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in Alternatives économiques. Hors-série Publication date 2019-02
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Les pays de l'Union européenne en font toujours trop peu pour décarboner leurs économies. Et leur "dette climatique" s'accroît. On assiste tous les ans au même scénario. D’un côté, la dégradation de l’environnement devient de plus en plus évidente, les perspectives du climat de plus en plus dramatiques et l’avenir dépeint par les rapports du Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (Giec) de plus en plus sombre ; de l’autre, la mise en oeuvre de politiques climatiques vigoureuses ne dépasse pas ou presque pas le stade des slogans. Le prix du carbone reste bas lorsqu’il est introduit : la Banque mondiale calcule ainsi qu’un peu moins de 20 % des émissions de carbone sont couvertes par un prix dont la valeur moyenne est de... 7,20 $ par tonne1 ! Même s’il faut se féliciter du fait que les investissements dans les énergies renouvelables dépassent désormais ceux dans les énergies conventionnelles, leur part dans la production mondiale, lorsqu’on exclut l’hydroélectrique, reste autour de 12 %. Ainsi, les émissions globales de CO2 continuent d’augmenter à un rythme de 1,5 % par an2. Un rythme certes moins rapide que pendant les années 2000, mais on reste encore bien loin d’un début de décarbonation.

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La stagnation de la demande, les difficultés de l'Opep pour réduire sa production et surtout le pétrole de schiste ont empêché jusqu'ici la hausse du prix du pétrole. L’année 2018 s’est achevée sur une chute brutale du prix du baril de brut (WTI) : il est passé de 75 dollars en octobre à 42 dollars en décembre. Ce dernier trimestre 2018 condense les principaux éléments qui ont redessiné les marchés pétroliers depuis la crise de 2008 : l’extraordinaire croissance de la production de pétrole de schiste américain, une demande mondiale stagnante et une importante décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Une hausse pérenne annoncée Il y a dix ans, les cours s’affolaient, pour atteindre un record historique de 147 dollars le baril en juillet 2008. Le monde craignait alors de voir l’approvisionnement en pétrole s’épuiser. La production mondiale ne pourrait pas répondre à la demande croissante des émergents, Chine en tête. Cette situation, souvent synthétisée sous l’expression de "peak oil", avait conduit les cours pétroliers à reprendre leur hausse après un bref répit consécutif à la crise en 2009. Le baril connaît alors cinq années records, durant lesquelles le prix annuel moyen va osciller entre 80 et 100 dollars, de 2010 à 2014. Cette situation a pu sembler pérenne : le World Energy Outlook, publication de référence de l’Agence internationale de l’énergie en matière de prospective énergétique, projetait ainsi en 2014 une trajectoire continûment ascendante des prix pétroliers, qui devait dépasser les 150 dollars en 2050.

From COP24’s disappointing final agreement to France’s abandonment of the carbon tax increase due to the “gilets jaunes” movement… it seems that concerns about climate change have fell to the very bottom of the global political agendas. (First paragraph)

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La question de l'adaptation au changement climatique est peu présente dans le débat public. Le signe d'une grande impréparation. Pourtant, le temps presse. Depuis la création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et l’ouverture des cycles de négociation climatique de la Conférence des parties (COP) à l’orée des années 1990, le débat public sur le changement climatique s’est construit autour de la définition d’un seuil de réchauffement global à ne pas franchir. Ce seuil cristallise toute l’attention et devient la pierre angulaire des politiques de réduction d’émissions, comme en atteste par exemple la pétition dite "L’Affaire du siècle" en France. Cette action en justice, engagée récemment contre l’Etat français par quatre ONG (Fondation pour la nature et l’homme, Greenpeace, Notre affaire à tous et Oxfam), vise à "faire reconnaître par le juge l’obligation de l’Etat d’agir pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C". Aussi essentielle soit-elle, la réflexion autour d’un niveau de réchauffement à ne pas dépasser évince du débat public les politiques d’adaptation - tout en risquant également d’instiller dans les esprits l’idée qu’il serait encore possible d’éviter tout changement d’ampleur, ce qui accroît notre vulnérabilité face aux bouleversements à venir.

