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in La Règle et le rapporteur. Une sociologie de l’inspection Sous la direction de BRUNIER Sylvain, PILMIS Olivier Publié en 2020-04
DEMONTEIL Marion
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Dans ce chapitre, nous proposons une analyse du travail des inspections générales ministérielles en entrant dans la matérialité de leurs écrits, et plus particulièrement au travers des listes des personnes auditionnées inclues dans les rapports. Prêter attention à la manière dont les inspecteurs rendent comptent – ou non – de ces interactions permet de ne pas réduire la relation inspecteur/inspecté à une forme de face-à-face. Chaque mission est au contraire conçue comme un processus itératif visant à sélectionner et agréger un certain nombre de points de vue. Conformément à l’orientation générale de l’ouvrage, entrer par les listes suppose d’envisager l’inspection comme une relation non seulement descendante, visant principalement le contrôle de l’application de la règle, mais aussi ascendante, permettant de faire remonter des informations vers les commanditaires du rapport – le plus souvent le cabinet du ministre. Cette double perspective permet ainsi d’interroger le renouvellement du rôle de ces services au cours des trente dernières années. Les transformations de l’action publique qui visent à resserrer l’administration centrale sur la stratégie et le pilotage de services morcelés, ont en effet recentré les inspections sur un travail de coordination des services [Bezes, 2005], et incité à une homogénéisation des pratiques d’inspection autour de la question de l’évaluation [École nationale d'administration, 2015]. Analyser qui sont les interlocuteurs des missions d’inspection représente ici une entrée originale pour étudier les conséquences de ces réformes sur les pratiques ordinaires des inspecteurs généraux. Quelle signification donner au fait d’être présent sur une liste des personnes auditionnées ? Qui sont ces personnes qui se trouvent être « dans les petits papiers » des inspecteurs ? Comment les inspecteurs contribuent-ils, par le processus même d’écriture de leurs rapports, à cadrer les problèmes qu’ils ont à traiter ? [premier paragraphe]

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Un mois après le début du confinement, le rituel collectif est aujourd’hui bien établi : tous les soirs, à 20 heures, des millions de personnes, en France comme à l’étranger, se postent à leur fenêtre pour faire ensemble du bruit, qui en applaudissant, qui en convertissant des ustensiles de cuisine en instruments de percussion. Ce rituel traduit le sentiment de dette que beaucoup de confinés nourrissent envers les salariés qui continuent de se rendre au travail pour y remplir des fonctions vitales pour nos sociétés : le personnel soignant au premier rang, mais aussi les caissiers et les caissières de grandes surfaces, les livreurs, chauffeurs ou agents d’entretien des communes. En période pandémique, la poursuite de ces activités suppose que ces catégories de travailleurs acceptent de prendre le risque d’une contamination à laquelle le reste de la population est théoriquement soustrait. Cette dette engage la collectivité nationale. La prise en charge de ce risque professionnel devient dès lors un objet de préoccupation de plus en plus important pour les pouvoirs publics. Après avoir déclaré, le 22 mars, que les soignants contractent souvent le virus en dehors du cadre de leur travail, Olivier Véran, ministre de la Santé, a convenu le lendemain lors d’une conférence de presse que « pour tous les soignants qui tombent malades, le coronavirus sera reconnu comme maladie professionnelle ». Ces prises de position contradictoires renvoient à une difficulté inhérente à la reconnaissance des maladies professionnelles : comment, en effet, s’assurer du lien entre travail et maladie, et justifier ainsi du droit à une indemnisation ? [Premier paragraphe]

in La règle et le rapporteur Sous la direction de BRUNIER Sylvain, PILMIS Olivier Publié en 2020-04
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Inspecter, pour quoi faire ? Au cours des dernières années, chaque scandale a fait ressurgir cette question. Qu’il s’agisse de lasagnes frauduleusement farcies à la viande de cheval, du maintien sur le marché du Mediator par les autorités sanitaires, de l’usage d’une grenade offensive par les forces de l’ordre ayant causé la mort de Rémi Fraisse, l’inspection est systématiquement convoquée pour faire la lumière sur les événements, leurs causes, les défaillances des services voire les fautes des personnes, les éventuelles responsabilités et les conclusions à en tirer. Sa mission est de collecter des informations nouvelles permettant de révéler les causes d’un dysfonctionnement grave à l’intérieur d’un domaine d’action publique. Dans ce contexte de crise, les critiques adressées à l’inspection se concentrent sur sa probité et dénoncent sa partialité, en remettant en cause la capacité des inspecteurs à émettre une parole indépendante de leur autorité de tutelle et/ou de ceux qu’ils inspectent. Ainsi, à l’été 2019, la noyade de Steve Maia Caniço après une intervention de la police le jour de la fête de la musique à Nantes entraîne la saisine de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), afin d’enquêter sur le déroulement des évènements et de déterminer si des violences policières ont eu lieu. Publiées dans la presse, les conclusions du rapport de l’IGPN suscitent de vives critiques au motif que l’institution policière étant juge et partie, il n’est guère étonnant qu’elles exonèrent en bloc les forces de l’ordre de toute responsabilité. Pour répondre aux mobilisations, le Premier ministre, revendiquant sa « volonté de transparence totale » missionne l’Inspection générale de l’administration (IGA) pour conduire une nouvelle enquête, dont le périmètre est étendu aux pouvoirs publics et aux organisateurs de l’événement. Pour exceptionnelle qu’elle soit, cette situation montre que la critique d’un service d’inspection n’équivaut pas à délégitimer le recours à l’inspection en tant que telle. [Premier paragraphe]

