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Jeanne Lazarus détaille son analyse sociologique du PGE, instrument de politique économique de l’État face à la crise. Elle interroge ce prêt de trésorerie au cœur de l’enjeu de la définition des banques entre service public et service marchand. Avec le PGE, il a été demandé aux banques de suspendre temporairement leurs logiques et leurs mesures habituelles du risque et d’être civiques, dans les limites de ce que peuvent faire des entreprises marchandes.

L’ouvrage de Fabian Waßer est issu de sa thèse de doctorat en histoire, réalisée dans le cadre du projet »Compétition entre universités aux XIXe et XXe siècles en Allemagne« de la Ludwig-Maximilians-Universität de Munich, financé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG). Dans un premier chapitre introductif (chap. 1), l’auteur expose son ambition: il se propose, par le biais d’une »coupe longitudinale historique du XVIIIe siècle aux années 1980«, de »montrer que les universités allemandes ont entretenu entre elles des relations de concurrence variées depuis la fin des Lumières« (p. 8). Pour ce faire, il s’appuie tout au long de l’ouvrage sur le modèle de la concurrence triadique du sociologue Georg Simmel1, mobilisant les concepts de »primes« (Prämien, les ressources que se disputent les universités) et de »tiers« (Dritte, les arbitres de la compétition qui les voient s’affronter) pour identifier et caractériser ce qu’il nomme les constellations concurrentielles (Konkurrenzkonstellationen). [premier paragraphe]

Comment les médecins établissent-ils un diagnostic ? Consacré à la détection de l’autisme chez les enfants vivant en Suisse romande, l’article d’Audrey Linder et collègues pointe deux éléments de changement dans ce domaine : la plus grande précocité du diagnostic et l’introduction d’outils standardisés. Au-delà, et plus généralement, il présente un cas d’étude très intéressant pour comprendre les conditions dans lesquelles le travail diagnostique est réalisé aujourd’hui. Le plus frappant dans l’article est que les médecins interviennent dans un environnement « surpeuplé » d’acteurs, humains et non-humains, qui contribuent à la construction des décisions d’une manière ou d’une autre, qu’il s’agisse des patients, de leurs familles, d’autres professionnels, de représentants associatifs, de référentiels administratifs, d’outils de dépistage ou encore de recommandations de santé publique. À cet égard, le champ de l’autisme est similaire à beaucoup d’autres, par exemple ceux du cancer ou de la gérontologie. En m’appuyant sur l’article d’Audrey Linder et ses collègues (et coll. vaut pour collaborateurs) et sur d’autres travaux, je propose de réfléchir ici aux transformations contemporaines du travail diagnostique et à leurs conséquences sur l’autonomie du jugement professionnel.

Several authors have described contemporary purchasing and consumption behavior as part of a “throwaway society.” Broader movements around environmental and consumer issues try to offset this process. Among these movements, Repair Cafés—places where volunteers help people repair their household items for free—are an interesting vantage point to study how a different relationship to objects can be transmitted by practicing repair. By conducting qualitative field observations, semi-structured interviews and quantitative questionnaires in three French Repair Cafés, I show that these organizations, which are intended to be places of learning, aimed at empowering individuals to deal with their household goods by teaching them repair techniques, cannot help but drift toward a logic of service, where audiences play the role of consumers rather than learners. But I argue that this service relationship has the advantage of attracting many individuals who are not familiar with the issue of product durability, and of socializing them, through concrete practice, to a new reflex of repair.

