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Cette thèse retrace la genèse et la production d’un modèle urbain qui apparaît dans de nombreuses villes françaises au début du 21e siècle. Répondant à de multiples dénominations, comme celles d’« écoquartier » ou de « quartiers durables », des opérations urbaines lancées isolément dans les années 2000 ont acquis au cours de leur production une visée réformatrice : elles promettent de créer une mixité sociale harmonieuse, de régénérer la vie urbaine et de voisinage et de réconcilier la ville avec la « nature ». Pour ces raisons, ces quartiers sont qualifiés ici de « reconnexion ». Ils sont analysés à partir de trois projets lancés en Île-de-France (à Paris, Pantin et L’Île-Saint-Denis) au moyen d’une enquête ethnographique (entretiens, observations de longue durée, données statistiques, analyses iconographiques et documentaires) et en variant les échelles d’analyses locale, nationale (au sein du ministère du Logement) et internationale (lors d’événements comme la COP21). La thèse retrace la mise à l’agenda des nouveaux quartiers, étudie la manière dont certains d’entre eux deviennent des exemples à suivre en France et à promouvoir à l’étranger, analyse comment leurs promesses se traduisent dans les marchés fonciers et immobiliers, puis dans la conception architecturale et urbaine. L’argument est que la construction incrémentale de ce modèle urbain passe par de multiples opérations de valorisation au sein des marchés fonciers et de circulation de leurs promesses parmi les collectivités locales, les gouvernements intermédiaires et nationaux et les acteurs économiques en France et à l’étranger. La thèse entend ainsi contribuer à une sociologie économique du changement urbain, à la sociologie des promesses et de l’innovation ainsi qu’à une sociologie politique des modèles.

Les économistes et psychologues comportementaux ont identifié une série de biais cognitifs qui expliqueraient à eux seuls pourquoi nos décisions, qui devraient être toujours conformes à nos intérêts, sont souvent irrationnelles. Ils proposent que l’action publique s'appuie sur ces mêmes biais afin d'orienter nos choix, en nous considérant comme donneurs d’organes par défaut, en rapprochant les légumes et en éloignant les frites à la cantine, en collant des mouches au fond des urinoirs, en faisant sourire ou grimacer les détecteurs de vitesse ou en nous indiquant que nous recyclons moins que nos voisins. Grâce à ces « nudges », si faciles à mettre en œuvre, si peu onéreux, nous sommes incités à adopter un comportement favorable à la résolution de multiples problèmes, écologiques, sanitaires, financiers ou encore fiscaux, sans y réfléchir ni même avoir besoin d’en comprendre les enjeux. Le principal biais n’est-il pas de réduire les questions politiques et sociales à des problèmes de comportements individuels ? Cet ouvrage propose une analyse critique de ces savoirs et de leur application, et en explique le succès et les limites.

Many of today’s public policies aimed directly or indirectly at regulating the behaviors of individuals and organizations provide for the implementation of a certain type of instrument which can be qualified as a label. They share some features with what the literature tends to identify as proper standards (e.g., they aim at defining the best practices, they may represent – at least – a symbolic resource for those who adopt them), but they also have some peculiarities, which we will present here. In this paper, we propose to analyze the characteristics and dynamics underpinning this mode of governance as part of a study of two particular public policy domains chosen for their complementarity as well as their contrasts: the fight against obesity, and sustainable consumption. In both of these fields, labels have become a preferred mode of governance – and even, we might say, a kind of standard. Based on Foucault (2004), we emphasize the fact that the logics of distinction, which regulate utilities and sanctions in a particular social field, are instrumentalized by public policy as an incentive to the actors to deliberately take action whose value is endorsed by a label. Hence, the aim and outcome of this mode of governance are not the uniformity of a field, but the ongoing creation of increasingly demanding labels that only some of the participants can hope to obtain.

in Les mondes agricoles en politique : De la fin des paysans au retour de la question agricole Sous la direction de RÉMY Jacques, HERVIEU Bertrand, PURSEIGLE François, MAYER Nonna, MULLER Pierre Publié en 2010
GIRAUD Christophe
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Les mondes agricoles ont été longtemps caractérisés dans les représentations savantes ou communes par une certaine clôture sociale. Le groupe socioprofessionnel des agriculteurs était considéré comme l’un de ceux dont la reproduction s’appuie le plus sur l’héritage (encore aujourd’hui 85% des agriculteurs ont un père agriculteur) et sur l’homogamie (87% des conjointes d’agriculteurs en 1959 avaient une origine agricole). Aujourd’hui, ces mondes agricoles évoluent, sous l’effet d’une porosité plus grande avec d’autres mondes du travail mais aussi d’une plus grande sensibilité aux débats contemporains.

