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in Notes de blog de l'OFCE Publié en 2016-01
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Dans un court article sorti récemment, Thomas Hirschl et Mark Rank (2015) nous livrent quelques chiffres très étonnants sur la société américaine — chiffres qui, pris au sérieux, amèneraient à nettement relativiser les inégalités de revenus aux États-Unis. En effet, leur étude laisse entendre que la société américaine est beaucoup plus fluide qu’on ne le croit. Les Américains vivraient certes dans une société très inégalitaire mais, au cours de leur vie, la plupart des Américains feraient l’expérience de la richesse. Il y aurait, en réalité, un fort turnover entre les riches et les pauvres et ceci expliquerait pourquoi les Américains se montreraient aussi peu critiques à l’égard des inégalités. [Premier paragraphe]

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Au cours d’une enquête par sondage représentatif, il était demandé aux interviewés de se situer au sein de trois échelles de statuts (allant chaque fois de 1 à 10) en notant ce qu’ils considéreraient être leur position à la fin de leurs études, aujourd’hui, ainsi que celle qui serait juste selon eux. Il en ressort que plus la mobilité sociale est ressentie comme faible, plus l’écart entre le statut social jugé juste et celui d’aujourd’hui a tendance à être important. Cette attente d’une position juste plus élevée est d’autant plus forte que l’on s’estime bas dans la hiérarchie sociale. L’autoposition actuelle a d’ailleurs sur la frustration sociale un effet plus important que celui de la mobilité sociale. Si les catégories populaires ressentent davantage de frustration, c’est surtout en raison de l’inégalité des chances qu’elles dénoncent. Les enquêtés attendent donc plus d’égalité des chances mais aussi des places.

in Transatlantic Divide Publié en 2008-02
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Shared value are part of what is needed to make up a society. Continuing a society certainly implies the establishment of collective institutions and norms but they would have little political, social, or moral legitimacy if they were not based on shared values. To take this inot account, it is necessary to focus on the actors and their reasons; for example it is clear that there is no democracy in a country with no democrats. If we examine the social foundations of Europe in this way while allowing that it is not society like, say, the Uneted States, we can ask ourselves if Europe actually amounts to a society, or at least on its way to becoming one. In other words, is what Henri Mendras (1997) calls 'the Europeans' Europe' a reality or not? [First paragraph]

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Dans les années 1970, Thomas C. Schelling a proposé un modèle pour expliquer le lien entre ségrégation spatiale et préférences individuelles concernant cette ségrégation. Au moyen de simulations, il cherche à montrer qu’un haut niveau de ségrégation globale peut être le résultat collectif de décisions individuelles qui sont loin de viser une telle ségrégation. Cet article montre cependant que les contraintes structurelles du modèle expliquent intégralement les niveaux de ségrégation atteints. Une faible exigence individuelle pour s’entourer de voisins identiques conduit à une ségrégation collective faible et une exigence forte conduit à une ségrégation forte. Les niveaux de ségrégation correspondant à un seuil donné de satisfaction individuelle n’ont rien de surprenant en regard du hasard et de ce que chaque individu souhaite réellement. Le modèle de Schelling ne permet pas de conclure que, de manière générale, de larges ghettos naissent d’innocentes décisions.

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La comparaison des enquêtes ISSP de 1999 et 2009 montre que la crise financière de 2008 n’a pas fortement bouleversé les perceptions qu’ont les Français des inégalités salariales, ni leurs souhaits de correction de celles-ci ou encore leur sentiment de justice concernant leur salaire. Pour l’essentiel, ils continuent de penser que les inégalités en France sont trop fortes, qu’il faut les réduire nettement et qu’ils ne sont pas payés à la hauteur de leur mérite. En même temps, sur la période considérée, le niveau des inégalités apparaît objectivement assez stable au sein de la plus grande partie de la population et seule une petite élite voit ses revenus s’envoler. La stabilité des opinions semble refléter fidèlement cet état de fait d’autant que, dans le détail, les Français semblent aussi assez conscients qu’il se passe quelque chose en haut de la pyramide, en particulier du côté des PDG. Aussi, dans l’ensemble, ils continuent de souhaiter que l’on corrige les inégalités salariales à peu près dans les mêmes proportions qu’il y a dix ans. Et lorsque les excès récents sont perçus, la demande consiste à les corriger d’autant.

in Revue internationale de sociologie Publié en 2009-07
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As far as distributive justice is concerned, an important issue is to know whether the different principles by which a given distribution of goods is judged fair or unfair are exclusive or complementary. The European Values Survey carried out in 1999 shows clearly the priorities of Europeans in this matter. The first concerns the guarantee that ‘basic needs are met for all’, then comes ‘recognizing people on their merits’ and finally ‘eliminating big inequalities in income’. The consensus on this hierarchy is not altered by national, demographical, social, economic or political divisions. These different divisions do indeed influence opinions on each criterion, but, with very few exceptions, they are not sufficient to upset this order of priorities. Thus, the usual applied principles of distributive justice do not define competing spheres. Their nested (or ‘lexical’) order is compatible with the purely procedural condition of ‘equal liberty’.