COP24 laborieuse, taxation carbone suspendue dès le début de la crise des « gilets jaunes »… la préoccupation climatique semble être passée au second plan de l’agenda politique mondial et hexagonal ces dernières semaines. Quelle sera sa place au sein du grand débat national, lancé ce mardi 15 janvier, et qui propose d’y consacrer l’un de ses quatre thèmes ? (Premier paragraphe)

Le processus de coopération internationale pour lutter contre le dérèglement climatique a essuyé plusieurs revers depuis la signature des Accords de Paris en 2015 et la question des responsabilités respectives n'est toujours pas tranchée. La problématique sous-jacente, à savoir comment partager les efforts pour atteindre la neutralité carbone, est toujours en suspens et l'approche par les contributions déterminées au niveau national (INDCs en anglais) n'en a pas encore permis la résolution. Ces dernières années, le concept de budget carbone s'est imposé comme l'un des plus efficaces pour objectiver la contrainte climatique. Il repose sur l'idée que seule une quantité limitée d'émissions de carbone peut être relâchée dans l'atmosphère si l'on veut limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, et dans la mesure du possible à +1,5°C, comme décidé lors des Accords de Paris. En comparant ce à quoi notre budget carbone nous engage à ce qui est fait pour réduire notre empreinte carbone, nous calculons une distance à cette contrainte climatique. Exprimée en euros, cette distance, dénommée dette climatique, évalue ce que nous ne payons pas en reportant la mise en œuvre de mesures d'atténuation. En utilisant plusieurs règles de répartition de l'effort, et reconnaissant qu'elles ne font pas encore l'objet de négociations ni de consensus sur comment y parvenir, nous calculons cette dette climatique pour les principaux pays de l'UE. Trois recommandations de politiques publiques émergent de ce travail. Premièrement, il ne reste plus que quelques années avant que les principaux pays européens aient épuisé leur budget carbone compatible avec la cible de +2°C. Concernant celle de +1,5°C, la majorité des pays de l'UE ont déjà épuisé ce budget et sont donc en situation de déficit climatique excessif. De plus, la dette climatique apparaît comme l'un des enjeux majeurs des décennies à venir dans la mesure où elle représente déjà plus de 50 % du PIB de l'UE si l'on prétend rester sous la barre des 2°C de hausse de température (120 % pour rester sous celle des +1,5°C). Enfin, les résultats de notre étude sont sujets à de nombreuses hypothèses, à la fois éthiques et techniques, qui appellent à un approfondissement de cette évaluation, primordiale pour les politiques environnementales, de la part des institutions publiques et de centres de recherche indépendants.

L'Union européenne (UE) a acquis au cours des deux dernières décennies une position de leader dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, malgré les progrès significatifs réalisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au cours de cette période, l'efficacité du pilotage de la politique climatique et énergétique au niveau de l'UE demeure insatisfaisante. Dans cet article, nous nous efforçons d'identifier le rôle que l'UE peut jouer pour faciliter la mise en œuvre de politiques de transition énergétique ambitieuses. Tout d'abord, si la gestion des projets liés à la transition énergétique est généralement mieux adaptée au niveau local ou national, le niveau européen reste le plus approprié pour collecter des fonds ou piloter des infrastructures transnationales de réseaux d'énergie et de transport. Ceci est mis en évidence par une analyse des projets financés par le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI). Deuxièmement, au-delà des objectifs au niveau de l'UE, la coordination entre les États membres sur la définition de leurs infrastructures énergétiques est essentielle. Un déploiement réussi des énergies renouvelables nécessite un haut niveau d'intégration pour surmonter les difficultés liées à l'intermittence. Des stratégies opposées peuvent avoir des effets négatifs, ralentir la tendance actuelle des investissements dans les capacités renouvelables et empêcher ainsi l'UE de respecter les engagements déterminés par ses États membres au niveau national (Intended Nationally Determined Contributions, INDC). La coordination entre les politiques énergétiques nationales devrait être assurée au niveau de l'UE, qui pourrait associer plus efficacement les différentes sources de financement, constituer un marché de capacité et même définir une politique commune de la taxe carbone à côté du système d'échange de quotas d'émissions (Emissions Trading System, ETS). Enfin, la conception des politiques d'atténuation du changement climatique devrait mettre davantage l'accent sur les bénéfices commerciaux potentiels que l'UE peut tirer de sa position de leader dans ce domaine. La quasidisparition de l'industrie photovoltaïque européenne face à leurs concurrents chinois devrait faire prendre conscience aux autorités européennes que l'avantage actuel est fragile. Malgré une position significative de leader dans de nombreux domaines de lutte contre le changement climatique, les dividendes économiques dont l'UE pourrait profiter ne sont pas assurés par les politiques actuellement mises en œuvre. Il s'agit notamment d'aller au-delà de la recherche en R&D en consacrant davantage d'efforts à la commercialisation de produits et technologies innovants liés à la transition énergétique.

