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Depuis 2009, les banques centrales achètent massivement des titres de dette publique. Cette politique d’assouplissement quantitatif (QE) a fait exploser la taille de leur bilan et certains y voient de facto une monétisation des dettes publiques. La monétisation, concept flou dans le débat public, est associée à l'image d'une banque centrale « faisant tourner la planche à billets », ce qui en pratique ne correspond pas aux opérations conduites aujourd'hui. La monétisation devrait se traduire par i) une économie d'intérêts payés par le gouvernement, ii) une création de monnaie, iii) permanente (ou durable) et iv) refléter un changement implicite de l'objectif des banques centrales ou de leur cible d'inflation. Le QE se distingue de la monétisation parce qu'il ne crée pas de la monnaie mais des réserves excédentaires. Les caractéristiques de ces réserves sont très différentes de celle de la monnaie. Elles sont soumises à un taux d'intérêt et ne circulent qu'au sein du système bancaire. Le QE permet de réduire la charge d'intérêts payée par le gouvernement mais ne modifie pas ses obligations à l'égard du remboursement de la dette. Cette politique est efficace pour limiter la hausse des taux d'intérêt souverains, notamment leurs écarts dans la zone euro, et améliorer la soutenabilité des dettes publiques. Elle montre cependant ses limites en tant qu'outil de stabilisation macroéconomique. Une politique de monétisation, qui elle crée de la monnaie, serait probablement plus efficace en termes de stabilisation de la croissance nominale. Elle requiert cependant une plus forte coordination avec la politique budgétaire, ce qui la rend plus difficile à mettre en œuvre dans la zone euro. L'annulation de dette publique détenue par les banques centrales est une autre option possible. Son objectif est de donner des marges de manœuvre supplémentaires à la politique budgétaire. Ce choix n'aurait pas d'incidence sur l'orientation de la politique monétaire. Cependant, le signal envoyé aux investisseurs est ambigu : en suggérant qu'un défaut souverain est possible, il pourrait se traduire in fine par une hausse des taux d'intérêt. L'annulation pourrait donc être contreproductive alors que les gouvernements n'ont actuellement aucun mal à financer leur dette et que les taux d'intérêts souverains sont négatifs dans de nombreux pays.

Ce travail de prévision a été réalisé sur la base d'un retour progressif à une situation sanitaire moins contrainte (i.e. des mesures prophylactiques proches de celles de l'été 2020) à partir du deuxième trimestre 2021. Dans le monde, la valeur ajoutée ne retrouvera son niveau de fin 2019 qu'à la fin 2021, après une chute de plus de 10 % au deuxième trimestre 2020, impliquant ainsi la perte de deux années de croissance du fait de la crise sanitaire. En partant de notre prévision réalisée en octobre 2019, l'évaluation de cette perte d'activité liée à la crise de la Covid-19 fin 2021 se situe entre -2 points (Allemagne et Italie) et -6 points de PIB (Espagne). Pour la Chine, la perte serait de 2,3 points de PIB. Dans les principaux pays développés, une épargne «forcée» s'est constituée durant la crise sanitaire. À la mi-2020, nous l'évaluons à près de 90 milliards de livres sterling pour les ménages britanniques soit 12 points de leur revenu disponible (RdB), à plus de 60 milliards d'euros en France et en Allemagne (respectivement 8,6 et 7,6 points de RdB) et est proche de 40 milliards d'euros en Espagne et en Italie (respectivement 10 et 6,4 points de RdB). Cette épargne moyenne cache la dynamique de la pauvreté. En France, sur l'ensemble de l'année 2020, nous prévoyons une baisse de 9% du PIB. 55% du choc serait absorbé par les administrations publiques. Les entreprises verraient leur revenu se réduire de 56 milliards (ce qui correspond à 41 % du choc) et leur taux de marge baisserait de 4,2 points de valeur ajoutée sur l'année. La baisse de revenu pour les ménage serait limitée (-5 milliards) et l'accumulation d’«épargne Covid» serait élevée, représentant 86 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2020. Pour 2020 le déficit atteindrait -8,9% de PIB, un maximum historique depuis que les comptes nationaux sont disponibles. En 2021 le déficit public s'établirait à -6,3% du PIB. Le nombre de chômeurs augmenterait de 810 000 sur l'année 2020 et le taux de chômage atteindrait 11% en fin d'année. Le chômage baisserait de 400 000 personnes en 2021 et le taux de chômage serait de 9,6 % de la population active fin 2021, soit 1,5 point de plus que son niveau observé fin 2019. Le Plan de relance améliorerait le PIB à hauteur de 1,1% pour 2021 et la croissance serait de 7%. Le calibrage budgétaire des mesures de réponse à la crise sur deux ans couvre environ 30% des pertes cumulées d'activité sur 2020-21, soit une part similaire au plan de relance de 2009-2010. En 2022, les nouvelles mesures issues du Plan de relance auraient un impact de 0,9 point de PIB sur l'activité.

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ECB’s asset purchase programmes have been implemented at different times in different economic environments and may pursue different objectives. From the point of view of removing financial fragmentation and taming sovereign stress in the euro area, the PEPP has been successful so far. Moreover, this outcome was obtained without fully using its potential resources. To date and contingent on the available set of information, the current monetary stance has not gone too far and it retains some ammunitions. This document was provided by Policy Department A at the request of the Committee on Economic and Monetary Affairs (ECON).

