Coauthor
  • DELAUNAY Bénédicte (25)
  • LE CLAINCHE Michel (25)
  • RIHAL Hervé (19)
  • PERRINEAU Pascal (8)
  • Show more
Document Type
  • Article (138)
  • Part or chapter of a book (65)
  • Report (52)
  • Web site contribution (33)
  • Show more
in Regards croisés sur l’économie Publication date 2021-07
0
views

0
downloads
La rémunération des fonctionnaires n’est pas comparable à celle des salariés du privé. Elle est fixée de manière unilatérale et ne peut pas faire l’objet de négociation avec les employeurs publics. Elle n’est pas liée à des prestations économiques mais à l’occupation d’un emploi dans une hiérarchie. La rémunération des fonctionnaires est donc déconnectée de leur investissement personnel dans un travail qui reste de nature collective. L’individualisation des rémunérations ne joue que sur une faible part de la rémunération totale. Si les théories du New Public Management ont cherché à introduire les logiques de rémunération du secteur privé dans la fonction publique, elles n’ont pas pu supprimer un rapport au travail dominé par le sens de l’utilité sociale et collective.

L’évolution des valeurs économiques et culturelles des Français mesurées en décembre 2009, décembre 2013, décembre 2017 et mai 2021 au travers, respectivement, des vagues 1, 5, 9 et 12bis du Baromètre de la confiance politique montre que le niveau de libéralisme culturel a baissé même dans les catégories sociales supérieures et chez les électeurs de gauche alors que le niveau de libéralisme économique reste relativement stable. Les facteurs ayant contribué à cette évolution sont à trouver du côté d’un rejet plus fort de l’immigration comme d’une demande plus forte de sécurité. C’est autour de cet enjeu que se noue la concurrence des candidats de droite et d’extrême-droite dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022.

L’analyse des résultats de la vague 12 bis du Baromètre de la confiance politique montre qu’une partie importante des enquêtés (37%) considère que la démocratie pourrait très bien être revue à la baisse afin de favoriser l’enrichissement personnel alors qu’une large majorité d’entre eux (58%) estime qu’il serait judicieux d’avoir moins de démocratie si c’est pour garantir une plus grande justice sociale. L’équation politique de l’État-providence, qui associe la démocratie représentative à la politique de redistribution la plus généreuse des pays de l’OCDE, ne semble plus faire consensus. Elle se heurte, d’un côté, à la recherche d’une amélioration de la mobilité sociale et du niveau de ressources et, de l’autre, à la recherche d’une équité plus grande dans l’organisation de cette mobilité si ce n’est aux deux exigences simultanées. Mais cette nouvelle équation conduit également à remettre en cause le lien démocratique en envisageant son affaiblissement dans la perspective d’un changement plus effectif des conditions sociales ou du niveau de vie. C’est donc bien la vision d’une politique démocratique inefficace qui constitue le legs de la crise sanitaire.

0
views

0
downloads
La crise sanitaire de 2020 a mis en lumière l'importance de disposer d'une fonction publique de qualité. La réforme des fonctions publiques doit désormais dépasser la stade des mesures techniques pour faire évoluer son modèle d'organisation. Il faut passer d'une conception néolibérale de l'instrument administratif à la conception de l'administration comme acteur des politiques publiques capable de valoriser son savoir-faire et d'attirer des compétences diversifiées.

L’analyse des intentions de vote des fonctionnaires montre que le potentiel de vote en faveur d’Emmanuel Macron s’est davantage réduit chez eux depuis 2017 que chez les salariés du secteur privé ou que chez les indépendants. Ce recul électoral concerne plus particulièrement les cadres et les enseignants. Ce redéploiement politique s’accompagne de deux phénomènes. D’une part, la demande globale en faveur de la gauche et de l’écologie politique a considérablement augmenté et cela dans toutes les catégories d’électeurs mais plus particulièrement chez les fonctionnaires. D’autre part, la montée en force d’attentes sécuritaires, dans tous les domaines, voit se développer une poussée électorale en faveur de Marine Le Pen et du RN qui reste néanmoins plus faible au sein de la fonction publique, du fait de sa sociologie, que dans le secteur privé, à l’exception du secteur des policiers et des militaires.

