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"Un gouvernement démocratique se grandit lorsqu’il accepte, même en pleine crise, le flot continu des critiques, et il perd son crédit lorsqu’il croit pouvoir placer cette production sociale de la critique sous un coma artificiel. La comparaison entre la première guerre mondiale et la crise sanitaire actuelle permet de mieux saisir la nécessité politique de rendre des comptes, et nous alerte sur le risque de basculer dans le règlement de comptes."

La période qui s’étend des années 1890 jusqu’à la Première Guerre mondiale est le moment où se développe un conservatisme social qui vise à préserver les fondements de l’ordre économique et social issu de la révolution industrielle. Ce conservatisme social se caractérise par une vision alternative de la réforme reposant sur l’initiative privée et la responsabilisation de l’individu. Cela s’explique par une réticence, voire une hostilité, à l’égard de l’interventionnisme d’État vu comme une porte ouverte au socialisme, force montante de la fin du XIXe siècle. Ce courant de pensée à l’origine du conservatisme moderne entraîne la convergence idéologique entre conservateurs et libéraux sur la base de la défense d’un ordre libéral dont les institutions et l’organisation sociale sont légitimés par l’histoire. Cela est particulièrement visible en France et aux États-Unis où, en dépit de l’absence d’un parti conservateur, un rapprochement idéologique s’effectue entre des forces divisées par les clivages politiques traditionnels : gauche et droite du côté français et Républicains et Démocrates du côté américain. Cependant, cette convergence sur le plan des idées n’entraîne pas systématiquement la disparition des clivages en question. Le recours à l’histoire comparée entre ces deux pays permet de mettre à jour un conservatisme social partagé de part et d’autre de l’Atlantique, sans toutefois occulter les spécificités nationales. Cette démarche remet en cause la lecture d’une histoire politique trop souvent étudiée en vertu d’une forme d’exceptionnalisme et non dans l’idée d’une confrontation à des transformations communes de l’ordre économique et social dans l’espace atlantique.

Il est nécessaire, peut-être même urgent, de repenser le rôle de l’État dans notre démocratie. Le récent mouvement des Gilets jaunes a en effet mis en lumière l’impact négatif que pouvaient avoir les « politiques publiques » ; par la façon dont elles sont élaborées, leurs modalités d’application, plus encore par la manière dont elles sont ressenties par (...)

Edited by LE BÉGUEC Gilles, ROBIN Emilia, ROUSSELLIER Nicolas Publication date 2018-11
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Avocat, résistant, professeur agrégé des Facultés de droit, dirigeant politique, sénateur (1946-1954) puis député (1968-1969)... Le parcours de Léo Hamon est l'un des plus riches du XXe siècle, et peut-être l'un des plus révélateurs de son époque.Cet ouvrage, issu d'un colloque tenu en décembre 2013, organisé par l'Institut Georges Pompidou, le Centre d'histoire de Sciences Po et la Fondation Charles de Gaulle, revient sur les différentes facettes de son parcours : des premiers engagements à gauche à la rencontre avec le gaullisme en passant par le MRP, du Conseil municipal de Paris à la Libération aux fonctions de porte-parole du Gouvernement sous Jacques Chaban-Delmas (1969-1972), du juriste praticien et commentateur de la pratique institutionnelle au défenseur d'une certaine approche des relations internationales. Se dessine ainsi le portrait multiple d'une figure singulière. Le caractère de Léo Hamon est marqué par la diversité de ses centres d'intérêt, la fidélité à ses engagements et à ses idées, son extrême rigueur intellectuelle, sa curiosité et son ouverture d'esprit. Les communications ici rassemblées sont autant de points d'entrée sur une personnalité méconnue et fascinante.

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Au commencement, les régimes politiques modernes visèrent à affaiblir les pouvoirs du gouvernement. En France, les républicains n'eurent de cesse de réduire la puissance du pouvoir exécutif, afin de conjurer l’arbitraire de la monarchie et de l’empire. Aujourd’hui, notre démocratie présidentielle est concentrée autour d’un chef suprême, tenu non plus pour un obstacle à l’expression du peuple mais pour son principal vecteur. Que s’est-il passé? Des années 1870 aux années 1930, les assemblées ont contrôlé l’essentiel de la confection des lois et ont dominé l’action du gouvernement, dans une continuité stable, grâce notamment à la permanence des commissions, alors que se succédaient les cabinets. On doit à cette République du Parlement, donc du débat et du compromis, le substrat qui nous régit encore : laïcité, libertés publiques (presse, réunion, syndicats, associations), système moderne de l’enseignement public, protection sociale. La conduite de la guerre devenue mondiale et le combat contre la crise économique majeure de 1929 instillent à droite comme à gauche l’idée d’un Exécutif fort, clé de voûte constitutionnelle. Depuis la Cinquième République, l’Exécutif décide des lois et de leur instabilité car il en change selon sa couleur politique, et limite la discussion parlementaire qui n’inspire plus l'esprit du régime. D’où le paradoxe qu’analyse Nicolas Roussellier dans ce grand livre : les juristes se gargarisent d’une «tradition républicaine», véritable vue de l’esprit puisque la logique du régime actuel est l’exact opposé de l’ancien esprit républicain. Historiquement parlant, il n’y a pas eu une République mais deux. Et contrairement à d’autres pays, la France n’a pas su mener à bien la modernisation du pouvoir gouvernemental tout en préservant une tradition parlementaire : elle est passée d’un déséquilibre institutionnel à un autre. Chaque jour, on le constate, elle en paie politiquement le prix fort. (Résumé de l'éditeur)

Si Léon Blum semble être éloigné du concept de « culture économique », son itinéraire politique l’amène à s’en rapprocher petit à petit. Par sa formation juridique et par son activité au Conseil d’État, il valorise la notion de « service public ». Dans sa pratique des joutes parlementaires au cours des années 1920 et au début des années 1930, il est amené à multiplier au nom du groupe socialiste les propositions et contre-projets en matière de politique financière et fiscale. Aussi, quand il aborde la crise des années 1930, on peut considérer qu’il a finalement constitué une véritable « culture économique ». Cette culture reste cependant marquée par un certain attachement au libéralisme à la fois politique et juridique. Blum occupe ainsi une position ambiguë et critique à l’égard du concept nouveau de politique économique, synonyme d’une emprise de l’État sur la marche de l’économie et qui séduit pourtant la nouvelle génération socialiste.