Depuis la prise de conscience fin février dernier de la diffusion de l'épidémie de coronavirus, l'économie mondiale a subi un choc inédit bouleversant le paradigme conjoncturel. Comme le laissait pressentir l'évolution des indicateurs infra-trimestriels, les chiffres de croissance du PIB concrétisaient déjà, dans leur version provisoire, les effets économiques du confinement sur les deux dernières semaines du premier trimestre. Toutefois, au vu du degré de sévérité des fermetures, on pourrait s'attendre à des révisions importantes du PIB à la baisse comme à la hausse. Nous évaluons ensuite l'impact de choc sur l'économie mondiale en partant des tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD). Les différentes mesures de mises en place pour le mois d'avril auraient un impact de-19 % sur la valeur ajoutée au niveau mondial. Tous les secteurs et tous les pays ne seraient pas impactés de la même manière. Au niveau sectoriel, la branche de l'hébergement-restauration enregistrerait une diminution de 47 % de sa valeur ajoutée au niveau mondial. Au niveau géographique, l'Europe serait la zone la plus touchée, notamment l'Espagne, l'Italie et la France avec des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points. Bien que l'Allemagne ait subi une baisse moins importante de l'activité, en lien avec des mesures de confinement moins restrictives dans l'ensemble, le pays souffre cependant de sa forte exposition à la demande étrangère. Cette modélisation permet ensuite de décrire l'incidence du choc d'activité sur la demande de travail pour le mois d'avril. Pourtant, si l'ajustement de la demande de travail au choc de production est très marqué, l'impact final sur l'emploi salarié apparaît in fine, au moins en Europe, faible au regard des pertes potentielles d'emplois, en raison de la mise en œuvre de dispositifs d'activité partielle similaire. En l'absence d'un tel mécanisme, les États-Unis connaissent de plus fortes destructions d'emplois salariés, qui atteignent 14,6 % de l'emploi salarié total.

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Au-delà de la stabilité des prix, les traités de l’Union européenne attribuent à la Banque centrale européenne (BCE) une série d’objectifs secondaires qui lui permettent, dans certaines limites, d’élargir le spectre de ses interventions. Se pose cependant la question de la capacité de la BCE à poursuivre effectivement ces objectifs secondaires tout en respectant son mandat initial. Nous étudions le lien existant entre la stabilité des prix et ces objectifs en vue d’établir si ces derniers sont indépendants, complémentaires ou substituables, ce qui est déterminant pour préciser la définition du mandat. Selon notre analyse, la BCE ne dispose pas d’une marge de manœuvre suffisante pour atteindre les autres objectifs dans le cadre de son mandat actuel. Nous proposons donc d’élargir le mandat afin d’y intégrer l’emploi et la stabilité financière et de renforcer la coordination avec les États membres de la zone euro pour favoriser la satisfaction de ces objectifs.

in OFCE Policy Brief Publié en 2020-06-08
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In a statement announcing the review of its monetary policy strategy, the Euro-pean Central Bank (ECB) stated that it will, in addition to price stability, also take into account how “other considerations, such as financial stability, employment and environmental sustainability, can be relevant in pursuing the ECB's mandate”. The key question is which precise objectives shall be taken into account and how the ECB might reach them, keeping in mind that some trade-offs vis-à-vis the primary objective may arise. [First paragraph]

Publié en 2020-06 Collection Monetary Dialogue Papers
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Beyond price stability, the EU Treaties assign to the ECB a range of secondary objectives. We investigate the linkages between price stability and these objectives to assess whether they are independent, complementary or substitutable, which is important to refine the definition of the mandate. Keeping the current mandate would not provide leeway for the ECB to reach other objectives. We propose to broaden the mandate to include employment and financial stability. Enhanced coordination should contribute to fulfilling the objectives. This document was provided by the Policy Department for Economic, Scientific and Quality of Life Policies at the request of the committee on Economic and Monetary Affairs.

Aux États-Unis comme en France, la crise du COVID-19 se traduit par de nombreuses mesures contraignant les activités économiques afin de limiter la propagation du virus. Il en résultera une chute du PIB, déjà entrevue au premier trimestre 2020 et qui sera fortement amplifiée au deuxième trimestre. Dans un pays caractérisé par une faible protection de l’emploi, cette récession inédite se répercute rapidement sur le marché du travail comme le reflète l’augmentation du taux de chômage passé d’un point bas à 3,5 % en février à 14,7 % en avril, soit un niveau qui n’avait pas été observé depuis 1948. Comme l’ont récemment montré pour la France Bruno Ducoudré et Pierre Madec, la crise en cours aux États-Unis devrait aussi se traduire par des inégalités et une précarité accrue. Et lee choc sera d’autant plus important que les filets de protection sociale sont moins développés aux États-Unis. [Premier paragraphe]

Publié en 2020-04 Collection OFCE working paper : 12/2020
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Is the effect of US monetary policy on stock price bubbles asymmetric? We use a range of measures of excessive stock price variations that are unrelated to business cycle fluctuations. We find that the effects of monetary policy are asymmetric so responses to restrictive and expansionary shocks must be differentiated. The effects of restrictive monetary policy are more powerful than the effects of expansionary policies. We also find evidence that the asymmetric effect of monetary policy is state-contingent and depends on monetary, credit and business cycles as well as stock price boom-bust dynamics.

In parallel with the decisions taken by the US Federal Reserve and the European Central Bank (ECB), governments are stepping up announcements of stimulus packages to try to cushion the economic impact of the Covid-19 health crisis, which has triggered a recession on an unprecedented scale and pace. The confinement of the population and the closure of non-essential businesses is leading to a reduction in hours worked and in consumption and investment, combining a supply shock and demand shock. [First paragraph]

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