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When activation is an essential cog in public policies, looking for a job is top priority for the jobless, and becomes their professional occupation. Job search experience is studied here in the light of the institutional norms and prescriptions that frame it. Our fieldwork has focused on the supposed correspondence between these two, since our interviewees were formerly-unemployed people who have managed to land relatively long-term positions. Three results were identified: first, their experiences espouse a self-help model; second, in spite of compliance with this model, the search is jeopardized by its uncertain outcome, and third, an alternative model has emerged, characterized by job search limitations in the emotional, temporal and behavioral registers. These adjustments deviate from institutional standards yet are nonetheless the result of thoughtful and personal management, i.e. of applying a principle of self-discipline that is paradoxically in line with the institutional model of job search.

Gouvernantes, majordomes, nannies ou cuisiniers travaillent au quotidien pour des familles très fortunées à l’entretien de leurs domiciles et à l’organisation de leurs vies. Leurs situations de travail, qui impliquent de servir à temps plein chez leurs employeuses.eurs, et souvent, d’y dormir et d’y vivre, échappent aux formes standard de l’emploi. Comment le rapport de travail domestique se construit-il dans l’espace intime des maisons ? En mobilisant les outils de la sociologie du travail, et à l’appui d’une enquête multisite conduite auprès des différentes populations impliquées dans le rapport de travail domestique - employé.e.s, employeuses.eurs et agents intermédiaires de leur relation -, cette thèse explore les différentes dimensions de ce rapport et les manières dont les employeuses.eurs et les employé.e.s investissent leurs rôles professionnels. La thèse discute l’hypothèse selon laquelle les dimensions du rapport de travail sont plurielles, et que leurs combinaisons donnent lieu à un panel de situations où se jouent des rapports de pouvoir et des négociations aux issues variées. Elle montre à quelles conditions servir chez les grandes fortunes peut être source de rétributions symboliques et matérielles pour les employé.e.s. Néanmoins, pour servir dans les mondes de la richesse et espérer en tirer profit, les employé.e.s doivent jouer le jeu de la servilité et accepter l’ordre social qui les infériorise par rapport à leurs employeuses.eurs. De leur côté, ces dernières.iers euphémisent largement la dimension salariale qui les lie à leurs employé.e.s et peinent à se concevoir comme des employeuses.eurs. Au-delà de la pluralité des rapports de domesticité constatées empiriquement, la thèse met en évidence que leurs conditions de production reposent sur leur caractère discrétionnaire et informel et le rejet des institutions tierces existantes qui proposent de les réguler.

in Temporalités Publication date 2019-10
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Si l’objet « travail » peut se prévaloir d’une longue tradition en études temporalistes inaugurée en France par Georges Friedmann, Pierre Naville et William Grossin, c’est moins le cas pour l’emploi et moins encore pour la privation d’emploi. À l’heure où le chômage est devenu un puissant marqueur des carrières d’emploi, des politiques publiques ou encore des rapports au travail, il est utile d’actualiser les connaissances sur les temporalités du chômage et d’en explorer les facettes et enjeux. Dans les sociétés où l’activité professionnelle est centrale, la privation d’emploi est une situation à part et disqualifiée, et qui oblige en conséquence à se confronter à la question de sa durée et de son terme (la sortie du chômage). Le chômage est, en quelque sorte, une affaire de temps. [premier paragraphe]

Edited by DEMAZIÈRE Didier, MORRISSETTE Joëlle, ZUNE Marc Publication date 2019
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Ce livre montre en quoi le travail est un espace majeur de socialisation professionnelle. Celle-ci ne se limite pas aux moments de formation, initiale ou continue. Et si elle est apprentissage de compétences, de savoir-faire, d’habiletés et d’expertises, elle est tout autant expérimentation de référentiels implicites, de problèmes concrets à résoudre, de normes tacites, de systèmes de valeurs, caractéristiques d’un métier ou d’un monde professionnel. La question traitée ici est la suivante : comment devient-on un travailleur sachant travailler dans un milieu spécifique, maîtrisant des tâches particulières, contribuant à une activité distribuée, inscrit dans une division du travail, reconnu par autrui ? Pour y répondre, des professionnels variés sont étudiés : contrôleurs du service public de l’emploi, ingénieurs et experts en environnement, enseignants de différents niveaux, élus engagés dans la politique locale, personnels des soins infirmiers, apprentis dans des activités tertiaires ou industrielles. Chaque fois les enquêtes sont centrées sur celles et ceux qui débutent dans le métier, découvrent un cadre de travail inconnu, investissent de nouvelles fonctions. L’étude des chocs et épreuves rencontrés par ces professionnels en devenir met en évidence une socialisation fluide et diffuse. Celle-ci est aussi décrite comme une activité collective et bricolée, à laquelle participent activement, outre les professionnels eux-mêmes, de nombreux partenaires de travail : des pairs, alliés ou concurrents, des supérieurs hiérarchiques, des experts, des mentors, des clients ou usagers, etc. (résumé de l'éditeur)

Privés d’emploi, les chômeurs sont aussi privés des cadres temporels fournis par l’activité professionnelle. Partant de ce constat, nombre d’enquêtes ont associé la condition de chômeur à un temps excédentaire, gagné par l’ennui ou le découragement, et vide de sens. À rebours de cette perspective, nous avançons que l’expérience du chômage est marquée par un temps prescrit : celui de la recherche d’emploi. Nous sommes alors conduits à examiner l’hypothèse d’une pluralité des temporalités organisant la condition de chômeur. Pour cela nous avons mené l’enquête auprès de chômeurs qui ne sont pas parvenus à satisfaire les obligations de recherche d’emploi et ont été sanctionnés. Nous montrons alors les tensions, jusqu’à la rupture, entre deux équations temporelles, l’une définie par l’imprévisibilité et le débordement du temps vécu de la vie quotidienne et l’autre caractérisée par la pression et la rationalisation du temps prescrit de la recherche d’emploi.

