Co-auteur
  • TOZY Mohamed (7)
  • BONO Irène (6)
  • SAMUEL Boris (5)
  • LEGUIL-BAYART Jean-François (4)
  • Voir plus
Type de Document
  • Article (21)
  • Livre (16)
  • Partie ou chapitre de livre (13)
  • Numéro de périodique (10)
  • Voir plus
Publié en 2020-09-24 Collection Recherches Internationales
TOZY Mohamed
0
vues

0
téléchargements
Le Maroc inspire des lieux communs. Il serait un prototype d’immobilisme politique, dans la main autoritaire et conservatrice du « commandeur des croyants », en mal de démocratie, mais à l’ombre d’un islam somme toute modéré. Trente années d’enquêtes de terrain, d’entretiens, de dépouillement d’une vaste documentation primaire et d’observation participante permettent à Béatrice Hibou et Mohamed Tozy de montrer comment les changements démographiques et environnementaux, ainsi que les processus de naturalisation du néolibéralisme, ont transformé les façons de gouverner les hommes et les territoires du royaume. À partir des types-idéaux de l’Empire et de l’État-nation, les auteurs dégagent la pluralité des modes de gouvernement et de domination à l’oeuvre au Maroc en insistant sur leur osmose continuelle. Il n’est pas question d’un passage de l’empire chérifien (XVIIe-XIXe siècle) à l’État-nation, dont le protectorat français aurait jeté les fondements, ni de la perpétuation d’une tradition impériale résiduelle au coeur de l’État moderne. Il s’agit bel et bien d’un assemblage de ces deux logiques, qui déjà coexistaient dans les siècles précédents, et dont le jeu simultané est sous-jacent au gouvernement néolibéral contemporain. L’Empire et l’État-nation ne se présentent pas sous la forme d’une alternative ni d’une contradiction. Ils constituent deux ressorts d’une même domination qui ne se réduit pas à la seule figure du roi. Ils sont en tension continue, une tension dont procède l’historicité de l’imaginaire politique marocain et qui en tisse le temps singulier. Une démonstration fondamentale de sociologie historique comparée de l’État.

12
vues

0
téléchargements
5 juin 2019 – 5 juin 2020 : voilà un an que Fariba Adelkhah est détenue en Iran, à la tristement célèbre prison d’Evin, pour n’avoir fait que son travail de chercheuse. Le 24 décembre, de pair avec Kylie Moore-Gilbert, sa collègue anglo-australienne détenue elle aussi, elle avait entamé une grève de la faim qui avait duré 49 jours pour dénoncer leur traitement mais aussi et surtout celui de tous les intellectuels détenus en Iran et dans les pays de la région pour n’avoir fait que leur travail. Après son procès, à plusieurs reprises différé, qui s’est finalement tenu le 19 avril, elle a refusé de renoncer à sa recherche et à ses va-et-vient entre l’Iran et la France, comme ses geôliers l’y incitaient en lui promettant alors la liberté conditionnelle, un bracelet aux chevilles. Pour Fariba, accepter ces conditions aurait signifié accepter l’ordre des Gardiens de la révolution, accepter donc de voir la recherche criminalisée ; mais également accepter de voir mis en danger tous les gens avec lesquels elle a travaillé, particulièrement en Iran et en Afghanistan. À la suite de son refus, elle a été condamnée le 16 mai 2020 à six ans d’emprisonnement.

in En finir avec le New Public Management Sous la direction de MATYJASIK Nicolas, GUENOUN Marcel Publié en 2019-07
106
vues

0
téléchargements
Ce chapitre propose une piste pour l’interprétation du New Public Management (NPM), non dans sa spécificité en tant que nouvelle modalité de gestion des affaires publiques dans une longue histoire étatique, mais dans sa banalité actuelle en tant qu’expression de la prolifération, voire de l’envahissement du quotidien de nos vies par des normes, des procédures, des règles, des opérations de codage ou de catégorisation, bref des « formalités » qui sont principalement issues du secteur privé. Cette configuration ne recouvre pas seulement le concret de l’administration étatique avec l’importation de techniques, de pratiques et de manières de penser, du monde de l’entreprise privée vers celui de l’État...

in Fronesis – Politik, teori, kritik Publié en 2019-07
19
vues

0
téléchargements

in Sociétés politiques comparées Publié en 2019-05
68
vues

0
téléchargements
Ce texte restitue un débat organisé par le FASOPO autour du franc CFA à partir de la polémique qui avait eu lieu, en janvier et février 2019, quand l’Italie avait accusé la France, et son « franc colonial », d’être à l’origine de l’émigration des Africains en Europe. La table-ronde, animée par Jean-François Bayart et Boris Samuel, était composée de Massimo Amato, Mario Giro, Jean-Pierre Bekolo et Kako Nubukpo. Cette polémique est l’occasion de discuter de la place de l’Afrique dans les tensions entre la France et l’Italie et de la spécificité des colonisations française et italienne. Mais beaucoup plus profondément, elle permet de revenir sur le débat autour du FCFA au-delà des arguments populistes, même si ces derniers, bien présents, doivent être pris en compte et analysés en tant que tels.