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1ères lignes : Le concept de rationalisation occupe une place centrale dans les travaux de Max Weber. Dans les écrits du sociologue allemand, il est à rattacher à une famille de mots construits à partir d’une racine commune, celle de ratio-raison. L’index des œuvres complètes de M. Weber (Baier, Hübinger, Rainer Lepsius, Mommsen, Schluchter & Winckelmann, 1984-2020) recense six occurrences principales (rationalité, irrationalité, rationnel, rationalisme, rationalisation, irrationalisation) auxquelles sont associées de nombreuses qualifications. Dans cet ensemble singulier, le terme « rationalisation » représente à lui seul le tiers des occurrences. Une rapide exploration du corpus des mots-clés montre également que les usages du concept ont été très inégaux. Absent des premiers travaux de M. Weber, l’expression fait une timide entrée dans les écrits consacrés à la méthodologie des sciences sociales. L’utilisation s’intensifie ensuite, principalement dans les travaux dédiés à la musique, au droit et à l’éthique économique des grandes religions. La carrière du concept est également liée aux préoccupations qui, selon Marianne Weber (1984 [1926]), deviennent prioritaires pour son époux à partir des années 1910 : celles relatives à la singularité de la civilisation occidentale regardée du point de vue de la rationalisation. Pour alimenter une telle interrogation, Max Weber a notamment, mais non exclusivement, associé la rationalisation à un modèle de développement historique marqué par la prédominance de l’action rationnelle par rapport aux moyens, elle-même orientée par des normes et régulations toujours plus formalisées et abstraites…

in Les marchés de la santé en France et en Europe au XXe siècle Sous la direction de VALAT Bruno Publié en 2021-03
CAROF Solenne
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Cette étude entend analyser la dynamique de formation et d’institutionnalisation des marchés d'alicaments, aux frontières du médicament et de l’aliment, en France depuis le début des années 1990. En nous appuyant sur les importants apports de l’histoire et de la sociologie économiques , nous entendons montrer en quoi la qualification de ces produits comme des médicaments, des aliments ou des compléments alimentaires et l’évaluation de leurs bénéfices et de leurs risques pour la santé a d’importantes conséquences sur l’organisation de leurs marchés et sur les valeurs qui leurs sont prêtées. Les « alicaments » constituent des objets d’étude particulièrement intéressants pour interroger ces liens entre les processus de sanitarisation du marché , visant à faire du marché le support d’une promotion de la santé publique, et de marchandisation de la santé, visant à faire de la santé publique un vecteur d’organisation et de valorisation marchandes. En effet, ces produits ont remis en cause les frontières érigées tout au long du vingtième siècle entre le marché des médicaments, dont la fonction première serait de soigner des personnes malades et celui des aliments, dont la fonction première serait de répondre aux besoins nutritionnels de personnes en bonne santé. Cette contribution entend précisément interroger ces « jeux aux frontières » auxquels se sont livrés les industriels et les autorités de régulation pour « (re)qualifier » ces produits et ainsi « (re)-structurer » les marchés sur lesquels ils circulent.

in Délibérée Publié en 2021-03
RAFIN Nicolas
STEINMETZ Hélène
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Cet article analyse la place de l'Etat dans l'institutionnalisation renouvelée de "la famille". Il souligne les contradictions et les limites de cette action publique, en termes de violences de genre, d'inégalités économiques et d'assignations statutaire.

Publié en 2021-03 Collection Débats et enjeux (Université de Laval, partenariat de recherche Séparation parentale, recomposition familiale) : 9
BOUCHARD Joanie
LAVOIE Kévin
CÔTÉ Isabel
GIROUX Michelle
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Cet article analyse les rapports au droit et à la justice des parents LGBTQ+ vivant au Québec, tels qu'ils se nouent au moment des séparations conjugales. Il souligne que la porté et les limites de la politique d'inclusion vis à vis de ces parents, engagés depuis le début des années 2000 dans cette province canadienne.

in L’Année sociologique Sous la direction de BEZES Philippe, BILLOWS Sebastian, DURAN Patrice, LALLEMENT Michel Publié en 2021-03
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Publié en 2021-03
VATIN François
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On considère avec nostalgie les Trente Glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l'abondance économique, alors qu'il fallait d'abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d'inconscience. Aussi, l'architecture et l'art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés. Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l'urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l'industrie dans les représentations de cette époque. Contre l'opposition romantique du beau et de l'utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles et constituer un objet d'intérêt pour l'art. La démocratisation du beau exigeait qu'il s'impose dans les lieux de travail. Inversement, l'expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l'inspiration artistique. Réunissant vingt-quatre spécialistes qui croisent leurs multiples terrains, cet ouvrage vise, non à défendre l'esthétique des Trente Glorieuses, mais à la restituer dans sa complexité. Il invite le lecteur à regarder un peu différemment un passé trop proche pour qu'on puisse encore pleinement l'estimer.