Depuis les années 1970, le salariat à temps partiel s’étend sur les marchés de l’emploi allemand et français. Le rôle joué par l’intermédiation publique dans ce phénomène constitue l’objet de cette thèse. Nous l’étudions de manière comparative par l’immersion ethnographique dans quatre agences, par une analyse quantitative portant sur 2000 offres stockées et par une enquête socio-historique sur les dispositifs d’indemnisation. Grâce à ce matériau, nous mettons au jour les transactions temporelles auxquelles sont exposés les chômeurs durant leur traitement institutionnel. Au sein des agences d’intermédiation, les heures recherchées par les chômeurs jouent le triple rôle d’outil de gestion, d’outil d’intermédiation et d’outil d’arbitrage marchand. Elles sont mobilisées, manipulées et négociées durant les entretiens en face-à-face auxquels sont convoqués les chômeurs. Au terme des interactions, de nombreux profils de recherche sont révisés, en abaissant le nombre d’heures d’emploi souhaitées. Ce rationnement du temps d’emploi est organisé autour de trois modes de régulation, inégalement présents sur les différents terrains : une régulation par l’indemnisation-chômage, une régulation par les pratiques professionnelles des conseillers et une régulation par les progiciels informatiques d’appariement. Le temps d’emploi souhaité par les chômeurs apparaît ainsi comme un objet d’action publique. À partir de nos résultats empiriques, nous montrons que les logiques sociales de la rencontre bureaucratique établissent un lien étroit entre les ressources mobilisables dans l’interaction et les positions envisageables sur le marché de l’emploi. De plus, cette thèse présente les guichets d’intermédiation comme un niveau de régulation de l’emploi à part entière.

Non qualifié, travail non qualifié, salariés non qualifiés, main-d’œuvre non qualifiée, emplois non qualifiés, chômeurs non qualifiés, jeunes non qualifiés. La liste est longue des usages de cette expression, qui circule dans l’espace public où elle semble frappée du sceau de l’évidence. Elle alimente nombre de discours portant sur le travail contemporain : annonces de la montée en gamme des compétences et de la disparition du travail non qualifié (les nouvelles technologies le balaieraient à terme), identification de celui-ci comme source d’un chômage persistant (les chômeurs compteraient trop de non-qualifiés), effritement des qualifications avec le développement de la polyvalence (nombre de métiers seraient frappés de déqualification), etc. La diffusion de cette thématique de la non-qualification justifie que l’on fasse retour sur cette question. (Premier paragraphe de l'article)

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Cet article examine les évolutions contemporaines du chômage à partir de la délimitation de ses frontières. Cette perspective s’appuie sur les acquis des analyses socio-historiques en vue de montrer le caractère évolutif, fluctuant ou processuel de ses frontières. Partant de l’hypothèse que le travail des frontières du chômage est dual, l’analyse porte tour à tour sur sa dimension institutionnelle et biographique. La première met l’accent sur la dynamique des normes et règles au principe de la délimitation des statuts et de la régulation de l’accès à des ressources matérielles (indemnisation, mesures de la politique de l’emploi) notamment. La seconde privilégie les expériences et identifications alimentant les significations investies dans la condition de chômeur (appartenance, revendication identitaire) et les projections d’avenir (positions accessibles valorisées). Ces deux types de frontières évoluent dans des directions contradictoires, respectivement de rétrécissement et d’élargissement du chômage. Aussi, ces mouvements opposés conduisent à interroger l’endurance de la catégorie même de chômage.

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Le spectre du dopage resurgit avec chaque grand événement sportif. Celui-ci mêle, de façon quelque peu schizophrène, célébration d’une éthique méritocratique fièrement affichée et rumeurs plus ou moins sourdes de tricheries et de manquements à cet idéal. (Premier paragraphe)

in Travail et emploi Edited by DEMAZIÈRE Didier, MARCHAL Emmanuelle Publication date 2018
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Non qualifié, travail non qualifié, salariés non qualifiés, main-d’œuvre non qualifiée, emplois non qualifiés, chômeurs non qualifiés, jeunes non qualifiés. La liste est longue des usages de cette expression, qui circule dans l’espace public où elle semble frappée du sceau de l’évidence. Elle alimente nombre de discours portant sur le travail contemporain : annonces de la montée en gamme des compétences et de la disparition du travail non qualifié (les nouvelles technologies le balaieraient à terme), identification de celui-ci comme source d’un chômage persistant (les chômeurs compteraient trop de non-qualifiés), effritement des qualifications avec le développement de la polyvalence (nombre de métiers seraient frappés de déqualification), etc. La diffusion de cette thématique de la non-qualification justifie que l'on fasse retour sur cette question. [premier paragraphe de l'introduction]

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