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in S'émanciper par les armes ? Sur la violence politique des femmes Sous la direction de GUIBET LAFAYE Caroline, FRÉNOD Alexandra Publication date 2019-10
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Si le Panth sikh a connu ses premiers martyrs dès le XVIIe siècle, ce n’est qu’au XIXe que le mouvement de réforme socio-religieuse des Singh Sabhas a formalisé un idiome du martyre sikh, édictant les (bonnes) manières de pratiquer et d’évoquer la mort volontaire dans le sikhisme. Ces codes pragmatiques et discursifs ont été appropriés par les mouvements révolutionnaires sikhs (tels que le Ghadr, au début du XXe siècle) et surtout par le mouvement sécessionniste pour le Khalistan. Chez les Khalistanis, le martyre présente une profonde ambiguïté, puisque le désir de mort des combattants sikhs à longtemps constitué un obstacle à l’adoption d’une stratégie insurrectionnelle cohérente par les leaders des groupes armés. Lors de la commémoration de la lutte armée, en particulier sur l’Internet, ces suicides anomiques à peine voilés ont été reconstruits par les entrepreneurs identitaires sikhs comme des sacrifices offerts à la nation, dépouillés de leur dimension profondément individualiste.

in Alternatives internationales Publication date 2006
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Après avoir refusé l'arme nucléaire au nom du pacifisme, Delhi réalise des essais en 1974, puis en 1998, car il veut entrer dans le club des grands.Pari en partie réussi, l'après-11 septembre lui donnant un intérêt stratégique décisif.

A la différence d’autres métropoles indiennes au passé plus ancien (Delhi, Hyderabad, Ahmedabad...), la ville moderne de Bombay est une création du pouvoir colonial, portugais puis britannique. C’est ici que la Compagnie des Indes orientales, initialement basée à Surat, relocalise son quartier général à la fin du xviie siècle. Au cours des décennies suivantes, Bombay devient la tête de pont de cette entreprise mercantiliste, attirant dans son sillage des migrants venus de tout l’ouest de l’Inde, qui ne sont pas nécessairement issus de communautés marchandes mais qui sous le patronage du colonisateur se forgent rapidement une solide réputation de commerçants, à l’instar des Parsis zoroastriens. L’industrialisation de la ville, à partir de 1850, va encore renforcer l’effet d’attraction de cette économie urbaine florissante sur son hinterland rural. Dans la seconde moitié du xixe siècle, Bombay devient ainsi l’une des premières villes ouvrières de l’Inde, ses usines textiles employant à elles seules 73 000 travailleurs à la fin du siècle (sur une population totale de 821 764 personnes en 1891, contre seulement 221 550 en 1814). Les besoins en main-d’œuvre des industries naissantes sont pourtant en décalage avec les capacités d’hébergement, ce hiatus donnant naissance à un problème du logement lancinant, qui perdure aujourd’hui. La question du logement populaire n’en a pas moins été longtemps négligée par les historiens de la ville, le récent urban turn des études indiennes (jusqu’alors dominées par les travaux sur l’Inde rurale) n’ayant à cet égard guère changé la donne. C’est là la première originalité de l’ouvrage de Vanessa Caru, qui outre son sujet se singularise par ses ambitions théoriques et méthodologiques. À travers un siècle d’histoire des politiques du logement ouvrier à Bombay, l’auteure apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes de la domination coloniale, qui tout en faisant écho aux travaux de l’école subalterniste s’en singularise sur plusieurs points, notamment dans son rapport aux sources et dans sa conceptualisation de l’architecture, au sens propre comme figuré, de la domination coloniale. Car si cette domination s’exerce et se reproduit ici à travers une véritable politique urbaine, dont les contours se précisent à partir de la fin du xixe siècle, c’est aussi dans la matérialité du bâti - les matériaux de construction, la taille des fenêtres, l’emplacement des points d’eau, les systèmes d’évacuation des eaux usées et des ordures ménagères... - que se jouent les relations triangulaires entre l’État colonial, les élites indigènes et les castes et classes subalternes d’une Inde urbaine en plein mouvement. Bien que sous des modalités très différentes de celles du pays bamiléké étudié par Dominique Malaquais, l’environnement bâti fonctionne ici aussi comme un appareil de domination à part entière, dont l’analyse ouvre la voie à une compréhension des chemins toujours sinueux de la dissidence [Premier paragraphe]

in Revolution in Nepal: An Anthropological and Historical Approach to the People's War Publication date 2013-09-05
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Gender diversity was defended by feminine cadres of the Maoist movement in the name of ‘martial feminism’, claiming equal access to war for men and women. They also promoted a right to love, which challenged matrimonial customs. At the same time, however, they shared the concerns of their male comrades about the potentially deleterious effects of romance and sexuality on political commitment. To address the problem of ‘physical relations’ within the People’s Liberation Army, the Maoist thus developed a ‘scientific method’ and a repressive apparatus aimed at punishing ‘deviant’ practices. This chapter focuses on this hetero-normative ‘scientific method’, summed up by the Maoist formula ‘love-marriage-sex’. Drawing upon printed material and interviews, it argues that the Maoist army can be described as a ‘greedy institution’, although its ambition to frame and tame the libidinal impulses of its members was often frustrated by the idiosyncratic responses of the latter to party guidelines.