in Les Français face aux inégalités et à la justice sociale Publié en 2011-03
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Pour mieux connaître les sentiments de justice des Français, il leur a été demandé d'évaluer le degré d'injustice de diverses situations. Dans l'ensemble, leurs jugements sont plutôt consensuels et, s'il y a bien quelques clivages, ceux-ci ne sont pas marqués au point d'y voir une opposition entre des visions du monde, des idéologies. Les sentiments d'injustice sont particulièrement prononcés et quasi unanimes sur les questions de discriminations ou encore sur le fait de ne pas reconnaître les efforts d'un individu. Il n'en demeure pas moins quelques divergences, qui rejoignent souvent des différences de positionnement politique. La droite prend en général plus en compte l'ordre existant que la gauche et elle semble en être également plus respectueuse.

Ce n’est pas la même chose d’interroger les Français sur l’immigration ou la peine de mort par internet ou par téléphone. L’enquête post-électorale de la présidentielle 2012 du CEVIPOF permet de s’en rendre compte puisque les deux modes d’interrogation ont été utilisés sur la même période avec le même questionnaire et l’ambition, dans les deux cas, de fournir une image représentative de la population française. La comparaison des résultats est toutefois problématique. Non seulement chaque mode d’enquête introduit des biais d’échantillonnage différents et plus ou moins importants, mais encore les enquêtés ne répondent pas toujours de la même manière au téléphone et par internet. Pour certaines questions délicates, ils peuvent mentir à leur interlocuteur au téléphone, mais dire la vérité sur internet. Ils peuvent également se laisser aller au pessimisme et à la défiance devant leur écran, mais se montrer plus mesurés au téléphone. Mais il est clair néanmoins que toutes les questions ne sont pas égales en termes de fragilité de l’opinion. Les questions délicates sont loin d’être anodines : immigration, islam, peine de mort, homosexualité... Selon l’interprétation que l’on retiendra, on dira alors soit que l’opinion est pleine de non-dits et que, derrière des propos bienséants se cachent souvent la haine de l’étranger et la peur de l’autre ; soit que l’opinion est pleine de doutes et que, derrière des opinions tranchées, il y a matière à discussions – même si, par crainte d’être jugés, les protagonistes ne participent pas à ces débats en toute sérénité.

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La discrimination statistique consiste à rejeter un individu en raison de défauts qu'on lui prête parce que les membres de son groupe d'appartenance sont supposés - à tort ou à raison - avoir souvent ces défauts. Contrairement à la discrimination négative, il ne s'agit donc pas de rejeter l'individu parce qu'il est ce qu'il est, il s'agit de le rejeter parce qu'il ne satisfait probablement pas aux critères exigés. Pour autant, peut-on en déduire que la discrimination statistique est rationnelle ? Il importe de rappeler que le raisonnement mis en œuvre est incomplet et qu'il faut encore prendre position sur des risques. La rationalité de cette forme de discrimination ne peut ainsi être tranchée par avance. En outre, pour ne pas être confondue avec une simple discrimination négative vaguement rationalisée, il faut encore justifier une telle pratique. Il apparaît alors que l'incertitude qui servait à justifier le rejet peut à l'inverse justifier le pari raisonnable inverse, c'est-à-dire justifier une forme de discrimination positive.

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S’autodéterminer, c’est agir en connaissance de cause. Pour cela, il faut vouloir réaliser ses volontés dans le monde en faisant usage de sa raison, entendue comme cognition et réflexion – la première pour se représenter les moyens d’y parvenir et la seconde pour juger de la pertinence de ces moyens. Ce second aspect est toutefois négligé au sein des sciences sociales. La faculté de juger a eu tendance à y devenir le privilège du savant au lieu d’être au pouvoir de chacun. Cet article propose un modèle de la réflexion, qui s’articule autour de quatre moments jugés nécessaires : la distanciation, la qualification, la quantification et l’abstraction. Ce modèle s’inspire principalement de l’oeuvre de Fichte et trouve une application dans celle de Simmel sur la question des pathologies liées à l’usage de l’argent. Puisque réfléchir est une performance, il est en effet toujours possible d’échouer et, en ce cas, le modèle permet d’exhiber les différents modes d’échec. Dans un dernier temps, cela conduit à ébaucher une discussion critique du paradigme cognitif – la réflexion y apparaissant comme un point aveugle – puis à se pencher sur les conséquences du modèle quant à la controverse expliquer-comprendre.

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