignent 14,6 % de l'emploi salarié total.

Depuis la mi-mars, de nombreux pays ont mis en place des mesures de confinement incitant les populations à limiter les interactions physiques afin d'enrayer la crise sanitaire due à la pandémie de la Covid-19. Ces dernières se sont traduites par une baisse de la demande qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble de l’économie à travers le tissu productif. Dans cette étude, nous étudions la transmission des mesures de confinement en vigueur en avril2020 à l’économie mondiale en mobilisant les tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD) publiés en 2016. Selon notre évaluation, les mesures de confinement et de distanciation sociale mises en place à leur niveau du mois d’avril conduiraient à une baisse de 19 % de la valeur ajoutée mondiale. La dépendance vis-à-vis de l’étranger, à travers les exportations nettes (tourisme compris), constitue une fragilité supplémentaire face à une crise de cette ampleur. Les pays les plus impactés par les mesures de confinement prises en avril sont les pays européens. En premier lieu ceux où le confinement a été le plus strict, en particulier la France, l’Espagne et l’Italie mais également ceux pour lesquels la contribution extérieure à la baisse de l’activité est plus importante, malgré des politiques de confinement moins sévères, l’Allemagne étant particulièrement affectée par ce canal.

La France s'est dotée en 2015 d'une stratégie nationale bas-carbone qui vise à atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Cette neutralité sera effective dès lors que les émissions de GES d'origine anthropique subsistantes sur le territoire national seront intégralement compensées par des puits naturels et/ou artificiels de carbone. Alors que la version révisée de ce document vient d'être officiellement publiée le 24avril 2020, il nous semble important de mettre en exergue un autre point de vue dans la comptabilisation des émissions de GES qui considère non plus les activités de production mais celles associées à une consommation finale comme celles faisant référence dans l'imputation des émissions. Si cette différence peut sembler conceptuelle et sans implication directe dans la démarche de transition écologique d'une société, le degré avancé de fragmentation de la chaîne de valeur globale scindée en plusieurs unités de production, disséminées sur l'ensemble du globe, la rend essentielle à son évaluation. Des objectifs complémentaires à celui de la neutralité carbone inscrits dans la SNBC intègrent déjà des indicateurs relatifs à ces émissions hors du territoire national; cependant Il n'existe pas de système d'information standardisé comme celui officiel des Inventaires Nationaux d'Émissions défini par la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changement Climatiques (United Nations Framework Convention on Climate Change). [Premières lignes]

in L’économie européenne 2020 Edited by Observatoire français des conjonctures économiques Publication date 2020-03
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Le réchauffement climatique est généralement perçu par les économistes comme un problème de gestion optimale des ressources naturelles limitées bien que les climatologistes le dépeignent plutôt comme une urgence absolue à modifier nos modes de vie pour éviter un désastre de grande ampleur. Malgré les nombreux engagements pris jusqu’à présent, que ce soit par la communauté internationale ou de manière unilatérale par certains pays, le chemin qui reste à parcourir est considérable, et il semble que les pays ne consacrent pas suffisamment de ressources politiques et économiques à répondre de manière satisfaisante à cette menace. [Premier paragraphe]

Dans un contexte où l'humanité doit réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la hausse des températures, la mesure des émissions carbone est devenue un enjeu essentiel du XXIe siècle. L'essor des échanges commerciaux et la globalisation de la chaine de valeur rendent par ailleurs de plus en plus difficile la traçabilité des impacts climatiques et environnementaux des biens et des produits que nous consommons en France. Le concept d'empreinte carbone s'inscrit dans une démarche complémentaire de celle des inventaires nationaux de gaz à effet de serre généralement utilisés dans le cadre des négociations internationales autour des enjeux climatiques, en proposant d'imputer l'ensemble des émissions induites par un processus de production d'un bien ou d'un service à son consommateur final. [Premier paragraphe]

In response to the COVID-19 health crisis, the French government has imposed drastic lockdown measures for a period of 55 days. This paper provides a quantitative assessment of the economic and environmental impacts of these measures in the short and long term. We use a Computable General Equilibrium model designed to assess environmental and energy policies impacts at the macroeconomic and sectoral levels. We find that the lockdown has led to a significant decrease in economic output of 5% of GDP, but a positive environmental impact with a 6.6% reduction in CO2 emissions in 2020. Both decreases are temporary: economic and environmental indicators return to their baseline trajectory after a few years. CO2 emissions even end up significantly higher after the COVID-19 crisis when we account for persistently low oil prices. We then investigate whether implementing carbon pricing can still yield positive macroeconomic dividends in the post-COVID recovery. We find that implementing ambitious carbon pricing speeds up economic recovery while significantly reducing CO2 emissions. By maintaining high fossil fuel prices, carbon taxation reduces the imports of fossil energy and stimulates energy efficiency investments while the full redistribution of tax proceeds does not hamper the recovery.

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La mesure des émissions carbone est devenue un enjeu essentiel du XXIe siècle, dans un contexte ou l’humanité doit réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre si elle souhaite pouvoir limiter la hausse des températures à un niveau de 2°C. L’essor des échanges commerciaux et la globalisation de la chaine de valeur rendent par ailleurs de plus en difficile la traçabilité des impacts climatiques et environnementaux des biens et des produits que nous consommons en France. Le concept d’empreinte carbone s’inscrit dans une démarche complémentaire à celle des inventaires nationaux de gaz à effet de serre généralement utilisés dans le cadre des négociations internationales autour des enjeux climatiques, en proposant d’imputer l’ensemble des émissions induites par un processus de production d’un bien ou d’un service, à son consommateur final.

in L'Economie française Publication date 2019-09
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in Alternatives économiques. Hors-série Publication date 2019-02
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Transition Le mouvement des gilets jaunes l'a rappelé : les politiques visant à faire changer les comportements par les prix sont difficiles à manier. Zoom sur les différentes solutions possibles. Le mouvement des "gilets jaunes" apparu en octobre 2018 avait pour motivation initiale le rejet de la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Le gouvernement a renoncé finalement à la nouvelle augmentation de cette taxe prévue pour le 1er janvier 2019. Venant après les tentatives infructueuses de 2000 et 2010 de mise en place d’une fiscalité carbone, ce recul fait apparaître la difficulté d’utiliser des instruments de politiques économiques visant à modifier les comportements des agents via les prix, alors même que l’urgence de la lutte contre le changement climatique est reconnue par une majorité de Français.

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