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in AOC Publié en 2021-01-21
TOZY Mohamed
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Dix ans après les « Printemps arabes », la déception domine la célébration de cet anniversaire : promesse non tenue de la démocratie, échec des illusions, choix incompréhensibles pour beaucoup d’observateurs en faveur des islamistes une fois la liberté advenue… Ces analyses qui raisonnent en termes d’« avancées » et de « recul » (de printemps et d’hiver) se limitent toutefois aux grandes transformations identifiables et s’avèrent incapables de percevoir les importants changements qui affectent la région arabe et les mutations profondes de leurs sociétés.

La nouvelle préface écrite par Giovanni Levi à l’occasion de la réédition italienne de son œuvre maîtresse, L’Eredità Immateriale, dont nous publions la traduction en français, revendique l’importance de concevoir l’histoire comme la science des questions générales, et non comme celle des généralisations. Elle constitue un manifeste méthodologique en faveur des principes que défend la micro-histoire depuis les années 1980, qu’aujourd’hui on peut lire en creux comme une critique des faiblesses méthodologiques de courants historiographiques plus récents, notamment de l’histoire globale et de l’histoire connectée et de la tendance à renoncer à une histoire qui part des États. Pour Levi, l’intérêt que la plupart des courants historiographiques portent à la globalisation repose sur l’idée historiciste et néolibérale selon laquelle il existerait une seule solution possible, celle d’une société capitaliste désordonnée. La limitation de l’histoire à une causalité factuelle mécanique, et plus encore sa simplification aux seules solutions qui ont historiquement prévalu, contribuent à déprécier la signification même de l’histoire. La microstoria plaide au contraire pour une histoire totale (et non globale), c’est-à-dire une histoire de la complexité des actions et des faits dans laquelle les femmes et les hommes ont été et seront les protagonistes. Ce sont des principes chers à la sociologie historique et comparée du politique dans le sillage de laquelle se situe notre revue.

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Depuis quelques années, le "risque" et la "sécurité" sont devenus les principes incontournables de la recherche, délimitant les frontières de la construction de connaissances sur les sociétés politiques. Cet article analyse les conséquences de ce tournant pour la recherche. En effet, ce tournant oblige à définir des limites à ne pas franchir dans la production de connaissances; il interdit ensuite de penser ce que sont les difficultés dans la pratique de recherche. Regarder au-delà du risque requiert de questionner toute objectivation des difficultés dans la production de la connaissance, pour pouvoir interroger les conditions dans lesquelles la pratique de la recherche en sciences sociales peut être considérée comme libre. La liberté scientifique nécessite que l’on s’émancipe du principe structurant du « risque ». Elle nécessite aussi que l’on s’émancipe du carcan conceptuel dans lequel on l’enferme généralement, celui de la seule liberté d'expression, pour mener une réflexion sur les pratiques de recherche - et pas seulement sur ses résultats - et particulièrement une réflexion méthodologique.

« L'ambiguïté des sentiments dans le monde néolibéral », traduction par L. Karampina.

in Max Weber, 100 χρόνια μετά. Πολιτική, μεθοδολογία, ριζοσπαστική κριτική Publié en 2020-11
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Comprendre la bureaucratie néolibérale avec Weber.

Sous la direction de HIBOU Béatrice Publié en 2020-10-15
LEGUIL-BAYART Jean-François
TOZY Mohamed
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Le CERI organise, sous le label Séminaire Sociologie et anthropologie sociale du politique - Fariba Adelkhah : penser en pensant à elle, des conférences régulières qui s’inspirent des travaux de Fariba Adelkhah. Pour la reprise du séminaire "Sociologie et anthropologie sociale du politique", nous aborderons la question du "style" que Fariba Adelkhah a souvent traitée dans ses travaux, notamment à travers son analyse de la bienfaisance et de ce personnage qu'est le janvânmard, dont l'ethos économique est indissociable d'un style d'action et de domination.

