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Cette thèse analyse l'impact des modèles nationaux (multiculturalisme britannique, d'un côté, et modèle républicain français, de l'autre) sur la saillance de l'ethnicité dans les cultures juvéniles des quartiers populaires. Elle repose sur une enquête ethnographique menée entre 2007 et 2012 dans la ville de Bondy en Seine-Saint-Denis et dans le district de Newham à East London, auprès d'adolescents et de jeunes adultes, par entretiens individuels, entretiens collectifs et observations. Elle montre comment modèles nationaux et particularités des contextes locaux se combinent pour produire une saillance ethnique sociale, locale et éclatée, à Newham, politique et collective, à Bondy. A Bondy, l'ethnicité est expérimentée et représentée comme redoublant les diverses dimensions des inégalités sociales ; elle rassemble les enquêtés dans un "nous" proche et multidimensionnel ("Noirs et Arabes", "jeunes de banlieue", "pauvres") opposé à un "eux" distant (les "institutions", les "politiques", les "Français"). L'expérience des discriminations ethniques y est une expérience centrale qui structure le rapport des enquêtés aux institutions locales et à la société française. A Newham, l'ethnicité organise la séparation de différentes socialisations et sociabilités dans l'espace local entre jeunes "Black", "White" et "Asian". Perçue comme découplée des autres dimensions des inégalités sociales, l'ethnicité reste peu politisée et peu conflictuelle dans le rapport aux institutions locales. L'expérience de classe prédomine, alors, dans les rapports conflictuels des enquêtés à la société britannique.

in Trente ans après la distinction de Pierre Bourdieu Sous la direction de DUVAL Julien, COULANGEON Philippe Publié en 2013-06
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Généralement présentée comme alternative au modèle de La Distinction, l’opposition omnivores/univores incarne l’hypothèse dominante de la théorie de la légitimité culturelle contemporaine. Les catégories dominantes se démarqueraient par un éclectisme affiché, quand les couches populaires se limiteraient à un spectre restreint de goûts exclusifs fondés sur des frontières de genre, d’âge, de religion ou encore d’ethnicité. Or n’est-ce pas là une ruse de la domination symbolique, appuyée par le biais légitimiste des enquêtes statistiques qui amène à voir diversité et universalité dans les goûts dominants et uniformité et particularisme en dehors ? Ceci rappelle un processus classique de catégorisation sociale par lequel un groupe « majoritaire » se définit comme universel, tout en renvoyant les groupes « minoritaires » à leurs particularités. Or si l’« omnivorisme » des classes dominantes a été l’objet de nombreuses études qualitatives, l’« univorisme » des classes populaires, en dehors de son appréhension statistique, reste peu démontré.

Desde o início dos anos 2000, as principais grandes escolas superiores francesas, dando continuidade às Convenções de Educação Prioritária (Conventions Education Prioritaire – CEP), propuseram ações em colégios menos favorecidos para diversificar as novas matrículas. Essas ações não são todas idênticas e nem sempre têm o mesmo fim. Se amaioria delas foi implementada para estimular, acompanhar e preparar os (melhores) alunos para o concurso de acesso, são poucas as que organizaram os requisitos de seleção e ofereceram acessos paralelos (derrogatórios) para o concurso regular. A especificidade de Sciences Po é conciliar os dois elementos: os alunos participam de workshops específicos de treinamento durante a formação no colégio e seguem etapas de seleção específica (...).

in Sciences humaines Publié en 2011
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Grâce à un dispositif d'ouverture sociale, des lycéens des quartiers défavorisés se voient ouvrir l'accès à l'une des écoles de l'élite : Sciences Po. Une aventure qui fait naître chez eux de nouvelles ambitions. Et leur révèle des inégalités scolaires qu'ils ne pensaient pas si profondes.

in Éduquer et Former. Connaissances et débats en Éducation et Formation Publié en 2011
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Diversifier l'élite? Cet article revient sur les effets ambivalents des Conventions éducation prioritaire de Sciences Po dans quatre lycées de Seine-Saint-Denis. Un travail de mobilisation, d'ouverture culturelle voire de conversion identitaire amène les lycéens à redéfinir leurs ambitions comme leur vision du système scolaire et des inégalités sociales. En arrière fond se pose la question de l'"élitisme républicain" que ces dispositifs peuvent participer à maintenir et de sa compatibilité avec l'objectif d'égalité des chances.

Plusieurs Grandes écoles développent des programmes dans les lycées défavorisés afin de diversifier leur recrutement et, plus largement, d’inciter une partie des élèves à revoir leurs ambitions scolaires à la hausse. Les effets de tels programmes ne peuvent se réduire à leur seule efficacité en termes de « discrimination positive ». En effet, la présence et les actions d’une Grande école dans des environnements scolaires et urbains stigmatisés agissent sur le rapport à l’école des parents et des élèves, en contribuant à redéfinir leur perception de la méritocratie, des inégalités et des discriminations. À travers l’étude des programmes Sciences Po dans quatre lycées de la Seine-Saint-Denis, cet article se propose d’éclairer les mécanismes de réception d’une offre scolaire inédite, ainsi que les tensions qui naissent d’une montée des aspirations scolaires et sociales couplée à une perception plus aiguë des inégalités.