in Journal of Family and Consumer Sciences Publié en 2018-01
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This article deliberates on strategies of consumption governance toward more sustainable consumption. We discuss theoretical concepts stemming from various social science perspectives to (1) promote more sustainable consumption, (2) compare strategies stemming from individualist understanding of consumer behavior, and (3) call for a mix of strategies acknowledging collective dimensions of consumption to change consumer behavior in order to advance sustainable consumption. We thereby criticize overtly individualistic approaches and plea for acknowledging the collective dimensions of consumption that should be recognized in order to promote more sustainable consumption. We outline possible contributions of the collective dimensions in lifestyle movements and a mix of stakeholders that assist in achieving more sustainable consumption.

Aujourd’hui, les consommateurs ont le sentiment que le prix des produits de grande consommation a crû beaucoup plus que celui des biens d’équipement. Qu’en est-il des fruits et légumes, dont la (trop grande) cherté constitue depuis quelques années déjà une plainte récurrente ? Pour tenter de répondre à cette question, des consommateurs ont été interrogés sur la façon dont ils se construisent des repères de prix : à l’intérieur de l’offre elle-même, par rapport aux produits concurrents, en fonction des points de vente fréquentés, des messages des acteurs de la filière ou de leurs propres curseurs. Pour confronter ces propos aux actes, des acheteurs ont été suivis dans la totalité de leur parcours en magasin. Trois types d’arbitrage ont été identifiés : routine, calcul, jugement, qui peuvent s’enchaîner voire se substituer. Les fruits et légumes, contrairement à ce que laisse supposer leur « naturalité », nécessitent une expertise certaine des consommateurs. Les plus occasionnels, en déficit de points d’appui clairs, surestiment le critère prix.

in Journal of Consumer Culture Publié en 2016-03
PLESSZ Marie
GOJARD Séverine
BARREY Sandrine
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Food consumption has become the subject of many prescriptions that aim to improve consumers’ health and protect the environment. This study examined recent changes in food practices that occurred in response to prescriptions. Based on practice theories, we assume that links that connect practices with prescriptions result from evolving social interactions. Consistent with the life-course perspective, we focus on distinctions between public prescriptions and standards that individuals consider relevant to their lives. We rely on quantitative data and the results of qualitative fieldwork conducted in France. Our results suggest that consumers may change food practices when they reach turning points in their lives. They may reconsider resources, skills and standards. Middle- and upper-class individuals are more likely to adopt standards consistent with public prescriptions. Possible explanations are that they trust expert knowledge sources, their social networks are less stable and smaller gaps exist between their standards and prescriptions.

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La distribution se trouve depuis quelques temps au centre de l’actualité sociale et scientifique, comme en témoignent les travaux récents conduits sur l’aménagement des magasins, la gestion des relations avec la clientèle, l’organisation de filières de qualité en réponse à la crise de la vache folle, l’évolution des pratiques tarifaires du secteur, l’ouverture croissante des distributeurs aux pratiques de commerce équitable, le développement du commerce électronique, l’invention de nouveaux modes de distribution, etc. Paradoxalement, ces enjeux très contemporains ne se comprennent bien qu’à la lumière des travaux sociologiques et historiques non moins nombreux qui ont été simultanément consacrés à l’histoire du même secteur d’activité. Ces travaux montrent en effet que le déploiement des techniques des formes de distribution n’a rien de purement fonctionnel ou culturel, mais repose depuis les origines sur l’énergie des distributeurs, l’engagement variable des consommateurs et surtout sur la mise au point d’un ensemble d’astuces technico-organisationnelles destinées à fluidifier la relation marchande dans le commerce de détail. (Premiers paragraphes de la présentation du numéro)

Political consumerism was developed during the 19th century and expanded at the turn of the century through social movements aimed at empowering civil society in the market. Many of these movements succeeded in building power on the consumption side. Today, we still witness several forms of political consumerism. This contribution explores the possibilities and limits of consumer involvement in sustainable consumption. The main finding of this study of the political organization of consumers is that the market may not be the only arena for changing consumer behavior. Instead, social constraint and political empowerment seem to be rather more efficient.

in Proximités et changements socio-économiques dans les mondes ruraux Sous la direction de TORRE André, FILIPPI Maryline Publié en 2005
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