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Publié en 2021-01 Collection Abédédaires des Lumières
LÉVI-STRAUSS Monique
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Révélant la vitalité stratégique qui anime les écrits comme la vie de Claude Lévi-Strauss, cet abécédaire rappelle la résonance actuelle de l’œuvre, souvent peu comprise, du grand anthropologue, théoricien du structuralisme. Discordante au regard du triomphalisme moderniste, son inquiétude, qu’on a pu qualifier de « pessimisme lévi-straussien », est aujourd’hui pleinement la nôtre. C’est notre condition contemporaine : « Expropriés de notre culture, dépouillés de valeurs dont nous étions épris – pureté de l’eau et de l’air, grâces de la nature, diversité des espèces animales et végétales –, tous indiens désormais, nous sommes en train de faire de nous-mêmes ce que nous avons fait d’eux. » Tristes Tropiques, La Pensée sauvage, L’Homme nu, Nous sommes tous des cannibales… Sa critique de l’humanisme classique instituant les humains en règne séparé est devenue une évidence partagée : l’Occident, ivre de lui-même, fétichiste du « Progrès », est aujourd’hui en déconfiture. Lire Lévi-Strauss, c’est envisager les problèmes autrement ; c’est pourquoi il est primordial de découvrir ou redécouvrir la pensée du plus grand ethnologue français du XXe siècle.

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Afin d’entrer dans le vif du sujet, commençons par une photographie : on y voit Claude Lévi-Strauss remontant la Seine de Rouen jusqu’à Paris, en pirogue en compagnie de pagayeurs indiens haïda venus de Colombie-Britannique [1]. Nous sommes à l’automne 1989, à l’occasion de l’exposition « Les Amériques de Claude Lévi-Strauss » qui se tient au Musée de l’Homme. La pirogue de 18 mètres est en cèdre rouge et a été fabriquée par un artiste indien-canadien, Bill Reid, symbole de cet art indigène de la côte nord-ouest du Pacifique millénaire en plein épanouissement et désormais reconnu comme un des plus grands dans les musées et les galeries du monde occidental. Elle remonte la Seine de Rouen à Paris où les rejoint l’anthropologue avant qu’ils soient reçus tous ensemble à la mairie par le maire de l’époque, Jacques Chirac. Il faut imaginer cette scène. La presse en rend compte partiellement [2] : durant six jours, le clapotis régulier des pagaies, les paysages normands puis franciliens défilant devant ces corps indiens ; sur la rive, des petits Français coiffés de plumes multicolores s’écrient « Les Indiens arrivent ! Les Indiens arrivent ! » ; et, enfin, l’arrivée incongrue dans une cité occidentale de la fin du XXe siècle. La puissance politique de cette mise en scène à laquelle se soumet gracieusement Lévi-Strauss, tient à la lente remontée du passé qu’elle figure, inversant symboliquement les termes de la découverte : puisque cette fois, ce sont les Indiens qui viennent à la rencontre des Blancs. La terrible rencontre du XVIe siècle inaugurant pour Lévi-Strauss le cataclysme de la modernité – à savoir la dite « découverte de l’Amérique » – est rejouée en en inversant les termes. Ce qui a été fait peut être défait. Le passé fait retour dans un présent qui, parfois, peut être rédempteur. En tout cas, on peut l’espérer. [...]

Monsieur le directeur, colleagues and friends, I am very honored to be opening the Conference of European Historians of Brazil, here in this particular place and at this particular time. Indeed, the place in which we are gathered accounts in no small measure for my presence here today, being no specialist of Brazilian history. The Claude Lévi-Strauss Amphitheater invites us to reflect on those whose intellectual life, and whose lives as a whole, have been shaped by Brazil — yours, that of Claude Lévi- Strauss and mine as a consequence, and indeed those of many of Europe’s social scientists, especially in France, which as Jacques Revel pointed out in 1978 has never ceased to be “fascinated” and “challenged” by the Latin-American continent. Let me briefly sketch out for you this “reasoned predilection”, in three moments that resonate with Levi-Strauss’s experience, as well as with French and European historiography, which, through intellectual ambition, has enlisted a wide array of disciplines — anthropology certainly, but also geography, economics and demography. [...]

Monsieur le Maire de Seligenstadt, Monsieur le Président de la Fondation "Einhart zu Selignestadt", Mesdames et messieurs citoyens de Seligenstadt, Vous me voyez très émue de recevoir, en votre présence, ce prix prestigieux auréolé du nom d'Einhard - en France, on dit Eginhard - qui retentit en Europe comme un des grands noms de l'intellectualité médiévale pour avoir, après le service du Prince, écrit, en cinquante pages, une Vie de Charlemagne qui reste, aujourd'hui encore, une des principales sources de nos connaissances sur le premier, et finalement le seul, empereur européen : Charles le Grand mort en 814. Pétri de culture classique, ce geste biographique qui installe Charlemagne en conquérant et pacificateur, réformateur de l'Eglise et rénovateur de la vie laïque, couronné par le Pape en 800, invente un genre à mi-chemin entre l'inspirateur ancien Suétone et sa Vie des douze Césars et le discours hagiographique des Vies de saints que le christianisme médiéval nous a donnés à profusion. [...]

