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Après avoir occupé une place modeste au sein des études est-européennes, les travaux consacrés à l’ethnopolitique (ethnopolitics) et aux politiques des minorités en Europe centrale et du sud-est se sont multipliés de manière spectaculaire depuis le début des années 1990. Qu’ils soient nourris par la « transitologie » ou par une abondante littérature consacrée aux « conflits ethniques », ils tendent à envisager, dans une démarche souvent normative, la diversité ethno-culturelle comme un obstacle au processus de démocratisation. Scrutés dans cette perspective, les partis « ethniques » font l’objet d’interprétations duales : si certaines analyses valorisent dans une optique multiculturaliste leurs rôles en tant que vecteurs de participation et d’intégration des groupes minoritaires dans les sociétés politiques, d’autres mettent en avant les effets délétères des processus de partisanisation de l’ethnicité sur la stabilité des Etats et de la démocratie. Informées par des représentations plutôt essentialistes des « groupes », ces lectures des identifications ethniques et de leur jeu en politique mobilisent la notion de « parti ethnique » qui se caractériserait par une extrême altérité, comparé aux organisations dites « généralistes ». A rebours de ces approches, la démarche qui guide la comparaison des trajectoires du Mouvement des droits et libertés en Bulgarie (MDL, défendant les intérêts des Turcs et des autres populations de confession musulmane) et de l’Union démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR, organisation représentant les intérêts de la population hongroise) vise à revaloriser une sociologie de l’action collective qui n’occulte pas les historicités des sociétés particulières et restitue les imaginaires sociaux comme les stratégies des acteurs. Ce, afin de montrer les conditions dans lesquelles l’ethnicité devient un vecteur de mobilisation sociale, un instrument de production de loyautés et une ressource de légitimation. Les identités ne sont pas exogènes aux processus de politisation ; elles sont redéfinies, renégociées, réappropriées (notamment) à la faveur du passage au politique. Les « partis ethniques » appellent quant à eux un travail de désexotisation, car ils n’échappent pas aux dilemmes de la représentation politique (en particulier, l’enjeu de la réponse/responsabilité, responsiveness) auxquels sont confrontées les autres formations.

Au cours de la décennie passée, une abondante littérature a cherché à élucider les conditions d'émergence et de pérennisation des partis dits « ethniques » dans les sociétés plurales postcommunistes. Le plus souvent, ces études ont imputé les succès électoraux des partis minoritaires à l'existence d'un électorat ethnique supposé captif. Mais peut-on, sans dommages pour l'analyse, postuler une excep- tionnalité des partis ethniques ? L'observation des trajectoires du MDL en Bulgarie et de l'UDMR en Roumanie invite à la prudence. D'abord, l'offre identitaire ne saurait être conçue comme une donnée fixe et pérenne. Son importance relative et les définitions - changeantes - qui en sont données reflètent la concurrence entre acteurs minoritaires, la structuration des « clivages ethniques » dans l'espace politique et les relations entre partis « généralistes » et formations minoritaires. Ensuite, le succès électoral du MDL et de l'UDMR après 1989 doit également à l'organisation de la compétition politique autour d'une opposition fondatrice anti-communistes/excommunistes (et aux politiques d'alliance qui en sont résultées), ainsi qu'à la capacité des deux formations à fournir à certains membres des minorités des perspectives de mobilité sociale inédites.

in Demokracie V Evrope Publication date 2006
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in Balkanologie Sous la direction de CAPELLE-POGACEAN Antonela, ROUSSELET Kathy Jeanne Publication date 2005-12
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La victoire surprise de Klaus Johannis au scrutin présidentiel des 2 et 16 novembre 2014 a permis à la Roumanie d’améliorer durant quelques jours son image d’enfant à problèmes de l’Union européenne. Les thèmes de la corruption ou de la marginalisation de la population rom dont la mobilité est source de phantasmes et de rejet à l’Ouest auxquels est habituellement rattaché Bucarest ont laissé la place dans les médias internationaux à d’autres propos, cette fois enthousiastes...