2
views

0
downloads
L’annonce faite par Emmanuel Macron le 8 avril 2021 de supprimer l’École nationale d’administration (ENA) a suscité un très vif débat sur la question de la formation des élites de l’État en France. L’idée de relancer l’ascenseur social reste au cœur du macronisme des origines. La vague 12 (février 2021) du Baromètre de la confiance politique du Cevipof, menée en comparaison avec l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, montre cependant que la proportion d’enquêtés français pensant que la méritocratie et que l’égalité des chances constituent des réalités est faible, quel que soit leur statut social. En France, la méritocratie constitue une promesse républicaine. À ce titre, la méritocratie ou l’égalité des chances ne posent pas que des questions relatives aux parcours scolaires ou aux critères de sélection des élites. Elles influent considérablement sur la représentation que l’on se fait de la société et des raisons d’être de jouer le jeu de ses institutions.

L’une des grandes promesses du macronisme était de relancer la mobilité sociale en renforçant le principe méritocratique. Mais les résultats du Baromètre de la confiance politique du Cevipof montrent que 44% seulement des enquêtés français sont convaincus de la méritocratie dans leur pays contre 54% des enquêtés allemands, 50% des enquêtés britanniques et 32% des enquêtés italiens. Le regard que les Français portent sur leur société change selon le classement social que l’on effectue. Cependant, l’évaluation de la méritocratie dépend bien plus du parcours personnel ou même de la dynamique sociale dont l’enquêté a pu profiter que d’une position sociale objective. La recherche de la méritocratie pose la question de l’équité du système sociopolitique, conditionne la confiance dans les institutions politiques et ne se réduit pas à la constatation d’une différence de revenus ou d’une inégalité des conditions économiques.

5
views

0
downloads
La vague 12 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof montre que seule une minorité d'enquêtés considèrent en France que celle-ci constitue encore une nation assez unie alors qu'une majorité estime qu'elle constitue plutôt un ensemble de communautés qui cohabitent les unes avec les autres. Les représentations dépendent fortement de la catégorie sociale mais surtout du niveau de confiance interpersonnelle et du niveau de libéralisme culturel. Par ailleurs, seul un quart des enquêtés estiment appartenir avant tout à la communauté nationale, un quart à diverses communautés linguistiques, géographiques, de valeurs ou de modes de vie mais près de la moitié estime n'appartenir à aucune communauté. Cette forte proportion d'anomiques dépasse celle que l'on enregistre en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Or c'est bien l'anomie qui crée de la méfiance à l'égard des institutions et du personnel politique comme à l'égard de la science.

in La vie politique Publication date 2021-01
4
views

0
downloads
Le populisme qui s'est développé en France comme dans d'autres pays européens trouve son explication dans un phénomène de privatisation de l'espace public. Cette privatisation est liée à la montée en force des communautés dans un espace public considéré comme républicain mais qui n'est plus défendu réellement que par les membres des catégories sociales supérieures. Mais cette privatisation est également liée au décalage entre l'offre et la demande politique, créant des phénomènes électoraux incertains et fluides où la mobilité sociale subjective a pris la place de la traditionnelle lutte des classes.

in L'Actualité juridique . Fonctions publiques Publication date 2020-12
58
views

0
downloads
La crise sanitaire de la covid-19 a bloqué la mise en oeuvre des projets de réforme managériale de la fonction publique lancés par Emmanuel Macron en 2017. Le service public est de retour mais les fonctions publiques se retrouvent dans une situation critique. Le principal problème tient à l'absence de projet politique qui puisse venir donner un sens à des réformes qui ont pour objectif de diversifier les élites et d'en finir avec les corporatismes.

Next