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L’analyse des résultats de la vague 12 bis du Baromètre de la confiance politique montre qu’une partie importante des enquêtés (37%) considère que la démocratie pourrait très bien être revue à la baisse afin de favoriser l’enrichissement personnel alors qu’une large majorité d’entre eux (58%) estime qu’il serait judicieux d’avoir moins de démocratie si c’est pour garantir une plus grande justice sociale. L’équation politique de l’État-providence, qui associe la démocratie représentative à la politique de redistribution la plus généreuse des pays de l’OCDE, ne semble plus faire consensus. Elle se heurte, d’un côté, à la recherche d’une amélioration de la mobilité sociale et du niveau de ressources et, de l’autre, à la recherche d’une équité plus grande dans l’organisation de cette mobilité si ce n’est aux deux exigences simultanées. Mais cette nouvelle équation conduit également à remettre en cause le lien démocratique en envisageant son affaiblissement dans la perspective d’un changement plus effectif des conditions sociales ou du niveau de vie. C’est donc bien la vision d’une politique démocratique inefficace qui constitue le legs de la crise sanitaire.

L’analyse des intentions de vote des fonctionnaires montre que le potentiel de vote en faveur d’Emmanuel Macron s’est davantage réduit chez eux depuis 2017 que chez les salariés du secteur privé ou que chez les indépendants. Ce recul électoral concerne plus particulièrement les cadres et les enseignants. Ce redéploiement politique s’accompagne de deux phénomènes. D’une part, la demande globale en faveur de la gauche et de l’écologie politique a considérablement augmenté et cela dans toutes les catégories d’électeurs mais plus particulièrement chez les fonctionnaires. D’autre part, la montée en force d’attentes sécuritaires, dans tous les domaines, voit se développer une poussée électorale en faveur de Marine Le Pen et du RN qui reste néanmoins plus faible au sein de la fonction publique, du fait de sa sociologie, que dans le secteur privé, à l’exception du secteur des policiers et des militaires.

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L’annonce faite par Emmanuel Macron le 8 avril 2021 de supprimer l’École nationale d’administration (ENA) a suscité un très vif débat sur la question de la formation des élites de l’État en France. L’idée de relancer l’ascenseur social reste au cœur du macronisme des origines. La vague 12 (février 2021) du Baromètre de la confiance politique du Cevipof, menée en comparaison avec l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, montre cependant que la proportion d’enquêtés français pensant que la méritocratie et que l’égalité des chances constituent des réalités est faible, quel que soit leur statut social. En France, la méritocratie constitue une promesse républicaine. À ce titre, la méritocratie ou l’égalité des chances ne posent pas que des questions relatives aux parcours scolaires ou aux critères de sélection des élites. Elles influent considérablement sur la représentation que l’on se fait de la société et des raisons d’être de jouer le jeu de ses institutions.

L’une des grandes promesses du macronisme était de relancer la mobilité sociale en renforçant le principe méritocratique. Mais les résultats du Baromètre de la confiance politique du Cevipof montrent que 44% seulement des enquêtés français sont convaincus de la méritocratie dans leur pays contre 54% des enquêtés allemands, 50% des enquêtés britanniques et 32% des enquêtés italiens. Le regard que les Français portent sur leur société change selon le classement social que l’on effectue. Cependant, l’évaluation de la méritocratie dépend bien plus du parcours personnel ou même de la dynamique sociale dont l’enquêté a pu profiter que d’une position sociale objective. La recherche de la méritocratie pose la question de l’équité du système sociopolitique, conditionne la confiance dans les institutions politiques et ne se réduit pas à la constatation d’une différence de revenus ou d’une inégalité des conditions économiques.