in New Genetics and Society Publié en 2021-02
BOURRET Pascale
CAMBROSIO Alberto
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This Special Issue (SI) on “Organizing precision oncology” features a number of articles initially presented at an International Workshop on “Organizational and epistemic innovation in precision cancer medicine” that took place in November 2018 in Paris. The Workshop was convened to mark the conclusion of a project supported by the French National Cancer Institute (INCa), entitled “Targets and trials: A sociological investigation of personalized cancer medicine in action (PERSONA).” The papers included in the SI investigate the implementation of precision oncology by focusing on the nexus between organizing and experimenting. The SI thus includes contributions that interface Science & Technology Studies (STS) and Organization Studies to analyze how clinicians and researchers deploy genomic platforms and the socio-technical and organizational arrangements that act as a condition of possibility for the performance of this new kind of clinical medicine.

in Revue Projet Publié en 2021-02
SERVE Stéphanie
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Pendant la pandémie, l’usage du crédit et la création d’un dispositif exceptionnel ont permis de soutenir les entreprises. Mais, dès à présent, le retour à des pratiques bancaires classiques semble inéluctable… (chapo)

in New Genetics and Society Publié en 2021-02
BOURRET Pascale
CAMBROSIO Alberto
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This Special Issue (SI) on “Organizing precision oncology” features a number of articles initially presented at an International Workshop on “Organizational and epistemic innovation in precision cancer medicine” that took place in November 2018 in Paris. The Workshop was convened to mark the conclusion of a project supported by the French National Cancer Institute (INCa), entitled “Targets and trials: A sociological investigation of personalized cancer medicine in action (PERSONA).” The papers included in the SI investigate the implementation of precision oncology by focusing on the nexus between organizing and experimenting. The SI thus includes contributions that interface Science & Technology Studies (STS) and Organization Studies to analyze how clinicians and researchers deploy genomic platforms and the socio-technical and organizational arrangements that act as a condition of possibility for the performance of this new kind of clinical medicine.

Cet article porte sur les formes de résistance à l’œuvre dans une industrie pourtant régulièrement analysée comme propice à des modes d’engagement dans le travail marqués par une subordination totalisante, le développement de jeux vidéo. Pour saisir les ressorts de la parole critique, et ses modalités singulières d’expression, on montre l’intérêt de partir de l’expérience de travail et des différents processus qui la dévalorisent aux yeux de salariés qualifiés du numérique. Leurs pratiques, qu’elles passent par de nouvelles exigences prescriptives ou par la modulation de leur engagement, s’inscrivent dans une dynamique de réévaluation de l’activité. Contrairement aux approches principales des résistances au travail, qui leur prêtent un ressort générique (inhérent à la condition humaine ou à la subordination salariale), on fait ici du motif contestataire l’objet de l’enquête. Il s’agit de comprendre, en contexte, les épreuves auxquelles répondent les pratiques subversives, et ce que ces dernières proposent et défendent.

A neo-structural approach to social phenomena can contribute to the current discussion of artificial intelligence (AI) and the social changes that it brings to society. Using the notion of appropriateness judgement, we examine the difference between online advice seeking from an AI and advice seeking among colleagues at the workplace, the latter defined by its own structural and cultural constraints on interactional and relational activity. Based on the difference between these ways of seeking advice, we coin ‘perplexity log’ to be the record of all queries an AI receives from any person/citizen and look at how these logs are likely to be used for epistemic domination in society. We then use the notion of multilevel recursive synchronization of individual behaviour and collective agency to speculate about the strengths and weaknesses of algorithmic regulation.

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La loi de 1841 occupe un statut ambivalent dans l’histoire du droit social : reconnue comme pionnière, elle est souvent aussi décrite comme inapplicable. Cependant, un principe a été posé, selon lequel il n’est pas normal, voire il est intolérable, que des enfants travaillent dans des usines. Sur quelles bases cette idée qu’il est légitime de faire une loi sur certaines situations de travail s’est-elle imposée ? Tout d’abord, il faut souligner que ce basculement n’intervient qu’après de longs débats. Ensuite, l’intervention du comte Charles de Montalembert permet de comprendre deux éléments qui l’expliquent. D’une part, il s’agit d’une loi qui ne s’applique qu’à la grande industrie – dont Montalembert fait le procès – et pas au travail en général. D’autre part, les partisans de la loi ont été convaincus par un mélange d’arguments statistiques et émotionnels, qui reste caractéristique jusqu’au début du XXe siècle des discussions autour de la « question sociale ».