Publié en 2019-01
VINSONNEAU Ninon
MAGIDOFF Jonathan
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Academic, writer, figure of melancholy, aesthete – Claude Lévi-Strauss (1908–2009) not only transformed his academic discipline, he also profoundly changed the way that we view ourselves and the world around us. In this award-winning biography, historian Emmanuelle Loyer recounts Lévi-Strauss’s childhood in an assimilated Jewish household, his promising student years as well as his first forays into political and intellectual movements. As a young professor, Lévi-Strauss left Paris in 1935 for São Paulo to teach sociology. His rugged expeditions into the Brazilian hinterland, where he discovered the Amerindian Other, made him into an anthropologist. The racial laws of the Vichy regime would force him to leave France yet again, this time for the USA in 1941, where he became Professor Claude L. Strauss – to avoid confusion with the jeans manufacturer. Lévi-Strauss’s return to France, after the war, ushered in the period during which he produced his greatest works: several decades of intense labour in which he reinvented anthropology, establishing it as a discipline that offered a new view on the world. In 1955, Tristes Tropiques offered indisputable proof of this the world over. During those years, Lévi-Strauss became something of a French national monument, as well as a celebrity intellectual of global renown. But he always claimed his perspective was a ‘view from afar’, enabling him to deliver incisive and subversive diagnoses of our waning modernity. Loyer’s outstanding biography tells the story of a true intellectual adventurer whose unforgettable voice invites us to rethink questions of the human and the meaning of progress. She portrays Lévi-Strauss less as a modern than as our own great and disquieted contemporary.

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Dans sa chronique, l’historienne Emmanuelle Loyer nous rappelle qu’avant d’être le boulet de notre nécessaire conversion écologique, la voiture fut l’un des mythes de l’idéologie du progrès....L’histoire est imprévisible : un individu né dans la seconde moitié du XXe siècle, nourri d’une dose modérée de science-fiction et d’imagination technique, pouvait penser qu’au siècle suivant de petites soucoupes individuelles nous transporteraient ici ou là ; que le mouvement, toujours croissant, aurait envahi le ciel en d’incessants zigzags distribuant les flux d’hommes et d’énergies. Mais que propose-t-on en 2018 comme nec plus ultra de la modernité mobile ? La trottinette (certes, électrique) ! Avec la crise écologique et la congestion urbaines, deux inventions de la fin du XIXe siècle sont de retour en panacées dans nos villes postindustrielles saturées : la bicyclette et le tramway. Dans sa chronique, l’historienne Emmauelle Loyer nous rappelle qu’avant d’être le boulet de notre nécessaire conversion écologique, la voiture fut l’un des mythes de l’idéologie du progrès.

Chronique. La scène est glaçante : plan large, caméra de surveillance, sur le vaste et informel hall de Villepinte (Seine-Saint-Denis) abritant, le temps d’une épreuve, les quelques milliers de carabins aspirant à devenir médecins, chacun devant sa petite table et face à son destin. Plus tard, une autre scène lui répond : le cinéma se fait alors peinture car c’est un tableau filmé en contre-plongée, nimbé de l’élévation d’une vocation. Autour de la table de dissection et du maître qui opère, les « troisième année » triés sur le volet recueillent la transmission d’un savoir médical comme au temps de La Leçon d’anatomie saisie par Rembrandt… Dans sa chronique, Emmanuelle Loyer assure que la démocratie fait de nous tous, citoyens égaux en droits, des concurrents dans une société désormais ultra-compétitive.

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Pour l’historienne Emmanuelle Loyer, ces endroits sont les instruments d’une « passion continuée » des Français pour la littérature, au même titre que les prix et les rentrées littéraires.

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Pour l’historienne Emmanuelle Loyer, ces endroits sont les instruments d’une « passion continuée » des Français pour la littérature, au même titre que les prix et les rentrées littéraires.

L’histoire contrefactuelle s’écrit avec des si. Et si les Alliés avaient perdu la Seconde Guerre mondiale ? Et s’il n’y avait pas eu de traite atlantique ? Deux historiens français analysent les vertus de connaissance de cet usage du passé, depuis longtemps appréciées du monde anglo-américain. Il est des ouvrages d’historiographie qui promettent beaucoup et accouchent d’une souris. Il en est d’autres qui annoncent beaucoup et… donnent suffisamment – mais pas nécessairement là où on les attendait : Pour une histoire des possibles est une enquête fondée sur un séminaire, une bibliographie, une expérience pédagogique et une mise à l’épreuve. C’est donc un dossier ambitieux et, ajoutons, courageux car les deux auteurs ne se contentent pas d’indiquer les riches horizons de la science historique à venir : ils s’y confrontent...

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