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La vague 12 du Baromètre de la confiance politique du Cevipof montre que seule une minorité d'enquêtés considèrent en France que celle-ci constitue encore une nation assez unie alors qu'une majorité estime qu'elle constitue plutôt un ensemble de communautés qui cohabitent les unes avec les autres. Les représentations dépendent fortement de la catégorie sociale mais surtout du niveau de confiance interpersonnelle et du niveau de libéralisme culturel. Par ailleurs, seul un quart des enquêtés estiment appartenir avant tout à la communauté nationale, un quart à diverses communautés linguistiques, géographiques, de valeurs ou de modes de vie mais près de la moitié estime n'appartenir à aucune communauté. Cette forte proportion d'anomiques dépasse celle que l'on enregistre en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Or c'est bien l'anomie qui crée de la méfiance à l'égard des institutions et du personnel politique comme à l'égard de la science.

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Le populisme qui s'est développé en France comme dans d'autres pays européens trouve son explication dans un phénomène de privatisation de l'espace public. Cette privatisation est liée à la montée en force des communautés dans un espace public considéré comme républicain mais qui n'est plus défendu réellement que par les membres des catégories sociales supérieures. Mais cette privatisation est également liée au décalage entre l'offre et la demande politique, créant des phénomènes électoraux incertains et fluides où la mobilité sociale subjective a pris la place de la traditionnelle lutte des classes.

in L'Actualité juridique . Fonctions publiques Publié en 2020-12
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La crise sanitaire de la covid-19 a bloqué la mise en oeuvre des projets de réforme managériale de la fonction publique lancés par Emmanuel Macron en 2017. Le service public est de retour mais les fonctions publiques se retrouvent dans une situation critique. Le principal problème tient à l'absence de projet politique qui puisse venir donner un sens à des réformes qui ont pour objectif de diversifier les élites et d'en finir avec les corporatismes.

Publié en 2020-10 Collection Doc'en Poche : 69
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La crise sanitaire de 2020 a mis au premier plan la question de l'avenir des maires, en même que celle des territoires et de la décentralisation. Alors que le modèle urbain est en crise et que les citoyens aspirent à plus de proximité dans les processus de prise de décisions, l'institution du maire se transforme. Les maires sont-ils désormais confrontés à la montée de défiance qui s'exprime depuis longtemps envers les autres élus ? Quelles fractures entre les maires des grandes villes et ceux des communes rurales ? Quelle évolution de la fonction face aux pouvoirs grandissants des intercommunalités ? Quelles conséquences de l'attitude de plus en plus consumériste de nombre de leurs administrés ? Quelle évolution politique avec les élections municipales de 2020 ? Des enquêtés récentes permettent de répondre à ces questions.

L'analyse de la crise sanitaire provoquée par la covid-19 montre que celle-ci n'est que la prolongation de la crise sociale et politique qui sévit en France depuis plusieurs années. La crise sanitaire a révélé des fractures sociales importantes durant la période de confinement dans les modes de vie mais aussi dans le rapport au travail. Ces fractures sont bien plus importantes en France qu'en Allemagne ou au Royaume-Uni ainsi que le montrent les résultats de l'enquête par panel menée en février puis en avril 2020 dans le cadre du Baromètre de la confiance politique du Cevipof. Par ailleurs, le populisme exerce une influence décisive en France dans l'évaluation des mesures gouvernementales prises pour lutter contre la crise sanitaire. Les effets sociopolitique de ce populisme, mettant en cause les institutions publiques comme la science, sont là encore plus importants en France qu'en Allemagne ou aux Royaume-Uni, deux pays où le débat sur les politiques gouvernementales s'est inséré dans le jeu normal de la vie politique et parlementaire.

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La question des discriminations ethniques posent de grandes difficultés méthodologiques aux sciences sociales. A la dimension objective des discriminations s'ajoute leur dimension subjective. Une enquête européenne comparative montre que le sentiment d'être discriminé est plus important en France que dans d'autres pays parmi ceux qui estiment appartenir à une minorité ethnique. Ce sentiment s'associe à une plus grande défiance envers la police mais pas envers la justice. Par ailleurs, il n'induit pas un rejet du pays de résidence. On peut faire l'hypothèse que la question des discriminations ethniques est perçue de manière d'autant plus sensible en France qu'elle met en cause un modèle républicain universaliste et qu'elle s'associe également à une crise générale de confiance dans les institutions politiques.

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