Coauthor
  • BELLONE Flora (16)
  • MUSSO Patrick (14)
  • GUILLOU Sarah (13)
  • GAFFARD Jean-Luc (10)
  • Show more
Document Type
  • Article (34)
  • Working paper (19)
  • Part or chapter of a book (8)
  • Book (2)
  • Show more
Nous analysons la convergence des systèmes industriels de l'Union européenne (UE) et la comparons à la synchronisation des cycles industriels. L'article présente d'abord plusieurs indicateurs de performance économique pour les sept économies majeures de l'UE : l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Ces indicateurs mettent en exergue une hétérogénéité prononcée. D’un côté, l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas sont apparemment « guéris » de la Grande Récession. De l’autre, l’Espagne et l’Italie présentent toujours des symptômes inquiétants avec de faibles gains de productivité du travail et un PIB qui n’a pas encore recouvré son niveau d’avant-crise. L'économie française se situe entre ces deux groupes. En utilisant des méthodologies statistiques récentes permettant de quantifier la similarité des structures productives des pays, nous examinons ensuite la question de la convergence – ou de la divergence – des pays de l'UE. Conformément aux indicateurs de performance industrielles de base, nous trouvons une fracture Nord/Sud qui s'affirme au cours du temps. Ces résultats corroborent les prévisions de Krugman (1993), selon lesquelles l’un des effets de l’initiative européenne est d'accroître la spécialisation régionale et d'augmenter les divergences de croissance entre pays. En fait, tout se passe comme si la réduction des coûts de transaction dans l'UE accentuait la concentration de l'activité industrielle hautement spécialisée en Allemagne, au détriment de ses voisins européens. En outre, en raison de l’inclusion des économies d'Europe de l'Est et du groupe des pays de Višegrad, l’économie allemande a réussi à externaliser les activités industrielles peu qualifiées, accentuant ce faisant son rôle déjà central dans l’ensemble de la chaîne de valeur européenne. Certes, ceci a généré la fracture Nord/Sud européenne. Toutefois, les effets positifs sont observables en termes de plus grande intégration économique de l’ancien bloc de l’Est, qui est maintenant bien synchrone avec l’économie allemande. Nous affirmons que cette hétérogénéité des tendances économiques et des schémas de spécialisation, couplée avec l'absence de synchronisation entre les principaux pays de l’UE, représentent un défi majeur en termes de politiques macroéconomiques. Les réformes institutionnelles, fiscales et monétaires doivent être conçues de manière à atteindre des niveaux plus élevés de coordination et d’intégration, afin de recouvrer un processus de convergence nécessaire à la stabilité économique de l'UE

L’analyse du tissu productif français mène aux conclusions suivantes : ■ Le coût du travail. La France a un coût salarial horaire voisin de celui de l'Allemagne. Le problème de la France vient davantage d’un coût du travail nettement plus élevé dans les services marchands, ces derniers étant un intrant important des industries manufacturières. L'Espagne se distingue par son entrée dans une politique de modération salariale. ■ L'investissement productif. Le volume d’investissement n’est pas en cause. C’est bien la nature de l’investissement réalisé par les entreprises qui est questionnable. L’investissement des entreprises semble notamment trop orienté vers l’immobilier, du fait de prix élevés, et non vers la montée en gamme. ■ Le positionnement en gamme. La France fait des efforts de R&D significatifs mais plus faibles que les pays les plus innovants, comme l'Allemagne. ■ La destruction créatrice. Dans l'ensemble, la vision commune qui voit en France un déficit de création d'entreprises est fausse. La France peine pourtant à renouveler en profondeur l’appareil productif du fait d'un processus concurrentiel qui avantage les entreprises déjà en place. Plus globalement, le diptyque « faiblesse structurelle des investissements productifs et en R&D–concurrence en prix de nos voisins » représente une réelle menace de décrochage de l'appareil productif français. L’économie française est « prise en sandwich » entre d'un côté une concurrence en prix croissante et d'un autre côté une anémie persistante de son effort de recherche et de ses investissements productifs. Dans ce contexte, il faut que les politiques fiscales mises en place dernièrement (CICE) se traduisent par des gains réels de compétitivité, soit via les prix pratiqués par les entreprises à court terme, soit via des investissements modernisant l'appareil productif français à plus long terme. Les futurs gouvernements devront trancher sur l’avenir du tissu productif fran- çais, entre d’un côté orienter le pays vers une économie de services aux entreprises, insérée dans la chaîne de valeur mondiale mais sans réelle spécialisation industrielle, et de l’autre, engager la spécialisation du pays vers des industries considérées comme des leviers importants de la compétitivité future du pays, comme l’énergie, l’aéronautique, et les industries liées à la santé. Une chose semble claire aujourd’hui : le redressement du tissu productif français a besoin de politiques bien plus ambitieuses que la simple mise en place d’incitations fiscales.

