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Compte rendu de l'ouvrage "Dans la détresse. Une anthropologie de la vulnérabilité", de Michel Naepels, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2019.

Rarement un phénomène aura rassemblé en si peu de temps l’énergie de tant de chercheurs à travers le monde, toutes disciplines confondues. Il suffit pour s’en convaincre de consulter l’une des bases de données développées pour inventorier les projets de recherche relatifs à la maladie provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 (Covid-19) engagés dans le monde depuis le début de la pandémie. Par exemple, le World Pandemic Research Network (WPRN)1 recensait déjà en septembre 2020 six cent trente-trois projets de sciences sociales sur la Covid-19. Cet article s’inscrit dans cette importante masse d’écrits et met à profit, dans le contexte actuel marqué par la circulation du coronavirus, les savoirs et les cadres habituellement mobilisés par l’anthropologie des catastrophes pour penser cette situation particulière. Il propose de mettre l’épidémie actuelle en perspective à partir de travaux de recherche sur les catastrophes dites « naturelles », leur gestion, leur appréhension et leur compréhension en Amérique latine...

Rara vez un fenómeno ha reunido la energía de tantos investigadores de todo el mundo en todas las disciplinas en tan poco tiempo. Consultar a una de las bases de datos que identifican proyectos de investigación relacionados con el coronavirus SARS-CoV-2 (Covid-19) que se están desarrollando en el mundo desde el comienzo de la pandemia es estar convencido de ello. Por ejemplo, la Red Mundial de Investigación Pandémica (WPRN)1 ya enumeró seiscientos treinta y tres proyectos de ciencias sociales sobre Covid-19 a partir de septiembre de 2020. Este artículo forma parte de esa importante masa de trabajos y utiliza, en el contexto actual marcado por la circulación del coronavirus, el conocimiento y los marcos generalmente movilizados por la antropología de los desastres para pensar esta situación particular. Propone poner la epidemia actual en perspectiva, a partir de las investigaciones sobre los llamados desastres «naturales», su gestión, aprensión y comprensión en América Latina...

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À partir d’une enquête ethnographique menée en Colombie sur le cas du fleuve Atrato, déclaré sujet de droits en 2016 par la Cour constitutionnelle, l’auteure de cet article analyse ce que cette décision produit localement. La perspective adoptée la resitue dans le prolongement du processus historique de la construction des Indiens et des « communautés noires » comme protectrices de l’environnement. L’analyse du texte juridique montre comment les magistrats tissent ensemble les mots des habitants, ceux des diverses disciplines scientifiques – et notamment l’anthropologie –, avec les références juridiques. La description de la mise en oeuvre de la décision met ensuite en lumière que la production d’un tel agencement ne se fait pas uniquement sur la base d’accords et d’harmonies, mais aussi de dissonances et de frictions.

SIAA Speakers' Corner n.3 -- In her latest book “Disasterland. An Ethnography of the International Disaster Community” (Palgrave Macmillan 2020), Sandrine Revet analyses the making of the international world of ‘natural’ disasters by its professionals. Through a long-term ethnographic study of this expert arena, she unveils the elements necessary for the construction of an international world for governing potential risks and upheavals: a collective narrative, a shared language, and standardized practices. The two main framings that these experts use to situate themselves with regards to an over pending disaster are preparedness and resilience. Analyzing these two action devices and intervention logics, she argues that the making of the global world of Disaster Risk Reduction reveals how heterogeneous, conflicting, and often competing elements are put together, and their effects in the long term. In this webinar, these ethnographic lenses will be the starting point for exploring how the current pandemic is being internationally framed, and what the COVID-19 emergency can tell us about our possibilities for action in response to future outbreaks.

Publié en 2020-05 Collection The Sciences Po Series in International Relations and Political Economy
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This book analyses the making of the international world of ‘natural’ disasters by its professionals. Through a long-term ethnographic study of this arena, the author unveils the various elements that are necessary for the construction of an international world: a collective narrative, a shared language, and standardized practices. The book analyses the two main framings that these professionals use to situate themselves with regards to a disaster: preparedness and resilience, arguing that the making of the world of ‘natural’ disasters reveals how heterogeneous, conflicting, and sometimes competing elements are put together.

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In her book "Disasterland. An Ethnography of the International Disaster Community" (Palgrave Macmillan, June 2020), Sandrine Revet studies what occurs behind de scenes of “natural” disasters and more precisely behind the scenes of the social world of “natural” disasters. The anthropologist offers an ethnography of the world of professionals working on so-called “natural” disasters. Sandrine Revet presents her approach and her research background. Interview by Miriam Périer, CERI.

in Les Dossiers du CERI Publié en 2020-04-20
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Le monde traverse aujourd’hui une crise sanitaire d’une extrême gravité. La moitié de la population terrestre est confinée pour tenter d’endiguer la progression du Covid-19, maladie très contagieuse et mortelle à ce jour pour les plus âgés et les plus fragiles d’entre nous. Le CERI, lui aussi en plein confinement, vous propose un Dossier sur la crise sanitaire. Celui-ci comprend des articles de nos chercheurs sur des pays ou des régions du monde spécifiques (Chine, Italie, Amérique latine, Inde) mais également des textes plus transversaux qui portent sur les questions éthiques ou les enjeux internationaux que la situation actuelle soulève. Propos recueillis par Miriam Périer

in Les gestions des transitions. Anticiper, subir, réagir, planifier Sous la direction de PADOVANI Florence, LYSANIUK Benjamin Publié en 2019-11
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Que se passe-t-il dans le sillage d’une catastrophe ? Comment les humains font-ils face à ces bouleversements que la situation de choc les oblige à appréhender ? C’est à ces questions que l’anthropologue qui enquête sur un terrain « catastrophé » tente de répondre. Ce faisant il ou elle s’inscrit dans une tradition de travaux qui s’intéressent aux changements sociaux provoqués par les catastrophes, et se dégage d’une inquiétude qui a longtemps animé les travaux en sciences sociales qui se centraient sur le moment même du choc, dans la lignée des "Disasters studies" nord-américaines La temporalité de son enquête s’élargit, embrassant dès lors non plus seulement le moment de la catastrophe, mais un temps plus long, difficile à borner, entre l’événement lui-même et un « après » où celui-ci, progressivement intégré par la société, se dissout dans le quotidien. Non pas un « retour à la normale », puisque ce dernier n’existe que dans une lecture linéaire et systémique des catastrophes, mais un moment qui voit l’événement infuser des pratiques quotidiennes et routinières. C’est sur ce moment d’entre-deux, que la notion de « transition » proposée par les directeurs de l’ouvrage tente de désigner, que se centre cet article.

À partir de l’ethnographie menée au cours des deux procès pénaux qui se sont déroulés en 2014 et 2015 suite à la catastrophe provoquée par la tempête Xynthia en France, l’article s’intéresse aux différents usages qui sont faits des témoignages des victimes dans le tribunal pénal. Il montre en premier lieu que la mobilisation de ces témoignages ne se fait pas sans une certaine appréhension de la part des acteurs judiciaires, qui conduit à des formes d’encadrement de la parole. Il montre ensuite que la parole des victimes sert deux dimensions principales du procès. La première est juridique et concerne la caractérisation de la faute. La seconde peut être qualifiée de morale et tend à mesurer l’écart entre le comportement des prévenus et un idéal moral constitué collectivement au cours du procès. On voit enfin que les victimes elles-mêmes élaborent des attentes vis-à-vis de ce que la justice doit faire de leur parole.

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