Coauthor
  • BERTRAND Eva (1)
  • COLAS Dominique (1)
Document Type
  • Doctoral (Phd) thesis (1)
À l’été 2010, la Russie, gouvernée par le tandem formé par Dmitri Medvedev, son Président, et Vladimir Poutine, son Premier ministre, se trouve frappée par des feux de forêt massifs. Alors que ces incendies touchent les régions les plus occidentales du pays, y compris Moscou, sa capitale, ses gouvernants se retrouvent face à l’injonction de communiquer, c’est-à-dire de partager avec les gouvernés une certaine lecture de l’état des choses. Venant rompre le fonctionnement ordinaire d’une société, la catastrophe ouvre, en effet, un terrain de communication, c’est-à-dire un espace d’échanges entre producteurs de sens, et engendre en cela un exercice du pouvoir d’ordre symbolique. Reposant la question initialement formulée par Claude Gilbert, à savoir : « Quel est le pouvoir du pouvoir lors des crises post-accidentelles ? » (Gilbert, 1992, p.18), cette thèse se propose de débuter l’analyse là où Gilbert la concluait, c’est-à-dire par une prise en compte du symbolique dans l’exercice du pouvoir politique en temps de catastrophe. Appréhendant la catastrophe comme un moment de communication, saturé par les discours et les images produits par les organisations gouvernementales, mais aussi comme un moment de lutte entre représentations concurrentes de l’événement, l’enjeu est de se pencher sur la dimension représentative du pouvoir politique ou, plus précisément, sur la représentation-figuration comme vecteur d’exercice de la domination en temps de catastrophe naturelle dans le contexte de la Russie des années 2000.