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Alors que le projet de Loi de programmation pour la recherche (LPPR) n’a pas encore été rendu public, il suscite déjà d’importantes contestations. Des motions ont été prises par les instances de représentation des chercheurs et des enseignants chercheurs, des pétitions publiées et des manifestations organisées pour protester contre les orientations de la loi. Se répète une séquence désormais bien instituée depuis 2006, où la préparation et la mise en œuvre des réformes de l’enseignement supérieur et la recherche s’opèrent dans un climat de contestation. [premier paragraphe]

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Comme de nombreux pays occidentaux, la France a récemment lancé une vague importante de réformes destinées à concentrer plus nettement les crédits publics sur les « meilleurs » chercheurs, laboratoires et établissements. Ce Policy brief explore l’appropriation par les chercheurs en biologie de l’un de ces programmes, les laboratoires d’excellence (LABEX). Les résultats de cette enquête montrent que la mise en œuvre de cet instrument est difficilement réductible à des catégories binaires, comme l’échec ou la réussite. Dans bien des cas, les LABEX ont conforté des dynamiques déjà à l’œuvre, sans initier des réorientations profondes des agendas ou des pratiques de recherche quand elles ne correspondaient pas aux objectifs de ces appels à projets. Mais conclure à un échec de la mesure serait réducteur : les LABEX ont été appropriés par les biologistes, qui louent la souplesse de l’instrument et son utilité. Ils y ont trouvé paradoxalement un moyen de pallier le caractère compétitif et temporaire des financements de la recherche en biologie en faisant des LABEX un outil de réduction des inégalités et des incertitudes financières qui marquent aujourd’hui le travail de recherche en biologie.

in Handbook of Science and Public Policy Edited by SIMON Dagmar, KUHLMANN Stefan, STAMM Julia, CANZLER Weert Publication date 2019
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Since the early 1980s, New Public Management (NPM) reforms have continuously tested contemporary professions. Generalised evaluations, a push for transparency, and the introduction of market mechanisms to fund professional activity have been used by Western states to control and reduce professional power. Scholars interested in the impact of NPM reforms on professional work and power have often described the relations between professionals and managers as a battle. However, these relations have not always taken the form of a struggle. Following Freidson’s line of inquiry (1994), this chapter shows that the opposition between professions and NPM has to be revised if one wants to better understand the real transformations of scientific power and practices. Building on two historical surveys, we analyse how rules and an appeal to transparency have transformed peer review in France since the beginning of the 1960s, and we underscore the central role played by academics in these reforms.

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La création de l’INCa en 2005 marque une réorientation d’envergure des politiques de structuration de la recherche en cancérologie : elle vise, par la coordination, à en rationaliser l’organisation. Ce chapitre explore les liens existant entre l’émergence de ce dispositif de gouvernement, entendu comme l’articulation entre organisations et instruments, et la structuration d’un champ organisationnel de la recherche sur le cancer. Il explore les conséquences de la progressive centralisation du gouvernement de la recherche sur les organisations et les individus qui, dans les laboratoires et les instituts, travaillent à la production de connaissances sur le cancer. Il montre que, si la genèse de l’INCa introduit une série de déplacements dans le gouvernement de la recherche en le centralisant, elle ne parvient pas à instituer complètement un champ organisationnel de la recherche sur le cancer.

En étudiant le cas des appels d’offres Initiatives d’excellence lancés par l’État pour transformer les établissements d’enseignement supérieur en « universités de classe mondiale », cet article analyse la fabrique d’un nouvel ordre compétitif au sein du monde académique français. Ces appels d’offres instaurent une compétition entre les sites et invitent leurs établissements à transformer leur gouvernance : ils réforment ainsi les entités en compétition et les critères de hiérarchisation qui prévalent au sein du système académique français. Ce nouvel ordre produit de nouvelles inégalités qui profitent aux sites qui disposent des capacités d’action collective les plus fortes, mais aussi de caractéristiques institutionnelles qui répondent aux nouveaux critères de hiérarchisation. Pour être comprises, ces transformations doivent être envisagées comme le produit de l’articulation entre différents registres de mobilisation des instruments – la conformation, l’appropriation, la résistance – et d’interactions continues entre gouvernants et gouvernés.

Cet article s’intéresse aux contestations qu’ont générées les réformes récentes de la recherche, en prenant l’exemple des dispositifs de classements et de financement de la recherche sur projets. Ces instruments voient le jour bien avant qu’ils ne commencent à être critiqués : comment comprendre le décalage entre naissance des instruments et émergence des mouvements contestataires ? Réciproquement, la carrière de ces instruments est-elle sensible à la critique, et dans quelle mesure ? Nous montrons que l’émergence des critiques et leur influence sur les instruments s’éclairent au croisement des caractéristiques des mouvements sociaux et des reconfigurations que connaissent les instruments. Mots clés : instruments d’action publique ; financement sur projets ; évaluation de la recherche ; mouvements sociaux ; politiques de recherche

Les disciplines ont aujourd’hui mauvaise presse : souvent considérées comme le siège des conservatismes académiques et comme un frein à la valorisation des connaissances, elles sont contestées et remises en cause par le développement de programmes publics qui visent explicitement à leur dépassement (Gorga, Leresche, 2015). Promues par les pouvoirs publics, ces injonctions à aller au-delà des disciplines engagent chercheurs et enseignants chercheurs à penser projets de recherche et publications dans des catégories différentes de celles qui ont présidé à leur formation scientifique. Proclamer la fin des disciplines à la seule vue de ces injonctions réformatrices est cependant probablement prématuré. (premières lignes)