intr : Un accroissement de l’investissement public est maintenant proposé par de nombreuses institutions internationales pour accroître l’activité en Europe. L’investissement public adéquat augmente la croissance potentielle à long terme, l’activité à court terme et permet d’atteindre des objectifs de transition énergétique. Du fait de la faiblesse des taux d’intérêt, des projets d’investissements publics peuvent être menés sans fortement peser sur les finances publiques. Malgré ces constats, l’investissement public a reculé en France dans les années récentes de 4,2 % à 3,5 % du PIB. L’accumulation d’actifs nets atteint même un point bas à 0,2 % du PIB en 2015. ■ À long terme, les estimations des effets de l’investissement public varient du simple au double. Ces effets dépendent de manière cruciale de la sélection, de l’évaluation et de la gouvernance des projets d’investissement. Pour éviter les effets d’aubaine ou d’éviction, l’évaluation des projets d’investissement public doit être transparente. ■ Par conséquent, une hausse de l’investissement public doit au préalable identifier les projets à la fois nécessaires et utiles. Les investissements pour la transition écologique, pour une amélioration du système éducatif ou encore les infrastructures de transport dans les villes congestionnées sont des candidats naturels. Ils représentent un effort de 1 ou 2 % du PIB pendant quelques années selon l’ambition affichée. ■ À court terme, une hausse de 1 % du PIB de l’investissement public générerait une hausse du PIB de 1,1 % à trois ans et une réduction de 245 000 chômeurs si elle est financée par de la dette. Elle conduit cependant à une légère réduction de la balance courante et à un accroissement de la dette publique rapportée au PIB de 0,4 %. Une hausse de l'investissement public financée par une réduction des autres dépenses publiques conduit à une hausse du PIB de 0,4 % à trois ans. Par ailleurs, on ne trouve pas d’effet d’éviction de l’investissement public sur l’investissement privé en France sur données agrégées. ■ Un tel accroissement de l’investissement public peut être réalisé dans un cadre européen, par exemple dans le cadre du Plan Juncker, cependant les divergences de situation économique en Europe plaident pour une hausse au niveau national pour les zones géographiques qui en ont besoin. ■ Enfin, pour éviter les aspects récessifs des traités européens, l’on plaide pour l’introduction d’une « règle d’or » qui exclut certains investissements publics, notamment dans le capital humain, des règles de consolidation budgétaire.

in Revue de l'OFCE Publication date 2009-01
BELLONE Flora
MUSSO Patrick
WARZYNSKI Frédéric
1
views

1
downloads
Nous testons l’hypothèse selon laquelle plusieurs chocs structurels, macroéconomiques et sectoriels auraient joué globalement dans le sens d’un accroissement de la pression concurrentielle s’exerçant sur les entreprises françaises des secteurs manufacturiers entre 1986 et 2004. Aux chocs structurels d’intégration européenne de la mise en place du marché unique au premier janvier 1993 et de la mise en circulation de la monnaie unique s’ajoutent des chocs industriels spécifiques faisant suite à l’émergence de la Chine et de l’Inde sur la scène internationale. De manière plus générale, le processus de mondialisation s’est accentué tout au long de la période marquée par une hausse tendancielle des intensités d’importation et d’exportation dans l’ensemble des industries françaises. Nous observons que le taux de marge moyen, sur l’ensemble de la période et sur l’ensemble des industries, est de 13,8 %, ce qui est légèrement supérieur au Royaume-Uni. Nous trouvons que la mise en place du marché commun a conduit à une diminution de 4 à 5 % des marges, alors que l’entrée en vigueur de l’euro a constitué une opportunité pour les entreprises des secteurs de l’habillement et de l’automobile d’augmenter leurs marges d’environ 2 %. Les taux de marge français sont contracycliques et sont significativement déterminés par la configuration industrielle en termes d’ouverture au commerce international, de concentration industrielle et d’intensités capitalistique et technologique. Enfin, ces faits stylisés cachent une diversité sectorielle importante, qui révèle des pratiques de détermination des prix éminemment spécifiques aux secteurs.

