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in Encyclopédie d'histoire numérique de l'Europe (EHNE)
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Le travail social se développe en Europe à partir du xixe siècle en se donnant pour mission de soutenir les familles populaires en difficulté. Né en Angleterre, il se diffuse via les réseaux des catholiques et chrétiens sociaux, d’abord en Europe occidentale puis en Europe centrale. Il se professionnalise à partir des années 1920 avec l’apparition des premières assistantes sociales. Le travail social mêle, tout au long du xxe siècle, un travail d’assistance matérielle à la pauvreté et une démarche morale de « réadaptation » des familles populaires. Prenant le relais des initiatives privées, l’État et les administrations publiques encouragent le développement des services sociaux dans les années 1960. Le travail social s’éloigne ainsi progressivement des origines catholiques réformatrices ; sa dimension morale est supplantée par une approche faisant de plus en plus appel aux savoirs de la psychologie et de la psychanalyse.

Les années d’entre-deux-guerres voient l’émergence des services sociaux et du travail social professionnalisés. Les acteurs des services sociaux estiment que la réponse à la « question sociale » doit passer par un accompagnement individuel visant à responsabiliser les familles populaires en difficulté. Ce travail entend expliquer quelles ont été les conditions de mise en œuvre d’une telle ambition, en interrogeant les formes de la relation d’assistance liant travailleuses sociales et personnes assistées. Pour ce faire, il se centre sur l’étude du Service Social de l’Enfance (SSE), un service privé d’assistantes sociales rattaché au tribunal pour enfants de la Seine, à partir d’un corpus de dossiers individuels d’enquêtes et de suivi. L’analyse de la formation professionnelle des assistantes, du fonctionnement des services sociaux à l’échelle parisienne et de l’intervention de l’État dans le processus de structuration du service social complètent ce tableau sur l’émergence d’un nouveau champ d’action. La thèse montre ainsi que même face à un organisme aussi coercitif que le SSE, le service social dans l’entre-deux-guerres ne peut se résumer à la mise en œuvre d’un contrôle social. Si la visée de moralisation des classes populaires est au cœur du projet des services sociaux, la pratique se caractérise avant tout par un hiatus entre les attentes des travailleuses sociales et les stratégies propres des assistés. La relation de care souhaitée par les assistantes est imbriquée à des rapports de pouvoir, dessinant une prise en charge balançant entre bienveillance et surveillance. Mais la relation d’assistance se déploie surtout par des négociations constantes entre des assistantes privées de moyens juridiques et financiers pour faire appliquer leurs décisions et la capacité d’agir de leurs « protégés ». A travers l’analyse du service social en action, ce travail expose ainsi les ambitions et les limites de l’État social en devenir.

L’objet de cet article est de se demander comment les assistantes sociales de l’entre-deux-guerres envisagent les enjeux de la relation de care qui les lie aux usagers des services sociaux. Les assistantes ont en effet un rôle double : prendre soin des familles populaires mais aussi les surveiller et les contrôler. Comment concilient-elles ces impératifs paradoxaux en cherchant la « bonne distance » avec leur public ? Pour répondre à cette question, nous nous tournons vers les archives de la formation professionnelle. En effet, les écoles de service social contribuent à définir les attentes de la relation de care et à établir le cadre dans lequel prennent place ces interactions. Nous nous penchons dans un premier temps sur le discours de la vocation chez les postulantes au métier d’assistante, puis sur la manière dont la formation professionnelle régule ces aspirations. Nous concluons sur la force de la notion de care, qui permet de penser l’imbrication entre rapports de domination et bienveillance envers autrui.

Alors que le service social naît dans l’entre-deux-guerres en se pensant comme un outil nouveau de résolution de la « question sociale », comment les services sociaux de l’époque appréhendent-ils la précarité économique des familles populaires sous leur charge ? Pour répondre à cette question, l’article propose de se tourner vers l’outil privilégié de ces organismes : l’enquête, menée auprès de toute famille éligible à une aide sociale. La construction même de l’enquête, à travers ses différentes étapes (visite à la famille, visite de voisinage), comme dans sa mise en forme écrite (notamment par la reconstitution des budgets ouvriers) est en effet pensée par les assistantes sociales sous un angle moral, celui consistant à débusquer les « mauvais pauvres ». Bien que les enquêtes mettent au jour le profil de familles populaires touchées par une précarité économique structurelle, les services sociaux adoptent une approche morale tendant à rendre les personnes enquêtées responsables de leur situation, accusant leur mauvaise gestion budgétaire et leurs consommations coupables. Les enquêtes sont ainsi utilisées par les services sociaux dans une visée de moralisation des pratiques populaires et non en faveur d’un projet de protection sociale.

Peut-on encore renouveler le champ d’étude de la délinquance juvénile en sciences sociales ? L’ouvrage de Nicolas Sallée, issu de sa thèse, semble nous prouver que cela est possible. L’auteur choisit en effet un angle d’étude original : plutôt que de se pencher sur la délinquance elle-même, ou sur son traitement juridique, il choisit de déplacer le regard vers les éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). En inscrivant son travail dans le champ de la sociologie des professions, Nicolas Sallée propose des pistes de compréhension renouvelées sur la fabrique du système judiciaire français de protection des mineurs. La problématique centrale de l’ouvrage est en effet celle-ci : comment concilier une prise en charge se voulant éducative ou rééducative avec la dimension punitive de ces mesures judiciaires ? Comment les éducateurs façonnent-ils leur métier en fonction de cette tension originelle qui habite la justice des mineurs et dont l’équilibre ne cesse d’évoluer au gré des périodes historiques ? L’auteur fonde son étude sur un ensemble de matériaux comprenant autant des sources archivistiques, en particulier par les archives syndicales, que l’exploitation de son terrain propre mêlant observation et entretiens oraux. L’ouvrage comprend deux parties. La première, socio-historique, analyse la genèse de l’Éducation surveillée et son orientation par le droit, les savoirs médico-judiciaires ainsi que la pratique professionnelle mise en place par les éducateurs. La deuxième partie explore le fonctionnement du métier d’éducateur à travers l’étude de différents types de structures d’accueil pour mineurs sous main de justice. [Premier paragraphe du compte-rendu]

L’article se penche sur les enquêtes produites par les services sociaux de l’entre-deux-guerres pour appréhender les cultures de consommation des jeunes de milieux populaires. Il prend pour cas d’étude le Service social de l’enfance, association privée d’assistantes sociales créée en 1923 en France et rattachée au tribunal pour enfants, à partir d’une étude tant qualitative que quantitative de près de trois cents dossiers. Dans un premier temps, nous analysons l’enjeu de l’enquête sociale comme source pour l’étude des modes de vie ouvriers, en observant comment les assistantes sociales évaluent et jugent les habitudes de consommation des familles populaires sous leur charge. Dans un second temps, nous mettons en évidence la part que le travail des jeunes représente dans l’économie familiale des ouvriers. Enfin, nous questionnons la construction d’un « quant à soi » de ces jeunes travailleurs à travers leurs consommations propres.

L’atelier pédagogique innovant d’histoire sur le terrain proposé en 2016 à des mastérant.e.s et de l’université Sorbonne Paris Cité (USPC ve- et pédagogique pluriannuelle entre le Centre Marc Bloch (Berlin) et le Centre d’histoire de Sciences Po Paris (membre d’USPC), auxquels s’est associé en 2016 le Centre d’études et de de la Sorbonne Nouvelle (membre d’USPC). L’expérimentation pédagogique menée depuis plusieurs années a donc permis de stabiliser le format de l’atelier. [Premier paragraphe]