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Cet article explore la diversité des configurations locales du parc de logements locatifs sociaux. Nous réalisons une analyse quantitative et descriptive en nous intéressant aux caractéristiques des logements, au profil des locataires, aux dynamiques récentes de production et aux configurations d’acteurs intervenant dans leur gestion. Nous utilisons principalement les données du Répertoire du Parc Locatif Social (SOeS, 2013) et du Recensement de la population (Insee, 2013) pour construire une typologie des communes de l’unité urbaine de Paris. Notre approche localisée et systématique de l’offre de logement social fait ressortir dix types de parcs sociaux. Elle montre d’abord que le logement social n’est pas un habitat uniforme et n’accueille pas une population homogène. Outre les contrastes liés aux caractéristiques des logements, largement hérités des politiques passées (1960-1970), il ressort que la diversité actuelle des parcs sociaux tient aux types d’acteurs impliqués dans leur construction et dans la sélection des locataires. La pluralité de leurs objectifs, de leurs intérêts et de leurs pratiques alimente de forts contrastes dans la mobilisation de cet habitat à l’échelle locale, et ce même si les politiques du logement restent fortement centralisées en France

Cette thèse analyse les principaux mécanismes du marché du logement en s’intéressant au rôle des contraintes foncières naturelles et réglementaires et à l’impact des politiques publiques. Le premier chapitre met en perspective le rôle de la terre au cours des derniers siècles en montrant que si l’importance de la terre a progressivement reculé jusqu’au milieu du XXe siècle, elle a été remplacée par l’importance croissante du foncier résidentiel. Le second chapitre tente d’estimer l’un des paramètres clé du marché du logement : l’élasticité prix. Il montre que ce concept recouvre deux notions différentes, l’une décrit la réaction des promoteurs suite à une augmentation des prix alors que la seconde décrit la croissance des prix de l’immobilier accompagnant le développement urbain. Il montre que les marchés de l’immobilier des aires urbaines françaises sont inélastiques. Le troisième chapitre analyse l’impact du dispositif Scellier sur les marchés locaux et montre que son impact quantitatif a été limité. Enfin le quatrième chapitre étudie l’effet d’éviction du logement privé par le logement social.

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A travers le Grand Paris Express, l’agglomération parisienne se dote de nouvelles infrastructures de transport conduisant au doublement de la taille actuelle du système de métro. Nous proposons une modélisation originale de cette évolution qui intègre un marché du travail frictionnel et un marché du logement segmenté, entre un secteur à prix/loyers libres et un secteur à prix régulés. Suivant l’hypothèse retenue par les équipes de la Société du Grand Paris d’un gain de 3 % de temps/pénibilité/coûts financiers directs du transport, et en fonction de différents scénarii de croissance de la population, le modèle prédit soit des gains en emplois, soit une baisse des loyers au centre. Dans un scénario où la population peut croître au rythme de l’amélioration des différentes infrastructures de transport avec des constructions nouvelles permettant l’installation de nouveaux ménages, les effets sont de l’ordre de 160 000 emplois. Dans un scénario plus malthusien où l’offre de logements ne suit pas, les effets en emploi sont très diminués et l’essentiel de l’ajustement est porté par une baisse des loyers au centre de l’agglomération : la pression sur l’occupation de l’espace au centre est réduite. Le bien-être des ménages augmente, mais l’emploi progresse peu, de l’ordre de 3 000. Tous les chiffres de cette note sont des déviations en tendance de la situation qui aurait prévalu en l’absence de nouvelles infrastructures et maintien de la qualité des infrastructures existantes.

In his book, Capital in the 21st Century,Thomas Piketty highlights the risk of an explosion of wealth inequality because capital is accumulating faster than income in several countries including the US and European countries such as France. Our work challenges the conclusions of the author in three steps. First, the author’s result is based on the rise of only one of the components of capital, namely housing capital,and due to housing prices. In fact, housing prices have risen faster than rent and income in many countries.It is worth noting that “productive” capital, excluding housing, has only risen weakly relative to income over the last few decades. Over the longer run, the “productive” capital/income ratio has not increased at all. Second, rent, not housing prices, should matter for the dynamics of wealth inequality, because rent represents both the actual income of housing capital for landlords and the dwelling costs saved by “owner-occupiers” (people living in their own houses). Logically, to properly measure capital, the value of housing capital must be corrected by measuring it on actual rental price, and not housing prices. Third, when we apply this change, we find that the capital/income ratio is actually stable or only mildly higher in the countries analyzed (France, the US, the UK, and Canada) except for Germany where it rose. These conclusions are exactly opposite to those found by Thomas Piketty. However, this does not mean that housing prices do not contribute to other forms of inequality. When housing prices rise, owners of the housing capital hold a higher value that can be transformed into consumption. It is also more difficult for young adults to become homeowners. Housing incomes of owners however do not necessarily increase which casts serious doubt on Piketty’s conclusion of a potential explosive dynamics of inequality based on these trends.

