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Le refus de se positionner sur l’axe droite-gauche caractérise le mouvement des Gilets jaunes renvoyant sans cesse dos à dos les formations politiques plutôt que de prendre parti pour l’une d’entre elles. Pourtant les Gilets jaunes, lorsqu’ils font leur apparition en France, s’expriment dans un espace public déjà nourri de tensions et de structures idéologiques préexistantes. À ce titre, leur action est nécessairement située, elle s’inscrit dans cet espace et en hérite certaines propriétés. Il est dès lors légitime de s’intéresser à la place qu’occupe le mouvement, notamment dans sa déclinaison numérique sur Facebook. Comment les pratiques de citation en ligne trahissent-elles non pas la couleur politique du mouvement, mais l’espace politique dont ils se nourrissent et qu’ils alimentent ? Cet article répond à cette question en introduisant un cadre méthodologique original qui permet d’étendre un plongement idéologique d’utilisateurs sur Twitter vers des posts publiés sur Facebook. Nous faisons d’abord appel à une analyse de correspondance pour réduire la matrice d’adjacence qui lie les parlementaires français à leurs followers sur Twitter. Cette première étape nous permet d’identifier deux axes latents qui sont déterminants pour expliquer la structure du réseau. La première dimension distribue les individus selon leur positionnement sur l’axe droite-gauche de l’espace politique. Nous interprétons la seconde dimension comme une mesure de la distance au pouvoir. Ces deux dimensions sous-tendent un espace dans lequel nous positionnons successivement des centaines de milliers d’utilisateurs de Twitter, les URLs et les médias cités sur cette plateforme et, par extension, les publications de près de 1000 groupes Facebook parmi les plus actifs associés au mouvement des Gilets jaunes. Nous quantifions finalement l’évolution des publications de ces groupes dans l’espace idéologique latent pour donner à la fois un sens et une réponse à la question de l’inclinaison politique du mouvement. Les dynamiques observées renforcent l’interprétation d’un mouvement qui, d’abord positionné très à droite, a rapidement opéré un glissement vers la gauche tout en restant fidèle à une attitude contestataire. Cette description par l’usage que les Gilets jaunes font des médias sur Facebook illustre parfaitement l’idée d’un populisme polyvalent.

This study provides a large-scale mapping of the French media space using digital methods to estimate political polarization and to study information circuits. We collect data about the production and circulation of online news stories in France over the course of one year, adopting a multi-layer perspective on the media ecosystem. We source our data from websites, Twitter and Facebook. We also identify a certain number of important structural features. A stochastic block model of the hyperlinks structure shows the systematic rejection of counter-informational press in a separate cluster which hardly receives any attention from the mainstream media. Counter-informational sub-spaces are also peripheral on the consumption side. We measure their respective audiences on Twitter and Facebook and do not observe a large discrepancy between both social networks, with counter-information space, far right and far left media gathering limited audiences. Finally, we also measure the ideological distribution of news stories using Twitter data, which also suggests that the French media landscape is quite balanced. We therefore conclude that the French media ecosystem does not suffer from the same level of polarization as the US media ecosystem. The comparison with the American situation also allows us to consolidate a result from studies on disinformation: the polarization of the journalistic space and the circulation of fake news are phenomena that only become more widespread when dominant and influential actors in the political or journalistic space spread topics and dubious content originally circulating in the fringe of the information space.

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A partir d'un échantillon important d'usagers de drogues injectables interviewés dans cinq villes de France, nous avons délimité quatre générations en fonction de la date de la pre mière injection. Bien que les groupes ainsi créés ne puissent être considérés comme des cohortes, on constate une évolution très marquée des caractéristiques de ces diverses générat ionsde toxicomanes. L'âge à la première injection s'est élevé de 19 ans pour les générations anciennes à plus de 22 ans pour les générations récentes et parallèlement on a constaté une diminution de la proportion des toxicomanes dont les parents appartiennent aux strates aisées de la population. Ce vieillissement et cette prolétarisation de ceux qui commencent à s'injecter dans les années 1990 suggère que la toxicomanie loin d'être une dérive existentielle de jeunes en mal d'idéal ou de projet est l'issue de parcours marqués par l'échec et le chô mage; elle intervient souvent après l'engagement d'une «carrière» délinquante plutôt qu'à sa source.