With an official population approaching fifteen million, Karachi is one of the largest cities in the world. It is also the most violent. Since the mid-1980s, it has endured endemic political conflict and criminal violence, which revolve around control of the city and its resources (votes, land and bhatta—‘protection’ money). These struggles for the city have become ethnicised. Karachi, often referred to as a ‘Pakistan in miniature,’ has become increasingly fragmented, socially as well as territorially. Despite this chronic state of urban political warfare, Karachi is the cornerstone of the economy of Pakistan. Gayer’s book is an attempt to elucidate this conundrum. Against journalistic accounts describing Karachi as chaotic and ungovernable, he argues that there is indeed order of a kind in the city’s permanent civil war. Far from being entropic, Karachi’s polity is predicated upon organisational, interpretative and pragmatic routines that have made violence ‘manageable’ for its populations. Whether such ‘ordered disorder’ is viable in the long term remains to be seen, but for now Karachi works despite—and sometimes through—violence. (Publisher's abstract)

Peu connu en France, où ses ouvrages attendent toujours d’être traduits, Michael Taussig est l’une des figures les plus influentes – et les plus controversées – de l’anthropologie anglo-saxonne. Cet Australien établi aux États-Unis (il enseigne à Columbia University) s’est fait connaître par son ouvrage sur les récits de pactes diaboliques circulant parmi les travailleurs colombiens de la canne à sucre, qu’il compare au culte du Tío, le « seigneur du monde souterrain », chez les mineurs boliviens (...).

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What do situations of chronic violence and resulting polarizations do to civility, and especially to its more horizontal forms? Using an account of everyday pluralism in an impoverished Christian neighbourhood of Karachi, this article addresses this question by examining how marginalized groups of that embattled city have been cobbling together forms of coexistence in the midst of ethnic and sectarian conflicts. Focusing in particular on the moral career of a local strongman, the practical and ethical dilemmas encountered by populations surviving at the margins of the city are considered, as they try to engage with others while struggling with the often violent economy of scarcity that structures their experience and vulnerability. In doing so, this article makes a case for a conceptualization of civility as a matter of building bonds as much as setting certain limits, in relation to identity and violence in particular. Civility, here, does not amount either to the preservation of peaceful coexistence or to the orderly reproduction of society. It thrives on various forms of connections and multiplicities, contesting hegemonic discourses on difference; instead of being external to violence, it operates within a world of violent possibilities, to which it aims to put some bounds.

Et si la guerre civile, la terreur, l’état d’urgence étaient d’abord des phénomènes (a) rythmiques – des états d’irrégularité chronique, d’habituation apparente mais précaire, où la reproduction du quotidien serait suspendue au surgissement aléatoire de la violence ? [...]

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En suspendant le président de la Cour suprême de ses fonctions pour insubordination, le 9 mars 2007, le général Pervez Musharraf a déclenchéé la plus grave crise politique à laquelle il ait dû faire face durant les neuf ans qu’il a passés au pouvoir (1999-2008). Refusant de céder aux pressions du général-président et des responsables des services de renseignement, qui, après lui avoir proposé une solution à l’amiable, le menacèrent de poursuites judiciaires pour abus de pouvoir, le juge Iftikhar Chaudhry a en effet entame un bras de fer avec l’armée et son chef. Au cours des jours qui ont suivi la décision présidentielle, il a reçu le soutien d’une grande partie du barreau, déterminé à défendre l’indépendance du judiciaire face aux manœuvres d’un président inquiet pour son avenir politique a l’approche de l’expiration de son double mandat de chef de l’Etat et de chef de l’Armée de terre. Mais le mouvement de protestation en faveur du magistrat n’a pas été limité aux professions juridiques ; très vite, la réaction des juges et des avocats pakistanais a rallie des mécontentements divers. Cette crise politique fournit donc de précieux éléments de compréhension des lignes de fracture et des attentes actuelles de la société pakistanaise, ainsi que des rapports de force présidant a la formation de l’Etat. Au-delà du cas pakistanais, elle conduit également à s’interroger sur la force du droit dans les régimes ou règne le droit du plus fort, ainsi que sur un phénomène longtemps néglige par la sociologie des mobilisations : celui des mécanismes d’extension des mouvements sociaux reposant sur des changements d’échelle, lesquels"conduisent à une protestation élargie regroupant un plus large spectre d’acteurs et a l’établissement de ponts entre leurs revendications et leurs identités". [Début de l'article]

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