The international process for tackling climate change endured several backslashes since the signing of the Paris Agreement in 2015. Issues around the respective responsibilities are not fully solved yet. The underlying question of how to share efforts in order to reach a Zero Net Emissions state remains largely unclear and the INDCs process has still to deliver a pathway for decarbonization. In the last years, the concept of global carbon budget has emerged as one of the most direct ways to materialize the constraint from the climate. It mainly relies on the idea that only a limited quantity of carbon dioxide can be released in the atmosphere if we want to stay below the 2°C temperature change threshold above pre-industrial levels and, if possible, below +1.5°C, as agreed at the Paris Conference in 2015. By comparing what is in our carbon budget to what is done to reduce the carbon footprint of societies, we calculate a distance to the climate constraint. Expressed in euro this distance, called the “climate debt”, measure how much we avoid paying by delaying climate change mitigation. Using different rules for sharing the burden, acknowledging there is no negotiated nor consensual way to share it, we calculate this climate debt for main EU countries. The first step of the following work is to compute a carbon budget for both the European Union and member countries mixing population based sharing (egalitarian) for EU and rest of world budget and emission based sharing (grandfathering) for EU countries. In a second step, we determine how many years are left before these budgets are depleted at the regional and national levels, which requires assumptions on the future emissions trend. Combining these trends with assumptions on the abatement cost of remaining carbon dioxide emissions after the depletion date allows us to evaluate the “climate debt”. More precisely, the “climate debt” is the amount of money that will have to be invested or paid by countries for them not to exceed their carbon budget. This work led us to three key policy insights. First, there are few years left for major European countries before exhausting their carbon budget under the +2°C target. As for the +1.5°C target, carbon budgets are exhausted for EU main countries, which are thus running excessive climate deficits. Secondly, the carbon debt should be considered as one of the major issues of the decades to come since in the baseline scenario it represents about 50% of the EU GDP to stay below +2°C (120% for staying below +1.5°C). Thirdly, the results of the estimation of this carbon debt are subject to numerous moral, ethical and technical assumptions that should motivate further and urgent investigations on this subject, critical to climate change mitigation, from both state bodies and independent research institutes.

To a large extent, environmental macroeconomics is developing outside of the theoretical debates taking place in other fields of research in applied macroeconomics. This is evidenced by the low representation of environmental issues in mainstream economics journals and in advanced macroeconomics textbooks. While the environment has not up to now been considered as a subject in itself for advancing knowledge in macroeconomics, since the 1990s it has at least been an important topic for applying macroeconomic models. These models have been used in particular to analyse and quantify the economic effects of the transition to a sustainable system of production and consumption. We propose to shed light on the state of the art in applied environmental macroeconomics. More specifically, we will endeavour to identify the specific features of this area of research that explain the theoretical and empirical choices made.

Publication date 2018-05 Conferance name Conférence FAERE 2018 - Frenche Association of Environmental and Resource Economists
SATO Misato
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As countries pursue environmental protection at differing speeds, there is significant variation in energy prices across the world. This paper investigates whether the basic logic of comparative advantage can explain the patterns of industrial firms' investment location decisions, particularly focusing on the role of heterogeneous energy prices. To overcome the lack of global, disaggregated sector-level bilateral FDI data, we use an exhaustive Thomson-Reuters dataset of all cross-border M&A deals in the manufacturing sector across 41 countries, both OECD and non-OECD. Our final dataset includes close to 70,000 deals -- of which 22,000 are cross-border -- between 1995 and 2014 and covers 23 manufacturing subsectors. We specify a conditional logit model linking M&A activity to relative bilateral energy prices. To control for the large number of potential confounding factors, our identification strategy rests on within-country cross-sectoral energy price differentials. We then estimate our model using a custom PPML estimator, designed to accommodate our specific high-dimensional fixed effects structure. We find that industrial firms perform more cross-border investments when the differential between their domestic sectoral energy price and that of foreign countries increases. Specifically, we find that a 10% increase in the relative energy price differential between two countries is expected to increase by 2.5% the number of firms acquired in the lower energy price country by firms based in the more expensive country. This result has important implications for the adoption of environmental policies which affect energy prices. In particular, it suggests that uncompensated unilateral carbon taxation runs the risk of leading to offshoring and carbon leakage in industrial sectors.

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