The picture chosen for the cover of Connections, produced by Julien Brailly et al. (2016) and David Schoch (2020), visualizes multilevel networks of individuals and organizations as superposed levels of collective agency. This short paper specifies the characteristics of this format of network data, provides and example, summarizes the usefulness of this format in the study of the organizational society and provides a go-to list of network analytical routines, as well as network statistics models that can be used to analyze such data.

in Computational Statistics and Data Analysis Publié en 2021-01
CHABERT-LIDDELL Saint-Clair
BARBILLON Pierre
DONNET Sophie
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A multilevel network is defined as the junction of two interaction networks, one level representing the interactions between individuals and the other the interactions between organizations. The levels are linked by an affiliation relationship, each individual belonging to a unique organization. A new Stochastic Block Model is proposed as a unified probabilistic framework tailored for multilevel networks. This model contains latent blocks accounting for heterogeneity in the patterns of connection within each level and introducing dependencies between the levels. The sought connection patterns are not specified a priori which makes this approach flexible. Variational methods are used for the model inference and an Integrated Classified Likelihood criterion is developed for choosing the number of blocks and also for deciding whether the two levels are dependent or not. A comprehensive simulation study exhibits the benefit of considering this approach, illustrates the robustness of the clustering and highlights the reliability of the criterion used for model selection. This approach is applied on a sociological dataset collected during a television program trade fair, the inter-organizational level being the economic network between companies and the inter- individual level being the informal network between their representatives. It brings a synthetic representation of the two networks unraveling their intertwined structure and confirms the coopetition at stake.

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En moins de quinze ans, 39 établissements se sont engagées dans des fusions qui ont abouti à la création de douze nouvelles universités. Cette vague de regroupements entre institutions d’enseignement supérieur n’est pas propre à la France et a été observé dans de nombreux autres pays, mais aussi dans d’autres secteurs ayant des missions publiques, comme les hôpitaux par exemple (Kitchener et Gask, 2003). Elle est fréquemment interprétée comme une conséquence des réformes liées au nouveau management public (NPM) et à la volonté de contrer les effets d’éparpillement et de spécialisation que la promotion d’organisations centrées sur un objectif très précis dans un premier temps du NPM avait favorisés (Christensen et Laegreid, 2011). Si la montée en puissance de cette doctrine dans la France des années 2000 (Jeannot et Bezes, 2016), et en particulier dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, n’est pas totalement sans lien avec cette vague de fusions, ces dernières se distinguent cependant de celles menées dans d’autres pays ou d’autres secteurs par plusieurs traits que je rappellerai dans un premier point. Puis présenterai les trois points saillants que les recherches présentées dans cet ouvrage permettent de mettre en lumière quant aux modalités de mise en oeuvre et aux effets de ces fusions. [premier paragraphe]

in Digital Transformations in the Challenge of Activity and Work: Understanding and Supporting Technological Changes Sous la direction de BOBILLIER CHAUMON Marc-Eric Publié en 2021-01
BIDET Alexandra
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Attentive to the motives for commitment in work, this chapter points out the ambivalence of video game workers towards their digital, creative and collective work. After having exposed the mode of division of this complex digital work, we show the possibilities of exploration and management of its contingencies offered to the employees by the chronic indeterminacy of the manufactured product. But we will also see that its digital nature, by allowing multiple iterations, also feeds the fear of disposable work and may weaken their commitment to the work.

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Au cours de la dernière décennie, le mot « capitalisme » a fait un retour remarqué dans le débat politique et dans la recherche. Ce livre s’appuie sur les travaux les plus récents en histoire et en sociologie économiques pour raconter les trois âges du capitalisme, de la fin du XVIIe siècle à nos jours. Ce récit permet de répondre à des questions concrètes et variées : comment la satisfaction des actionnaires est-elle devenue une valeur dominante ? L’ubérisation est-elle un retour au XIXe siècle ? En quoi le commerce d’esclaves a-t-il contribué à la naissance du capitalisme ? Une finance chrétienne ou musulmane est-elle possible ? Qui a conquis les droits associés au salariat, et comment ? On apprend aussi qu’il n’y a pas vraiment eu de « révolution industrielle », que les dilemmes des mouvements de consommation engagée vers 1900 ressemblaient à ceux d’aujourd’hui, ou encore en quoi la crise financière de 2008 diffère de celle de 1929.