Sous la direction de BRUNIER Sylvain, PILMIS Olivier Publié en 2020-04 Collection Sciences Sociales
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Scandales sanitaires, violences policières, pollution environnementale, manquements au Code du travail, évaluation de telle politique publique… tous suscitent la mobilisation de services d’inspection. Leur convocation régulière ne les exempt pas de critiques : tatillons, ils entraveraient la bonne marche de l’économie ; déconnectés du terrain, ils incarneraient un pouvoir bureaucratique sourd aux revendications ; soumis à l’autorité d’une tutelle, ils « blanchiraient » délibérément des inspectés fautifs. Les contributions réunies dans cet ouvrage montrent que les services d’inspection n’ont pas qu’un nom en commun mais que leur activité en fait des intermédiaires entre des inspectés et des donneurs d’ordre. Inspecter consiste aussi bien à faire la lumière sur le déroulement et les causes de certaines crises, qu’à contrôler, de manière plus routinisée, la conformité des pratiques d’acteurs et privés avec un ensemble de règlementations et de règles. L’inspecteur n’est pas seulement celui qui vérifie que les inspectés appliquent la règle, il se fait également le rapporteur de ce qu’ils lui ont donné à voir.

Profession : Décideur, publié en 1979 et réédité en 1993, est l’un des premiers ouvrages de sociologie des organisations en français qui s’intéressait à la question de la décision, à partir de l’exemple d’une réforme de l’État menée par des hauts-fonctionnaires. Dans quel con-texte, scientifique et organisationnel, ce livre a-t-il été écrit ? Par quels canaux l’auteure était-elle informée des travaux anglophones qui se faisaient au même moment sur ce sujet ? À partir de quelles méthodes a-t-elle pu reconstituer les décisions des préfets ? Catherine Grémion, directrice de recherche émérite, membre du Centre de sociologie des organisations de-puis sa fondation, directrice de ce centre entre 1985 et 1992, répond à ces questions dans un entretien inédit réalisé le 8 mars 2019

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À partir de l'étude du groupe professionnel des conseillers agricoles, ce livre propose de renouveler l’histoire sociale et politique de la modernisation de l’agriculture française durant les Trente Glorieuses. Il décrit les conditions d’émergence du métier de conseiller et examine les ressorts utilisés pour obtenir l’adhésion des agriculteurs aux politiques de modernisation. L’ouvrage montre que les conseillers agricoles sont les véritables chevilles ouvrières de ces politiques, qui entendent concilier l’intensification des modes de production avec le maintien, et même la promotion, des exploitations familiales. Il éclaire ainsi la spécificité de la séquence historique de l’après-guerre et la mise en crise de ce projet modernisateur, à partir des années 1970. L’ouvrage s’adresse non seulement aux spécialistes de sociologie et d’histoire rurale mais aussi à l’ensemble de celles et ceux qui souhaitent comprendre dans quelles dynamiques sociales et historiques s’inscrivent les transformations sans précédent du monde agricole au xxe siècle. (Résumé éditeur)

La pratique du cinéma documentaire constitue une opportunité pour l’historien de réfléchir et d’enrichir l’ensemble des opérations qui définissent son métier : la critique documentaire, la construction explicative, et la représentation du passé. Le fait de se confronter aux pratiques du cinéma documentaire permet de découvrir et de constituer de nouvelles sources, de mieux comprendre les situations observées et de mettre en regard différents modes d’écriture. Pour développer et articuler ces trois dimensions, je reviens sur mon expérience de réalisation d’un film documentaire, intitulé Le nom des fleurs, au cours de mes années de doctorat d’histoire. La rencontre d’une conseillère agricole qui a animé plusieurs groupes de vulgarisation féminine durant près de trois décennies m’a donné l’opportunité de réfléchir à la réalisation d’un film documentaire sur son parcours professionnel. Le film cherche ainsi à articuler la singularité de l’itinéraire de la conseillère agricole et l’histoire des femmes dans le monde agricole.

Drawing on a socio-historical analysis of the work of agricultural advisers, this article explores the conduct of modernisation policy following the Second World War. The advisers played a crucial role in this, by recommending new methods of production and encouraging farmers to mobilise as a group. They relied ontechnical know-how as well as their practical knowledge of the agricultural milieu. Above all, they showed huge ingenuity in demonstrating their devotion to their farmer clients, without evading the framework set by their employers. These capacities for adaptation so essential to their profession were initially highly valued. Then, from the 1970s onwards, they attracted criticism for their failure to conform to the new imperatives of bureaucratisation, specialisation and commercialisation in agricultural advice.

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Cet article analyse les politiques de modernisation agricole françaises qui suivent la Seconde Guerre mondiale comme la mise en tension d’une volonté de sélection économique des exploitations agricoles et d’un effort de mobilisation des exploitants eux-mêmes pour assurer leur promotion sociale. Ces politiques reposent sur la mise en place d’un maillage organisationnel d’une finesse inédite dont les conseillers agricoles sont les chevilles ouvrières. L’invention de ces intermédiaires dédiés au projet modernisateur reconfigure les capacités d’action des élites modernisatrices et leur assure une emprise durable sur le secteur agricole.

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L’article revient sur l’introduction de nouveaux instruments de contrôle et de gestion de la politique de développement agricole au début des années 1970. Ce tournant managérial n’est pas imposé de l’extérieur, il s’inscrit dans les luttes internes au champ des organisations professionnelles agricoles françaises et des administrations d’État spécifiques à ce secteur. Les nouvelles méthodes introduites dans le sillage de la politique de Rationalisation des choix budgétaires (RCB) participent à délégitimer l’ancienne conception du développement agricole qui liait la sélection des agriculteurs à la promotion des exploitations familiales, pour favoriser la parcellisation du travail de conseil agricole, la primauté accordées aux indicateurs de performance, la spécialisation et l’intensification des productions. [résumé de l'éditeur]

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