Dans son ouvrage, Le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty souligne les risques d’une explosion des inégalités de patrimoine, car le capital augmenterait plus vite que le revenu dans plusieurs pays, dont la France. Nous reviendrions ainsi au niveau des inégalités du début du XXe siècle. Dans cette note, nous montrons que cette conclusion n’est pas plausible. D’abord, elle repose sur la hausse d’une seule des composantes du capital : le capital logement. Le capital dit "productif", hors immobilier, n’a que légèrement augmenté dans les dernières décennies, et sur le long terme, n’est pas en hausse tendancielle. Ensuite, si la valeur du capital immobilier mesurée dans les comptabilités nationales a augmenté sur cette période, c’est en raison de la hausse des prix de l’immobilier, qui ont crû beaucoup plus vite que les loyers et que les revenus depuis 2000. Or, les prix de l’immobilier ne sont pas corrélés aux revenus du capital logement. Au contraire, ce sont les loyers qui importent pour la dynamique des inégalités puisqu’ils représentent à la fois les revenus du capital des propriétaires-bailleurs et les dépenses économisées des propriétaires-occupants. Pour qualifier la hausse des inégalités de patrimoine, il faut donc mesurer le capital immobilier à partir des loyers - la valeur d’un logement est une somme de ses loyers actualisés - et non à partir des prix d’acquisition et de cession des biens immobiliers. Notre conclusion est alors que sur les dernières décennies, le ratio capital sur revenu, correctement évalué, est resté stable en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada, ce qui contredit donc assez nettement la thèse de l’auteur. Cela ne signifie pas que les prix de l’immobilier n’ont aucun impact sur les inégalités : la valeur des logements ayant augmenté, les propriétaires détiennent une réserve de valeur plus importante, mobilisable en cas de perte majeure de revenus ; il est par ailleurs devenu plus difficile pour une personne sans capital de départ d’accéder à la propriété. Cependant, les revenus immobiliers des propriétaires ne se sont pas accrus pour autant, et il est donc difficile de maintenir la thèse d’une dynamique divergente d’accumulation du capital à partir de ces tendances.

in Revue d’économie politique Publié en 2015-05
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Dans son ouvrage, Le capital au XXIe siècle, Thomas Piketty souligne les risques d’une explosion des inégalités de patrimoine, car le capital augmenterait plus vite que le revenu dans plusieurs pays, dont la France. Nous reviendrions ainsi au niveau des inégalités du début du XXe siècle. Dans cette note, nous montrons que cette conclusion n’est pas plausible. D’abord, elle repose sur la hausse d’une seule des composantes du capital : le capital logement. Le capital dit "productif", hors immobilier, n’a que légèrement augmenté dans les dernières décennies, et sur le long terme, n’est pas en hausse tendancielle. Ensuite, si la valeur du capital immobilier mesurée dans les comptabilités nationales a augmenté sur cette période, c’est en raison de la hausse des prix de l’immobilier, qui ont crû beaucoup plus vite que les loyers et que les revenus depuis 2000. Or, les prix de l’immobilier ne sont pas corrélés aux revenus du capital logement. Au contraire, ce sont les loyers qui importent pour la dynamique des inégalités puisqu’ils représentent à la fois les revenus du capital des propriétaires-bailleurs et les dépenses économisées des propriétaires-occupants. Pour qualifier la hausse des inégalités de patrimoine, il faut donc mesurer le capital immobilier à partir des loyers - la valeur d’un logement est une somme de ses loyers actualisés - et non à partir des prix d’acquisition et de cession des biens immobiliers. Notre conclusion est alors que sur les dernières décennies, le ratio capital sur revenu, correctement évalué, est resté stable en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada, ce qui contredit donc assez nettement la thèse de l’auteur. Cela ne signifie pas que les prix de l’immobilier n’ont aucun impact sur les inégalités : la valeur des logements ayant augmenté, les propriétaires détiennent une réserve de valeur plus importante, mobilisable en cas de perte majeure de revenus ; il est par ailleurs devenu plus difficile pour une personne sans capital de départ d’accéder à la propriété. Cependant, les revenus immobiliers des propriétaires ne se sont pas accrus pour autant, et il est donc difficile de maintenir la thèse d’une dynamique divergente d’accumulation du capital à partir de ces tendances.

Afin d’évaluer l’impact socio-économique de la mise en service du Grand paris Express (GPE), la Société du Grand Paris (SGP) a commandé une étude permettant d’étudier les effets de ces nouvelles infrastructures de transport sur les marchés du travail et du logement. Le LIEPP propose dans ce rapport (qui est une version d’étape d’un travail de recherche toujours en cours) un modèle d’analyse des relations entre la structure des loyers dans l’agglomération, les créations d’emploi et le niveau du chômage d’équilibre. Ce modèle constitue un cadre théorique original pour répondre à cette demande. Les paramètres clefs de ce modèle ont été estimés grâce à des données de l’agglomération parisienne collectées à cette fin. Ce cadre théorique vise, d’une part, à simplifier le calcul des créations d’emplois induites dans une « équation unique » et, d’autre part, à identifier le rôle des différentes hypothèses de travail sur l’impact économique des infrastructures de transport. L’approche de modélisation innove par rapport à la littérature existante en ce qu’elle est conçue pour décrire un marché du logement explicitement dual, représentant ainsi plus précisément l’agglomération parisienne que les modèles urbains existants.