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Cet ouvrage arrive à point nommé dans nos bibliothèques. Le monde des chercheur·e·s travaillant sur l’emploi public est loin d’être surpeuplé et ne sont pas légion les analyses qui articulent les recompositions de l’action publique et des institutions politico-administratives à celles du travail, de l’emploi et des groupes professionnels. L’actualité des deux dernières années nous l’a pourtant rappelé : de la loi de transformation de la fonction publique adoptée en août aux mobilisations syndicales contre le projet de réforme des retraites en décembre, les agents publics, qui comptent pour un cinquième des actifs, sont directement concernés par les transformations de la condition salariale en même temps qu’ils sont incontournables, des hôpitaux à l’espace public, pour faire face au Covid-19. Nombre de commentaires politico-médiatiques singularisent fortement l’emploi public, pour dénoncer ses « privilèges ». À rebours de ces « stéréotypes grossiers et représentations erronées » (p. 5), Aurélie Peyrin défend ici la thèse du rapprochement des modes de fonctionnement des marchés public et privé du travail – notamment parce que la précarité est loin d’en être absente. [premier paragraphe]

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En nous focalisant sur une seule famille de pathologies - les hémopathies - et un même type de risques professionnels - les expositions aux pesticides-, nous faisons l'hypothèse que la sous-reconnaissance des maladies professionnelles peut être pensée comme une "chaîne d'ignorance". Ce terme vise à souligner la pluralité des formes d'ignorance qui entourent un même phénomène social et à les articuler entre elles. Ces différents mécanismes peuvent être non seulement juxtaposés mais aussi se renforcer mutuellement : l'ignorance est ici distribuée et cumulative. Dans le cadre de ce chapitre nous examinons trois étapes : la production des savoirs toxicologiques et épidémiologiques portant sur le lien entre hémopathies et pesticides ; la traduction de ces savoirs en tableaux de maladies professionnelles ; l'engagement des patients dans des démarches de reconnaissance en maladies professionnelles.

La sous-reconnaissance des maladies liées au travail constitue aujourd'hui, en France comme dans d'autres pays industrialisés, un fait social massif. Qu'il s'agisse de cancers provoqués par l'exposition à des produits toxiques, de troubles musculo-squelettiques induits par des postures répétitives ou par le port de charges lourdes, ou d'atteintes psychologiques associées à certains modes de management, les effets du travail sur la santé restent un problème insuffisamment pris en charge par les pouvoirs publics. Les dispositifs devant assurer leur reconnaissance et leur indemnisation ne fonctionnent pas de façon satisfaisante, rendant en grande partie invisibles les origines professionnelles de nombreuses maladies et décès. Cette situation n'est pas nouvelle. Elle perdure depuis le début du 20e siècle malgré l'adoption, dans plusieurs pays occidentaux, de législations permettant d'indemniser les pathologies engendrées par les conditions de travail. Remarquablement résistantes à l'épreuve du temps, ces lois fondatrices structurent en effet toujours aujourd'hui le soubassement légal et épistémique de la reconnaissance des maladies professionnelles, continuant à s'avérer incapables de réparer correctement les maux du travail. Cet ouvrage rassemble des contributions d'historiens et de sociologues qui étudient les raisons de cette inertie, et donnent à voir les causes de la sous-reconnaissance chronique des maladies professionnelles, depuis les débats fondateurs jusqu'aux controverses contemporaines sur les dégâts que le travail peut induire pour la santé physique et mentale. Ces recherches ouvrent des pistes de réflexion pour revoir les modalités de la réparation de ces dégâts, et sortir de l'impasse que ceux-ci, depuis plus d'un siècle, occasionnent pour la justice sociale dans nos sociétés.

in Le travail en Europe occidentale, 1830-1939 Sous la direction de FONTAINE Marion, JARRIGE François, PATIN Nicolas Publié en 2020-12
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Pendant le XIXe et une grande partie du XXe siècle, couturière est le métier féminin par excellence en Europe occidentale : une continuité remarquable, alors que les gestes de travail ont été modifiés par la machine à coudre. Cette assignation de genre particulièrement forte pèse sur l’histoire des luttes sociales autour de la couture et a inspiré une riche historiographie depuis les années 1980.