Nos sociétés modernes sont victimes d'un envahissement croissant de la vie professionnelle et quotidienne par la bureaucratie. Comment qualifier autrement l'exigence toujours croissante de papiers, fussent-ils numériques ? Et que dire de la confrontation incessante avec des procédures formelles pour avoir accès au crédit ou à un réseau in-formatique, pour louer un logement, noter des banques ou bénéficier de la justice ? Ou encore du besoin de respecter des normes pour que les comptes d'une entreprise soient certifiés ou qu'un légume soit qualifié de biologique ? Au point de rencontre entre Max Weber et Michel Foucault, Béatrice Hibou analyse les dynamiques politiques sous-jacentes à ce processus. La bureaucratie néolibérale ne doit pas être comprise comme un appareil hiérarchisé propre à l'État, mais comme un ensemble de normes, de règles, de procédures et de formalités (issues du monde de l'entreprise) qui englobent l'ensemble de la société. Elle est un vecteur de discipline et de contrôle, et plus encore de production de l'indifférence sociale et politique. En procédant par le truchement des individus, la bureaucratisation ne vient pas « d'en haut », elle est un processus beaucoup plus large de « participation bureaucratique ». Pourtant, des brèches existent, qui en font un enjeu majeur des luttes politiques à venir. (Résumé de l'éditeur]

119
vues

0
téléchargements
Le président Macron entame ce mercredi une visite d’État en Tunisie. Sept ans après, que reste-t-il vraiment d'un changement de régime survenu à la faveur de nombreux mouvements sociaux ? Tout aurait-il changé pour que rien ne change ?

in Sociétés politiques comparées Publié en 2018-01
INSEL Ahmet
25
vues

25
téléchargements
Cet entretien de Béatrice Hibou avec Ahmet Insel, qui a étroitement travaillé avec Osman Kavala depuis la fi n des années 1970, retrace le parcours de ce dernier. Figure éminente de la scène et du mécénat culturels en Turquie depuis une vingtaine d’années, Osman Kavala a été arrêté le 18 octobre 2017. Son implication dans la culture et la vie civique turques épouse de façon emblématique la trajectoire culturelle et politique du pays.

La création de l’État d’Israël est imbriquée dans l’histoire de deux des plus grandes populations de réfugiés de l’époque : des juifs venus s’installer en Israël et des Palestiniens contraints de fuir le territoire. Pourtant, la centralité de ces deux figures a empêché la création de la catégorie de réfugié en Israël. Depuis les années 1970 et surtout depuis la seconde moitié des années 2000, des groupes et individus cherchant asile en Israël se confrontent à un dispositif qui évite de reconnaître des réfugiés. Ce dispositif a été institutionnalisé dans la dernière décennie sans pour autant résoudre le paradoxe d’une terre d’asile sans réfugiés. A partir d’un travail de recherche empirique fondé sur des entretiens avec des acteurs impliqués dans l’établissement du dispositif d’asile et sur une lecture critique de documents officiels, je retrace la socio-histoire de ce dispositif en analysant les modalités de catégorisation, le gouvernement des circulations et les redéploiements de la sphère institutionnelle. Le gouvernement des migrants en quête d’asile s’inscrit certes dans des processus globaux de restriction de l’asile et de diffusion de politiques antimigratoires. Mais il fait aussi partie d’une histoire nationale qui permet l’établissement d’un dispositif répressif ciblant majoritairement les Érythréens et les Soudanais, les qualifiant d’« infiltrés », à l’instar des Arabes qui s’introduisaient sur le territoire devenu israélien dans les années qui ont suivi l’établissement de l’État. Ce dispositif dit l’histoire non linéaire et la construction toujours en cours de l’État et des assemblages contemporains de souveraineté, nationalisme et néolibéralisme.

in Revue internationale de politique de développement - International Development Policy Sous la direction de BONO Irène, HIBOU Béatrice Publié en 2017-09
82
vues

0
téléchargements
Development as a Battlefield is an innovative exploration of the multidimensional meanings of – and interactions between – conflict and development. The two phenomena are all too often regarded as ostensibly antagonistic. This was exemplified again in the context of the Arab Spring that erupted in December 2010 and was eventually short-lived in several countries of the Middle-East and North-Africa (MENA) region. This volume—the 8th thematic issue of International Development Policy—is an invitation to reconsider and renew the way social scientists usually seek to make sense of socio-political and economic developments in the MENA region and beyond.

Suivant