Creating the Market University d'Elisabeth Popp Berman analyse la façon dont la valorisation économique de la science académique s'est imposée comme référence légitime dans le champ universitaire états-unien. Le livre intéressera bien sûr les spécialistes de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation mais, au-delà, tous ceux et celles qui s’intéressent à la diffusion du marché dans des univers historiquement non marchands. (premier paragraphe)

in Faire la concurrence Edited by CASTEL Patrick, HÉNAUT Léonie, MARCHAL Emmanuelle Publication date 2016-05
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Tout en proposant des clefs de lecture distinctes des mondes scientifiques et de leur dynamique, les travaux de sociologie des sciences et de science studies ont souvent décrit la concurrence comme un principe d’organisation central de la communauté académique. R. K. Merton (1973) analyse ainsi comment les scientifiques sont en compétition pour obtenir la reconnaissance de leurs pairs, objectivée dans des découvertes, des prix et des publications. Principe central du monde scientifique, la concurrence est aussi régulée, chez Merton, par l’adhésion à des normes morales qui permettent d’éviter ses effets pervers, la fraude et le plagiat notamment. Tout en critiquant l’accent mis par Merton sur les valeurs et en y voyant plutôt l’expression d’intérêts situés, P. Bourdieu (1976) décrit le fonctionnement du champ académique au prisme des luttes qui opposent chercheurs et enseignants chercheurs pour l’acquisition du capital scientifique. Cette concurrence pour l’obtention de la reconnaissance et de l’estime des pairs, couplée à la valorisation de l’originalité, constitue alors l’un des ressorts de la production des connaissances en entraînant les scientifiques dans une dynamique de perpétuel renversement de l’ordre établi. Quoique dans une perspective distincte, les travaux de science studies font aussi de la concurrence un élément central de la résolution des controverses : dans celle qui oppose Hobbes à Boyle (Shapin, Schaffer, 1999) ou dans les débats entre Pasteur et Pouchet (Latour, 1989), des scientifiques, des expériences mais aussi des représentations politiques du monde sont en compétition. Ces travaux, aujourd’hui classiques, se sont, pour l’essentiel, concentrés sur les concurrences qui s’expriment au moment de la production des connaissances, de leur valorisation dans des publications ou de la revendication de la paternité d’une « découverte » scientifique. D’autres aspects de la concurrence ont été moins documentés, comme celles qui s’expriment dans l’allocation des fonds aux projets de recherche. La concurrence n’est alors plus uniquement le produit des logiques intrinsèques du fonctionnement du monde scientifique. Elle est aussi organisée et instrumentée par les pouvoirs publics pour peser sur les pratiques scientifiques, soutenir un domaine particulier ou promouvoir des coopérations inédites. La procédure des appels à projets compétitifs est un bon exemple de dispositifs organisant cette mise en concurrence : en spécifiant des critères de sélection et d’éligibilité des projets, en instituant les échéances et les épreuves qui rythment la procédure de sélection, en formalisant les règles de composition des panels de scientifiques chargés de la sélection, les appels à projets et les textes qui les réglementent organisent le processus de mise en compétition des chercheurs, des laboratoires ou des établissements. De nombreux travaux ont mis l’accent sur l’emprise croissante de ces dispositifs de financement et sur leurs effets. On connait aujourd’hui leurs conséquences sur le travail académique (Barrier, 2011 ; Schultz, 2013 ; Hubert et Louvel, 2012), sur la structuration professionnelle (Jouvenet, 2011 ; Louvel, 2011) ou sur la prise de risque scientifique (Lemaine, 1980). Le fonctionnement des comités qui sélectionnent les projets commence également à être connu. M. Lamont montre comment les cultures disciplinaires pèsent sur la définition de ce qu’est un bon projet de recherche (Lamont, 2009). Cole et ses collègues (1977) analysent la probité des évaluateurs et les éventuels biais qui peuvent affecter le processus de sélection des projets. Des études analysant les conditions de création et de fonctionnement des agences chargées de la gestion des fonds sur projets ont été également conduites (sur le cas états-unien Kleinman, 1995 ; Appel, 2000). On connait cependant moins la manière dont la mise en concurrence des projets s’installe dans le cadre de relations entre les pouvoirs publics et des membres de la communauté scientifique et la façon dont elle est outillée par la création d’instruments d’action publique. [premiers paragraphes]

in La loi Edgar Faure Edited by POUCET Bruno, VALENCE David Publication date 2016
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S'intéresser à la mise en oeuvre de la loi Faure est intéressant à plusieurs titres. D'un point de vue général, l'adoption de ce texte constitue d'abord un de ces moments - ils ne sont finalement pas si nombreux dans l'histoire universitaire française - où le ministère de l'Education nationale tente de refonder l'organisation du système universitaire par un "grand" texte de loi. En supprimant les facultés, en cherchant à promouvoir des établissements pluridisciplinaires, en créant des Unités d'Enseignement et de Recherche (UER), la loi Faure tente de s'écarter du modèle disciplinaire qui a en France longtemps prévalu dans l'organisation de l'enseignement supérieur français. (premières lignes)

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