La méthode des cas est aujourd'hui l'une des méthodes les plus connues dans les écoles de commerce et les universités. Cette méthode a été promue à la Harvard Business School (HBS). Mais comment a été diffusée cette méthode en France dans le monde des affaires ? f-lentredeux- guerres a été un peu étudiée mais le reste est peu connu. Nous allons étudier un chaînon manquant de cette histoire, au début des années 1950, dans le cadre d'une institution de formation continue des patrons du nord de la France appelée École d'administration des affaires de Lille. Nous proposons d'examiner la circulation de la méthode des cas en trois temps. Nous nous demanderons d'abord dans quel contexte se fait la genèse de cette école. Nous nous interrogerons ainsi sur les conditions réunies pour favoriser la circulation de la mêthode. Nous examinerons ensuite les programmes et la pédagogie proprement dite. Enfin, en nous centrant sur un cas, nous verrons le rôle joué par le contexte économique et religieux dans la réussite de I'expérience.

Souvent considérée comme une simple porte d’entrée dans les carrières du secteur et reléguée à un statut marginal et subalterne, l’activité de testeur, en fait peu documentée en situation, repose sur des pratiques d’exploration et de codification d’informations sur les défaillances des versions intermédiaires du produit (builds), afin d’en garantir la stabilité et la qualité. Leur contribution aux mondes de la création de jeu vidéo, essentielle à la coordination et à l’accomplissement de nombreux actes productifs, est ainsi largement invisibilisée. Notre enquête dans un studio de développement permet de mettre au jour la production par ces acteurs d’artefacts numériques qui naissent d’un rapport sensible et intime au produit, et jouent un rôle structurant dans l’articulation entre les contributions et les objets techniques de ce réseau.

Je me souviendrai toujours de ce jour où Charlotte*, femme française âgée de 41 ans, manager d’une boutique de vêtements de luxe, mariée et mère de deux adolescents, me raconte ses « déboires », comme elle les appelle, avec les différentes nounous qui se sont succédé chez elle. [Premier paragraphe]

Les exercices de gestion de crise constituent aujourd’hui une modalité répandue de préparation à la survenue d’événements incertains et potentiellement déstabilisateurs dans les administrations et les entreprises. La littérature qui leur est consacrée s’est cependant peu penchée sur l’écriture des scénarios qui en constituent la trame. En prenant le cas des scénarios d’exercices de crise dans la filière nucléaire civile en France, cet article montre que ces scénarios, loin de placer les participants dans un univers totalement inédit et incertain, tendent au contraire à faire émerger une vision ordonnée de la crise. Cela tient aux contraintes et cadrages de différentes natures qui s’incarnent dans l’écriture des scénarios, lesquels sont le résultat d’accords tacites et de rapports de force entre les organisations de la filière nucléaire civile (exploitants, autorités de régulation, organismes d’expertise, etc.) et de la sécurité civile.

in Droit et société Publié en 2020-12
GOLLAC Sibylle
OEHMICHEN Hélène
STEINMETZ Hélène
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Au moins un couple sur deux se sépare et le traitement judiciaire de ces séparations ne cesse de se diversifier. Analyser les inégalités face à ces procédures est essentiel pour questionner tant l’égalité de traitement dans les services publics que la différenciation des trajectoires sociales à l’issue de ces transitions familiales. Cet article mobilise une base inédite de 4 000 dossiers judiciaires en matière familiale, constituée dans sept tribunaux de grande instance, pour examiner les interdépendances entre les inégalités de classe, de genre et de territoire, au regard des délais de jugement, de la représentation par avocat·e et du recours à l’expertise. Les expériences de la justice familiale des hommes et des femmes qui se séparent sur le territoire français métropolitain varient significativement, tant en fonction de leurs propriétés sociales que de l’organisation des différents tribunaux et des marchés locaux du conseil juridique.

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