in European Economic Review Publication date 2014-08
BELLONE Flora
KYOIKO Kyota
MATSUURA Toshiyuki
MUSSO Patrick
2
views

0
downloads
This paper provides new evidence on international productivity gaps; this evidence is obtained from large-scale firm-level data from the French and Japanese manufacturing industries using non-parametric methodologies designed to overcome confidentiality restrictions. Our primary finding is that international productivity gaps are sensitive to the export status of firms. We also show that productivity differences between French and Japanese exporters vary across export destinations. We propose a simple analytical framework to relate those basic findings to the new models of international trade with heterogeneous firms. Under this framework, international firm-level productivity comparisons provide new insights into the importance of trade-related institutional and policy differences across countries.

in Journal of Economic Behavior and Organization Publication date 2008-09
0
views

0
downloads
This paper develops a model linking firm knowledge with productivity. The model captures three characteristics of firm knowledge (capital, diversity and relatedness) that are tested on a sample of 156 of the world’s largest corporations. Panel data regression models suggest that unlike knowledge diversity, knowledge capital and knowledge relatedness explain a substantial share of the variance of firm productivity. Relatedness matters because it lowers coordination costs between heterogeneous activities. Consequently, the traditional econometric specification has repeatedly underestimated by 15 percent the overall short-run contribution of intangible assets to firm productivity. This underestimation becomes fiercer in high-technology sectors.

in Revue de l'OFCE Publication date 2015-09
GAFFARD Jean-Luc
1
views

0
downloads
L’étude empirique des zones d’emploi sur données d’entreprises montre que les performances de ces zones ne sont exclusivement attribuables ni à leur structure sectorielle ni à la phase du cycle économique. Il existe des effets propres à chaque territoire qui expliqueraient valeur ajoutée, investissement et emploi. Ces effets s’inscrivent dans un contexte de changement structurel qui se dessine au détriment des industries manufacturières et au bénéfice des activités dites de services de haute technologie.

in Revue de l'OFCE - Debates and Policies Publication date 2014-05
GAFFARD Jean-Luc
3
views

3
downloads
Real divergences in economic performances that emerge between countries belonging to the Eurozone make it necessary to define an economic policy oriented towards a re-industrialization of some regions in Europe. In a world characterized by irreversibility of investment and imperfection of market information, supply-side reforms should consist in establishing a framework aimed at supporting both competition and cooperation between the various players of innovation, and thus allowing firm strategies to be successful. This requires reconsidering both national and European policies that are growth-enhancing, that is, industrial policy, competition policy, labour policy, regional policy, and banking policy. However, any change in the industrial landscape in Europe will only be possible if a new macroeconomic policy prevents the inappropriate destruction of productive capacities.

in Revue de l'OFCE - Débats et politiques Publication date 2014-05
GAFFARD Jean-Luc
8
views

8
downloads
Les divergences réelles de performances économiques entre les pays de la zone euro rendent nécessaire de définir une politique économique orientée vers la ré-industrialisation de certaines régions en Europe. Dans un monde caractérisé par l’irréversibilité des investissements et l’imperfection des informations de marché, les réformes structurelles devraient consister à établir un ensemble de mesures destinées à soutenir à la fois la concurrence et la coopération entre les différents acteurs de l’innovation, et de permettre la réussite des stratégies des entreprises. Cela requiert de reconsidérer les politiques nationales et européennes de soutien à la croissance, c’est-à-dire, la politique industrielle, la politique de la concurrence, la politique du marché du travail, la politique régionale, la politique financière. Cependant, un changement du paysage industriel de l’Europe ne sera possible qu’à la condition qu’une nouvelle politique macroéconomique prévienne la destruction inappropriée de capacités productives.

Next