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Entretien avec Béatrice Hibou et Mohamed Tozy, auteurs de "Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l'Etat à l'âge libéral" (Karthala, 2020). Propos recueillis par Corinne Deloy

Publié en 2020-09-24 Collection Recherches Internationales
TOZY Mohamed
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Le Maroc inspire des lieux communs. Il serait un prototype d’immobilisme politique, dans la main autoritaire et conservatrice du « commandeur des croyants », en mal de démocratie, mais à l’ombre d’un islam somme toute modéré. Trente années d’enquêtes de terrain, d’entretiens, de dépouillement d’une vaste documentation primaire et d’observation participante permettent à Béatrice Hibou et Mohamed Tozy de montrer comment les changements démographiques et environnementaux, ainsi que les processus de naturalisation du néolibéralisme, ont transformé les façons de gouverner les hommes et les territoires du royaume. À partir des types-idéaux de l’Empire et de l’État-nation, les auteurs dégagent la pluralité des modes de gouvernement et de domination à l’oeuvre au Maroc en insistant sur leur osmose continuelle. Il n’est pas question d’un passage de l’empire chérifien (XVIIe-XIXe siècle) à l’État-nation, dont le protectorat français aurait jeté les fondements, ni de la perpétuation d’une tradition impériale résiduelle au coeur de l’État moderne. Il s’agit bel et bien d’un assemblage de ces deux logiques, qui déjà coexistaient dans les siècles précédents, et dont le jeu simultané est sous-jacent au gouvernement néolibéral contemporain. L’Empire et l’État-nation ne se présentent pas sous la forme d’une alternative ni d’une contradiction. Ils constituent deux ressorts d’une même domination qui ne se réduit pas à la seule figure du roi. Ils sont en tension continue, une tension dont procède l’historicité de l’imaginaire politique marocain et qui en tisse le temps singulier. Une démonstration fondamentale de sociologie historique comparée de l’État.

Publié en 2020-09 Collection variaciones : 2
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Nuestras sociedades modernas son víctimas de la creciente invasión de la burocracia en la vida profesional y cotidiana. ¿De qué otro modo podríamos calificar el requisito cada vez mayor del papeleo, incluso digital? ¿Y qué decir de la confrontación constante con los procedimientos formales para obtener acceso al crédito o a una red informática, para alquilar una vivienda, calificar a un banco o beneficiarse de la justicia? ¿Y qué hay de la necesidad de cumplir las normas para que las cuentas de una empresa obtengan una certificación o que un producto sea calificado como orgánico? Inspirándose en Max Weber y en Michel Foucault, Béatrice Hibou analiza las dinámicas políticas que subyacen a este proceso. La burocracia neoliberal no debe entenderse como un aparato jerárquico exclusivo del Estado, sino como un conjunto de normas, reglas, procedimientos y formalidades (procedentes del mundo corporativo) que abarcan al conjunto de la sociedad. Es un vector de disciplina y de control, pero también un productor de indiferencia política y social. Al proceder a través de los individuos, la burocratización no viene «desde arriba», sino que se trata de un proceso mucho más amplio de «participación burocrática». Sin embargo, hay grietas que la convierten en un desafío importante para las luchas políticas venideras.

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5 juin 2019 – 5 juin 2020 : voilà un an que Fariba Adelkhah est détenue en Iran, à la tristement célèbre prison d’Evin, pour n’avoir fait que son travail de chercheuse. Le 24 décembre, de pair avec Kylie Moore-Gilbert, sa collègue anglo-australienne détenue elle aussi, elle avait entamé une grève de la faim qui avait duré 49 jours pour dénoncer leur traitement mais aussi et surtout celui de tous les intellectuels détenus en Iran et dans les pays de la région pour n’avoir fait que leur travail. Après son procès, à plusieurs reprises différé, qui s’est finalement tenu le 19 avril, elle a refusé de renoncer à sa recherche et à ses va-et-vient entre l’Iran et la France, comme ses geôliers l’y incitaient en lui promettant alors la liberté conditionnelle, un bracelet aux chevilles. Pour Fariba, accepter ces conditions aurait signifié accepter l’ordre des Gardiens de la révolution, accepter donc de voir la recherche criminalisée ; mais également accepter de voir mis en danger tous les gens avec lesquels elle a travaillé, particulièrement en Iran et en Afghanistan. À la suite de son refus, elle a été condamnée le 16 mai 2020 à six ans d’emprisonnement.

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