Publication date 2001-01-01
CAPELLE-POGACEAN Antonela
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Depuis l’arrivée au pouvoir de la droite populiste le 29 mai 2010, la Hongrie a vu son image se dégrader au sein d’une Union européenne qui doute elle-même de son avenir. L’« hétérodoxie », fût-elle partielle, de la politique économique du gouvernement de Viktor Orbán, le jeu avec les limites de la démocratie, un exercice autoritaire du pouvoir ainsi qu’une posture nationaliste très affirmée ont nourri des critiques soutenues parmi ses opposants et à l’extérieur des frontières nationales. En septembre 2011, sa rhétorique visant à justifier une mesure spectaculaire en faveur des ménages qui avaient souscrit des prêts hypothécaires en devises et à qui l’on offrait la possibilité de rembourser en une seule fois leurs crédits à un cours situé de 25% en dessous de celui du marché, nonobstant les réactions négatives des établissements financiers, éclairait encore le goût du chef charismatique de la droite hongroise pour la pose messianique et la confrontation. En pleine crise bancaire européenne, Viktor Orbán s’appropriait à sa façon manichéenne un thème qui par ailleurs ne manque guère de légitimité. « C’est l’ère des banquiers qui a ruiné l’Europe et la Hongrie (...).

in Critique internationale Publication date 2010-04
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Dans l’univers foisonnant des études consacrées aux mobilités contemporaines, les « voyages des racines » enrichissent depuis quelques années la nomenclature des pratiques circulatoires. Des personnes issues de migrations et de déplacements plus ou moins anciens parcourent des espaces construits comme « terres des ancêtres », territoires de l’affectivité chéris par la mémoire d’une famille ou d’un groupe d’appartenance. Enchantées ou désenchantées, ces traversées revêtent des formes multiples – circuits organisés, voyages en groupes, en familles ou individuels – et acquièrent une pluralité de significations intimes et publiques. Selon les contextes et les séquences, elles s’énoncent dans le langage du pèlerinage, de la commémoration, des retrouvailles familiales. Elles peuvent encore se dire comme validation d’une réussite sociale et d’une réalisation de soi et/ou comme loisir. À cette polysémie fait écho une multiplication des regards portés sur le phénomène. Les travaux consacrés aux diasporas et aux migrations envisagent ces voyages comme participant d’une logique du « retour » révélatrice de recompositions politiques et culturelles plus larges. À l’instar d’autres phénomènes qui éclairent la fabrique des liens transnationaux au temps de la globalisation, ces pérégrinations invitent alors à abandonner une lecture linéaire et téléologique des migrations, longtemps saisies comme déplacements depuis une société d’origine vers une société d’installation. De nouvelles topographies en partie communes aux configurations migrantes et diasporiques donnent à voir des « territoires de circulation » et des « parcours accidentés » qui nourrissent (ou non) des identifications multiples, enchevêtrées. [Premier paragraphe]

Dans La République mondiale des lettres publiée en 1999, Pascale Casanova éclairait déjà l’espace littéraire international comme champ de luttes et jeux de pouvoir dans une approche inspirée par Pierre Bourdieu. Publié sous sa direction, ce nouveau volume porte surcette même mondialité, observée ici depuis « l’internationale des nationalismes littéraires » [Premières lignes].

in Critique internationale Sous la direction de CAPELLE-POGACEAN Antonela Publication date 2010-04
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Dans l’univers foisonnant des études consacrées aux mobilités contemporaines, les « voyages des racines » enrichissent désormais la nomenclature des pratiques circulatoires. Ces traversées engagées par des individus issus de migrations plus ou moins anciennes qui parcourent des espaces construits comme « terres des ancêtres » revêtent des formes multiples. Enchantées ou désenchantées, elles acquièrent une pluralité de significations intimes et publiques. Elles s’énoncent dans le langage du pèlerinage, de la commémoration ou des retrouvailles familiales. Elles peuvent également se dire comme validation d’une réussite sociale, réalisation de soi et/ou loisir. Mais où sont finalement les racines, quand, pour citer l’un de ces voyageurs, le pays du revenir « est devenu élastique » ?

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